En 1970 se crée Supports-surfaces, collectif d’artistes dont, selon Marcelin Pleynet " l’art et la peinture sont essentiellement vécus comme une réalité spécifique autonome fermée sur elle-même et ne se développant qu’à partir de ses propres règles ", Marcelin Pleynet qui précise : " Si cette période m’a vivement intéressé, c’est qu’elle est, chez ces artistes, liée à un questionnement généralisé (plus technique qu’intellectuel) symptomatiquement fixe sur le support et la surface : mise en question de la toile tendue sur le châssis ; etc... On a donc là une génération qui se trouve dans une situation historique où elle ne peut plus réellement faire confiance à ce dont elle a hérité. " (entretien avec Camille Saint-Jacques).

Le nom de Louis Cane est associé à Supports-surfaces. Pourtant, lors de la première exposition, Cane sera absent (refusé par Claude Viallat). Il distribuera alors un tract (daté du 23 septembre 1970 et signé également de Marc Devade et Daniel Dezeuze) dans lequel est dénoncé l’absence de cohérence du groupe, (JPEG) sa "pratique éclectique-empirique" et la nécessité de s’appuyer sur une "pratique théorique" "articulé à une théorie matérialiste" "elle-même liée à la pratique sociale : la lutte des classes" (selon la problématique de l’époque).

Quelques mois plus tard naîtra la revue PEINTURE cahiers théoriques composée au départ de Vincent Bioules, Louis Cane, Marc Devade et Daniel Dezeuze. Louis Cane en sera le Directeur de publication. La proximité avec Tel Quel et notamment Marcelin Pleynet et Philippe Sollers est alors patente. Elle ne se démentira pas pendant de longues années comme en témoignent plusieurs textes que les deux écrivains consacreront à "Louis Cane, artiste peintre".

Louis Cane (GIF)

Le théâtre de Louis Cane

Très tôt, Cane a vu simultanément grand et petit. Toiles hautes, châssis, déroulements et détails, lignes et personnages dressés bientôt dans l’espace et le peuplant par essaims, il veut maintenant de plus en plus montrer une foule n’allant nulle part, une fête, un lendemain de catastrophe porté, dirait-on, par une intensité venue de l’intérieur des corps. En somme, il a commencé par des rideaux, et puis, brusquement, il les a tirés. Qu’y avait-il derrière les plages de couleurs, les surfaces optiques ? Au-delà du support montré pour lui-même ? Quelle société ? Quelle mémoire ? Quelle mythologie ? Surprise, en effet : tout un théâtre. Tout un renouvellement de la comédie. On comprend qu’à partir de là il se soit mis à travailler sans arrêt. Finie l’époque heureuse, un peu nonchalante, de l’abstraction en peinture. Époque nécessaire, pourtant, comme une solide approche de l’architecture. Il fallait les plans, les cadres, la géométrie, un certain oubli des salles anciennes ou modernes. Et puis, de nouveau, les trois coups : c’est le moment de la scène.

Les Beaux-Arts, comme on sait, sont dans un drôle d’état. La sculpture tout particulièrement, et pas par hasard. Tous les courants de ce qu’on appelle l’art moderne sont en réalité confrontés, me semble-t-il, avec un seul problème : la disparition du dessin, de l’aptitude à dessiner, à former la représentation des volumes, surtout physiologiques. C’est pourquoi le « retour à la figuration » est un tel danger pour la plupart des artistes. Soudain, leur maladresse ou leur ignorance éclate, l’âge d’or « américain » s’effondre ou se provincialise, il ne reste qu’une approche caricaturale ou décorative des coordonnées classiques, lesquelles ont toujours persisté sous les différentes innovations formelles des grands « européens » : Picasso, Matisse, De Kooning. L’idée de la mort de l’art ouvre sur un art de la vie sans mort, commémoration et cimetière plus ou moins intégré à une cité péniblement forcée au futurisme sociologique. L’étalage, ces derniers temps, de la régression en sculpture saluée de gauche à droite et de droite à gauche par les fonctionnaires de ce que Cane appelle, de façon accusatrice, « l’art participatif », en est la preuve. Voyez les grandes cérémonies d’Angoulême, pardon, de New York : feux d’artifice et défilés officiels, folkloriques, devant une des plus laides statues du monde qui ne peut évoquer la liberté que pour des masses ayant à jamais sacrifié en elles-mêmes le principe de plaisir. Exaltation de la mère alsacienne, la sévère Madame Bartholdi, contemporaine d’Auguste Rodin, lequel ne l’aurait sûrement pas prise pour modèle de ses bacchanales. Angoulême capitale du monde libre ? Pourquoi pas ? C’est vrai qu’on y vit mieux, pour finir, qu’à Moscou, Tripoli, Pékin, ou La Havane. Mais est-ce là le sujet ? N’avons-nous plus à choisir qu’entre le réalisme socialiste et le socialisme réaliste ? Entre les bulldozers et les fausses colonnes ? Entre la mode et la publicité ? Entre le sinistre mauvais goût des uns et le marketing frénétique des autres ? La planète serait-elle devenue une immense région dédiée au commerce hâtif du stéréotype et du symbolisme minimal, signe de reconnaissance robotique pour immigrants universels ? C’est possible. Mais alors à quoi bon une chèvre de Picasso ? Une jeannette de Matisse ? Un plâtre peint de Giacometti ? Une femme de De Kooning ? A quoi bon l’expérience intérieure d’un individu ? Vous me ferez des sculptures pour débats collectifs, flonflons et discours, inaugurations administratives et remises de médailles. Vous serez un régisseur de la bonne société à solution finale, loisive, réconciliée dans le supermarché général. C’est très bien, disent les uns. C’est une honte, disent les autres. Mais écoutez plutôt la façon dont ils sont d’accord sur le fait que c’est dans ces termes que se pose désormais la question de l’art : ils sont ensemble dans le même théâtre massif, collectif, scoutiste, boutique de luxe et design. Je connais quelqu’un qui prétend aimer à la fois les dessins torturés d’Antonin Artaud et les sucres d’orge pour temple anti-grec de Buren : on peut dire que la confusion, là, est complète. Tant de souffrances, d’énergie, de torsion métaphysique pour en arriver à envelopper des ponts dans des housses-poubelles en plastique, à marier du marbre et des stores ? Tant de rage à imposer sa plus intime vision débouchant sur la cohabitation dans l’unanimisme middle class ? Tout est bien qui finit bien, en somme, et celui qui ne se prosterne pas devant la grosse vache à torche inspirée par Frau Bartholdi ne peut être que dégénéré, n’est-ce pas ? Je vous propose simplement d’imaginer une minute la Gertrude au Fly-Tox de Cane à la place de la statue de la liberté, dans le port de New York. Voilà un hommage actuel de la France à l’Amérique ! Un juste retour des choses avec diagnostic précis sur Madame Stein ! Une façon de comprendre comme le temps passe !

Cane, donc, n’est pas un bon fils. Sous ses airs de gentil garçon un peu enveloppé, lent, la révolte est là, marquée en retrait, dans les yeux, par une ironie patiente. Il parle doucement, Cane, il est bien décidé à sortir de lui une population qui va manifester son désaccord avec la réduction soviétique ou le spot yankee. Est-ce le souvenir enfoui de ses origines italiennes ? Le voilà à la recherche d’une commedia dell’arte qui pourra montrer, en la retournant, la dérisoire comédie sérieuse qui s’est emparée de l’art. Un certain grotesque, par conséquent. Une allure de farce. Une malice de mauvais élève pendant les célébrations en l’honneur de la Grande Mère Porteuse. Au commencement, cette Ève au serpent se dandinant, boudinée, devant le phallus qu’elle aurait pu être si elle n’était pas née à côté d’elle-même. Et puis ce Moïse condamné à se demander si c’est vraiment de lui qu’il s’agit, ou de son bâton. Problème de colonne vertébrale, de baguette, de canne, en effet, dans l’aveuglement ambiant où une humanité de bazar se raconte à présent qu’elle maîtrise le cours de sa reproduction et de toute l’histoire. Qu’on retrouve cette Ève interloquée, un peu plus tard, en train de pousser sa petite voiture aux jumeaux, ou bien en sorcière montée sur rateau ou pinceau (sans parler de la Gertrude au fly-tox, merveilleux emblème de la petite-bourgeoise désormais mondiale, cultivée, hygiénique, triomphante, active), rien de très étonnant, les contemporains étant en effet, de plus en plus, des hommes ou des femmes des cavernes ou de l’âge du bronze simplement porteurs des gadgets des grands magasins. Ils disparaîtront, bien sûr, comme les autres, et leurs crânes ne seront peut-être que de pures apparences, comme nous le rappellent les Masques que je vous propose de regarder en même temps que le Bébé à la crécelle résumant la continuité infantile et bruyante de tout le spectacle. Le pas de danse de l’ensemble ? C’est la Sorcière éclatée, une des grandes réussites de Cane, d’une espièglerie et d’une élégance incompréhensibles, qui semble annoncer la victoire définitive de la bêtise béate mais bondissante quand même, comme si, au bout du désespoir et du déchet, un souvenir irrépressible de Samothrace emportait la pauvre forme humaine dans un dernier vol de beauté. Moquerie corrosive et compassion : voilà les deux nerfs principaux de cet exorcisme entamé avec les « Déluges », où l’on voit que les habitants de ce monde moderniste en plein archaïsme méritent, en effet, l’anéantissement et une sorte de salut calme, méditatif et lavé. Il y aurait donc une issue ? Un port ? Une île bienheureuse malgré la connerie et la grimace de fond, ou à travers elles ? Il faudra se poser la question devant la Fontaine publique, théâtre à l’intérieur du théâtre, où la parole et la musique sont explicitement appelées à se faire entendre. Ou encore, je pense à cette Résurrection que Cane prend et reprend sans cesse dans un coin de son atelier : ce grand Christ tiré du suaire de Turin, se dressant au moment du flash d’outre-mort, peut-être l’ ?uvre la plus ambitieuse de toute la sculpture actuelle, et en tout cas la plus folle, car il est fou, ce Cane, vous vous en apercevrez peu à peu. Logiquement, il devrait déjà provoquer toutes les résistances et les malveillances ambiantes, l’hostilité des notables d’Angoulême qui ont sûrement déjà perçu son autonomie saugrenue. Il se prépare des jours difficiles : c’est bon signe. Les Bourgeois de Calais n’étaient pas non plus prévus au programme, n’est-ce pas ? Pas plus que le Balzac, statue de la liberté s’il en est. Comment voulez-vous en effet que ces dames acceptent de se retrouver dans la position, pourtant charmante, des Trois femmes sur la balançoire ? De quoi parlent-elles ensemble ? D’art moderne ? De Gertrude Stein ? De Peggy Guggenheim ? Et la Grande femme au tabouret ? Que regarde-t-elle ? Son artiste préféré ? Celui des caoutchoucs et des feutres ? Encore un point marqué par Cane dans le seul dialogue qui, visiblement, le préoccupe sans cesse, avec qui ? Picasso, bien sûr. D’où les Ménines, étape obligée d’un règlement de cour, de théâtre en soi, qu’il transforme en petits tanks de l’impénétrable (ce que voulait dire, sans aucun doute, Velasquez). Théâtre, théâtre : on ne peut pas s’en débarrasser, même avec des tonnes de télévision et d’images publicitaires. Il y a toujours ce tas de viande à sexe qui contemple la comédie dans son coin. On revient sans fin buter sur un buste. Ça finit encore une fois par des grâces empalées frontales. Ou par un nu couché, une danseuse assise. Il faut sérieusement se demander pourquoi toutes ces allusions à la « sorcellerie » dans ces figures : pas bien méchantes, ces sorcières ; plutôt ridicules. Mais Justement. Les envoûtements, aujourd’hui, n’ont rien d’âprement hurlant ou romantique. L’inhibition, les aiguilles, les fétiches, les n ?uds, les sorts, ne sont sans doute rien d’autre que des trompe-l’oeil ; un simple jeu de mots, une interruption pour rire, nous en délivrent. La sorcellerie, à Angoulême, c’est le règne du laid et de la misère sexuelle voulue comme telle. On risque de ne même pas s’en apercevoir puisqu’on ne croit plus au mal. Le nihilisme sorcier n’est rien d’autre : tout se vaut, tout est pareil, c’est la grande prostitution idiote par le bas, mieux vaut dormir, enrichissez-vous, soyez somnambules, la communauté des narcissismes vous retient dans le persistant, on-dit géré par la mercerie... À moins que cet Apollon en érection... Ces hommes-rois assis... Oui, étrange silence... Quelque chose de difficile à saisir se passait dans la dernière exposition de Cane à la Galerie Beaubourg... Malaise des visiteurs... Volonté de l’ensemble... Vide farouche pour caricatures dansantes... Il faut rencontrer Cane dans son grand atelier honnête : voilà un lieu, à Paris, où l’aventure se poursuit dans l’ombre. Vers la fin du XXe siècle : Louis Cane, artiste français.

Philippe Sollers, 1986

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« Les historiens de l’avenir, s’il en reste et s’il y a encore un avenir (tout le monde en doute aujourd’hui, mais là est l’erreur), se demanderont pourquoi il était devenu si improbable et si dramatique d’être français à la fin du vingtième siècle. Ils donneront leurs raisons. Elles vaudront ce qu’elles vaudront. Nous pouvons quand même les devancer à partir d’ici (en relisant un roman, par exemple : Les Folies françaises). Notons d’abord qu’il ne serait jamais venu à l’idée de Manet, Cézanne ou Matisse de signer « peintre français ». Le nom suffisait donc ? Il serait maintenant pris en otage ? Imagine-t-on Pollock, De Kooning, Jasper Johns se nommant eux-mêmes peintres américains ? [...]

Un homme menacé réagit, là, devant vous, avec calme. Il vous fait part de sa certitude sur ce point. Et, en même temps, sa déclaration peut se lire ainsi : La surveillance électronique du marché serait donc la volonté d’escamoter ces mots : peintre, artiste, français, vive ? De ne pas pouvoir les souffrir en peinture ? Mais où donc Louis Cane est-il allé chercher ça ? Pourquoi y aurait-il un complot sur ce thème ? Est-il fou ? Persécuté, paranoïaque, aigri, de mauvaise foi ? Car enfin, qui pourrait soutenir maintenant avec sérieux que quoi que ce soit est interdit ? Rien n’est défendu, c’est clair. [...]

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Bronze à patine vert nuancé.
Signé et numéroté 8/8. Fondeur Capelli. H. 108, L. 24, 5 cm, P. 24 cm.

Je me suis amusé, autrefois, à analyser ce que j’ai appelé le syndrome too french. Plus les années passent, et moins je me trouve démenti. Qu’y puis-je ? S’il n’en reste qu’un, soyons celui-là. Un peintre se joint à ma manifestation ? OK, Cane ! Dans un espace transfini, deux en valent plusieurs millions ou plus. Comment, vous n’avez pas déjà acheté des iris en situation de Cane ? Des mimosas ou des clématites ? Des roses ou des marguerites ? Vous n’aimez pas le caractère impossible et secret de ce peintre ? Vous le trouvez défiant, méfiant, renfermé ? Il vous déçoit, vous ennuie, vous rebute ? Formellement, il ne tiendrait pas le coup ? Voyez, pourtant : il agrandit et varie les cadres, les cadrages, pour mieux faire sentir la petite touche insistante, sa prolifération de couleurs, en coin. [...]

Oui, je l’aime bien, moi, ce Louis Cane artiste peintre français. Il me plaît, avec sa façon d’aller droit au taureau, par les cornes. Les jeunes générations comprendront qu’il y a eu, un jour, un moment difficile à passer. Après tout, Louis était bien un prénom maudit dans cette langue facile et très difficile à comprendre à travers l’ouïe fine qui n’a l’air de rien. Beaucoup de bruit pour rien, donc, achetez, vendez, revendez, bousillez, je dis « une fleur » et aussitôt... Mais patience. Et longueur, oh oui ! Lente, pure et vicieuse profondeur : du temps. »

Philippe Sollers, 1990.





Louis Cane, artiste-peintre, 1987 , 27’ , couleur , documentaire

Conception : Pierre-André Boutang, Annie Chevallay, Philippe Sollers. Réalisation : Pierre-André Boutang. Production : Sodaperaga, A2. Participation : CGP, Cnap, ministère de la culture et de la communication.

Louis Cane 1963-2005 (JPEG) Sur le ton de la harangue, Sollers nous invite à la performance qui va commencer : Louis Cane, peintre et sculpteur français, ancien membre de Supports-Surfaces revenu depuis à une figuration qui revisite l’histoire de l’art, va peindre sous nos yeux. L’écrivain et critique Philippe Sollers, en vieux compagnon de route, commente.

Ces sorcières qui habitent l’oeuvre de Louis Cane, cette esthétique du laid, cette profusion de références seraient, selon Sollers, l’expression d’un anti-cartésianisme foncier. Peinture manifeste, elle viendrait dans ce monde moderniste comme une sorte d’interruption pour rire ; elle voudrait résister à l’organisation rationnelle du marché de l’art et au kitch qui mettent à égalité Bouguereau et Monet. Cane-Sollersserait un plus juste titre pour ce film, car Sollers prend une part active à la performance. Il n’interrompt son analyse polémique que pour reprendre son souffle, le temps de quelques photographies. Il parle de la peinture de Louis Cane avec une distance bonhomme, comme si elle n’était qu’un prétexte pour développer ses propres réflexions sur l’art.

Soraya Hamidi



Sur SUPPORTS-SURFACES :

Marcelin Pleynet, Art et littérature (Collection Tel Quel, 1977).
La peinture en France aujourd’hui :
Formes et couleurs découpées (L. Cane), p.474
Du différé d’un discours (D. Dezeuze), p.485
La scène primitive (C. Viallat), p.494
Le paradoxe du peintre (M. Devade), p.515.

(GIF) Trois courtes videos présentant Supports-Surfaces avec Louis Cane et, sur l’une, Sollers

Voir article sur PEINTURE, cahiers théoriques(PNG)

Voir article sur Marc Devade(PNG)

Site Daniel Dezeuze

On trouve par ailleurs des articles intéressants sur les peintres de Supports-Surfaces dans artpress n°3, n°6, n°132 (jan. 89 qui comporte des extraits de Histoire critique d’une peinture de Devade) et surtout le n°154 (jan. 91) avec un dossier Support(s)-surface(s) "revisited" et une table-ronde "La dernière des avant-gardes ?" animée par Catherine Millet avec Louis Cane, Daniel Dezeuze et Claude Viallat.

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Commentaires

  • Louis Cane, artiste peintre
    27 août 2014, par A.G.
    Un article sur les acteurs du groupe Supports/Surface par le peintre Gwenaël Kerlidou qui vit à Brooklyn : « A Supports/Surfaces Moment : Contradictions, Paradoxes and Other Ironies » VOIR ICI.
  • > Louis Cane, artiste peintre
    29 juin 2010
    À présent, Louis Cane a son site internet :