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Signes christiques revisités par Michaël Nooij artiste.

Une exposition "Vues d’artiste pour parler du Christ"

D 15 juin 2022     A par Viktor Kirtov - Michaël Nooij - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


[…] Si par aventure ce mois-ci vous vous aventureriez sur les quais du Vieux-Port de Marseille, lieu de tous les possibles, entrez donc dans l’église Saint-Ferréol où sont accrochées jusqu’à mi-juillet sous l’intitulé "Vues d’artiste pour parler du Christ" six pièces ("carrés-soleils") de mes mains - je serais heureux de vous y accueillir !

Amitiés
Michaël Nooij

Michaêl Nooij revisite les signes christiques, mais pourquoi donc ? Faute de pouvoir aller à Marseille, - suis amarré à quai, à mon port d’attache des Sables d’Olonne - ai interviewé Michaël Nooij par mail, et transcrit librement ses propos. Ai aussi ajouté un complément sur l’usage du signe de la croix, dans les traditions pré-chrétiennes, notamment en Egypte avec le culte d’Isis associé à la « croix de vie » puis l’apparition du signe chrétien sur les colonnes du temple d’Isis à Philae, l’adoption du signe de la croix par les premiers chrétiens d’Egypte, les Coptes. L’Egypte post-pharaonique et le Proche-Orient constituent le berceau du christianisme.
Extraits de deux documentaires récents pour les curieux qui souhaitent prolonger l’exposition de Michaël Nooij :
- « Philae, un temple sur le Nil »
- « Le Proche-Orient : carrefour des religions »

Voila le programme du jour, mais tout d’abord, une mise en contexte local et actuel de l’exposition : « "Vues d’artiste pour parler du Christ" »

Contexte de l’exposition

Le lieu : France, Marseille.

On peut se souvenir que le christianisme est né dans le Bassin méditerranéen dont Marseille est une des portes. Selon la légende, la présence chrétienne à Marseille remonte aux temps apostoliques avec le débarquement près de Marseille de Lazare et des saintes Maries (Marie-Madeleine, sainte Marthe et de Marie Salomé). Lazare aurait été le premier évêque.

L’église Saint-Ferréol


L’église Saint-Ferréol
ZOOM : cliquer l’image

Aujourd’hui gérée par les jésuites, elle date de 1500 : « Je ne sais pas pourquoi mais cette église est appelée également "sanctuaire", elle est pile face au Vieux-Port » commente MN.

« Un sanctuaire dédié à la prière et à l’accueil de tous » précise le site de Saint Ferréol qui poursuit ; « Fidèles à l’intuition de saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus, les jésuites encouragent une Église ouverte sur le monde. Saint Ferréol se veut un phare spirituel sur le Vieux-Port, un espace hospitalier pour les pauvres et les petits, un lieu de formation et de célébration pour les chrétiens. »

Dans cet esprit, depuis plusieurs années, Saint-Ferréol accueille des expositions ou des événements culturels. Avant cette exposition a été présentée une exposition de photos d’Eric Pringels : « #SmellofMarseille » « Lorsque nous avons repéré sur Instagram les photos d’Eric Pringels et deviné qu’il s’agissait de portraits pris à la volée dans le quartier de Saint-Ferréol, nous n’avons pas hésité à prendre contact avec lui et voir comment organiser ensemble une exposition de ces photos. D’emblée ce projet nous a séduit, car faire entrer dans une église des visages d’anonymes passant au dehors est une manière de célébrer la vie de tous les jours, avec ses joies et ses peines, dans un lieu où beaucoup viennent se poser pour trouver le réconfort que la vie ne leur donne pas forcément. »

Après l’exposition #SmellofMarseille, Saint-Ferréol a accueilli une autre exposition : « un Chemin de croix nouveau », d’après la Passion selon saint Marc, réalisé par Zébédée, un groupe créé par plusieurs personnes en grande précarité. Le résultat est étonnant. Le groupe d’artistes en herbe a inventé un langage de matières : du carton, des tissus brodés, des perles pour les yeux, des écorces pour la croix, des clous, du plexiglas…. Tous les portraits sont en ficelle. Ce n’est plus un chemin de croix, mais un chemin de vie.

Site Saint-Ferréol

Et ce mois de juin, jusqu’à mi-juillet, c’est « "Vues d’artiste pour parler du Christ" » par Michaël Nooij.

La date

En juin, donc, dans le prolongement de la fête de la Pentecôte, qui pour les chrétiens célèbre l’Esprit-Saint, lequel descendu sur les apôtres réunis, leur donna la force et l’audace d’annoncer sans peur : « le Christ est mort et il est ressuscité ». Libérés de toute peur, ils commencèrent à parler avec assurance (cf. Actes des apôtres).


Pourquoi cette exposition ?

Redonnons la parole à Michaël Nooij :

« L’Église aujourd’hui parle quasi-exclusivement de l’humanité du Christ, de Son corps soumis aux contraintes et aux vicissitudes de la vie terrestre, d’une chair exposée à la souffrance, à la trahison, à la solitude » nous dit MN. C’est vrai que Le "Christ sur la croix" de Rembrandt, présenté ICI, en est une illustration convaincante.

...Mais poursuit MN, quid de Sa pure divinité ? Qu’en est-il de Son absolue transcendance avant l’Incarnation ?

Silence radio all over the place, mystère et boule de gomme, mutisme assourdissant.

Brisons ce silence : les six carrés-soleils [1] exposés visualisent les mots "toute-puissance", "omniprésence", "trinité", expressions appartenant en propre à la nature divine de Jésus. À l’aide de signes, de couleurs et de contrastes, l’œil se pénètre du sens de ces vénérables vocables, l’esprit comprend, le corps accepte, le cœur frémit.

Donc acte. »

Les six « carrés-soleils » présentés

Photos et légendes de MN

CROIX AU CŒUR


CROIX AU COEUR - ZOOM : cliquer l’image

Tout humain est fait d’une croix :

la barre horizontale le lie au monde

la barre verticale le relie au ciel

Au croisement se tient le cœur

d’où l’être donne direction à sa vie

TRINITÉ


TRINITE - ZOOM : cliquer l’image

Surgissant d’un point-nul

trois flèches forment un triangle

où s’unissent simultanément

le Père, le Fils et le Saint-Esprit

DOUBLE SPIRALE


DOUBLE SPIRALE - ZOOM : cliquer l’image

À l’entrecroisement des deux S de JésuS-ChristuS

le Seigneur fait tourner l’univers, la rotation du monde

est entre Ses mains, Il offre la délivrance

CHRISTOGRAMME


CHRISTOGRAMME - ZOOM : cliquer l’image

Du centre intense, incandescent

les directions se déploient à 360 degrés

Par irradiation d’amour

le Verbe crée le monde visible et invisible

DANSE DU CHRIST


DANSE DU CHRIST - ZOOM : cliquer l’image

À l’enlacement des deux S de JésuS-ChristuS

Se tient le Seigneur, par Sa présence tout-amour

Il donne corps au tourbillon créationnel

CHRISME


CHRISME - ZOOM : cliquer l’image

XP, les deux premières lettres grecques de Christos

offrent la sortie du cosmos, le repos dans la béatitude


MICHAËL NOOIJ - ZOOM : cliquer l’image

Michaël Nooij sur pileface


De l’interpénétration des mythes, religions, et symboles dans le Bassin méditerranéen

La croix, un signe religieux avant le christianisme

L’ Ânkh

[L’ânkh (en hiéroglyphe égyptien : ), également connue sous les différentes appellations de croix ansée, croix de vie, clé de vie, croix égyptienne, croix du Nil, est un hiéroglyphe représentant un mot qui signifie « vie ». Il était utilisé par les Égyptiens pour symboliser la vie. Les Égyptiens pensaient que leur séjour sur Terre n’était qu’une partie d’une vie éternelle plus grande. La croix de vie symbolise donc non seulement l’existence mortelle sur la Terre, mais également leur existence immortelle dans l’après-vie.


Déesse égyptienne tenant l’ânkh par son anneau dans sa main droite


Première croix copte des chrétiens d’Egypte

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Croix copte "ansala"

Les chrétiens d’Égypte, appelés chrétiens coptes utilisaient une croix semblable à l’ânkh. La croix des premiers chrétiens d’Égypte est nommée « crux ansata » signifiant « croix ansée » en latin. L’auteur ecclésiastique Sozomène — mort vers 450 — rapporte que quand l’évêque Théophile d’Alexandrie détruisit en 391 le grand temple du dieu Sarapis afin d’exalter la victoire du christianisme sur le paganisme, la croix égyptienne était présente sur les murs qui subsistèrent. Les chrétiens y virent la ressemblance avec la croix du Christ comme un instrument du triomphe de la vie sur la mort. Les coptes choisirent alors une croix semblable à l’ânkh comme croix chrétienne. Cette croix est similaire à l’ânkh mais l’anneau ovale de l’ânkh est remplacé par un cercle. Dans les premiers siècles chrétiens d’Égypte, la croix ansée fut souvent représentée sur des tissus ou des stèles funéraires. Ce n’est qu’avec la paix établie par l’empereur Constantin Ier, au IVe siècle, que la croix commence à se développer comme symbole chrétien en dehors de l’Égypte. Mais avec la conquête arabe au VIIe siècle, son usage disparut progressivement.

L’ânkh est donc passé d’un symbole d’une religion à une autre.
(Wikipedia)

Le Temple de Philae et la « croix de vie » d’Isis

Dans l’extrême sud de l’Egypte, un site antique surgit des eaux du Nil, à près de 800 km des pyramides de Gizeh. Les pharaons ont entamé sa construction en 380 avant notre ère. Ils ont consacré beaucoup de ressources et d’efforts à ce sanctuaire : il fallait qu’il soit monumental et magnifique. Il s’agit de Philae, un complexe de temples et d’autres bâtiments perché sur une île de granit au milieu du fleuve. Initié par les Egyptiens, il garde la trace de plusieurs civilisations. Philae constitue un trait d’union entre les pharaons et les empereurs romains, le temple d’Isis avec son symbole la « croix de vie », et les débuts du christianisme avec les premiers chrétiens d’Egypte, les Coptes qui ont transformé le lieu en église et y ont gravé des croix chrétiennes « pattées », voire sur les « croix de vie » égyptiennes.


Capture d’écran. Colonne du temple de Philae avec une croix chrétienne à gauche d’une croix égyptienne –« croix de vie ». Un examen attentif de la croix chrétienne montre qu’elle a été gravée sur une ancienne croix égyotienne dont on voit encore le haut de l’ovale
ZOOM : cliquer l’image

Extrait correspondant du documentaire « Philae, un temple sur le Nil »

Un voyage aux origines des croyances et des religions dans les pays du Bassin méditerranéen

Pour les curieux qui veulent aller plus loin, signalons l’intéressant documentaire « Le Proche-Orient : carrefour des religions » récemment diffusé sur Arte

Berceau du judaïsme, du christianisme et de l’islam, le Proche-Orient fascine depuis des siècles les Occidentaux. Bien qu’elle soit malheureusement plus souvent associée, de nos jours, à la violence et au terrorisme, cette région du monde a témoigné durant des siècles d’une riche diversité, notamment en ce qui concerne les religions.

Voyage guidé par l’orientaliste allemand Daniel Gerlach. Fin connaisseur des pays du bassin méditerranéen qu’il sillonne depuis plus de vingt ans, Daniel Gerlach est fascinant par son érudition et sa maîtrise des langues, s’exprimant avec la même aisance en allemand, arabe, anglais, français… (ses propos sont traduits) il nous entraîne aux origines d’anciennes religions qui prirent leur source au Proche-Orient, du Liban à la Jordanie en passant par l’Irak, Israël, l’Égypte et la Tunisie.

Partant d’Istanbul, en Turquie, où il se rend dans la basilique Sainte-Sophie (redevenue mosquée sous la présidence d’Erdogan), Daniel Gerlach voyage à travers plusieurs pays du bassin méditerranéen qui, comme les nôtres, firent partie de l’Empire romain. De sites antiques renommés comme Petra en Jordanie, ou le sanctuaire libanais d’Héliopolis à Baalbek, en lieux plus secrets tels que la mosquée des Sept Dormants, perdue dans les sables tunisiens, il remonte aux sources des mythes et des croyances nés dans l’Antiquité, qui ont influencé le christianisme et l’islam.

Au travers de rencontres éclairantes (archéologues, chefs religieux, fidèles...), de visites de monuments et de lieux de pèlerinages emblématiques, il relève des correspondances entre le christianisme et l’islam et met en lumière les cultes et rituels anciens que de petites communautés de croyants continuent de faire vivre, à l’instar des zoroastriens et des yézidis au Kurdistan irakien, des mandéens en Irak ou des druzes en Israël.

Vivifiant pour l’esprit et élargir notre vision. A recommander.

oOo

[1"Carré-soleil" est une expression ancienne pour désigner le milieu d’un sanctuaire

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