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Yannick Haenel, Cercle

D 8 août 2007     C 18 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Yannick Haenel
Cercle
Ed. Gallimard, col. l’Infini, 512 p., 23/08/2007

Mot de l’éditeur

Un homme décide, un matin, de ne plus jamais aller à son travail. Il rompt ses attaches et se met à errer librement dans Paris. Il découvre ce qu’il nomme l’ « existence absolue ».Des phrases ruissellent dans son corps ; des extases surgissent à chaque instant. Il choisit de se fixer à la libraire Shakespeare Co, au pied de Notre-Dame, en hommage à Joyce, et rencontre une danseuse de la troupe de Pina Bausch, qui l’ouvre à la dimension poétique. Cette expérience de liberté lui donne accès à un étrange phénomène - l’événement - dans lequel se concentrent à la fois le secret de la jouissance et la destruction qui régit le monde.

Lorsque la danseuse disparaît de Paris, il se lance sur ses traces. Son odyssée le conduit à travers l’Europe de l’Est. Elle passe par Berlin, Varsovie, et Prague et l’amène à faire l’épreuve de l’invivable contemporain. Elle réveille la mémoire du mal - le « cauchemar de l’Histoire » dont parle Joyce - mais aussi un monde qu’il est possible de réenchanter par l’opération érotique des phrases. Une expérience amoureuse et poétique qui l’aura rendu à la « liberté libre » chère à Rimbaud.


L’auteur Yannick Haenel est né en 1967. Depuis 1997, il dirige avec François Meyronnis la revue Ligne de risque. Il est notamment l’auteur de trois romans : Les petits soldats (La Table Ronde, 1996), Introduction à la mort française (L’Infini, 2001) et Évoluer parmi les avalanches (L’Infini, 2003). on lui doit aussi un livre d’entretiens avec Philippe Sollers Poker cosigné avec François Meyronnis.

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18 Messages

  • Jean | 22 octobre 2008 - 19:15 1

    Au cas où vous ne l’auriez pas aperçu (ce qui est sans doute masqué), la première phrase du livre est d’Artaud, et la voici dans son contexte, lequel indique nettement le niveau de la vie qu’il s’agit de reprendre tout en se reprenant en elle pour la renouveler :
    "C’est maintenant le néant, maintenant la mort, maintenant la putréfaction, maintenant la résurrection ; attendre je ne sais pas quelle apocalypse d’au-delà, l’éclatement de quel au-delà pour se décider à reprendre les choses, est un crapuleuse plaisanterie.
    C’est maintenant qu’il faut reprendre vie."
    En fait, je viens juste de commencer la lecture de Cercle et ne sais donc pas s’il est question d’Artaud dans ce livre, ni même si cette parole d’Artaud n’est pas cité plus loin intégralement. Si elle ne l’est pas, je peux en tout cas dire que cela éclaire le commencement de cet ouvrage, et son sens.
    Longue vie à votre site.


  • des îles lettrées | 17 avril 2008 - 03:23 2

    Yvane BOISSARIE continue la lecture de CERCLE de Yannick HAENEL.
    Naïma BERGÂME lit le RAVENSBRÜCK de Germaine TILLION.

    Certains lundis dans l’émission "des îles lettrées" sur
    www.radiopérigueux103.org

    Emission recommandée aux non voyants.
    Aux Aveugles également.


  • D. | 14 mars 2008 - 12:41 3

    Ce qui n’est pas sans rappeler l’article pile-face sur Sollers et le tennis.

    Je m’amuse de son titre, Bref aperçus sur l’éternel féminin... Qui me rappelle Femmes... Boris, qui écrit L’Eternel féminin... On sent l’ironie, mais je me demande jusqu’où elle va (n’ayant pas lu son livre).

    Bon, sur Haenel, c’est clair : vous voulez être subversif, aujourd’hui : omettez de dire que vous payez. Vous quittez votre travail, vous vous adonnez à l’existence absolue, soit. Mais vous devez avoir faim, comme Miller (qui, en son temps, a pourtant eu sa réputation sulfureuse) et Hamsun, vous devez ramer, il faut rassurer le lecteur, il n’y a pas d’impunité... C’est immoral de ne pas rendre de comptes. On ne rigole pas avec ça.


  • V.K. | 14 mars 2008 - 09:55 4

    Sur le "ton Grozdanovitch", elliptique, teinté d’humour ironique tempéré, on peut lire l’article de Pierre Assouline :

    « En trois livres, c’est plié : il y a désormais un ton Grozdanovitch. La prouesse n’est pas mince si l’on songe à tous ces écrivains qui mettent dix livres à ne pas trouver le leur, à force d’avancer masqués sous des tons d’emprunt. Après Petit traité de désinvolture, qui le révéla, et Rêveurs et nageurs, qui le confirma, voici donc sous le titre léger et primesautier de Brefs aperçus sur l’éternel féminin (278 pages, Robert Laffont) le recueil de dix nouvelles très dialoguées qui épanouira son talent. A quoi reconnaît-on une page de Denis Grozdanovitch  ? Au son de la balle. Peu importe qu’il s’agisse d’une balle de tennis, de squash ou de Jeu de paume puisqu’il les maîtrise pareillement comme il maîtrise désormais son art d’écrire. Le phrasé long, serpentin et digressif à souhait donne sa cadence à ses aventures en chambre. Un petit air de ne pas y toucher, quelques citations bien senties, un zeste d’humour bien tempéré, c’est bien lui.
    _ [...]
    _ C’est drôle, sensible et surtout d’une grande finesse. L’air de rien, c’est rare. »

    Crédit : Blog de Pierre Assouline, 26 mai 2006.

    La version intégrale de l’article signalé par D., sur le blog de Grozdanovitch, c’est ici. :

    Sur son Petit Traité de désinvolture :


  • D. | 11 mars 2008 - 12:34 5

    Ironique présentation, mi-hommage mi-moquerie, de Cercle sur le blog de Denis Grozdanovitch. Se demandant comment Haenel s’en sort matériellement, le cliché point à la fin de son article : pas d’ennui d’argent, puisque c’est un protégé de Philippe Sollers (à qui le titre de l’article fait discrètement allusion). Autant parler d’un pacte avec le démon.

    Il n’est évidemment pas le seul à reprocher à Haenel de ne pas rendre des comptes, à ne pas faire état de "galères", comme on dit aujourd’hui (la sainte galère).


  • Marc’O | 5 novembre 2007 - 22:54 6

    On peut aussi considérer, chère F., que vous n’avez pas d’oreille et que littéralement vous n’entendez pas ce que vous lisez.


  • F. | 3 novembre 2007 - 22:47 7

    Le dernier Haenel est un livre frappant, émouvant et mémorable. J’ai été gentillement bouleversée et je trouve vos commentaires froissants pour un livre d’une si grande qualité. Vous ne savez pas ce que vous dites... Cercle est, malgré quelques maladresses, un livre sublime.


  • des îles lettrées | 10 octobre 2007 - 19:32 8

    Emission radio de lectures de textes à conseiller aux personnes aveugles : "des îles lettrées" sur radiopérigueux103.org (disposer de Winamp) les lundis de 14H à 15H.

    LECTURES ACTUELLES :

    - Cercle de Yannick Haenel fragments lus par Yvane
    Boissarie.
    - La ferme des animaux de George Orwel lu par
    Dominique Laurent.
    - Robert Antelme textes inédits Sur l’espèce
    humaine Essais et témoignages lu par Naïma
    Bergâme.

    Lectures en direct.


  • Marc’O | 26 septembre 2007 - 19:59 9

    A la personne ayant posté quelques critiques "journalistiques" sur le dernier "Haenel". Pourriez-vous y ajouter celles publiées dans "La quinzaine littéraire" et "Les Inrockuptibles" ? Juste pour info. Et pour clore le sujet.


  • Marc’O | 12 septembre 2007 - 20:08 10

    La sélection des livres en lice pour le Goncourt 2007 est consternante de médiocrité - sans exception. Le "Haenel" en particulier est risible, on est gênés pour lui, mais continuez à dire au triste enfant qu’il écrit bien, cela vaut sans doute mieux.


  • D. | 12 septembre 2007 - 16:54 11

    Joli !

    Et voilà le poulain de Sollers propulsé dans la course au Goncourt, figurant dans la première sélection de quinze auteurs, tandis que, comme d’habitude, s’éteint la prophétie sollersienne de voir le Président de la République chez Drouant...


  • A.G. | 12 septembre 2007 - 13:02 12

    Un coup de D. jamais n’abolira le hasard !


  • D. | 11 septembre 2007 - 13:34 13

    Haenel, fils de Sollers, nomme son héros Jean Deichel. Bien sûr, il y a Jean, l’Evangéliste, avec son Verbe sans lequel la conception de "phrases" chez Haenel n’est pas compréhensible, et que Sollers n’a cessé d’utiliser, de penser et de représenter.

    Mais c’est aussi D’échelle, l’échelle de Jacob : ancien et nouveau testament :

    10 Jacob partit de Beer Schéba, et s’en alla à Charan.

    11 Il arriva dans un lieu où il passa la nuit ; car le soleil était couché. Il y prit une pierre, dont il fit son chevet, et il se coucha dans ce lieu-là.

    12 Il eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle.

    13 Et voici, l’Éternel se tenait au-dessus d’elle ; et il dit : Je suis l’Éternel, le Dieu d’Abraham, ton père, et le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je la donnerai à toi et à ta postérité.

    14 Ta postérité sera comme la poussière de la terre ; tu t’étendras à l’occident et à l’orient, au septentrion et au midi ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta postérité.

    15 Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai dans ce pays ; car je ne t’abandonnerai point, que je n’aie exécuté ce que je te dis.

    (Genèse 28:10-15, traduction Louis Segond)

    Le motif de l’échelle est aussi là chez Sollers, par exemple (et pas par hasard, pour parler la syntaxe de Sollers) à la fin de Paradis (2) :

    et puis tout change à nouveau calme plat transparence en haut des étoiles deux heures du matin je fais un signe de croix en traversant les rosiers du jardin plante des pieds nus pas de bruit surtout léger souffle retenu en soi loin de soi un signe de croix oui comme ça dans l’air noir couronnant le tout qui s’en va c’est le signe qui va rester suspendu là maintenant pétales ici pas de doute bouche ouverte signature ouverte soleil coeur point coeur point de coeur crâné sous la croix et voilà tout se renverse d’un coup à nouveau le jour se lève enfin dans sa pointe d’océan poumons clé hautbois le bleu revient il revient le bleu pas croyable il est là buée dans le rouge en gris jaune en bas vox tubae vux suavi vox éclats petits mots mutants dans l’échelle et elle est là une fois encore dressée mon échelle bien légère et triste et bien ferme très joyeuse et vive et bien ferme veni sancte spiritus tempus perfectum tactus ciel et terre pleine de l’énergie en joie d’autrefois


  • A.G. | 10 septembre 2007 - 15:25 14

    Sur le site de Gallimard, l’écrivain s’explique sur son livre, son titre, la figure qui se trouve sur la couverture (cf. Cercle, XXXVIII, p.464 : Le labyrinthe), les liens avec Dante, Joyce et Moby Dick.

    Il lit également le début du roman.

    Voir en ligne : L’entretien


  • anonyme | 7 septembre 2007 - 10:29 15

    Il n’empêche : qu’avez-vous contre le Il y a ? Il y a le il y a. Rimbaud (Enfance III), Apollinaire (Il y a)... Que voulez-vous qu’on vous dise de plus qu’Il y a ?


  • Marc’O | 6 septembre 2007 - 16:24 16

    1) cf revuetsimtsoum.free.fr/v2/ ?menu=auteur&titre=jourdesollers. Et tout est dit ou presque.

    2) Merveilleux style de Y. Haenel ! Entre 1000 choses, qqn s’est-il amusé à compter le nombre de "il y a" dans son dernier opus ?


  • Dj | 11 août 2007 - 12:37 17

    C’est ça le problème : "et un digne successeur pour certaines idées de Philippe Sollers". Déjà dans "Evoluer parmi les avalanches", il jouait le caméléon, comme tous ces jeunes loups qui publient dans L’Infini... On dirait qu’ils écrivent mieux après les ruptures (ou avalanches) avec le harem Infini...
    (- Et les louves ?, me demande mon cheval.)

    Voir en ligne : On tourne en rond


  • Laurent Husser | 9 août 2007 - 10:32 18

    c’est effectivement une parution importante, peut-être la plus importante de la rentrée. J’ai eu l’occasion de le lire et c’est un livre foisonnant, étonnant, ébouriffant, bouleversant. Il n’est pas exempt d’énervements - la séquence en allemagne, forcément rapportée au nazisme - mais il y a tant de choses à dire et de pistes, qu’il faudra du temps pour déblayer ce livre et en faire voir toutes les richesses. Rimbaud et Lautréamont en ligne de lire et surtout une foi, que l’écrit et les phrases peuvent tout changer pour un homme et pour son monde. Magnifique...et un digne successeur pour certaines idées de Philippe Sollers