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Léonard de Vinci (Vinci, 15 avril 1452 - Amboise, 2 mai 1519)

D 23 avril 2017     A par A.G. - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



En mai 1992, France Culture diffusait une émission réalisée pour le 540e anniversaire de la naissance de Léonard de Vinci. Il s’agissait d’un documentaire de Pascale Charpentier consacré au peintre italien de la Renaissance, composé d’un montage d’entretiens illustrés de lectures. Avec Daniel Arasse, historien de l’art, Marcelin Pleynet, écrivain, Olivier Debré, artiste peintre, Italo Rota, architecte, Pierre Rosenberg, conservateur du Musée du Louvre, et l’astrophysicien Hubert Reeves.

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Les interventions de Marcelin Pleynet

1. La jeunesse et l’apprentissage de Léonard à Florence, son savoir empirique et autodidacte de peintre touche-à-tout, ses dons d’observation et d’imagination.

2. Les emplois d’ingénieur militaire et d’organisateur de fêtes de Léonard chez ses mécènes de Milan, Florence et en France. Léonard, enfant de l’humanisme florentin de la Renaissance.

3. La qualité de l’observation, les phénomènes du regard privilégiés chez Léonard au service de la peinture, l’art le plus noble qu’il y ait au monde.

4. « L’oeil, miroir de l’âme, intelligence du corps » ; le regard chez Léonard sauve le corps de la décrépitude ; sa mélancolie pour tout ce qui concerne le monde matériel sublimée par la peinture. Sa vision philosophique du monde.


La Cène. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

5. Analyse de La Cène.
« Leonardo représente un moment donné de la Cène. C’est une Cène qui se passe dans le monde. Une partition formelle justifiée par le savoir qu’a Leonardo de représenter un caractère. »


Rubens, copie de La bataille d’Anghiari, 1603. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

6. Anecdote concernant le début de la réalisation de la peinture de La bataille d’Anghiari (aujourd’hui disparue) au Palazzo Vecchio de Florence.

7. Analyse et commentaires sur l’oeuvre Vision du déluge.


Léonard de Vinci, Déluge, 1517-1518. Dessin, 162 x 203 mm. Royal Collection.
Zoom : cliquez l’image.
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Léonard de Vinci peintre

Le 14 avril 2017, France Culture rediffusait cette émission en ne conservant que les interventions de Daniel Arasse et de Marcelin Pleynet, « critiques d’art ».

Tout à la fois peintre et ingénieur, intéressé autant par l’anatomie que par l’astronomie, Léonard de Vinci est né un 15 avril, en 1452. Une archive passionnante explore l’esthétique de l’un des plus célèbres peintres.


Léonard de Vinci, Autoportrait, entre 1512 et 1515.
33 × 21,6 cm, bibliothèque royale de Turin. Zoom : cliquez l’image.

Son nom appelle immédiatement La Joconde ou encore La Cène. Artiste mystérieux et objet de légende, Léonard de Vinci est né, comme son nom l’indique, à Vinci en Toscane le 15 avril 1452. Il fut à la fois peintre, ingénieur militaire, concepteur de fêtes à la Renaissance, passionné autant par l’astronomie et l’anatomie, éternellement curieux. S’il y a bien des manières d’entrer dans son oeuvre, tant celle-ci est vaste, tentons de comprendre ici pourquoi la postérité a retenu plus particulièrement son activité de peintre.

En mai 1992, pour l’émission Une Vie, une oeuvre, la documentariste Pascale Charpentier lui consacrait un documentaire, dans lequel les critiques d’art Daniel Arasse et Marcelin Pleynet traçaient quelques aspects du talent de Léonard peintre. Tour d’horizon.

La légende Léonard de Vinci

Selon un sondage réalisé par la revue Beaux-Arts en avril 1992, Léonard de Vinci est l’artiste favori des Français. Au micro de la documentariste Pascale Charpentier, l’historien Daniel Arasse revient sur les raisons de ce succès :

Si l’on retient souvent la peinture comme art principal de Léonard de Vinci, l’historien rappelle une réalité en fait beaucoup plus riche. Car même s’il a peint tout au long de sa vie, il a également été ingénieur militaire et concepteur de grandes machines pour les fêtes de la Renaissance. Homme de cour, au service des princes de l’époque, ses recherches ont porté autant sur l’anatomie que sur l’astronomie, comme en témoignent ses Carnets. Mais très vite, dès le milieu du XVIe siècle, la légende se met en place, privilégiant son activité de peintre.

A ÉCOUTER AUSSI : La postérité de Léonard de Vinci et Léonard de Vinci, courtisan (La Fabrique de l’Histoire)

L’historien souligne également combien la fascination pour Léonard de Vinci tient aussi au caractère extrêmement discret de l’homme : « Léonard de Vinci se cachait. Sa grâce extrême consistait à ne pas manifester ses humeurs, ses tempéraments ». Sa représentation de lui-même ? Réponse avec son autoportrait :

« Dans l’œuvre la plus intime qu’il puisse faire lui-même, il se présente sous le masque d’un philosophe antique. »

L’éloge du regard

Pour Léonard de Vinci, la peinture est un témoin de la connaissance du monde et du rapport de l’homme au divin. L’œil, dont il fait l’éloge, tient ainsi une place essentielle souligne Daniel Arasse :

« [La peinture] est la synthèse de possibilités de démonstration qu’a l’homme de sa connaissance du monde et de la maîtrise qu’il a sur le monde. En donnant une image vraie du monde, l’homme démontre qu’il connaît ou maîtrise le monde, et qu’en tant que tel, il est bien au centre du monde, la créature privilégiée de Dieu. »

Le peintre comme un intermédiaire entre le cosmos et l’homme. Un point que souligne également Marcelin Pleynet, rappelant toute l’importance de la lecture de Lucrèce sur l’œuvre de Léonard de Vinci :

« Le corps en lui-même va se dissoudre. Il n’y a que le regard, et l’intelligence que le regard apporte qui peut lui donner une dimension susceptible de se supporter lui-même. Tout ce qui relève du corps et des humeurs est d’une certaine façon condamné. (...) C’est l’expérience qui passe par le regard qui permet de sauver l’homme de cette décrépitude. (...) Il a lu Lucrèce, il a lu le fait que le monde matérialiste chez Lucrèce est condamné à disparaître pour renaître son forme d’atomes, etc. Et il y a incontestablement chez Léonardo une mélancolie pour tout ce qui concerne le monde matériel, une mélancolie qu’il sublime à travers cet éloge du miroir, cet éloge de l’œil et, bien entendu, à travers la peinture. »

Le vu et non-vu chez : l’art du sfumato

Parmi les apports très importants de Léonard de Vinci à la peinture, Daniel Arasse souligne l’importance du sfumato, cette technique qui "consiste à effacer la ligne de contour". Pour lui, tout l’intérêt du sfumato réside dans cette tension entre la tradition de la question du contour et la recherche de la vie en peinture :

« Le sfumato vient d’une grande tradition telle que Pline [l’Ancien] la rapporte : la question du contour est le suprême subtilité de la peinture. Parce que, si le contour est trop visible, il créé une rupture dans l’image. Alors que, si le contour n’est pas visible — et la formule est de Pline — la peinture promet même ce qu’elle ne montre pas. Il y a donc une possibilité de suggestion extraordinaire de la peinture par ce qu’elle cache. (...) Quel est l’enjeu du sfumato à la fin du XVe siècle ? C’est l’idée de suggérer que l’image est vivante. On rejoint le problème de la grâce de [Giorgio] Vasari qui dit : "la grâce est ce qui surgit entre le vu et le non-vu, et que possèdent les choses vivantes". »

Autre tension entre le vu et le non-vu, Daniel Arasse, évoquant La Cène, et la représentation du traître :

« Léonard de Vinci est le premier à mettre Judas avec les apôtres. (...) Ce que Léonard de Vinci a inventé, entre autres choses, c’est la figuration du traître : comment représenter quelqu’un qui se cache.” »

Léonard de Vinci, La Cène.
Zoom : cliquez l’image.

Léonard de Vinci et ses contemporains

Si Daniel Arasse évoque les relations difficiles entre Léonard de Vinci et Michel-Ange, Pierre Rosenberg insiste pour sa part sur la différence entre sa peinture et celle de Raphaël :

« Ce qu’il y a d’extraordinaire chez Raphaël, c’est qu’on ne sent pas l’effort. Tout vient tout seul. La perfection est absolue, mais l’effort pour la conquérir n’est jamais perceptible. (...) Chez Léonard de Vinci, on sent, au contraire, que la perfection, il la sait inatteignable. Par conséquent, il la fuit. Il y a toujours une fuite en avant, une volonté de fuir à tout ce qui fermerait le tableau et qui limiterait le monde de l’œuvre d’art à la surface de la toile. »

Léonard de Vinci en quelques tableaux

Et pour finir, place aux tableaux du maître, le tout en archives radiophoniques :

La Joconde (Daniel Arasse, Histoires de peintures
L’Adoration des mages (Daniel Arasse, Histoire de peintures)

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Dans Le Saint-Âne, « communication donné à l’invitation de Jacques-Alain Miller, au meeting de protestation contre l’amendement Accoyer [1], à la Mutualité, le samedi 10 janvier 2004 », Philippe Sollers parle du dogme de l’Immaculée Conception et de La Vierge, l’enfant Jésus et sainte Anne de Léonard de Vinci qui se trouve au Louvre et dont on ne connaissait alors que la version non restaurée.

Le Saint-Âne et la Sainte-Anne

[...] Je vous ennuie avec les dates, mais cette question de la datation me paraît être un problème capital. À l’orée du XXIe siècle, nous avons dépassé la superstition des dates et la datation peut nous apparaître — j’en suis certain — comme quelque chose d’absolument inattendu, insolite, plein de choses qui n’ont pas été dites ou qui ont été falsifiées.
Nous sommes en 1854-1860, période extra­ordinairement féconde. C’est le 8 décembre 1854 que Pie IX — pape fort intéressant, dont le Syllabus fait mes délices car on croirait lire les Poésies de Lautréamont ; tout est nié sans exception, tout ce qui nous paraît naturel, pro­gressiste, est nié, très farouchement — Pie IX, donc, le 8 décembre 1854, proclame le dogme de l’Immaculée Conception qui touche à la mise au monde de Marie par sa mère Anne. Anne est la mère de Marie, donc la grand-mère du Christ.
Comme c’est curieux. Le mari d’Anne est en quelque sorte ignoré de la plupart des historiens qui n’ont jamais essayé d’en savoir davantage. Il s’appelle Joachim, c’est un saint, bien entendu, comme Joseph. La bulle par laquelle Pie IX, de façon tout à fait extravagante mais après une très longue incubation au cours des siècles, promulgue l’Immaculée Conception est un dogme — ça veut dire que vous êtes tenus d’y croire si vous prônez ce système de coordonnées. Vous n’êtes pas obligés, vous pouvez en prendre d’autres, mais à l’intérieur de la logique en question, vous êtes tenus de croire comme article de foi, à partir du 8 décembre 1854 et pas avant, à l’Immaculée Conception. Ce n’est pas un amendement, c’est un aménagement de quelque chose qui intéresse justement ceux qui se sont précipités vers le calcul, « du Panthéon — disiez­ vous à l’instant, Jacques-Alain Miller, citant Lacan — dans le toboggan de la police ou de la préfecture ». Eh bien, cette bulle s’appelle d’un très beau nom en latin, c’est la bulle Ineffabilis. C’est ineffable, susceptible d’aucun discours, d’aucune verbalisation, d’aucune évaluation. Nous sommes dans l’ineffable, et c’est beaucoup plus tard, un siècle après — nous enjambons les siècles hardiment, n’est-ce pas ? — en 1950 seulement, qu’un autre pape qui a très mauvaise réputation, Pie XII (très mauvaise réputation, ce pape très controversé, infernal ; mais peut-être est-il controversé surtout par ce qu’il a fait et que je vais dire, plus que par le reste), promulgue le dogme de !’Assomption. Ce n’est pas la même chose. Sa bulle à lui s’appelle — alors, encore mieux : Munificentissimus Deus, c’est-à-dire le Dieu munificent ; la munificence étant au-delà de tout ce que l’on peut imaginer comme générosité et, donc, inévaluable. Alors, d’un côté, c’est ineffable, et de l’autre, c’est munificent. L’lmmaculée Conception, c’est que vous êtes tenus de croire que la Vierge Marie a été engendrée par sa mère Anne sans péché.
Qu’est-ce que cela veut dire l’immaculée Conception ? Je prends le pari que toute souffrance, surtout dans le domaine psychique dont vous êtes les écouteurs et les interprètes, a quelque chose à voir avec la conception. La Conception sans péché, ça veut dire sans péché originel. Interruption du péché. Alors là, vous êtes obligés de rentrer dans des considérations historiques . Il y avait déjà une tradition de cette affaire mais pas dogmatique, ce n’était pas un article de foi, un point de suture, alors que le dogme est là pour suturer quelque chose. Vous aviez des Conceptionnistes, en effet, qui étaient des moniales de l’ordre contemplatif fondé à Tolède en 1484. Vous aviez aussi, par la suite, une congrégation hospitalière et enseignante des fils de l’immaculée Conception fondée à Rome en 1857. Tout cela devrait intéresser passionnément la psychanalyse, bien entendu. Qu’est-ce que cette incubation de l’immaculée Conception ? Eh bien, il se trouve que ce sont des peintres qui s’en sont beaucoup occupés.


Léonard de Vinci, La Vierge, l’enfant Jésus et sainte Anne, entre 1500 et 1515.
Version retouchée avant restauration. Zoom : cliquez l’image.

Je ne vais pas vous présenter Léonard de Vinci, auquel Freud a consacré un texte très célèbre, vous n’avez qu’à aller le voir parce qu’il est au Louvre, ce tableau, et il y a un carton que vous pouvez aussi regarder à Londres. Cette incubation plastique (non pas verbale, ou pas vraiment, surtout plastique) a été un objet de peinture en Italie, en Autriche et en Allemagne, au point qu’il y a eu un culte parallèle en route vers l’immaculée Conception. En italien, c’est Santa Anna Metterza, ce qui veut dire Anna trois fois, trois fois soi-même, c’est donc une position parallèle à la Trinité. En effet, si Marie sort d’Anne pour donner le Christ, nous avons une Trinité qui ne correspond pas à la Trinité habituelle. Tout cela est logique si vous posez l’Incarnation. Si vous posez l’Incarnation, vous êtes obligés de revenir sur le lieu où ça s’est produit, c’est-à-dire la Vierge Marie. Mais immédiatement, vous êtes obligés de soustraire Marie à la biologie conventionnelle et encore mieux à la sociobiologie. Anne a conçu cet être qui va devenir la mère de Dieu, car Marie est la mère de Dieu devenant aussi la fille de son fils. Nous irons voir tout à l’heure Dante auquel Lacan fait allusion notamment dans Télévision, dialogue avec Jacques-Alain Miller (il y a trente ans, vous vous rendez compte ; j’ouvrais le livre ce matin, j’ai une petite dédicace charmante de Lacan, 1974, « Cher Sollers qui s’est déjà dérangé pour ça »). Vous êtes aussi obligés de placer quelque chose en amont de la Vierge Marie elle­ même : Anne. Ce qui est étrange, pour la France, c’est que vous n’avez pas eu l’équivalent de ce culte d’Anne-Marie. Cela rend d’autant plus intéressante la question d’Anne d’Autriche, de l’Autriche en général, d’ailleurs, bonjour Freud, et de l’Italie, bien sûr. Vous n’avez pas d’équivalent ni français ni anglais de ce travail marial, de cette incubation au XIVe et au XVe siècle, dont Léonard de Vinci va être le sommet puisqu’il rompt avec les représentations plastiques traditionnelles. Il pousse tellement la logique plastiquement théologique, qu’il faudra un jour ou l’autre en arriver à prononcer un dogme. On ne peut pas éviter de poser que Marie a été conçue sans péché. Alors « sans péché », évidemment vous souriez, vous êtes sûrs de votre sourire, mais on pourrait peut-être dire, ça serait plus adapté à la situation, qu’elle a été conçue sans calcul. Il y aurait toujours dans cette affaire de conception quelque chose qui relèverait du calcul, plus ou moins conscient, voire tout à fait inconscient. Sans calcul, c’est-à­-dire, en somme, avec une gratuité qui dépasse toute valeur, toute estimation, toute verba­lisation, toute évaluation. Il se serait produit, hypothèse, un engendrement d’une fille, échappée au calcul, un engendrement immaculé puisqu’on ne peut pas le calculer. Une fille engendrée sans calcul, on ne sait pas très bien comment, à moins qu’on puisse envisager qu’il s’agirait d’une jouissance telle qu’elle serait d’abord extrêmement rare, voire unique, et qu’elle ne laisserait place à aucune captation indue. Cette fille-là devient le lieu où Dieu peut donc s’incarner : c’est Marie.
Vous pouvez vous reporter, si cela vous amuse, à un texte que j’ai autrefois publié sur l’Assomption, où je parle de ce célèbre tableau du Titien qui est à Venise, le pinceau du Titien faisant, de la même main, des Assomptions et des Vénus à la fourrure. J’ai vu, un jour, des moines regardant attentivement la Vénus à la fourrure de Titien et je leur ai demandé pourquoi ils s’arrêtaient si longtemps devant ce tableau.

Dans celui de Léonard de Vinci — vous voyez le tableau, vous l’avez en tête, j’en suis sûr, vous ne pouvez pas vivre sans avoir ce tableau en tête — Anne, Marie, le Christ et l’agneau se trouvent dans une position énigmatique.


L’hypothétique vautour [2]. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

Pour la petite histoire, vous savez que Freud et le pasteur Pfister s’étaient engagés sur une apparition de vautour — qui n’était pas un vautour, une erreur de traduction —, en tout cas le pasteur Pfister tenait absolument à voir un vautour dans le voile qui est à gauche de Marie. Pour éviter de voir le tableau, il y a mis tout de suite un vautour, voir Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci pdf , etc. Pourquoi d’ailleurs Freud s’intéresse-t-il à cela ? Eh bien, il faut relire aussi son texte qui s’appelle Grande est la Diane des Éphésiens où, avec la simplicité abrupte qui le caractérise et son ignorance du christianisme, il ne voit dans cette Vierge Marie qu’une reprise du culte de la « Grande Diane d’Éphèse », c’est-à­-dire un culte de fécondité. Bien entendu, c’est absurde.
Les psychanalystes me paraissent, en général, très réticents lorsqu’ils abordent la mythologie chrétienne. Or il n’y a aucune raison de ne pas l’aborder calmement, de façon dévoilante, surtout aujourd’hui.
La Vierge, donc, si elle a eu lieu dans ce point — je vous enfonce encore des petits bouts de bois dans les oneilles, excusez-moi —, est tout sauf une déesse de la fécondité, elle accomplit la naissance de Dieu une fois pour toutes. Alors, évi­demment, il y a ceux qui se demandent pourquoi elle n’a pas accouché d’une fille, ce qui engendre des discours fiévreux et ce qui provoque aussi une agressivité tout à fait intéressante.
À Saint-Pierre de Rome, vous savez qu’on a été obligé de mettre une vitre à l’épreuve des balles contre ceux qui venaient marteler la Pietà de Michel-Ange.


Marcel Duchamp, La Joconde (L.H.O.O.Q), 1919.
Centre Pompidou. Photo A.G., 03-11-14.
Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

Quant à la dernière cocasserie, récente, qui prouve d’ailleurs l’étendue de la décomposition de l’idéologie communiste, c’est ce fameux tableau de Marcel Duchamp qui représente la Vierge aux Rochers, la Joconde si vous préférez, où il a écrit, en bas, des lettres : « LHOOQ ». Plus des moustaches à la Joconde. Tout ça par allusion, je suppose, à l’homosexualité supposée de Léonard de Vinci. Ce tableau a été offert par Aragon à Georges Marchais et a fait l’objet des vœux du parti communiste français en 2002. On a reçu, au nom du parti communiste français (ça veut dire beaucoup de choses), la représentation de ce tableau de Duchamp, amusant, dont on peut se lasser aussi, qui s’appelle LHOOQ (Elle a chaud au cul). Au cul, c’est pour cela que je parlais de calcul. Agressivité tout à fait symp­tomatique dont nous dirons qu’elle est tantôt perverse, tantôt psychotique et puis après tout, peut-être que le nouage catholique, pour l’appeler par son nom, n’a pas d’autre but que de manifester ces symptômes à leur plus haut degré.
Léonard de Vinci se signale parmi tous les peintres italiens comme n’ayant jamais peint ni Crucifixion ni Pietà. Très singulier, il a fait ce tableau, et nous devons comprendre comment cela implique qu’on n’entre ni dans la Crucifixion ni dans la Pietà. Il s’agit, bien entendu, d’un défi porté à la Bible. On n’est plus dans l’intervention d’un Dieu qui prélèverait une côte sur un corps masculin pour en faire une femme. Il y a donc eu cette longue incubation du féminin, où du féminin engendre du féminin lequel engendre son principe causal, sans qu’on puisse jamais distinguer une pause par rétroaction entre le corps et l’esprit ou la chair et le verbe, comme vous voulez. Très significative est la position, dans ce tableau, de l’enfant Jésus qui est déposé et comme retenu par sa mère, assise elle-même sur les genoux de sa mère. Les regards sont à analyser de près. Anne regarde en surplomb, la mère a les yeux plus ouverts, et le garçon, car c’en est un assurément, tourne la tête de l’autre côté comme rétroactivement, comme s’il se tournait vers un passé qui ne finira pas d’être toujours présent. En même temps, comme vous le voyez je suppose, il saisit très fermement les oreilles de cet agneau qui se trouve là pas par hasard, l’agneau christique donc, et la jambe gauche — ceci est peu souligné parce qu’on s’attarde, et il ne s’agit pas de vautour, sur les pieds d’Anne et de Marie — de façon très symphonique, la jambe gauche enjambe. Ce garçon enjambe le dos de l’agneau qu’il est. Il s’enjambe.
Cette histoire a suinté à travers les siècles jusqu’à ce dogme, et on peut dire que le dogme a eu lieu au moment où, franchement, on avait atteint le comble de l’absurdité en le promulguant. C’est d’ailleurs Flaubert qui, dans une lettre, s’éblouit d’une telle initiative, « ça c’est vraiment très fort » dit-il, au moment même où ça semble ne plus avoir aucun sens. Dogme de l’Immaculée Conception.

Philippe Sollers, Le Saint-Âne, 2004, Verdier, p. 16-28.
(Fugues, 2012, Folio 5697, p. 741-742).

LIRE AUSSI : La Bienheureuse Vierge Marie ou l’effet B.V.M. (De L’Immaculée Conception à l’Assomption).

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La restauration du tableau


Des dessins inconnus De Vinci retrouvés au Louvre.
Zoom : cliquez l’image.
Le 18 décembre 2008, à l’occasion d’un décrochage de l’œuvre, Sylvain Laveissière, conservateur au département des Peintures, a découvert trois dessins au revers vraisemblablement de Léonard de Vinci, représentant une tête de cheval (proche de celles conçues par Léonard pour La Bataille d’Anghiari, la moitié d’un crâne ressemblant à l’une de ses études conservées à Windsor, et un enfant tenant un agneau qui rappelle trois dessins préparatoires [3].
Cette découverte a été l’occasion pour le musée du Louvre d’organiser le 17 juin 2009 une journée d’étude consacrée à la Vierge à l’Enfant avec sainte Anne. Sous la direction de Vincent Delieuvin du département des peintures, cette journée a été l’occasion d’un examen attentif de l’œuvre et a permis l’intervention d’historiens d’art et de divers spécialistes de l’investigation matérielle pour présenter au public les principaux résultats, enjeux et découvertes de cette enquête.
En février 2010, le musée du Louvre a annoncé qu’il allait décrocher le tableau pour qu’il puisse subir une méticuleuse restauration. Cette restauration annoncée sous haute surveillance répond à une urgence en termes de sauvegarde de l’œuvre a précisé Vincent Pomarède, le chef du département. Vincent Delieuvin a précisé qu’« il s’agit d’alléger et uniformiser le vernis, afin qu’il cesse de tirer sur la couche picturale, faire de même avec les paquets formés par des repeints, et enfin retoucher ceux dont la couleur a viré, provoquant ce phénomène de tache [4]. »
La restauration, dirigée par Cinzia Pasquali choisie à l’issue d’un appel d’offres, a débuté fin 2010 au Centre de recherche et de restauration des musées de France, grâce au mécénat de Barry Lam (en), et duré 15 mois.
En mars 2012, le conservateur au département des peintures du musée du Louvre, Vincent Delieuvin, a placé ce chef-d’œuvre de Léonard de Vinci, restauré avec le concours du Centre de recherche et de restauration des musées de France, au cœur d’une exposition exceptionnelle, intitulée « La sainte-Anne, l’ultime chef-d’œuvre de Léonard de Vinci » (Wikipedia).

Vincent Delieuvin, commissaire de l’exposition :

La version restaurée et exposée dès 2012 [5].


Léonard de Vinci, La Vierge, l’enfant Jésus et sainte Anne, entre 1500 et 1515.
Grande galerie du Louvre. Photo A.G., 25 janvier 2017. Zoom : cliquez l’image.

Disséquer la Sainte Anne de Léonard

La Fabrique de l’Histoire, 8 mai 2012.
Un documentaire de Perrine Kervran, réalisé par Anne Fleury
Avec Patrick Boucheron (maître de conférences à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne), Serge Bramly (romancier, critique d’art), Vincent Delieuvin (conservateur au département des peintures du musée du Louvre), Jérémie Koering (chargé de recherche au CNRS) et Nadeije Laneyrie Dagen (professeur d’Histoire de l’art à l’Ecole Normale Supérieure).

Que dit cette sainte Anne verte et bleue du paysage, que dit-elle de Léonard, que dit-elle des ateliers florentins, que dit-elle du culte à Sainte Anne, que dit-elle de la République de Florence, que dit-elle des artistes de cour, et que croit-on qu’elle dit de l’enfance de Léonard ? Et puis on peut aussi tacher de savoir ce qu’en disaient les contemporains qui la jugeaient parfaite et inachevée. Mais à les lire, on peut se demander ce qu’il faut penser de ce dandy agile et sportif, incapable de finir ses toiles, pourtant reconnu maître de l’art du portrait et de celui du paysage, cet éternel curieux, amoureux du beau et fasciné par la laideur, ce touche à tout de génie, ce végétarien qui a fini ses jours en France, entre son Saint Jean-Baptiste, sa Sainte Anne et la Joconde...

Crédit FC

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Peu après l’annonce de la démission du pape Benoît XVI et en plein débat sur le « mariage pour tous », Philippe Sollers, le 15 février 2013, écrivait avec humour (PSA contre PMA) :

« Péché — J’insiste : un pape, à la différence de toutes les autres religions, est tenu de croire en Dieu sous la forme d’une incarnation humaine historiquement située. La Vierge Marie s’en charge, dans une procréation spirituellement assistée. Mais cette Marie a elle-même une mère, Anne, qui a conçu sa fille "sans péché", c’est-à-dire en dehors du péché originel. C’est quoi, "le péché originel" ? La sexualité ? Mais non, le calcul. Le Diable est la négation du gratuit, l’appropriation indue, le profit. Ce n’est pas pour rien que le dogme de l’Immaculée Conception a été défini comme "ineffable", c’est-à-dire au-delà de toute expression et de toute évaluation. Si vous voulez en avoir une idée, allez au Louvre, et restez quelques instants devant le tableau de Léonard de Vinci, La Vierge, l’enfant Jésus et sainte Anne. Si, devant cette douceur bouleversante, vous ne devenez pas sur le champ catholique, je ne peux plus rien pour vous. » (lepoint.fr, 15 février 2013).

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Sainte-Anne, la naissance d’un chef-d’œuvre


Léonard de Vinci, Étude de composition pour Sainte Anne.
Venise, Accademia. Zoom : cliquez l’image.

Léonard de Vinci, dessin préparatoire à Sainte Anne.
Zoom : cliquez l’image.

Trois cartons et 20 ans ont été nécessaires à Léonard De Vinci pour parvenir à peindre La Vierge, l’Enfant Jésus et Sainte Anne. Extrait de la Saint Anne de Léonard de Vinci, La naissance d’un chef-d’œuvre.

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En 1989, Alain Jaubert étudie La Vierge, l’enfant Jésus et Sainte Anne. Il s’agit de la version connue du tableau avant sa restauration chromatique.

Léonard de Vinci : le Sourire et l’entrelacs

Réalisateur : Alain Jaubert
Auteur : Alain Jaubert
Producteurs : ARTE France, DELTA IMAGE
1989.

A droite, un arbre très sombre agrippé sur la pente d’une colline. Au centre, Sainte Anne. Elle porte les cheveux tressés. Elle a les yeux baissés et sourit. Assise sur ses genoux, la Vierge Marie, vêtue d’une robe rose décolletée et bouffante. Elle se penche vers l’enfant Jésus, un bébé de deux ou trois ans. Nu, très bouclé, il est en train d’enjamber un agneau qui se cabre. Derrière, le paysage montre des pics montagneux, des glaciers d’où sortent des eaux rugissantes. Anne semble envelopper Marie. Marie entoure de ses bras Jésus, mais celui-ci s’échappe des bras de sa mère comme pour symboliser une nouvelle naissance. Peinte entre 1500 et 1515, la Vierge, l’enfant Jésus et sainte Anne vint en France avec Léonard lorsque celui-ci se rendit à Paris sur l’invitation de François 1er. Le tableau ne retourna jamais en Italie et entrera au Louvre en 1801. Depuis le 16ème siècle, de nombreux écrits et analyses sont parus sur l’oeuvre : on voulut y retrouver les prophéties, les déformations, les caricatures, les anamorphoses que Léonard affectionnait particulièrement. Même Freud essaya d’y déceler les rapports qu’entretenait Léonard de Vinci avec sa seconde mère. En disséquant le tableau jusqu’aux moindres détails, le Sourire et l’entrelacs nous raconte l’histoire de la Vierge, l’enfant Jésus et Sainte Anne comme une véritable enquête policière. C’est le peintre Valerio Adami qui a prêté sa voix aux textes de Léonard de Vinci.

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Sigmund Freud, Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci

Trad. de l’allemand (Autriche) par Janine Altounian, André et Odile Bourguignon, Pierre Cotet et Alain Rauzy. Préface de J.-B. Pontalis
Annotations des traducteurs
Collection Folio bilingue (n° 16), Gallimard
Parution : 17-10-1991

Freud a reconnu en Léonard de Vinci une personnalité éminemment contradictoire, un « être énigmatique » animé comme lui par un puissant « désir de savoir » et par une inlassable curiosité, proche de celle de l’enfant-chercheur. Il entreprend de résoudre l’énigme du cas Léonard et croit en trouver la clé dans le fameux « souvenir d’enfance », le seul qui ait été consigné dans les Carnets, en association avec des réflexions sur le vol des oiseaux.
Quel lumineux portrait de Léonard de Vinci et, dans une certaine mesure, de Freud lui-même ! — Gallimard, 1991. L’édition précédente date de 1987 (voir la présentation ici).

Sigmund Freud, Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci pdf (texte intégral avec reproductions de dessins de Léonard)

Extrait lu par Daniel Mesguich [6]

Freud par lui-même :
L’homme Moïse et la religion monothéiste
Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci.

France Culture, Les nouveaux chemins, 16 octobre 2008.
Avec Raphaël Enthoven et Paul Denis, psychanalyste et membre titulaire de la Société psychanalytique de Paris.

LIRE : Dominique Szulzynger, À propos des mécanismes de sublimation

*

Le mystère d’un dessin attribué à Léonard de Vinci

Par Philippe Dagen

De nombreux experts estiment que l’œuvre, un dessin au crayon et à l’encre qui montre un saint Sébastien attaché à un arbre, et qui appartient à un médecin français est du maître italien.


Léonard de Vinci, Le martyr de Saint Sébastien, vers 1480.
Tajan, collection particulière, France. Zoom : cliquez l’image.

C’est le genre d’histoire que l’on a peine à croire : un inconnu se présente dans une maison de vente pour montrer un portefeuille de quatorze dessins et l’un d’eux se révèle être probablement de la main de Léonard de Vinci. L’homme est un médecin français à la retraite, fils d’un bibliophile. La maison de vente, c’est Tajan, à Paris. L’expert, c’est Thaddée Prate, directeur du département « maîtres anciens », qui, en mars, reçoit un peu à la hâte ce visiteur qui lui dit être venu en raison de la réputation de la maison.

Il passe en revue les dessins, s’arrête sur une sanguine italienne du XVIe siècle, mais surtout sur un dessin au crayon et à l’encre, lui aussi italien, qui montre un saint Sébastien attaché à un arbre, dans un paysage de montagne juste mentionné en quelques lignes. Ce n’est pas tant l’inscription « Michel Ange » qui figure sur le montage entourant la feuille qui le retient que la vigueur des lignes. Elle l’intrigue assez pour qu’il montre l’œuvre à l’expert et marchand Patrick de Bayser qui s’aperçoit à de menus détails graphiques que le dessin a sans doute été tracé par un gaucher. Or, des gauchers capables d’une telle maîtrise graphique, il n’y en a pas foule dans l’Italie de la Renaissance. Un surtout est connu – universellement : Léonard de Vinci. Au recto de la feuille, Patrick de Bayser découvre deux petits dessins à l’encre, d’une tout autre nature : des études de la géométrie de la projection des ombres sur un mur. Il découvre aussi, très pâles, des inscriptions qui rappellent l’écriture inversée dont Léonard usait pour protéger ses travaux des indiscrets.


Au dos du Saint Sébastien.
Zoom : cliquez l’image.

Deux croquis géométriques

Ayant encore peine à croire ce que ces indices suggèrent, les deux experts soumettent le dessin à Carmen C. Bambach. Conservatrice au Metropolitan Museum de New York, elle a participé à l’exposition « Leonardo da Vinci ­Master Draftman » qui a eu lieu au Met en 2003. A cette occasion, elle a commenté les deux dessins de saint Sébastien de Léonard ­connus, conservés l’un à la Kunsthalle de Hambourg, l’autre au Musée Bonnat de Bayonne. Or, dans le Codex Atlanticus, dressant l’inventaire de ses travaux, l’artiste en mentionne huit. Le dessin réapparu serait-il l’un des six manquants ? Carmen Bambach en est convaincue et publiera en janvier 2017 une étude dans laquelle elle attribue à Léonard cette étude et replace les deux croquis géométriques et les annotations qui les accompagnent parmi les expériences d’optique de Léonard.

Elle propose pour datation les années 1478-1483, fin de la première période florentine de l’artiste. Elle dispose pour cela d’un ensemble d’indices à l’évidence très consistant, de l’intérêt de Léonard pour le sujet – huit fois repris donc – à la puissance expressive de l’anatomie et aux schémas et notes au recto. Dans un communiqué, le Met fait siennes ses ­conclusions et se réjouit de cette « exciting new discovery ».

Le cas a été jugé assez sérieux pour que le Louvre dépêche pour examiner la feuille son directeur du département des arts gra­phiques, Xavier Salmon, et le conservateur Dominique Cordellier, chargé des XVe et XVIe siècles français et italiens. Assez sérieux encore pour que le laboratoire du Louvre procède à des examens scientifiques de la feuille, dont les résultats n’ont pas encore été communiqués, pas plus que l’opinion des conservateurs, ce qui n’est pas une surprise. Il est au demeurant visible au premier regard que la feuille a été abîmée dans sa partie supérieure et restaurée, restauration plus visible encore au recto. L’observation permet aussi de s’apercevoir que, quel qu’en soit l’auteur, il s’agit d’une étude destinée à déterminer la posture des membres. Il y a deux positions de l’épaule gauche et quatre des jambes, dépliées ou pliées. A l’inverse, le visage n’a pas été repris. Il exprime plutôt l’exaltation que la douleur, ce qui pourrait s’expliquer par une décision de l’artiste : il montre le martyr avant qu’il ait été transpercé de flèches par les archers de Dioclétien, ce qui est une singularité par rapport à la tradition iconographique qui le représente d’ordinaire blessé en plusieurs points. L’arbre auquel il est attaché est dessiné avec netteté, alors que le paysage est tout juste indiqué. Ceci aussi se comprend : ce n’était pas là ce que l’auteur voulait déterminer.

Convaincus de l’attribution à Léonard, les experts de Tajan en estiment la valeur à 15 millions d’euros. Ils ont demandé au ministère de la culture le passeport nécessaire à la vente à l’étranger et n’ont pour l’heure reçu aucune réponse. Le dessin sera officiellement présenté le 10 janvier 2017 par la maison de vente. Il devrait être mis aux enchères en juin.

Philippe Dagen, Le Monde du 14 décembre 2016.

Précision : Le dessin de Léonard de Vinci découvert chez Tajan interdit de sortie du territoire français.
Le dessin représentant le martyre de saint Sébastien, découvert en octobre chez Tajan et attribué à Léonard de Vinci, s’est vu refuser son certificat d’exportation demandé par l’étude. Ce refus conforte l’attribution du dessin au maître italien, et souligne la rareté d’une telle découverte. Le feuillet, estimé 15 millions d’euros, a été classé Trésor National et pourrait être vendu de gré à gré avec le musée du Louvre sous réserve de trouver des mécènes.
Le 23 décembre, le Ministère de la culture a indiqué que le dessin de Léonard de Vinci “[représente] un jalon supplémentaire dans la connaissance de l’évolution de la composition parmi la série des saint Sébastien et des expériences scientifiques de Léonard de Vinci. [Cette] œuvre à double face [est] emblématique de deux des domaines d’excellence de ce génie universel.”. L’État dispose de 30 mois pour réunir la somme, auquel cas le dessin devient libre de circulation. En février, une publication scientifique sur le dessin est prévue dans la revue anglaise Burlington. Le reste du carton à dessins du propriétaire du dessin où a été découvert le Léonard de Vinci sera mis en vente en mai prochain chez Tajan, après le salon du dessin. Connaissance des arts

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La légende de la mort de Léonard de Vinci

Avril 2017. Après des mois de restauration à Paris, le tableau La mort de Léonard de Vinci de François-Guillaume Ménageot (1744-1816) revient à Amboise. Cette illustration imaginée du décès du génie de la Renaissance dans les bras de François Ier est la propriété de la ville d’Amboise. Il va être exposé au château jusqu’en 2019, afin de célébrer le 500e anniversaire du séjour de De Vinci à Amboise.

LIRE : "La mort de Léonard de Vinci" revient à Amboise


François-Guillaume Ménageot, La mort de Léonard de Vinci, 1781.
Zoom : cliquez l’image.

Ingres, La mort de Léonard de Vinci, 1818.
Zoom : cliquez l’image.
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LHOOQ 2 (Deborah De Robertis)

15/24 avril 2017. Stupéfiant ! « Deborah De Robertis est une artiste scandaleuse qui joue avec son propre corps. En clair, pour ses performances, elle écarte les cuisses devant les plus grandes œuvres, comme L’origine du monde, et elle revendique un message politique, esthétique et féministe ! Il y a quelques jours, elle s’est exhibée au Louvre, devant la Joconde. Stupéfiant ! a suivi toute l’opération. »

Tout ceci se passe de commentaires...
Le phénomène passe. Je cherche les lois. (Ducasse)

LIRE : André Breton, Le Cinquantenaire de l’hystérie, 1878-1928
Philippe Sollers, L’hystérie a toujours raison.

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Portfolio


[1L’amendement Accoyer entendait encadrer les psychothérapies et la psychanalyse. A.G.

[2Cf. Et le vautour ?. A.G.

[3Vincent Noce, « Vinci côté pile », Libération,‎ 18 décembre 2008.

[4Vincent Noce, « un Vinci bientôt en soins intensifs », Libération,‎ 5 février 2010.

[6Cf. Livraphone.

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