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Le Sexe des Modernes, par Eric Marty

Entretien fleuve entre Eric Marty et Jacques-Alain Miller

D 30 mars 2021     A par Albert Gauvin - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



Le sexe des Modernes
Pensée du Neutre et théorie du genre
Eric Marty

Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l’est plus encore.

Ce livre est d’une certaine manière l’histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu’au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu’à Judith Butler.

Pourtant, parce qu’il s’agit d’un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d’être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l’Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées…

Il s’agit ici non seulement d’éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d’explorer ce qui s’est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ?

Car le moment est venu d’interroger le partage du sexe et du genre sous l’angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.

Eric Marty.

SEUIL

Éric Marty présente son ouvrage "Le sexe des Modernes : pensée du neutre et théorie du genre : essai" aux éditions du Seuil.

Entretien sur « Le sexe des Modernes »

par Jacques-Alain Miller et Éric Marty

30 mars 2021

Échange-fleuve entre Jacques-Alain Miller et Éric Marty, l’auteur de « Le sexe des Modernes. Pensée du Neutre et théorie du genre » (Seuil, collection Fiction & Cie, mars 2021).

La Règle du jeu et Lacan Quotidien publient la transcription d’une série d’échanges sur la théorie et la notion du genre. Un échange qui se poursuivra dimanche prochain.

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Détail de la couverture du livre d’Éric Marty :
Le sexe des modernes (Seuil)

Dimanche 21 mars 2021

Jacques-Alain Miller : Cher Éric Marty, j’ai réfléchi à un petit speech pour commencer. Votre livre, je l’ai reçu mercredi dernier avec une dédicace que je n’ai pu déchiffrer, je l’ai feuilleté vingt minutes, et j’ai pensé à la phrase de Marx dans La Sainte Famille à propos de la réception par ses contemporains, de l’Essai sur l’entendement humain de John Locke, sur lequel j’avais fait mon mémoire de philosophie avec Canguilhem : « Il fut accueilli avec enthousiasme, comme un hôte impatiemment attendu. »

Votre livre me manquait, je m’en aperçois depuis qu’il est paru. Sans le savoir, je l’espérais. Et d’abord parce que jamais je ne suis entré dans l’œuvre de Butler, à laquelle Zizek, qui était alors mon élève à Paris, avait tenté de m’intéresser dès la parution de Trouble in gender en 1990. Nombre d’analystes, dans et hors de l’École de la Cause freudienne, ont depuis lors exploré les dédales de la théorie du genre, pas moi.

Or, ladite théorie est désormais un phénomène mondial. Vous débutez votre livre sur une phrase emphatique : « Le genre, gender, est le dernier grand message idéologique de l’Occident envoyé au reste du monde. » Le ton est « romantique », pour employer un mot favori de Butler, mais, à ses yeux, stigmatisant.

Votre phrase est-elle excessive ? Il est en tous les cas indiscutable que les idées des sectateurs du genre, pour le dire avec les mots du président Mao, ont pénétré les masses et sont devenues une force matérielle. Ces idées s’imposent aux États-Unis, elles pèsent sur l’évolution des mœurs dans toutes les démocraties avancées, pour les appeler ainsi, elles inspirent la législation de plusieurs pays, dont l’Argentine, où l’influence de Lacan est si marquée dans la vie intellectuelle. En Europe, une loi similaire à la loi argentine est actuellement discutée en Espagne. Les disciples du genre sont actifs en France, ils ont connu leurs plus riches heures au temps où Najat Vallaud-Belkacem était ministre de l’Éducation.

Je pense à cette phrase de Foucault que vous citez page 389, où il confie son espoir de produire « de réels effets sur l’histoire présente ». Eh bien, cette Judith Butler a réussi ça. Je dis : « Chapeau ! ». Et même, pourquoi pas : « Bien creusé, vieille taupe ! »

J’avais été rebuté d’emblée par le fait que Butler utilisait le vocabulaire de Lacan à tort et à travers, avec un grand sans-gêne et de façon farfelue. Vous m’apprenez qu’il n’en est rien. Son usage, mésusage, des termes qu’elle emprunte à Lacan et à bien d’autres, répond chez elle à une véritable méthode, une méthode de « défiguration » dûment revendiquée, qui consiste à s’approprier des concepts pour les détourner de leur sens initial afin de les utiliser à d’autres fins. Vous la citez page 74 : « We actively misappropriate the term for other purposes ». C’est un geste utilitariste qui n’est pas sans grandeur, ni sans culot. Les Américains ont pour dire le toupet un mot yiddish, la Chutzpah. Butler ne l’exerce pas seulement sur Lacan, mais sur Derrida, sur Bourdieu, sur Foucault et tutti quanti. Plus un terme est conceptuel, dites-vous, plus elle cherche à le rapter et à l’exploiter, d’où une attitude à l’endroit des théoriciens que vous qualifiez de prédatrice, confer page 77. A travers ses multiples ouvrages vous la suivez à la trace, pistant les réutilisations, déplacements, détournements, divagations, mutations, reconfigurations, et vous projetez une lumière crue sur sa manière de faire, toujours ingénieuse et imaginative, même si parfois embrouillée et confuse. Vous vous livrez ainsi à une minutieuse « déconstruction », pour employer le mot fameux de Derrida, de la théorie du genre, déconstruction respectueuse de ses méandres, mais sévère pour ses inconséquences. Alors que cette idéologie suscite volontiers des sarcasmes et des rejets sans phrase chez les conservateurs, les réactionnaires, les tenants du sens commun, vous l’étudiez, vous en dépliez tranquillement toute la complexité, vous en étalez les paradoxes, vous en pointez les impasses théoriques, si bien que j’ai pensé en vous lisant à la célèbre maxime de Spinoza commentée par Nietzsche : « Non ridere, non lugere, neque detestari, sed intelligere. » Vous ne vous moquez pas du genre, vous ne déplorez ni ne détestez, vous comprenez, et faites comprendre. Enfin, par endroits, l’ironie perce.

Certes, il faut rendre les armes au mot, sinon au concept du genre, gender. Il n’aurait pas cet écho, il ne serait pas devenu pour beaucoup à la fois un slogan et une évidence, s’il n’était pas en sympathie, syntonie, résonnance, avec ce qui travaille le moment présent de notre civilisation, avec son « malaise », selon le mot de Freud, avec « ce qui chemine dans les profondeurs du goût » comme dit Lacan.

Non, « la théorie du genre » n’est pas un complot, ce n’est pas une imposture, elle dit quelque chose de très profond sur notre actualité, modernité ou postmodernité. Il est d’autant plus fascinant de voir en vous lisant que ces idées aujourd’hui triomphantes sont issues à l’origine d’un étonnant bricolage théorique en équilibre instable, où le paralogisme le dispute au fantasme.

On dira que vous ruinez sans retour la construction du concept du genre. Certains, dont je suis, seront néanmoins sensibles à la puissance de l’entreprise. Judith Butler a su imposer le genre « quasi universellement comme un signifiant indépassable », page 487, elle est inventive, et elle rectifie sans barguigner ses conclusions, jusqu’à finalement les évacuer sicut palea, comme du fumier, mot de Thomas d’Aquin à la fin de sa vie, rappelé par Lacan.

Vous m’avez appris en effet que Butler fut sacrée Queen of Gender en 1994 par celle qui aurait pu être sa rivale, Gayle Rubin, que vous présentez page 38 comme « anthropologue, activiste queer, lesbienne, grande amie de Michel Foucault avec lequel elle partage un même tropisme S/M ». Mais, dès l’année précédente, Butler se reprochait d’avoir fait du gender « un site d’identification prioritaire aux dépens de la race, de la sexualité, de la classe ou du fonctionnement des placements géopolitiques », ou aussi bien « au détriment des subalternes, nouvelle catégorie alternative créée par Gayatri Spivak ». La pensée intersectionnelle, qui privilégie la race, prit depuis lors, écrivez-vous page 365, une place presque hégémonique chez Butler. C’est à croire que, pour elle, le genre a duré à peine davantage que ne durent les roses, avant de se faner.

Vous faites comprendre en même temps qu’il y a comme une destinée chaotique de la pensée du genre, qui lui interdit de jamais se fixer, qui la conduit à se diversifier et à se fractionner sans répit, de telle sorte que son champ intellectuel et militant semble ravagé par une guerre de tous et toutes contre toutes et tous. C’est aussi le moment de rappeler que la dénomination de « théorie du genre » résulte d’un forçage, puisque celles et ceux qui travaillent dans la discipline la disqualifient. Elle ressortit selon eux d’une conception unitaire, autoritaire, hégémonique, de l’activité intellectuelle, qu’ils et elles abominent, préférant s’adonner à la multiplicité chatoyante, foisonnante, sans loi, des studies. Le Un est mort, vive le Multiple ! Le genre ne se reconnaît aucune Reine. Cette dynamique est, d’une certaine façon, on pourrait certainement le soutenir, conforme à cette logique dite du « pas-tout » que Lacan en était venu à formuler comme propre à la position féminine, et qui aujourd’hui l’emporte partout dans la civilisation, du moins la nôtre.

Ce parti-pris du Multiple-sans-l’Un fait du domaine des études de genre un labyrinthe, ou plutôt un maquis, une jungle, et je m’y perdais, ou plutôt, je n’y entrais même pas, si vous ne m’aviez pris par la main, comme Virgile. Ma Butler, ce sera jusqu’à nouvel ordre celle d’Éric Marty. J’espère que votre livre sera traduit aux États-Unis, je serai curieux de voir comment l’intéressée réagira à votre travail, et aussi ses frères et sœurs d’armes. Vous fera-t-on l’hommage, ou le femmage, d’une controverse argumentée ?

Cependant, votre livre n’est pas seulement une sensationnelle déconstruction du genre selon Judith Butler. Il offre aussi un panorama inégalé jusqu’à présent, au moins à ma connaissance, d’une tranche remarquable de la vie intellectuelle en France dans la seconde moitié du siècle dernier. Tout le monde à l’époque parlait du structuralisme, fût-ce pour le vouer aux gémonies ou prétendre le dépasser. Vous jetez en particulier des regards croisés sur Barthes, Deleuze, Derrida et Foucault, sur leur complicité et leurs querelles, feutrées ou explosives, période très intense et féconde si on la compare à l’atonie présente des échanges intellectuels, que masque mal une agitation de mauvais aloi, celle qui a fait dire la semaine dernière à une fine mouche, observatrice délurée des médias, Eugénie Bastié, journaliste au Figaro, que « notre débat public se caractérise par le relativisme (chacun sa vérité) et l’intolérance (ma vérité ne saurait être contestée) ». Très « gender  », cette situation.

Ces quatre grands noms, au fil de votre déconstruction du genre, vous les faites revenir à de nombreuses reprises dans de savants entrelacs, qui tournent parfois en enchevêtrements. J’aimerais reprendre ces noms un par un avec vous, si vous le voulez bien.

Et enfin, il y a Lacan. Il inspire Butler, dont il ne connaîtra pas l’œuvre, puisqu’il est décédé en 1981. Il est très présent pour nos quatre Grands, il les a inspirés aussi, et lui-même les lit, les invite, tient compte de ce qu’ils écrivent. Mais votre livre fait apparaître à quel point il se distingue du Quatuor. Du moins, je ne vois nulle trace chez lui de cette « pensée du Neutre » que vous décelez chez les quatre pour l’opposer à la théorie du genre.

En tout cas, après 1968, quand Derrida, Deleuze et Guattari, sans oublier Foucault, entreprirent de démoder la psychanalyse, de la rendre désuète et, pour le dire sans façons, de la ruiner dans l’esprit du public, Lacan jeta sur eux un filet, une tunique de Nessus, ce qu’il appelait « le discours de l’Université », dont il distinguait sévèrement « le discours de l’Analyste ». Et il y eut un partage des eaux. On cessa chez les lacaniens de lire « les universitaires ». Et ceux-ci s’éloignèrent toujours davantage de leur compagnonnage ancien avec le psychanalyste qui les avait tant occupés.

Voilà, j’en ai fini. C’est un grand livre, si riche, si touffu, 500 pages, une fresque, un carnaval, avec son cortège de castrats et de travelos, de sado-masos et de pseudo-schizos, à la fois festival US et défilé French Pride. C’est une épopée conceptuelle haletante. Bref, une œuvre qui, j’en fais le pari, restera mémorable.

SUR LACAN QUOTIDIEN 925

Lacan et le « gender »

Éric Marty : Merci, je suis très touché par votre propos. Je vous disais avant qu’on ne commence à enregistrer que vous étiez pour moi l’un des lecteurs idéals de ce livre, par votre histoire, par votre rôle, par votre place aussi, qui est, disons, liée à celle de Lacan. Lacan qui est pour moi l’un des maîtres du jeu, du jeu d’échec, de bridge ou de poker que mon livre met sur la table, et dont il propose quelques parties. Il y a d’autres maîtres du jeu : Lévi-Strauss par exemple, dont on n’aura pas le temps de parler. Mais Lacan est bien maître du jeu par rapport au Quatuor : Deleuze, Barthes, Derrida, Foucault. Et cette domination de Lacan est très importante à mettre au jour, tant les héritiers – deleuziens, derridiens, foucaldiens – peinent aujourd’hui à penser leur propre objet dans l’époque qui fut lacanienne, et à percevoir les placements des uns et des autres par rapport à Lacan. Maître du jeu aussi par rapport à ce qui se passe du côté du genre, tant il est passionnant de reconstituer la relation et les stratégies de Butler par rapport au corpus lacanien, d’une étonnante rigueur dans leur logique de déformation, de rivalité aussi, très assumée. C’est également à cette reconstitution que je m’emploie. Et puis parce que Lacan, comme certains de ses contemporains, a croisé le genre avant qu’il ne devienne un concept dominant. Et je note dès le début de mon livre que si Lacan rencontre le mot de genre dans sa version originale de gender chez le psychiatre américain Stoller, et s’il le repère comme signifiant, il n’en fait rien. On a l’impression qu’aujourd’hui, beaucoup de psychanalystes enragent de ne pas avoir été de ceux qui ont fait du mot « genre » un signifiant central pour leur propre clinique ou pour leur propre théorie.

J.-A. M. : Ah oui ? Vous en connaissez, vous, des psychanalystes qui ragent pour ça ?

É. M. : C’est une impression très diffuse qui se traduit anecdotiquement par le ralliement d’un certain nombre d’analystes au vocabulaire général des gender, mais surtout il y a ce sentiment très tenace, au point de valoir comme certitude, que le signifiant « genre », depuis qu’il est apparu, a pris la place d’un signifiant-maître, un signifiant indispensable à tout sujet parlant, et qui le met en demeure de se demander comment on faisait avant pour parler sans lui.

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mercredi 19 mai 2021
Éric MARTY
essayiste, écrivain, professeur des universités
A partir de son ouvrage
LE SEXE DES MODERNES
PENSÉE DU NEUTRE ET THÉORIE DU GENRE
(titre d’intervention susceptible de modifications ultérieures)
Informations ici

Pour mémoire, le point de vue de Julia Kristeva en 2014...


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2 Messages

  • Albert Gauvin | 4 avril 2021 - 17:37 2

    Gender Studies : la première grande enquête philosophique sur l’origine du genre et ses conséquences aujourd’hui

    Signes des temps par Marc Weitzmann, 4 avril 2021.

    Que l’on y adhère ou qu’on les critique, nul ne peut nier : les études de genre, les fameuses « gender studies » se sont imposées depuis trente ans comme l’évènement intellectuel le plus lourd de conséquence dans les sciences humaines. Aucun intellectuel ambitieux aujourd’hui, voire aucun artiste, et aucun journaliste s’intéressant à la société ne peut envisager de produire quelque travail que ce soit sans y faire référence. « Le genre, est le dernier grand message idéologique de l’Occident au reste du monde », écrit pour sa part Eric Marty en ouverture de son livre évènement sur le sujet, le Sexe des Modernes, qui sort en ce moment.

    Les études de genre sont-elles le signe de l’influence néfaste des campus américains sur la vie intellectuelle française, comme on le dit ici, ou produit de la French theory sur le monde de la recherche américain, comme on l’affirme aux Etats-Unis ? De quel bouleversement anthropologique sont-elles le signe ? Sont-elles le vecteur d’une nouvelle révolution sexuelle, ou le symptôme d’une désexualition inédite des sociétés occidentales ?

    Retraçant l’histoire intellectuelle du genre entre Paris et Berkeley, Le Sexe des Modernes est le premier à tenter de faire le point sur ces questions et, à défaut d’explorer de façon exhaustive l’état du monde qui en résulte et se fabrique sous nos yeux, le premier à tenter de comprendre ce que le genre veut dire.

    POUR ALLER PLUS LOIN.