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Annie Le Brun, Ce qui n’a pas de prix

D 12 juin 2018     C 1 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Annie Le Brun
Ce qui n’a pas de prix

Parution : 16/05/2018

C’est la guerre, une guerre qui se déroule sur tous les fronts et qui s’intensifie depuis qu’elle est désormais menée contre tout ce dont il paraissait impossible d’extraire de la valeur. S’ensuit un nouvel enlaidissement du monde. Car, avant même le rêve ou la passion, le premier ennemi aura été la beauté vive, celle dont chacun a connu les pouvoirs d’éblouissement et qui, pas plus que l’éclair, ne se laisse assujettir.
Y aura considérablement aidé la collusion de la finance et d’un certain art contemporain, à l’origine d’une entreprise de neutralisation visant à installer une domination sans réplique. Et comme, dans le même temps, la marchandisation
de tout recours à une esthétisation généralisée pour camoufler le fonctionnement catastrophique d’un monde allant à sa perte, il est évident que beauté et laideur constituent un enjeu politique.
Jusqu’à quand consentirons-nous à ne pas voir combien la violence de l’argent travaille à liquider notre nuit sensible, pour nous faire oublier l’essentiel, la quête éperdue de ce qui n’a pas de prix ?

LIRE UN EXTRAIT

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Annie Le Brun recherche ce qui n’a pas de prix

L’heure bleue, FC, 15 mai 2018.

Écrivain, poète et critique littéraire, spécialiste du Marquis de Sade, mais également du surréalisme, une grande dame de la littérature est avec Laure Adler ce soir. Bienvenue à Annie Le Brun.

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Annie Le Brun © Philippe Matsas

Il peut être difficilement de résumer la biographie d’Annie Le Brun tant elle a fait au sein de la littérature et du monde artistique. Elle découvre le surréalisme en étant étudiante. Elle va dès lors côtoyer de grands noms de la scène artistique et se lancer dans l’écriture.

Spécialiste de l’oeuvre du Marquis de Sade, qui fait partie de ces auteurs que l’on n’ose pas lire dans le métro, elle a édité chez Gallimard le catalogue d’exposition (et livre) Sade. Attaquer le soleil, venant de l’exposition du même nom qui fut proposée au Musée d’Orsay du 14 octobre 2014 au 25 janvier 2015. Elle y fait part au lecteur de ses impressions sur l’oeuvre de Sade en général et des liens créées entre les œuvres de l’exposition. Elle y développe l’idée que cette part de sensibilité dans l’oeuvre du Marquis de Sade enclenche au XIXème siècle une nouvelle idée du corps.

Cet amour de Sade semble une manifestation de son désamour avec les féministes (qui se déclare dès la fin des années 70 avec les textes Vagit Prop, Lâchez tout et autres textes publié de nouveau en 2010 aux éditions du Sandre), comme Gisèle Halimi ou Benoîte Groult. En effet, en 1977, avec Lâchez tout, Annie Le Brun critique le moralisme qui caractérise le point de vue féministe militant sur la sexualité. Elle s’expliquera dans une interview publiée dans Libération en 2001 : « Dans militantisme, il y a militaire ; je suis du côté des déserteurs. Il faut en finir avec les meutes hurlantes, avec tous les corporatismes et singulièrement le corporatisme sexuel. Ecoutez-les, ces néo-féministes en sont venues à vouloir exercer un abominable terrorisme idéologique. Ce qu’elles veulent, c’est censurer Bataille, Lautréamont, Sade… »

Elle nous vient aujourd’hui pour la sortie de son livre Ce qui n’a pas de prix – Beauté, laideur et politique publié chez Stock. Elle y interroge notre course à l’argent qui nous fait passer à côté de la recherche du Beau et de ce qui est essentiel (au sens de “l’essence” de la vie). Cette course est aussi une guerre, une guerre contre ce qui ne peut être acheté ou vendu, comme la nature, le rêve ou la passion. La finance se serait alliée à un certain art contemporain, permettant l’esthétisation de cette marchandisation à tout prix.

À (ré)écouter Annie Le Brun et l’arme du désir

Documents sonores :
Pastille : Mathieu Terence
Choix musical :
Benjamin Clementine, I won’t complain (Ouverture de l’émission)
Haendel, extrait de Rinaldo, Lascia ch’io pianga
Antony and the Johnssons, Hope there´s someone live (cœur de l’émission)

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La beauté, un geste politique avec Annie Le Brun

La Grande Table, FC, 12 juin 2018.

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L’art contemporain, gigantesque entreprise de désensibilisation des foules selon Annie Le brun. Le Dirty Corner d’Anish Kapoor à Versailles en 2015.
Crédits : TRIPELON-JARRY - AFP

Annie Le Brun, écrivain, poète, commissaire d’exposition, décrit "l’enlaidissement du monde" qui frappe selon elle notre société depuis l’avènement conjoint du capitalisme financier et d’un art contemporain obsédé par l’argent et affranchi de toute considération esthétique.

"Les artistes contemporains sont cyniques : en permanence, ils font passer la dévastation de la sensibilité et de toute réflexion esthétique qu’ils mènent pour quelque chose de risible et d’insignifiant." Annie Le Brun

La philosophe Annie Le Brun, spécialiste du Marquis de Sade, s’insurgeait déjà contre la censure par excès de normes dans « Du trop de réalité » en 2000, critique de la soumission et de la surproduction de signes et d’images.

"Nous sommes dans une civilisation du déchet. Les puissances économiques, qui tirent profit de l’hyper-consommation globalisée, se déploient pour nous faire accepter la situation tout en niant ce qu’elle a de dangereux." Annie Le Brun

Notre invitée publie aujourd’hui « Ce qui n’a pas de prix » chez Stock, où elle analyse les relations que l’art contemporain entretient avec la finance internationale et la marchandisation du monde.

"Ce qu’il se passe dans les musées est la même chose que ce qu’il se passe dans les grands supermarchés : on y voit partout à travers le monde les mêmes codes, les mêmes marques, les même produits, les mêmes artistes." Annie Le Brun

Elle dénonce « une guerre menée contre tout ce dont l’on ne peut pas extraire de la valeur » dans le sillon du poète et imprimeur britannique William Morris.

Si la beauté et la laideur ne sont pas neutres, en quoi sont-elles politiques ?

"Aujourd’hui, la seule issue qui nous est imposée est la marchandisation du monde. Il y a à travers l’art contemporain une guerre généralisée, omniprésente, concertée, contre tout ce qui échappe à sa commercialisation." Annie Le Brun
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Il y a 30 ans...

’Strophes, 4 octobre 1988

Bernard Pivot accueille Annie Le Brun pour son livre Appel d’air dans lequel elle défend avec virulence la poésie. Sur le plateau, elle critique la poésie actuelle trop réaliste et qui, depuis 20 ans, marque la fin du rêve et de l’utopie. Pour elle, la poésie est une façon d’être et la haine de celle-ci est synonyme de haine de l’homme. Bernard Pivot lit un extrait de cet ouvrage puis présente des livres sur le surréalisme.

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