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Le Désir et ses Lois

Pas de lucidité sur Clio sans Clito !

D 17 mars 2020     A par Albert Gauvin - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


« Le phénomène passe, je cherche des lois. » Isidore Ducasse, Poésies II (1870).
« Le phénomène cherche, je trouve les lois. » Philippe Sollers, Lois. (1972).
« Une Phénoménologie du Clito changerait la vie de foules entières. »
Philippe Sollers, Désir (2020).


Rodin, Femme allongée, une main entre les jambes, auprès d’un oiseau.
Mine de plomb, estompe et aquarelle sur papier crème.
32,3 x 24,9cm. D. 5046. ZOOM : cliquer sur l’image.
LOIS

tout ça est-il étranger aux préoccupations réelles des masses ? Force travail enquête et terrain actif pas seule­ment médical corps investis d’exploite contre bourgeoi­sie locale vorace. Compradore mimant l’étranger manipule. Riposte graduée armée sur deux fronts et gare à l’encule. Aucune raison abandonner désagré­gation des supers. Sans quoi marche un jour ou l’autre à l’envers. Boulot très utile. D’ailleurs varié différences de styles. Aucune raison de cacher, par exemple, que médème homo en a vraiment marre du señor huma. Tant va l’huma d’homo qu’à la fin elle se fâche. Appli­cation ! Médème homo, montrez-leur clito !

(elle le montre)

premier communiant : non pas ça !
deuxième communiant : cachez ce ça que je ne sais trop voir !
première hystère : le mien est plus gros !
deuxième hystère : ad te clamamus maximagugus !
troisième hystère : jamais un homo n’en a eu si beau !
première enceinte : et alors ? chez moi l’utérine !
deuxième enceinte : mon bébé sous moi prêche pro domo !
homo : mon anus se serre en pensant à mère !
troisième enceinte : vaginuthéro je veux la queue gros, l’étui qui reluit, la pilule aqreuse, le frœtous moumousse, le craâne sanguin, la dilate à crin !
premier communiant : déjà dit ! vieux monde !
deuxième communiant : solution ?
première hystère : dans tout l’à peu près du dernier calcul, quand tout se recule et se brouillannule, le clito existe dans la solution ! La petite dent, cochonne, devant !
deuxième hystère : c’est l’extase à crise, la bonne inci­sive, pépé des excises, la motte en ronron, le trans­fert-bidon !
troisième hystère : imposons clito par-dessus homo ! qu’il nous soit fidèle, qu’il adore l’elle, qu’il soit pèraimant et tout dévouant, qu’il jute en l’hon­neur de notre graisseur à la gloire de père et de sur-mémère, ad te damamus o clitodeus !
première enceinte : on bat un enfant !
deuxième enceinte : luttons pour mystère de vie, jusqu’à mort !
première hystère : clito bouffera clio ! Hystère contre histoire !
deuxième hystère : nous t’aurons aux tripes chien d’humahomo !
homo (à part lui) : oui, oui, vas-y, ça vient, ne t’arrête !
première hystère : le bordel partout ! le clito en tout !
Homo, promettez-nous l’enchaîné !
homo : oui ! non ! surtout ! pas !
premier communiant : maman !
maman : vive le clhystère !
deuxième communiant : papa !
papa : demande à maman !
maman : tu vois, vous êtes foutus mes dodus !
première hystère : papa me fera le bébé en soi que maman me doit puisqu’elle m’a fait moi. Homo ! fais-le moi et passe en cuisine, tu sera mémé comme à l’oripine, eu de eu en eu, vive l’humané !
deuxième hystère : le parti se doit d’approuver notre position. Or en vérité, en vérité, je vous le dis racine a peint le parti tel qu’il est, corneille tel qu’il devrait être.
première hystère : le parti nous sera acquis, nous y entrons par centaines.
deuxième hystère : mes zenfants prouvent que j’ai raison. Trois du même gland, et pas une ride ! Je vote clito, utéro-clito.
première hystère : perverse !
troisième hystère : allumeuse ! centriste !
deuxième hystère : impossible de m’en passer. Au pas. Militaire. Schloum ! Du vent !
première hystère : les pédés ?
deuxième hystère : avec nous, c’est nous, pas d’his­toires.
première hystère : l’ennemi principal ?
troisième hystère : vous le connaissez. L’innommable. L’innombrable. L’éternel infâminin. L’éternel émasculin. Celui qui ose dire avoir dépassé le machin. Tu parles !
première hystère : je voudrais voir ça, un mec qui s’en fout ! Tous libidineux, c’est écrit aux cieux !
deuxième hystère (rêveuse) : pépé serait content s’il pouvait me voir !
première hystère : elle est née la divine afemme ! Viens sur moi o moi trop souvent niée ! O seulenmoimoi ! O bourgeonnamoi ! castrature du cercle en mama­ dora !
homo :

das unzulängliche
hier wird’s ereignis [1]

baise-moi, baise-moi, chuchote maintenant la femme du virtuel immortel, baise-moi kiktusois mon riquet houppé, embraisemoimoi, bouse-moi les fesses, j’en suis ténébreuse et toute vitreuse, à moi le spasmé de l’enténébré, j’en ai ralbout de son surplombout, baise­ moi chéri, vole ! au lit ! Parle-moi direct en méta joli ! J’en ai plein le cu de son zob artiste, je veux mon image en frôlant-frôlie... Saquons sa folie ! Aime-moi en veuve ! Montre-moi hommeuve ! Monte-moi sur lui, cueille-lui le cu de son mot jailli et roffre moi tout dans ta culottière, vas-y mon velu, pique lui son cri !


Picasso, Femme nue debout, 20 juillet 1950.
Terre rouge modelée. Musée Picasso, Paris.
Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

lui continuant à tourner mixture diabolissimus pour cervelles timides centrées. Points limites salves achille tortue flèches dans la brocéliande. Bougera ? Bougera pas ? Début de légende. Et nappe trouée. Selon le tiercé. Elles sont là marmites boue d’orage et bruyère le laid est beau le beau laid tonnerre d’un autre âge allons faire tour monde dans la brume immonde. Salut ! Salut ! Salut ! Demeurez, oracles imparfaits, dites-m’en davantage ! Ce qui les a enivrés m’a donné l’audace. Ce qui les a éteints est venu m’enflammer. Connaître ce que j’ai fait ? Mieux vaudrait ne plus me connaître moi-même ! Rude nuit, j’en serai tout blême. De telles choses peuvent-elles arriver et passer sur nos têtes comme un nuage d’été ? Oui, et sous la fumée. Contrai­rement à la tradition millénaire de la philosophie, dixit professor, il pense déchiré non en substantifs mais en verbes. Ce qui explique accélération turbo-réacteurs continu puissance avec rappel des anciens dormeurs forêts enchantées ronds dans l’herbe. Ordina­teur laminant l’influx carburant sonné. Cheveux ongles poussée de dos barbe nuit rongement des os que pense moelle enfumée névrose foie cœur momie main à tra­vers prose fourreau cuir et cervelle cire de l’oreillécho ? Il se cache en eau. Dégaine, petit, sors-toi du cloaque, sors ton miroir claque, ta lentille à crache, défais les attaches, pousse à fond ta peau -

das unbescheibliche
hier wird’s getan [2]

(hello man ? Ça vient la délivre ? La sortie des livres et du fou repas ? L’historié t’attend, c’est complet dedans... Où est-on ici ? Spasmorama ronronnant, couci-couça et longueur d’attente. Petit pays grande tradition mondiale commune passée actuel funèbre ! Liberté ? Chérie ! Seule algèbre ! En gros malgré tout vasouille restreinte contrée vanité pincée et eux résis­tants pérorent au lieu de pousser critiques. Se croyant déjà dirigeants insurrection oubliant sa problématique. Sacrés françouais. Très coquets. Xénos, sûrs xénos, sur-hexaxénos et perrococos. Coûts classicos, hypers ! Culture ? Bourjuse, cent pour cent ! Éducation ? Natio­nale ! Flics ? En tas, sous les lits ! Province ? Mastodonte ! Tout le poids ! Vieille histoire... Notionnel bornage engraissé catho avec sacristain moderne radical social tremblotant reflet des lumières savoir non encyclopé­dique en désordre avec renfort intégration sociaux­ chauvins à gros rouge devenu rosé parlant fort occupés à sauver image marque de mémé grande urse de plus en plus démasquée psychiatre fouettarde dans ses avatars combine anti-chine et orient bizarre déran­geant à peine furieuse sieste ronflement roublards. Mécanicité générale gourmands révolutionnaires à dessert sourd cocorico implicite antisémitisme tempéré jovial jusqu’à brusque rage paysanne auvergnate afflux merdeux cous bas coqs en pâte. Potinerie pou­lailler délirant avec ponte quotidienne bouffe et cu d’abord défense à mort enseignement minimal péteux souvenir pépé d’économe. Anticléricalisme à soutane échanges pisseux trucs de campagne élections stabi­lisant pour la gomme. Peuple archaïque sans âge sursaut demain surprenant malin si désir nécessité secouer ses puces volonté lancée ou bien rien)
et donc marche encore, agis et sois là, désem­brouille-toi en avant derrière, chaque point-déchiffre est un nerf de joie, un déclic à chaud dénouant cellule, chaque son nouveau te refait globule... Pschtt canal divise en étages musicalamage et pinson quoiquoi. Extrême satyre, tu te plais mouvant ? Tu sautes la loi ? En passant devant ? Evite, repars, et lâche ton lest, la substance est rance, tourne-la qui danse, suis ton injection, ta jectivation dans le sub de l’ob et le tuba­ zob, la substantiflic de la frication, active, salive, tire­ toi les tifs en vaginatif ! Excite l’étym ! Redescends la mine ! Ça cause, ça plaît, et puis ça recause son alter­ effet, son sursum corda abracadabra. Habemus ad neutrinum ! Dominus vopiscus ! Amène... Ouftre ! Wipe your glosses with what you know [3]. Le cloître, fleurance ! Tout le bleu du bleu dans l’or bleu jardin, colonnes tintées air bleu violoné ! Trop physiques, ils n’arrivent pas à sauter leur métaphysique. Motus, silésius ! Et in saecula !


Rodin, Main sur un sexe.
Mine de plomb, estompe et aquarelle sur papier crème.
32,6 x 25cm. D. 6191. ZOOM : cliquer sur l’image.

Le Bernin, L’enlèvement de Proserpine (Perséphone) (détail). 1620-1621.
Rome, Galerie Borghèse. Photo A.G., 23 juin 2015.
ZOOM : cliquer sur l’image pour voir l’oeuvre complète.
CLITO

Si vous voulez connaître l’Histoire, tapez Clio. Si vous choisissez d’en pénétrer les dessous, croyez-moi, tapez Clito. Si vous êtes un homme, ne vous laissez pas abuser par la proposition de pénétration classique, au risque de vous retrouver avec un enfant conçu dans le dos. Il y a des bourreurs invétérés, dont les femmes, en général, ont bien raison de se plaindre. Ces arriérés compul­sifs assurent, pour l’instant, la reproduction, mais ils seront de plus en plus dépassés par la procédure tech­nique. On a beau les prévenir que leur bourrage répé­titif déclenche immanquablement la VVB, la Vésicule Vaginale Biliaire, microscopique pédoncule invisible à l’œil nu [4], ils continuent à excéder leurs partenaires, qui, si elles ne tombent pas enceintes, les payent, en retour, d’une constante mauvaise humeur.

Clito ! Clito ! Clito ! Bouton d’or ! Pile atomique ! Clitomnestre ! Sapho ! Une femme avec un bon clito, souvent sollicité par elle-même, en vaut mille. Voyez-la, souriante, gracieuse, épanouie, humoristique, et même tendre. Clito ! Clito ! La paix au sein de la guerre ! Pas de lucidité sur Clio sans Clito !

Perséphone est coincée entre sa mère et son père, qui se fait passer pour son oncle. Son père la viole aux Enfers, sa mère l’étouffe sur terre [5]. Vous la prenez à part, vous approuvez son clito, elle vous en sera éternellement reconnaissante. Se branler seule, c’est bien, se branler à deux, avec les mots qu’il faut, c’est mieux. Une Phénoménologie du Clito changerait la vie de foules entières. Clito, délicieuse déesse grecque ! Voyez comment, rien que pour vous, elle transforme sa froideur en mouil­lure ! Beauté criminelle ! Insoupçonnable ! Dissimula­trice sacrée ! Hypocrite et menteuse en surface, Sainte Nitouche touchée ! Surtout, en dehors des séances, pas un mot déplacé, aucune vulgarité ! Un air un peu strict, réservé, britannique, est de mise. Cette femme délicate et chic a beaucoup d’esprit, et pour cause.

Non seulement elle a de l’esprit, mais, en bonne vicieuse raisonnée, elle est sympathique, généreuse, hyper-sensible. Elle évalue les tourbillons du Spectacle de façon sarcastique, ne signe aucune pétition, n’aime pas les rassemblements. Elle s’éclipse des conversa­tions, pense à sa vie amoureuse, mange peu, évite de grossir, aime beaucoup ses bijoux.

Tout cela est ensoleillé, vibrant, innocent, enfan­tin, unique, dans un contexte férocement aplati. On est donc passé d’une ère phallocratique à une longue période vaginocratique, et il faut maintenant s’habituer à une nouvelle ère clitocratique, pleine de surprises et de révélations. Le réglage technique de la procréation est contemporain d’une catastrophe climatique. Cette séquence révolutionnaire est encore masquée par un épais brouillard artificiel.

Les reines de la transition clitocratique sont, bien entendu, les Chinoises. On leur a bandé les pieds pendant des siècles, comme pour préparer ce rebond fabuleux. Elles courent, volent, s’envolent au-dessus de tours gigantesques, la moitié du ciel leur appartient, et, bientôt, le ciel tout entier. Un pied de Chinoise sur Vénus, voilà la vraie Révolution culturelle. Tout cela en silence, comme une marée. En surface, revendications démocratiques contrôlées, business, fausse gentillesse, surveillance massive, identifications faciales renforcées. Une expédition féminine chinoise est déjà dans l’Arc­tique, à la recherche du pétrole enfoui sous la banquise en train de fondre. Elle doit rejoindre bientôt sur place une autre expédition de femmes inuits équipée par le Canada. Ça va chauffer dans la glace.


Rodin, Le Glacier. Femme nue aux longs cheveux de profil à droite. Après 1896.
Crayon au graphite et aquarelle sur papier vélin. ZOOM : cliquer sur l’image.

Rodin, Femme nue allongée, une main sous une jambe relevée.
Mine de plomb sur papier crème.
21,5 x 31cm. MR 1379. ZOOM : cliquer sur l’image.

Rodin, Couple saphique.
Mine de plomb et estompe sur papier crème.
20,3 x 30,2cm. MR 3057. ZOOM : cliquer sur l’image.

Peinture sur soie (détail). Période Qianlong (1736-1795).
Cf. Le corps chinois. ZOOM : cliquer sur l’image pour voir l’intégralité.

Picasso, Raphaël et la Fornarina. II : avec un voyeur caché. 29 août 1968.
Eau-forte sur cuivre. Barcelone, Museu Picasso. Cf. Picasso, Raphaël et la Fornarina.
ZOOM : cliquer sur l’image.

Montage à partir d’extraits de Lois (Seuil, collection Tel Quel, 1972, p. 71-76) et de Désir (Gallimard, 2020, p. 110-113). Illustrations : Rodin, Le Bernin, Chine (XVIIIe), Picasso.


[1« l’inaccessible ici n’est plus hors d’atteinte », Goethe, Faust II, 1832.

[2« l’indescriptible ici, est accompli », Goethe, Faust II, op.cit.

[3« Essuyez vos gloses avec ce que vous savez. » Vous aurez reconnu James Joyce, Finnegans Wake.

[4La VVB : ce « concept » est défini, pour la première fois, si je ne m’abuse, dans Portrait du Joueur (1984) et rappelé dans beaucoup de romans ou essais de Sollers. Exemple dans Portraits de femmes :

« J’ai eu de la chance : pas de ressentiment ou d’esprit de vengeance entre les femmes et moi. Des folles à distance, oui, mais pas de "laides et acariâtres" proches. Il faut dire que je suis un explorateur méconnu : je n’ai pas fait le tour du monde, mais j’ai identifié très tôt, afin de le neutraliser, un organe microscopique, très difficile à localiser, source de toutes les manifestations atrabilaires, situé chez les femmes de façon presque invisible, mais ayant un grand effet d’usure toxique dans la vie des hommes. J’ai nommé le cœur de la rancœur, la VVB, la Vésicule Vaginale Biliaire. Ma découverte va beaucoup plus loin que celle de l’hystérie, devenue globale et banale. Ce pas sur la lune, de façon très injuste, ne m’a pas encore valu le Nobel. »

[5Cela suppose que vous ayez lu le chapitre « Perséphone » dans Désir, p. 103-105.

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