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MACHIAVEL et la nouvelle affaire VINCI

Machiavel : le tableau retrouvé. et le livre de Michel Onfray

D 4 octobre 2019     A par Viktor Kirtov - C 5 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


« La Joconde nue dévoile (presque tous) ses mystères » était le titre original de cet article initialement dédié à la seule Joconde de Chantilly.
Dans la série « …attribués à Léonard de Vinci », Nous republions cet article enrichi, en chapeau, d’une nouvelle attribution à Vinci, un tableau de Machiavel découvert au château de Valencay.


I – La nouvelle affaire Vinci


Machiavel peint par Vinci ?


Montaigne ? Machiavel ? Léonard ? l’énigmatique portrait du château de Valençay. Huile sur panneau 55×42 cm / Liste d’œuvres d’art se trouvant dans le château de Valençay en 1898 par Joseph Pierre.©Cahiers de Valençay n°5. (Arch. Dép. Indre, 87J43)
ZOOM : cliquer l’image

Un tableau de Léonard de Vinci retrouvé à Valençay ? La découverte viendrait clore avec brio les fêtes du cinquième centenaire. Mais ne rêvons pas trop nous dit Françoise Deflassieux :
…une légende fondée sur un écrit du XIXe s. évoque effectivement la présence à Valençay d’un “portrait de Machiavel par Léonard de Vinci“.

Chasse au trésor que nous conte François-Guillaume Lorrain dans Le Point . La toile retrouvée au château de Valençay pourrait être un portrait de l’auteur du « Prince », ainsi qu’une œuvre de Vinci.
Article bien documenté que vous pouvez consulter dans Le Point du 03/12/2019

archive (pdf) ICI.


Michel Onfray mène l’enquête

Machiavel : « Cet homme est une incandescence »

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le livre sur amazon.fr

Michel Onfray est d’autant plus intéressé par cette œuvre que dans son dernier ouvrage, Le Crocodile d’Aristote (Albin Michel), analyse de 34 tableaux de philosophes, il insiste sur ce savoir préalable que l’on a d’une toile : « Ce que l’on voit en regardant le tableau, c’est ce que les mots du cartel nous disent. » Or là, rien. Pas de cartel. Aucun savoir a priori.
Onfray est le premier, et à cette heure le seul, à avoir écrit sur le présumé « Machiavel » de Valençay. « Cet homme est une incandescence. C’est au moins ça d’à peu près sûr. Une incandescence glaciale. Un feu de gel. Un froid de braise. Un encéphale menaçant débordement. » Dans le labyrinthe de cette histoire, Onfray a pris par hasard un raccourci. En juin, son éditeur chez Albin Michel, Nicolas de Cointet, en préparation d’un ouvrage sur le château de Valençay, s’est informé des œuvres de leurs réserves : « Nous avons peut-être un petit trésor », lui a répondu Fanny Chauffeteau, assistante de conservation au château de Vallançay. De Cointet venait juste de lire le chapitre d’Onfray sur le « Machiavel » peint par Santi di Tito. Il a demandé à voir.

Consultez dans Le Point , "Léonard de Vinci, les dessous d’un mythe"


Les cahiers de Valencay 05 par Anne Gérardot : un incontournable !

Anne Gérardot, directrice des Archives départementales de l’Indre, bien placée pour mener des recherches a rassemblé dans les Cahiers de Valencay N°5, les conclusions de ses recherches. Une source indispensable à consulter !

Anne Gérardot, s’est engouffrée l’an dernier dans cette aventure, après avoir découvert dans les archives du château ces quelques lignes ? « Je fais emballer par le concierge et mettre au chemin de fer une caisse contenant un tableau ("Machiavel", par Léonard de Vinci). » Un billet qui a déclenché le début d’une passionnante enquête, dont il faut retracer les tours et les détours.
Le billet était signé d’un certain Léon Chevrier, secrétaire-caissier du château. Il l’avait envoyé le 24 octobre 1874 à l’administrateur des biens du duc de Valençay. « Je ne faisais ce jour-là qu’un travail d’étude et de documentation
des archives du château en vue d’une protection. Et je tombe sur ces deux lignes se référant à un tableau dont l’attribution avait ici disparu des mémoires »,
se souvient Anne Gérardot. De quel tableau d’ailleurs s’agissait-il ? Était-il encore à Valençay ? Avait-il été vendu depuis ? Les réponses se trouvaient peut-être dans les 70 mètres linéaires des archives du château. Archives mal connues, car Valençay, à la différence d’autres grands châteaux de la Loire, est resté tardivement, jusqu’en 1979, entre des mains privées, avant d’être vendu à la ville et au département de l’Indre. S’immerger dans son histoire n’est donc qu’une démarche récente.

Machiavélien ! On va y croiser Talleyrand, ancien propriétaire du château. Les affinités entre Talleyrand et Machiavel apparaissent presque comme une évidence tant le premier fut comparé au second. Bibliophile et homme de grande culture, Talleyrand lisait Machiavel, dont les œuvres comptaient dit-on au nombre de 700 volumes de prédilection qu’il conservait dans sa chambre au château de Valencay. « Modèle de Talleyrand, cité souvent par lui » écrivit au sujet de Machiavel l’érudit Joseph Pierre, visitant le château en 1898, dans la fiche descriptive qu’il fit de ce portait. L’article des Cahiers de Valencay fournit l’occasion de revenir, à travers les sources écrites, sur la genèse et la fortune de cette attribution.

Cahiers de Valencay 05

II - LA JOCONDE NUE DE CHANTILLY dévoile (presque tous) ses mystères ...

En 1862, Henri d’Orléans, duc d’Aumale, riche propriétaire du château de Chantilly, enrichit sa collection d’un dessin attribué à Léonard de Vinci, la Joconde nue. Par la suite, certains experts considèrent qu’il s’agit d’une copie d’atelier.


La Joconde nue ou Monna Wanna, conservée au domaine de Chantilly, Musée Condé.
Atelier Léonard de Vinci (1514-1516)
Papier brun, fusain charbon de bois /
Hauteur : 72.4 cm, Largeur : 54 cm
Photo Laurence Clivet/C2RMF

Mathieu Deldicque, conservateur du musée Condé de Chantilly présente la "Joconde nue" (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

VIDEO. Le dessin a fait l’objet de nouvelles analyses. Léonard de Vinci est-il à l’origine de cette Joconde ?

Elle a subi une batterie d’analyses scientifiques. Verdict : la "Joconde nue", conservée au château de Chantilly, au nord de Paris, a bien été réalisée dans l’atelier de Léonard de Vinci "avec la très probable participation du maître" toscan.

"C’est une œuvre de très grande qualité, réalisée par un très grand dessinateur", explique Mathieu Deldicque, conservateur du patrimoine au Musée Condé à Chantilly, dans la vidéo ci-dessus.

Cette "Joconde nue" est un grand dessin au charbon de bois qui représente une femme à la poitrine dénudée, au sourire esquissé, dans la même pose que la célèbre "Joconde" du Musée du Louvre. D’où son surnom.
Visage androgyne, bras assez masculins mais poitrine de femme et coiffure antique : elle représente une sorte de "beauté idéale" universelle, souligne le conservateur.
Il s’agit d’un "carton" préparatoire destiné à reporter la composition sur un tableau, par une technique de piquage.

Les scientifiques et historiens d’art ont mené une vaste enquête, accumulant les indices pour tenter de débusquer le ou les auteurs de cette œuvre troublante.
Les examens au microscope ont notamment permis de mettre en évidence des hachures serrées, orientées du haut à gauche vers le bas à droite, comme les tracent les gauchers. Or Léonard de Vinci (1452-1519) est l’un des gauchers les plus célèbres de l’histoire.

Ce dessin sur papier a été acquis en 1862 par Henri D’Orléans, duc D’Aumale, dont la collection est conservée au Domaine de Chantilly. L’oeuvre était considérée alors comme un original de Léonard de Vinci, ayant servi à l’exécution d’une "Joconde nue" peinte, conservée au musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg.
Par la suite, cette peinture ayant été reléguée au rang de simple copie d’atelier, le carton, abîmé par le temps et l’humidité, avait subi la même disgrâce.

"Mains superposables"

Mais la préparation d’une exposition prévue en juin 2019 à Chantilly pour les 500 ans de la mort du génie de la Renaissance, a conduit le musée Condé à faire examiner ce dessin pour la première fois en 2017 par le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF).
Analyses sous binoculaire, par fluorescence X et à la photoluminescence ultra-violets, réflectographie infrarouge : les scientifiques du C2RMF, situé sous le Jardin des Tuileries, ont cherché à faire parler le dessin de 74,8 cm de haut et 56 cm de large.
"Nous avons découvert beaucoup d’éléments nouveaux", notamment "ces traits de gaucher", indique Mathieu Deldicque.

Autres indices plaidant pour la réalisation de l’œuvre par un artiste "de premier plan" : "la qualité du dessin" confirmée à l’imagerie, l’utilisation de la technique du "sfumato" chère à Léonard de Vinci, qui permet d’estomper les contours.
Le dessin a été modifié au moment de sa réalisation, "ce qui prouve que ce n’est pas une copie mais une œuvre originale de créateur", ajoute le conservateur.
Les mains de Mona Lisa et celles de la "Joconde nue" sont "complètement superposables", ce qui permet de dire que le dessin a été fait "avec la Joconde en tête", soit après 1503, date à laquelle Léonard de Vinci a commencé à peindre le célébrissime tableau, note le conservateur.

Les analyses ont prouvé aussi que ce carton avait été utilisé. "Nous avons retrouvé au moins deux tableaux réalisés par des élèves proches de Léonard de Vinci qui se sont servis de ce dessin préparatoire", déclare le conservateur. Outre la "Joconde nue" de l’Ermitage, une autre version, déposée dans le musée de Vinci, le village natal du peintre, aurait été peinte grâce à ce carton.

Grâce à tous ces indices, "nous avons désormais la certitude que ce dessin a été créé dans l’atelier de Léonard de Vinci. Et la participation du maître est très probable", résume le conservateur. Le carton d’attribution précisera donc "Léonard de Vinci ? Ou son atelier".

"Il y a une très une grande possibilité que Léonard ait réalisé la plus grande partie du dessin. Mais on veut rester sérieux et scientifiques. On n’a pas de certitude ultime que Léonard est l’auteur du dessin et on n’en aura jamais", ajoute-t-il.
Le musée Condé a présenté les résultats des analyses lors d’une conférence de presse le 12 mars à Chantilly.

Crédit : L’Obs, 13 mars 2019


Une quarantaine de "Jocondes nues" exposées en juin à Chantilly

Une quarantaine de "Jocondes nues" et autres dames dénudées, aïeules ou héritières du modèle peint dans l’atelier de Léonard de Vinci au XVIe siècle, seront exposées cet été au domaine de Chantilly (Oise). L’exposition sera présentée du 1er juin au 6 octobre dans le cadre des commémorations des 500 ans de la mort du génie italien.

L’exposition "prendra la forme d’une grande enquête policière immersive, expliquant pour la première fois le résultat des analyses scientifiques menées pendant plusieurs mois sur la ‘Joconde nue’ du musée Condé de Chantilly", a expliqué le commissaire de l’exposition Mathieu Deldicque.

Contribution publique, privée et internationale

L’exposition "va aussi réunir toutes les Jocondes nues" et descendantes possibles, soit une quarantaine d’œuvres, dont six attribuées aux élèves de Léonard de Vinci, empruntées à des collections publiques et privées de plusieurs pays "pour pouvoir les comparer".

Les résultats des analyses avaient été dévoilés début mars : la "Joconde nue" du Château de Chantilly, chef-d’œuvre acquis par le Duc d’Aumale en 1862 et dont les origines ont longtemps été disputées, "a bien été réalisée dans l’atelier du grand maître, avec sa participation probable".

"Pour comprendre la genèse de l’œuvre, éprouvée par le temps et plusieurs fois transformée, il fallait passer par la science", a expliqué Mathieu Deldicque, présentant le détail des tests réalisés comme les études au microscope, à l’aide d’ultraviolets ou de réflectographie infrarouge.


"Etude de nu feminin probablement la Joconde", dessin sur papier brun a la pierre noire de l’école de Leonard de Vinci, Chantilly, musée Condée (Photo Josse / Leemage)

Le dessin, réalisé au charbon de bois et rehauts de blanc de plomb, représente une jeune femme androgyne coiffée à l’antique, cadrée à mi-corps, aux bras masculins mais aux seins ronds et dénudés. Observant le spectateur d’un air effronté, elle esquisse un léger sourire et pose à la manière de la célèbre Mona Lisa du musée du Louvre.

L’œuvre est un "carton", grand dessin préparatoire, à taille de tableau, piqué de nombreux trous d’aiguille tout au long des contours afin de pouvoir reproduire la composition sur un autre support. Qualité de l’exécution, hachures typiques des dessinateurs gauchers, technique maîtrisée du "sfumato", qui était chère à l’artiste, contours retravaillés : les indices renvoyant à Léonard de Vinci sont nombreux. Le papier utilisé comporte aussi "un filigrane en forme d’ancre, répertorié notamment dans la Toscane de la fin du XVe siècle".

Très fragile, le carton avait été exposé pour la dernière fois dans les années 1990, et "succinctement" en 2014.

Les descendantes de la Joconde

L’exposition permettra de comparer l’œuvre avec le portrait de Mona Lisa, qui a inspiré cette Joconde beaucoup plus érotique, la taille du dessin (74,8 cm sur 56 cm) et la position des mains étant extrêmement proches. Elle mettra aussi côte à côte, pour la première fois, cette "Joconde nue" et plusieurs de ses "filles", tableaux "probablement réalisés par des élèves à partir de la matrice", comme la "Joconde nue" exposée au musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, ou celle du museo ideale Leonardo da Vinci en Toscane.

La Joconde nue de l’Ermitage
Femme nue, Vénus ?, dite La Joconde nue
Atelier de Léonard de Vinci ?

Huile sur bois transposée sur toile Vers 1515-1525 ?
Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage, inv. GE 110

La Joconde nue de l’Ermitage, sans doute la version la plus célèbre de toutes, ce tableau fut attribué à Léonard de Vinci depuis son apparition au XVIIIe siècle, avant d’être déclassé vers la fin du XIXe siècle. Lors de l’acquisition du carton de Chantilly, le duc d’Aumale pensait acheter le dessin préparatoire du tableau de l’Ermitage, œuvres pour la première fois réunies. Le support original de bois et le style de la peinture pourrait en situer l’exécution au début du XVIe siècle, et sans doute dans le cercle des suiveurs de Léonard (mais on connaît trop peu l’œuvre de son fidèle élève Salaì pour la lui attribuer avec certitude). Par rapport aux autres versions de la composition, quelques détails singularisent le tableau de l’Ermitage. Par exemple, les colonnettes posées sur le parapet à l’arrière du modèle sont assez larges. Or, il faut rappeler que plusieurs copies de Monna Lisa [le nom original italien du tableau – note pileface] présentent également des colonnettes plus larges que celle du tableau du Louvre. On trouve donc ici des repentirs communs entre la Joconde du Louvre et son double érotique de Chantilly, indice qui laisserait penser que les deux projets ont progressé conjointement dans l’atelier du maître. Quant au paysage de montagnes et de plans d’eau, il s’inspire de celui de la Joconde, en le simplifiant.

(Source : Dossier presse : « LA JOCONDE NUE L’EXPOSITION-ÉVÉNEMENT 1ER JUIN – 6 OCTOBRE 2019 Domaine de CHANTILLY)

Dans l’exposition, aussi, "Dame au bain" de François Clouet (National Gallery of Art de Washington), "Femmes au bain" du musée du Louvre : de nombreuses toiles plus tardives, principalement d’artistes français, présentent des similitudes avec cette intrigante composition. Léonard de Vinci "tire, lui, ses inspirations de l’Italie néoplatonicienne du XVe siècle, de ces courtisanes dénudées, intemporelles et sensuelles", dont l’un des pionniers fut Sandro Botticelli avec sa "Simonetta Vespucci".


"Buste de jeune femme dit Flore (Flora) parmi les fleurs"
Le modele serait la Joconde (Mona ou Monna Lisa),17e siecle Bergame, accademia Carrara (Leemage)

"Nous allons tracer une sorte d’arbre généalogique retraçant les origines du dessin et son incroyable héritage" et permettant d’appréhender "la conception de la beauté de Léonard de Vinci : presque divine, ni masculine ni féminine, tendant vers l’idéalisation, l’universalité", s’enthousiasme Mathieu Deldicque.

Les visiteurs pourront aussi découvrir les appartements privés du Duc et de la Duchesse d’Aumale, "seuls appartements de la monarchie de Juillet arrivés jusqu’à nous" rouverts fin février après près de deux ans de travaux, une exposition consacrée au décorateur Eugène Lami, ou encore, à partir d’octobre, une autre dédiée au tricentenaire des Grandes écuries du Château.


« LA JOCONDE NUE L’EXPOSITION-ÉVÉNEMENT »
1ER JUIN – 6 OCTOBRE 2019, Domaine de CHANTILLY
Dossier presse (pdf - 21 pages) : ICI ou Cliquer l’image

Ce que Léonard de Vinci a fait pendant les trois dernières années de sa vie, passées en France

Léonard de Vinci a vécu à Amboise durant les trois dernières années de sa vie. Une période hyperactive mais pas fondamentale pour l’oeuvre du génie de la Renaissance dont la création fut avant tout italienne.


Auto-portrait de Léonard de Vinci, Amboise (A.J.CASSAIGNE / PHOTONONSTOP / AFP)
ZOOM : cliquer l’image

Automne 1516, Léonard de Vinci, âgé de 64 ans accepte l’invitation au château d’Amboise de François Ier, rencontré en décembre 1515 à Bologne.
L’artiste traverse les Alpes, accompagné de Francesco Melzi, son plus fidèle disciple, emportant dans ses sacoches de cuir la Joconde, le Saint Jean-Baptiste et la Sainte-Anne, ainsi que ses très nombreux carnets, manuscrits et notes.

Organisateur de fêtes pour le roi

Exil doré, alors qu’à Rome Michel-Ange et Raphaël sont "la nouvelle génération montante" ? Non, un départ en toute liberté pour rejoindre François Ier, selon l’historienne de l’art Hayley Edwards Dujardin, auteure de Léonard de Vinci (Hachette).
François Ier et sa mère Louise de Savoie l’accueillent à bras ouverts. Le voilà "premier peintre, ingénieur et architecte du roi". Il bénéficie d’une pension princière et du château du Cloux, aujourd’hui le Clos-Lucé, à 400 mètres du château d’Amboise où le monarque vient avec sa cour.


Le château du Clos-Lucé, où séjourna Léonard de Vinci de 1516 à 1519
(LEONARD DE SERRES / ONLY FRANCE)

Dans ses trois années à Amboise, "Léonard organise des fêtes pour le roi, fait des travaux d’ingénierie civile, continue à dessiner les animaux et la nature, apporte une dernière touche à sa Sainte-Anne", explique Catherine Simon Marion, déléguée générale du Château du Clos-Lucé..

Il restera jusqu’au bout animé par son immense curiosité. C’était un homme en bonne santé,

Catherine Simon Marion déléguée générale du Château du Clos-Lucé

"La mère de François avait compris que Léonard serait l’homme qui permettrait à son fils de rayonner. Quant au jeune roi, il était fasciné par la diversité de ses savoirs en anatomie, botanique, spiritualité. Il venait le voir presque tous les jours, l’appelait ’mon père’. Léonard lui apportait une forme d’apprentissage du savoir", ajoute-t-elle. "Par contre, affirmer que Léonard est mort dans ses bras est une légende, reprise notamment par les romantiques", explique Mme Simon Marion.

"Retraite paisible"

"On tient à rester humbles, l’essentiel s’est fait en Italie", précise Catherine Simon Marion, où le célébrissime peintre et inventeur est mort le 2 mai 1519. Nombre d’Italiens ne comprennent toujours pas que plusieurs de ses chefs d’oeuvre soient au Louvre.

Selon Haylay Edwards Dujardin, "Léonard n’est plus alors dans l’acte de la création. Il n’était pas attendu pour cela. Il ne fait plus de commandes. Il ne produit rien pour François Ier. Il n’a plus rien à proposer et il ne veut pas proposer. Il est plongé dans ses recherches. C’est une retraite paisible : avec un mécène qui le loge, le nourrit, ne demande rien si ce n’est des échanges intellectuels".

Inspirateur de Chambord ?

Concernant le chantier de Chambord dont la construction débute quelques mois après sa mort, "tout porte à croire que les plans auraient pu être inspirés de Léonard", estime, avec prudence, la déléguée générale.
"Il avait travaillé pour le roi à la construction des plans d’un château idéal jamais réalisé à Romorantin, et il a rencontré Dominique de Cortone, architecte de Chambord. Léonard avait fait des dessins sur les plans centrés et les escaliers à double ou quadruple révolution. On peut dès lors supposer qu’ils peuvent avoir servi d’inspiration pour Chambord, dont le plan centré et l’escalier à double révolution sont des innovations", estime-t-elle.


<b<Le grand escalier à double révolution du Château de Chambord, attribué à Léonard de Vinci (ESCUDERO PATRICK / HEMIS.FR / HEMIS.FR)

Selon Hayley Edwards Dujardin, "rien n’est prouvé" sur ce point de polémique, les plans centrés (plan d’une construction bâtie autour d’un point central) "étant déjà fréquents en Italie à la même époque".
Et comment sont parvenus les trois peintures, dont la Joconde, au Louvre ? Selon Mme Simon Marion, Léonard les aurait donné à son modèle (et probable amant) Salai (Gian Giacomo Caprotti) qui les aurait vendus à François Ier avant même la mort du peintre.
Pour l’historienne de l’art, "il reste beaucoup de mystères autour de Léonard", dont la tombe est aujourd’hui dans la chapelle Saint-Hubert du château royal d’Amboise.

Crédit : Franceinfo Culture, 28/04/2019.


LEONARD DE VINCI INGENIEUR

Connu pour ses oeuvres d’art, Léonard de Vinci est aussi un formidable ingénieur et homme de sciences. C’est même l’inventeur génial et non l’artiste qui a marqué l’époque de la Renaissance et lui a permis d’acquérir de son vivant le statut de génie scientifique.

Laisser-passer de César Borgia à Léonard de Vinci, cité par Sollers :

Borgia Je vous conseille vivement un livre : Correspondance des Borgia. Lettres et documents (Mercure de France). Les Borgia ! Un pape explosif ! Machiavel à la manoeuvre ! Voyez ce laissez-passer de César Borgia à Léonard de Vinci, daté du 18 août 1502 : "Nous ordonnons et commandons qu’à notre excellent et très-cher familier, architecte et ingénieur général Léonard de Vinci soit partout accordé un passage libre de tous droits pour lui et les siens, et un accueil amical, et qu’on le laisse voir, mesurer, et estimer justement autant qu’il le voudra... Et que personne ne songe à faire le contraire, dans la mesure où il tient à ne pas encourir notre indignation." Voilà qui est parler ! Salut l’artiste !

lepoint.fr, 22-02-13

Plus sur Sollers et Léonard de Vinci ICI

Ce que l’on sait moins, c’est qu’il a en fait amélioré certains systèmes ou techniques qui avaient été découverts à l’époque de la Grèce antique, de la Chine ancienne ou encore de l’Empire arabe.

Grâce à une enquête minutieuse, appuyée par des témoignages uniques et des images de synthèse, on comprendra quelle était l’étendue de son génie scientifique et pourquoi il est encore considéré de nos jours comme un inventeur de génie

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