vous etes ici : Accueil » THEMATIQUES » A l’heure de la Chine » Embardées chinoises vues de la Gaule
  • > A l’heure de la Chine
Embardées chinoises vues de la Gaule

Huawei. le nouvel art de la guerre

D 14 février 2019     A par Viktor Kirtov - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Paris (GMT+1)

Pékin (GMT+8)

Quelles nouvelles chinoises en ce début de 2019 ?

- Vignobles bordelais : "Lapin Impérial"..., de plus en plus de noms chinois pour les châteaux, titre Sud Ouest. En vieux Gaulois irréducible, Philippe Sollers s’en émeut dans une lettre ouverte à Alain Juppé.

- Nouvel an chinois : Subversive, la truie Peppa Pig triomphe avec l’année du cochon. COCHON QUI S’EN DEDIT !
Faut-il en conclure que l’année sera ROSE pour les Chinois ? Pas sûr, si l’on examine quelques titres dans nos hebdomadaires.

- « Les failles du géant chinois » titre La Croix et sous titre : « Les nuages s’amoncellent sur la Chine.

- « Huawei, un géant au coeur du choc entre Chine et Occident » titre Le Figaro

- « Huawei, le nouvel art de la guerre » titre Le Point

- Véto de la Commission Européenne à la fusion ALSTOM-SIEMENS. Si tout n’est pas bon, tout n’est pas mauvais dans l’année du cochon : L’Europe, laisse ainsi le champ libre à la Chine dans le ferroviaire.

ENQUÊTE - Après l’arrestation de la fille du fondateur de Huawei, la planète télécoms est entrée en ébullition. Le bras de fer qui oppose Trump et Xi Jinping déterminera la suprématie technologique mondiale.

En bref, où en est la Chine et où va-t-elle en ce début d’année 2019 ? Nous Français, avons déjà laissé filer notre technologie des Trains à Grande Vitesse (au temps de la concurrence féroce entre le français ALSTOM et l’allemand SIEMENS) au nom du grand principe érigé alors par la Chine – et toujours en vigueur - des transferts de technologie imposés aux industriels qui voulaient commercer avec eux, et au nom de notre suprématie intellectuelle et naïveté qui clamait haut et fort que nous opérions des transferts de technologie anciens, pendant que nous développions les technologies de demain. Aujourd’hui, l’élève a dépassé le maître, nous ne vendons plus un seul TGV aux Chinois, ni les Allemands. Environ 80% du marché mondial a été conquis par les Chinois.

La même chose est en train d’arriver aujourd’hui avec nos Airbus [1]. Même si, là, Airbus et Boeing ont encore une large avance.

Et demain, ce sera le tour des centrales nucléaires.

En ce qui concerne Huawei et les technologies des réseaux de téléphonie 5G de demain - une technologie de nature à déterminer la suprématie technologique mondiale a qui la détient - nous n’avons simplement pas été en mesure de prendre le départ de la course.
Il est des leçons que la Communauté Européenne ne devrait pas oublier. C’est pourtant le jour où la Commissaire à la Concurrence oppose son véto à la fusion d’Alstom et Siemens
au motif que ceci enfreindrait les règlements européens : la constitution d’un groupe sans concurrence en Europe !
Madame la Commissaire, la concurrence ne se joue plus seulement à l’intérieur de l’Europe mais au niveau mondial ! La machinerie de Bruxelles a déjà fait fuir les Anglais, ne découragez pas ceux qui veulent que l’Europe soit porteuse d’avenir.

Les Châteaux Bordelais au goût chinois

Sur la départementale 1 089, entre Arveyres et Libourne, on croise désormais le château Lapin impérial. (stéphane klein)

Lapin impérial ou Grande Antilope : de nouveaux noms de châteaux fleurissent dans les vignes bordelaises.

On a bien cherché, on n’a pas encore trouvé de château « Canard laqué » ou « Petit scarabée ». Mais, même si le phénomène demeure encore marginal, quelques propriétés viticoles bordelaises, battant pavillon chinois, ont choisi de changer de nom pour un blason disons plus exotique : à Arveyres, dans le Libournais, sur la très passante départementale 1 089, on peut voir le désormais Château Lapin Impérial.
JEAN-CHARLES GALIACY _
sudouest.fr

Philippe Sollers dans une lettre ouverte à Alain Juppé s’en est ému : Voir ICI

Le grand journal du soir
Europe 1, 6 février 2019

VOIR AUSSI La Chine de Sollers dans « Une conversation infinie »

Nouvel an chinois : l’année du cochon

Les Chinois ont célébré mardi 5 février 2019, l’entrée dans l’année du Cochon, un symbole d’opulence de bonhomie et de prospérité dans le calendrier zodiacal chinois.
Néanmoins, la Chine et son président Xi Jinping affrontent de nombreux défis cette année, à commencer par une économie fragilisêe, des tensions politiques et sociales internes et une image de plus en plus dégradée dans le monde

Les fêtes du Nouvel An chinois sont sacrées. Les familles se réunissent, on fait la paix, on paie ses dettes. Mais cette année 2019 coïncide également avec un certain nombre d’anniversaires politiques délicats à gérer, notamment, les 30 ans de la répression des étudiants sur la place Tian An Men, le 4 juin 1989 (lire les repères).

Si le milliard et demi de Chinois va profiter d’une bonne semaine de vacances en oubliant ses soucis, une réalité plus inquiétante s’impose au pays, et notamment à son tout-puissant leader Xi Jinping. L’économie chinoise n’est plus aussi florissante, même si pour nous une croissance de 6% fait rêver, les tensions politiques internationales montent, la répression politique prend des dimensions dignes de la Révolution culturelle (1966-1976) et, pour aggraver encore la situation, l’image de la Chine se ternit aux yeux des opinions publiques internationales.

« Les failles du géant chinois »

Les nuages s’amoncellent sur la Chine

« La conjonction des astres favorables à Xi Jinping est morte », n’hésite pas à dire Valérie Niquet, responsable du département Asie à la Fondation pour la recherche stratégique [2]. « A Davos, cette année, la Chine était invisible. La croissance économique à été la plus faible depuis trente ans (6,6 %), la dette devient incontrôlable, le chômage ne s’améliore pas et le grand projet de la route de la soie, qui était censé asseoir la puissance de Xi Jinping, ne marche pas aussi bien que prévu. »

Au sein même du Parti communiste chinois (PCC), des voix discordantes se font entendre. « Des Rumeurs de mécontentement filtrent depuis quelques mois, à l’occasion de plusieurs sommets internes-du Parti, poursuit Valérie Niquet, mais, nous en sommes revenus aujourd’hui, comme il y a plus de trente ans, à décrypter les comptes-rendus dans la presse officielle pour tenter d’y déceler la moindre information. » Opaque par définition - le régime n’a jamais été aussi verrouillé que depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir en 2012.

« Le Parti est fébrile. Des mesures nouvelles ont été prises pour contrôler toujours plus la société chinoise. »


Pékin surveille toujours plus ses citoyens, comme ici à Shenzhzn, où un écran expose les piétons qui ont traversé au feu rouge, grâce à la reconnaissance faciale. Corinne Rozotte/Divergence
ZOOM : cliquer l’image

L’année 2018, qui marquait le 40e anniversaire des réformes lancées par Deng Xiaoping, a permis au leader chinois de reprendre à son compte leur succès à travers des célébrations grandioses dans toute la Chine. « Pour autant, le Parti est fébrile et inquiet, explique Emmanuel Dubois de Prisque [3], spécialiste de l’Asie et chercheur associé à l’Institut Thomas-More.


« Des mesures nouvelles ont été prises pour contrôler toujours plus la société chinoise à la veille de nombreux anniversaires historiques délicats à gérer. »

Grands patrons, journalistes, cinéastes, universitaires, écrivains, avocats, policiers, généraux et juges doivent aveuglément obéir aux injonctions du Parti et de son leader. Les marges de manœuvre n’existent plus. Xi Jinping continue à purger le Parti de ses brebis galeuses, Pour Valérie Niquet, « il garde le pouvoir mais il se fait beaucoup d’ennemis ».

« Les élites en veulent à Xi Jinping d’avoir imposé à nouveau le culte de la personnalité, d’avoir rompu le processus de décision collectif et surtout d’avoir brisé le dogme de Deng Xiaoping qui voulait que la Chine avance masquée et non pas de façon arrogante sur la scène internationale », analyse Emmanuel Dubois de Prisque, Mais pour lui l’erreur de Pékin est d’avoir « très mal évalué qui était Trump, se réjouissant de l’arrivée d’un homme d’affaires insensible aux droits de l’homme à la Maison-Blanche... Une lourde erreur ».

REPERES

Des anniversaires
politiques sensibles
en 2019

Mars 2019. Le 17 mars 1959, il y a soixante ans, le dalaï-lama fuyait le Tibet pour trouver refuge en Inde. Chaque année, à cette-occasion, la Chine accentue sa répression et son contrôle sur les Tibétains qui prendraient le risque de célébrer cet anniversaire.

Mai 2019. Le 4 mai 1919, il y a cent ans, peu après la naissance de la République de Chine, plus de 3 000 étudiants manifestaient sur-la place Tian An Men, à Pékin, avec un slogan, « Science et démocratie.  ».

Juin 2019. En juin 1989 il y a trente ans, les étudiants chinois occupaient la place Tian An Men pour demander plus de démocratie. Cette révolte se terminait dans un bain de sang après l’intervention de l’armée (au moins 2 000 morts).

Octobre 2019.
Le 1er octobre 1949, il y a soixante-dix ans, Mao proclamait la fondation de la République populaire de Chine.

La toute-puissance hégémonique chinoise se heurte désormais à la détermination de Donald Trump de dénoncer les pratiques malhonnêtes de la Chine (non-réciprocité en affaires, marché fermé aux étrangers, vol de technologies occidentales), dont l’espionnage est aujourd’hui révélé par l’affaire du géant chinois des télécoms Huawei.

« Avec cette affaire Huawei, les masques tombent. C’est un coup terrible porté à la réputation de la Chine dans le monde », assure un universitaire d’un centre de recherches à Bruxelles qui tient à rester anonyme par crainte de représailles chinoises.

« L’image de la Chine s’est· profondément dégradée, notamment en Europe, où on est passé de la béatitude à un plus grand réalisme », poursuit Valérie Niquet qui ajoute : « Le roi est presque nu, car on a enfin compris que Pékin n’allait pas sauver le monde et que son rôle international prônant le multilatéralisme était un leurre.  » Donald Trµmp a tapé du poing sur la table pour ses propres intérêts, mais de nombreux pays d’Asie et d’Europe en profitent aussi et ils hésitent moins à tenir tête à la pression chinoise.

Il faut ajouter à cela la terrible répression à l’égard des musulmans Ouïgours du Xinjiang qui se retrouvent entassés dans des camps de rééducation (ils y seraient plus d’un million) pour, selon la propagande officielle, devenir « de bons citoyens chinois ». Les images de ces camps et les témoignages d’Ouïgours à l’étranger font froid dans le dos (kidnapping, intimidation, torture, viols, disparition).

« Le roi est
presque nu,
car on a enfin
compris que Pékin
n’allait pas sauver
le monde. »

D’ailleurs, la répression touche tous les secteurs de la société chinoise, signe d’un pouvoir fébrile. Près de 200 millions de caméras à reconnaissance faciale ont poussé dans tout le pays. « Nous vivons un grand bond en arrière », a osé nous dire un vieux professeur chinois du sud-ouest du pays, qui a connu toutes les turpitudes de Mao. Les journalistes étrangers n’ont jamais été autant traqués par la sécurité publique. Les policiers peuvent contrôler à distance les ordinateurs et les téléphones portables.

La justice politique condamne avocats, militants et journalistes qui ne respectent pas la ligne du Parti. Dans les villages sont réapparus des haut-parleurs qui diffusent toute la journée la propagande du régime, comme dans les années 1950. Cette situation a fait dire au milliardaire George Soros, à Davos cette année, que « Xi Jinping était devenu le plus dangereux ennemi de ceux qui croient en des sociétés libres ».

« Cette réalité inquiétante pèse sur le prestige de la Chine, affirme Valérie Niquet, mais l’opinion publique chinoise n’a pas envie de faire la révolution tant que le gâteau économique est suffisant. Beaucoup votent avec leurs pieds et migrent vers les États-Unis ou l’Australie, tandis que les autres courbent l’échine. » En attendant, selon Emmanuel Dubois de Prisque, « Pékin va faire le gros dos, réajuster certaines stratégies et faire un peu marche arrière. La Chine a avancé de deux pas et reculé d’un pas, mais elle avance toujours ».

Dorian Malovic

Crédit : La Croix, 4 février 2019

HUAWEI, le nouvel art de la guerre

Pourquoi le déploiement de la 5G par !’équipementier chinois menace les libertés.

par Nicolas Baverez
Le Point, 7 février 2019

La guerre commerciale engagée par Donald Trump a pour enjeu réel la technologie. Elle est la clé de la confrontation entre les Etats-Unis et la Chine qui décidera du destin du XXIe siècle. Dans cette rivalité ouverte, la nouvelle génération de réseaux mobiles, dite 5G, occupe une place centrale. Contrairement à la 4G, elle marque une rupture technologique majeure. Elle permet en effet la transmission continue et instantanée des données, qui est la condition indispensable pour les applications de l’intelligence artificielle : industrie 4.0, Internet des objets, véhicules autonomes, soins médicaux et enseignement en ligne, drones, robotisation des champs de bataille.

De même que l’Angleterre contrôlait la planète en tenant la mer au XIXe siècle, la puissance qui dominera la 5G dirigera le monde du XXIe siècle, Elle pourra en effet connaître, détourner ou siphonner les données, voir les détruire ou interrompre à tout moment leur transmission. Voilà pourquoi Huawei est devenu à la fois le symbole et l’enjeu de la guerre technologique totale que se livrent l’Amérique et la Chine. En une décennie, l’entreprise créée en 1987 par Ren Zhengfei, ancien ingénieur de l’armée chinoise, a conquis la première place dans les réseaux mobiles et le deuxième rang pour les smartphones (derrière Samsung et devant Apple), en s’appuyant notamment sur des dépenses de recherche et de développement, qui atteignent 13,8 milliards de dollars par an. Elle constitue l’exemple le plus abouti de dépassement de la technologie occidentale et de mondialisation d’un acteur du complexe militaro-industriel chinois.

D’un côté, Huawei a bénéficié pleinement de l’appui des autorités de Pékin : protection sur le marché intérieur, soutien dans le pillage des technologies des concurrents, appui à l’exportation via la Banque de Chine pour le développement et les nouvelles routes de la soie, immunité assurée dans le recours à la corruption. De l’autre, elle se trouve au cœur du programme de surveillance numérique de la population chinoise par le système de crédit social et collabore étroitement avec l’appareil sécuritaire de Pékin. Et ce en s’appuyant sur l’article 7 de la loi de 2017, véritable porte dérobée juridique qui oblige les citoyens et les entreprises à coopérer avec les services de renseignement chinois et leur interdit de divulguer l’existence de ces échanges.

La riposte américaine est à la hauteur du défi stratégique. Elle cible tous les dirigeants d’entreprise chinois qui détiennent plusieurs passeports pour assurer leurs arrières vis-à-vis de Pékin et savent désormais qu’ils courent des risques en dehors de la Chine. Les Etats-Unis entendent empêcher la technologie chinoise d’accéder à certains composants essentiels, en particulier les semi-conducteurs. Après la fermeture de leur marché, en 2012, ils poursuivent l’exclusion de Huawei des appels d’offres lancés par les alliés en jouant des menaces commerciales et du retrait de la garantie de sécurité, ce qui a été suivi d’effet en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni, au Canada, en Pologne et même en Allemagne. En Chine même, l’offensive américaine contre Huawei vise à accentuer les tensions entre le secteur public et le secteur privé - qui renâcle à financer le programme Made in China 2025 - et à encourager les opposants à Xi Jinping, qui lui reprochent d’avoir défié les Etats-Unis dix ans trop tôt en abandonnant la ligne prudente fixée par Deng Xiaoping.

La volonté des Etats-Unis d’empêcher Huawei de dominer l’ère des données et de freiner la course à l’hégémonie technologique du total-capitalisme chinois est fondée. Elle est cependant fragilisée par l’absence d’acteur américain compétitif dans la 5G, par les errements de Donald Trump - qui, comme il l’a fait pour l’équipementier ZTE et après le fiasco entraîné par la paralysie budgétaire, est tenté de privilégier un faux accord commercial avec la Chine avant le 1er mars pour des raisons électorales - et par la division profonde des démocraties provoquée par le tournant nationaliste et protectionniste des Etats-Unis.

La puissance qui dominera la 5G pourra connaitre, détourner, siphonner, voire détruire les données.

L’Europe se trouve dans une position paradoxale. Elle dispose de deux atouts majeurs avec son grand marché de 500 millions de consommateurs et ses champions des télécommunications, Nokia-Alcatel et Ericsson. Mais elle est réduite pour l’heure à une variable d’ajustement, prise en tenaille entre les GAFAM et les HUAWEI, ZTE et autres TENCENT (un autre fleuron chinois encore peu connu chez nous). Les élections européennes doivent donc être l’occasion de débattre d’une stratégie numérique associant régulation et taxation des Gafam, exclusion de Huawei, vérification stricte des prises de contrôle d’actifs numériques par des investissements chinois et soutien massif à Nokia et à Ericsson afin d’éviter tout retard dans le déploiement de la 5G sur notre continent.

La constitution d’un monopole technologique chinois représente une menace mortelle pour la liberté politique, en réalisant l’alliance du total-capitalisme et de l’intelligence artificielle. Les démocraties sont donc légitimes pour interdire la domination de la 5G par Huawei. Mais elles doivent surtout répondre au défi technologique lancé par la Chine en retrouvant le sens de l’investissement à long terme et de l’innovation et en les mettant au service de la liberté et de la dignité des hommes.

Crédit : Le Point 2423, 7 février 2019

Eclairage sur le plateau ce « C dans l’air »
HUAWEI ; QUI A PEURT DU GEANT CHINOIS ?

le 7 février 2019

Emission animée par Caroline Roux

Invités :
Dominique Seux, directeur délégué de la rédaction des Échos. •
Pierre Servent, expert en stratégie militaire et spécialiste des questions de défense. •
Valérie Niquet, responsable du pôle Asie à la Fondation pour la recherche stratégique et auteure de « La puissance chinoise en 100 questions ». •
Nicolas Bouzou, économiste - cabinet de conseil Asterès.

Si vous voulez mieux comprendre les différents enjeux, ne manquez pas cette émission, fort instructive, tout comme les appartés.
Ainsi dans la séquence « Enjeu technologique, sur la visite de Nicolas Bouzou au Consumer Electronic Show de Las Vegas où il a comparé les traducteurs automatiques Google et ceux du chinois Alibaba. De même que l’expérimentation des nouveaux supermarchés Auchan en Chine… A voir pour comprendre ce qui est en train de nous arriver ! Et la maîtrise des technologies de reconnaissance faciale par les Chinois pour un simple paiement …comme pour surveiller sa population !

Enjeu géo-politique

Enjeu technologique

Découvrez à partir de la position 2’50 de cette vidéo un message publicitaire de Huawei :
« Cette année nous nous sommes fixés un nouveau challenge : un smartphone capable de compléter -grâce à l’intelligence artificielle – la Symphonie inachevée de Schubert ».
Derrière cette démonstration de force technologique, Huawei, géant chinois des Télécommunications, aujourd’hui au cœur d’un bras de fer géo-politique.

Accusations d’espionnage

Enjeu de souveraineté

ALSTOM-SIEMENS :
une histoire euro-européenne...

Véto de la commissaire européenne à la concurrence à la fusion Alstom-Siemens :
Véto européen au motif que cela céerait une situation de monopole en Europe contraire à la réglementation européenne en matière à la concurrence

Des règlements créés au XXème siècle pour stimuler la concurrence, l’innovation et maintenir des prix bas pour les consommateurs. Sauf que ces réglements ne sont plus pertinents au XXIème siècle, avec la 3ème révolution industrielle (celle du numérique, des télécom, de l’intelligence artificielle…) qui voit naître de nouveaux géants mondiaux. La concurrence mondiale prime aujourd’hui sur la concurrence à l’intérieur de l’Europe. La réglementation de la concurrence européenne doit être urgemment modifiée pour permettre la constitution de géants européens capables de lutter contre des géants mondiaux.
Dommage que la Commissaire européenne ne l’ait pas compris, n’ai eu qu’une vision euro-européenne ignorant la concurrence mondiale, et particulièrement chinoise sur le marché mondial des Trains à Grande Vitesse. A sa décharge, elle applique la réglementation de la concurrence européenne que les politiques auraient dû faire évoluer. Comme les industriels étaient d’accord, que les gouvernements français (malgré l’inquiétude des syndicats français craignant que la fusion ne s’accompagne de licenciements) et allemand étaient d’accord, elle aurait pu faire preuve de vision, en les suivant et en faisant remarquer que les règlements qu’on lui demandait d’appliquer n’étaient plus adaptés.

Cette réglementation est en retard d’une guerre !

Heureusement qu’Airbus a été constitué hors de cette réglementation, à l’initiative des industriels, aujourd’hui ce géant de l’aéronautique, en situation de monopole en Europe, mais devenu compétiteur international aurait pu recevoir un véto de la Commission européenne pour les raisons invoquées pour Alstom-Siemens !

Bruno Le Maire : Une décision qui va à l’encontre des intérêts de l’Europe

Dans un entretien au Figaro, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a accusé Bruxelles de servir les intérêts de la Chine au lieu de défendre ceux des Européens : « il existe un champion mondial chinois du rail, il n’y aura pas de champion européen. La Commission en porte la responsabilité : au lieu de servir l’intérêt de l’Europe, elle sert celui de la Chine ». Sous-entendu : si on voulait précipiter les Français dans les bras des eurosceptiques à la veille des élections européennes, on ne pourrait pas faire mieux.

Crédit : latribune.fr/

Eclairage lors de l’émission « C dans l’air »
du 7 févier 2019

Un éclairage intéressant :

Où en est la Chine dans le secteur des Trains à Grande Vitesse ?


Les trains Fuxing, nouvelle génération de trains à grande vitesse entièrement chinois, Mis en service en juin 2017, ils circulent à une vitesse commerciale de 350km/h. (Reuters)

Voilà dix ans, une éternité, voyager en train de Pékin à Shanghai tenait encore de l’épique. Le trajet entre les deux mégapoles chinoises distantes de 1.320 kilomètres prenait environ 24 heures dans un tortillard hors d’âge aux sièges défoncés au milieu de remugles d’odeurs corporelles et de nourriture avariée. Dans un froid de gueux l’hiver et dans une étuve la belle saison venue. Aujourd’hui, le trajet s’avale en un peu plus de 4h30, à 350km/h, à bord du Fuxing Hao ("renaissance"), le TGV chinois dernière génération. [4]

Voilà dix ans, seulement dix ans, c’était aussi l’époque où Siemens et Alstom se livraient une bataille féroce pour conquérir le marché chinois… A qui ferait l’offre la plus attractive à la Chine !…
Dix ans après qu’en est-il ? Laissons la parole à La Lettre du Cheminot – que l’on peut supposer connaître son sujet – qui constatait dans son édition du 10 juillet 2018 :

Grande vitesse. La Chine prend le monde entier de vitesse
Par : F. D.
La Lettre du Cheminot, 10 juillet 2018

Les deux tiers du réseau mondial à grande vitesse sont chinois

Seul un pays va à pas de géant. La Chine. Et encore, ça ne va pas aussi vite qu’elle le voudrait. Cette année, elle ne devrait ouvrir qu’à peine plus de 1 000 km. Les premiers trains à grande vitesse chinois – décalqués des Velaro de Siemens – ont commencé à circuler il y a dix ans pour les Jeux olympiques, entre Pékin et Tianjin. Depuis ses débuts dans la grande vitesse ferroviaire, la Chine a construit environ 2 000 km de LGV par an. Elle dispose aujourd’hui d’un réseau de 25 000 km de lignes à grande vitesse, environ les deux tiers du total mondial. Un tiers du réseau chinois à grande vitesse est conçu pour les 350 km/h. Un expert français résume : « La Chine est en train de griller tout le monde. On peut dire qu’ils n’ont pas encore notre REX, qu’ils veulent encore apprendre… Certes. Mais il n’y a aujourd’hui dans le monde rien de comparable à ce qui se passe en Chine ».

Les points forts ? Les trains Fuxing, nouvelle génération de trains à grande vitesse entièrement chinois, mis en service en juin 2017, circulent à une vitesse commerciale de 350 km/h. Cela ne se fait nulle part ailleurs.

Les Chinois ont un projet de train à grande vitesse automatique pour les Jeux Olympiques d’hiver de 2022. Les marches à blanc vont commencer dès septembre 2019. Ils ne vont pas s’en tenir là. Ils préparent une nouvelle génération de Fuxing à 400 km/h. Des expérimentations de Maglev ont été couronnées de succès, pour un Pékin – banlieue, type RER. Et, pour les longues distances, un Maglev à 600 km/h devrait être prêt d’ici 2030. Ce train à sustentation magnétique serait comme un Concorde pour les cadres supérieurs. Le train à grande vitesse, lui, est destiné au plus grand nombre et fait l’objet d’un grand engouement populaire.

Après la période des transferts de technologie auprès de Siemens, Kawasaki, Alstom ou Bombardier, les Chinois font aujourd’hui tout tout seuls. Plus de 1500 ingénieurs travaillent dans la construction des trains à grande vitesse. L’influence de la Chine dans les normes internationales ferroviaires est de plus en plus forte. Le projet de LGV Bandung – Djakarta comme celui d’une ligne Chine – Thaïlande sont conçus selon les principes chinois. Hors des frontières toujours, ils étudient en ce moment un système d’essieux à écartement variables, permettant aux trains à grande vitesse de poursuivre leur route en Russie.

On les voit sur l’appel d’offres pour la LGV Kuala Lumpur – Singapour, ou sur Delhi – Chandigarh. Comme disait en mars Lu Dongfu, directeur général de China Railway Corp, « le pays va donner une portée mondiale à ses standards technologiques dans la grande vitesse, afin de “booster“ le potentiel des trains Fuxing sur le marché mondial ». À suivre. Si on y arrive…


La pénétration chinoise dans d’autres secteurs

Outre les vignobles bordelais et les premières implantations de Huawei en France – le nouveau cheval de Troye chinois - rappelons qu’en 2015, un consortium d’investisseurs chinois a acheté l’aéroport de Toulouse, un équipement public, au détriment des offres de Vinci et d’Aéroport de Paris (même s’ils souhaitent aujourd’hui revendre leurs parts). Rappelons également que le constructeur automobile chinois Donfeng est entré au capital de Peugeot SA à hauteur de 14% en 2014 (pour un peu plus d’un milliard d’euros), entrainant une perte de contrôle de la famille Peugeot. Ces décisions, qui ne doivent rien à la Commission de Bruxelles, seraient inimaginables en Chine. [5]

Rappelons aussi que l’Europe a laissé vendre le port du Pirée aux Chinois, porte d’entrée en Europe des « Nouvelles Routes de la Soie ». Que ceci constitue un abandon de souveraineté nationale, sans combat par les armes ! Que ceci n’aurait jamais dû être permis par l’Europe. Il y avait là, matière à opposer un véritable véto politique et économique.

Belle mise en pratique, à nos dépens, de L’Art de la Guerre selon Sun Tzu, dont l’un des commandements est bien d’arriver à « Soumettre l’ennemi sans combattre. »


[1Le C919 de l’avionneur chinois COMAC, conçu par la Chine pour concurrencer le Boeing 737 et l’Airbus A320 a effectué son premier vol le 5 mai 2017. À fin 2018, 3 prototypes de tests ont été construits sur les 6 programmés, avec pour objectif une certification et une mise en service en 2020/2021.

Le C919 sera équipé du fameux Leap X qui réduit la consommation de carburant de 16 % par rapport aux moteurs actuels. C’est grâce à ces nouveaux réacteurs que Comac vise une amélioration des performances du C919 de 10 % environ par rapport aux A320 et B737, les deux avions moyen-courriers actuels d’Airbus et de Boeing... .Le Leap X est produit par CFM International, une coentreprise de Safran (français) et General Electric (américain).

Le moteur représente environ 30% du prix d’un avion. Safran et General Electric se congratulent, en même temps qu’ils se tirent une balle dans le pied en offrant leur technologie la plus avancée à l’avion chinois.
Par ailleurs, l’entreprise Zodiac Aerospace, récemment rachetée par Safran, fournit quant à elle une part de l’aménagement intérieur (galley, toilettes, toboggans entre autres).

Conscient de cette dépendance occidentale, quant à la motorisation de ses avions,, le président Xi Jinping a annoncé la création en août 2016 de l’Aero Engine Corporation of China (AAEC). Cette entité regroupe des sociétés aéronautiques, avec pour but assumé de produire un moteur d’avion 100% chinois.

On peut aussi lire cet article sur l’état de la compétition aérienne en matière d’aviation « Comment la Chine et la Russie se préparent à écraser Airbus et Boeing ». Les Russes jouent aussi leur carte.

[2La Puissance chinoise en 100 questions, Tallandier, 272 p., 15,90€.

[3La Chine e(s)t le monde. Essai sur la sino-mondialisation,
Odile Jacob, avec Sophie Boisseau du Rocher, 300 p., 23,90€.

[4Crédit : Le JDD, 20 août 2018

Un message, un commentaire ?

Ce forum est modéré. Votre contribution apparaîtra après validation par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • NOM (obligatoire)
  • EMAIL (souhaitable)
Titre
Ajouter un document
  • Lien hypertexte

    LIEN HYPERTEXTE (Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)


2 Messages

  • Viktor Kirtov | 17 février 2019 - 19:29 1

    Nous l’avons vu, les prouesses du géant chinois des Télécoms HUAWEI, nous étonnent.
    Mais il est un autre domaine, moins connu, où les Chinois ont acquis une maîtrise exceptionnelle : la production de diamants synthétiques plus vrais que nature.
    Découvrez ce reportage issu du Journal de 20 Heures de TF1, du 15 février 2019 :


  • Viktor Kirtov | 17 février 2019 - 18:41 2

    La fin de la politique de l’enfant unique n’endigue pas la chute des naissances

    SHANGHAÏ - correspondance

    La Chine a enregistré son taux de croissance de la population le plus faible depuis 196l, au lendemain de fa plus grande famine du XXe siècle.

    Au total, 15,23 millions de Chinois sont nés en 2018, contre 17,23 millions en 2017, soit une baisse de 12 %, a annoncé le Bureau national des statistiques le 21 janvier, La chute des, naissances menace de peser sur le développement économique du pays, qui risque d’être vieux avant d’être riche, selon la formule de la presse d’Etat.

    La baisse est d’autant plus impressionnante que la Chine avait mis fin en 2015 à quarante ans de politique de l’enfant unique, qui visait à limiter la démographie galopante, remplacée par une « politique des deux enfants » qui avait permis de dynamiser momentanément les naissances. 2016, première année suivant la généralisation de la limite des deux enfants, avait enregistré un rebond de 8 % de la natalité, avec 17,8 millions de naissances.

    Mais la tendance n’a pas tenu, suggérant que beaucoup de couples relativement âgés s’étaient précipités pour avoir un second enfant, provoquant ce boom de courte durée des naissances. Dès 2017, le nombre de nouveau-nés baissait pour atteindre 17,2 millions, avant de chuter en 2018.

    Autre chiffre qui surprend, le nombre de deuxièmes enfants : depuis 2017, il dépasse celui des premiers enfants. Il prouve que la fin.de la politique de l’enfant unique a bien permis à des millions de couples d’avoir l’enfant, de plus qu’ils désiraient. Mais révèle aussi que si beaucoup de Chinois installés qui ont eu un premier enfant n’hésitent pas à en avoir un second, les jeunes couples, au contraire, repoussent à plus tard la première naissance.

    « Horloge biologique »

    « Les jeunes sont réticents à l’idée de faire des enfants parce que le coût de la Vie, et en particulier de l’éducation, est très élevé en Chine », indique Tang Jun, spécialiste du vieillissement de la population à l’institut de sociologie de 1’Académie des sciences sociales de Chine. « Les gens plus âgés qui veulent un deuxième enfant sont engagés dans une course contre leur horloge biologique, et ceux qui n’ont pas encore d’enfants ne veulent même plus avoir le premier, analyse également Ji Ying chun, directrice du Centre de recherche sur le genre, la famille et la santé à l’université de Shanghaï. L’augmentation des naissances, après la relaxe du contrôle des naissances, n’était pas soutenable, et cachait une tendance fondamentale et durable de baisse de la fertilité, pour ne pas dire une crise. Les chiffres de 2018, ce n’est encore que la partie émergée de l’iceberg »

    La conséquence pour fa Chine est un vieillissement accéléré. La population générale devrait · atteindre son pic autour de 2027, mais la population active baisse déjà depuis 2010. Un défi pour l’économie, qui a longtemps prospéré grâce au « dividende démographique » : une population jeune et disponible pour faire tourner l’usine du monde. Pour accompagner la dernière phase de sa transition démographique, la Chine va devoir accélérer sa mutation vers un modèle de croissance basé sur la valeur ajoutée, et non plus sui l’avantage d’une main-d’œuvre abondante et bon marché.

    Si beaucoup y voient un défi majeur pour les responsables politiques, Tang Jun se souvient que l’on s’inquiétait, il n’y a pas si longtemps, d’une population trop nombreuse : « Je pense que la réduction de la fertilité n’est pas forcément une ·mauvaise chose. Dans les années 1980, le but du planning familial, c’était de contrôler la population autour d’un· milliard. Et maintenant qu’on y arrive, on s’inquiète de nouveau. »

    Pour lui, la transformation de l’économie est déjà suffisamment engagée pour faire face : « En regard de la situation des pays développés dans les années 1970, on constate que leur transformation économique est allée de pair avec une augmentation significative du chômage, parce que les emplois sur les ligne de production ont disparu. Le recul de la main-d’œuvre n’est donc pas forcément une mauvaise chose pour la Chine, dont le modèle de croissance est en train·de changer. L’avenir, c’est l’intelligence artificielle et la robotisation de l’industrie. »

    Le professeur reconnaît toutefois que le vieillissement rapide de la population impose des mesures d’urgence pour la prise en charge des personnes âgées. « La population des seniors en Chine est encore relativement jeune : 70 % ont moins de 70 ans. Cela donne une fenêtre de cinq à dix ans à la Chine pour mettre en place les politiques nécessaires à la prise en charge des seniors » estimeTang Jun. Le sujet sera abordé lors de la prochaine session de l’assemblée nationale du peuple, début mars.

    SIMON LEPLÂTRE
    Le Monde, 17 février 2019