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MASCULIN FÉMININ. Jean-Luc Godard

D 5 octobre 2017     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


2017, « 202 Editions » ont eu la bonne initiative de rééditer le livre de Michel Vianey sur « Masculin féminin », le film de Jean Luc Godard (1966). C’est l’objet de cet article.

En contrepoint, nous vous présentons un document vidéo d’analyse du film par Alain Bergala, critique, réalisateur et enseignant, présenté le 2 mai 2007 au Forum des Images. Un document à découvrir jusqu’au bout.

Deux collectors de qualité pour la mémoire du cinéma.

LE LIVRE

Michel Vianey : « Masculin Féminin,15 faits précis, Jean Luc Godard »

Michel Vianey
MASCULIN FEMININ : 15 FAITS PRECIS
JEAN-LUC GODARD
202 Editions, 2017


Rappelons le contexte initial. En novembre 1965, Jean-Luc Godard invite l’écrivain et journaliste alors célèbre Michel Vianey, devenu son ami pendant le tournage du Mépris à Capri, à suivre durant trois mois celui de Masculin féminin, en toute liberté de mouvement et d’écriture. Les deux hommes ont alors trente-cinq ans. Vianey saisit sur le vif de jeunes acteurs et techniciens, comme Jean-Pierre Léaud, Marlène Jobert, William Lubtchansky ou Willy Kurant. Avec un art vivant du tableau dans divers lieux emblématiques du Paris d’alors et une rare vivacité de la silhouette, ce récit d’une grande modernité de composition restitue plusieurs journées de ce film décisif.

Initialement publié en 1967 sous le titre « En attendant Godard » et devenu introuvable Il est réédité, accompagné d’une iconographie et de notes que cinquante ans d’histoire ont rendues nécessaires,

Nouvelle mise en lumière par « 202 Editions » sous le titre « 1966, Masculin Féminin, 15 faits précis. Jean Luc Godard » par Michel Vianey.

Un livret de 150 pages, 62 illustrations, 18 euros
http://202editions.blogspot.fr/p/michel-vianey.html

Le livre du vrai

Vu par Jean-Michel Frodon

Slate, 03.10.2017

Il arrive qu’un livre dise la vérité vraie. Pas souvent, mais ça arrive. Et même la vérité vraie d’un mystère parfaitement insondable, en l’occurrence le phénomène baptisé Jean-Luc Godard.

C’était en 1966, Godard réalisait Masculin féminin, avec Jean-Pierre Léaud, Marlène Jobert et Chantal Goya. Il avait accepté qu’un jeune écrivain nomme Michel Vianey, rencontré sur le tournage du Mépris, accompagne cette aventure.


ZOOM... : Cliquez l’image.

Vianey en fit un bouquin, En attendant Godard, peut-être le meilleur jamais écrit sur l’individu franco-suisse qu’on sacra pape de la Nouvelle Vague et qui ne voulut pas du titre –et pourtant, il en est des magnifiques, des livres concernant Godard, à commencer par les siens, c’est l’heureux détenteur de trois bons mètres linéaires de rayonnages uniquement occupés par la littérature godardienne qui vous le dit.

Ledit bouquin est épuisé depuis la nuit des temps. Voilà qu’un excellent éditeur s’avise de le rendre à nouveau accessible. Maurice Darmon, lui-même auteur d’un très bon Adieu au langage/Jean-Luc Godard/DDD, et surtout de cinq brefs ouvrages consacrés à Marguerite Duras et le cinéma qui sont ce qu’on a publié de mieux sur la question (avec bien sûr Les Yeux verts de Madame D. elle-même), Maurice Darmon, donc, a eu la très heureuse idée de rééditer l’ouvrage de Vianey. Il s’intitule désormais 1966 Masculin Féminin/15 faits précis. Jean-Luc Godard.

Chronique d’un tournage, poème en prose, jonglerie verbale du rédacteur face à l’invention de son film dans la douleur et la transe et l’ennui et le mal-être et la lucidité Godard. Vianey capte l’angoisse et ses ruses, l’amour fou de faire un film et sa terreur, l’absolue maladresse avec l’existence et ceux qui la peuplent, la méchanceté coupante, la solitude, l’enfance du rire. Il écoute et regarde, pianote des phrases comme ferait un pianiste de bar after hours, passablement éméché.

Il croit peut-être raconter la réalisation du onzième long métrage de Jean-Luc Godard, un épisode de l’existence et du travail de celui qui est alors le réalisateur le plus célèbre du monde, hélas pour lui.

Il murmure la vérité tacite, sans forme, rime ni raison d’une trajectoire cosmique qui sème des éclats de lumière depuis déjà 7 ans d’incandescence, et continuera. Certains les verront, d’autre non. Pas toujours les mêmes.

Mais ce qui frappe malgré tout, au-delà de la jubilation de l’écriture et donc de la lecture, c’est que Vianey ne raconte pas seulement ce qui s’est passé et est en train de se passer. Il raconte ce qui vient. Il raconte Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma avec vingt ans d’avance, comme Godard a raconté Mai 68 en avance, avec les six films enchaînés follement en deux ans, de Pierrot le fou à Week-end.

Une machine à voyager dans le tempsDans le livre, Godard ne se prénomme plus Gaspard mais Edmond, il n’est plus joué par Jean-Pierre mais par Jean-Luc. Vianey chope : « Edmond est de ceux qui vivent dans le lendemain de toutes les fêtes. » Qui a dit que la machine à voyager dans le temps était heureuse ?

De fait le Masculin féminin publié se lit comme une traversée des temps, où ce qui allait advenir était là, où ce qui se passait vibre maintenant. Il s’agit de Jean-Luc Godard, mais pas seulement. Il s’agit d’un sentiment du monde, d’une tension avec la réalité, et qui travaille. Peut faire mal. Peut faire rigoler et pleurer.

Au fait, que les amateurs de métaphores faciles passent leur chemin : il n’est pas question ici de lumière fossile, de rayonnement venu d’une étoile morte. Jean-Luc Godard n’est pas mort, il termine un nouveau film qui doit s’appeler Image et parole. On a envie de l’attendre.

Crédit : slate.fr


LE FILM

La bande annonce

o Masculin, féminin

o France, Suède

o 1966

· Réalisation : Jean-Luc Godard

· Scénario : Jean-Luc Godard

· d’après : les nouvelles La Femme de Paul et Le Signe

· de : Guy de Maupassant

· Image : Willy Kurant

· Son : René Levert

· Montage : Agnès Guillemot

· Musique : Jean-Jacques Debout

· Producteur(s) : Anatole Dauman

· Production : Argos Films, Anouchka Films, Sandrews, Svensk Filmindustri

· Interprétation : Jean-Pierre Léaud (Paul), Chantal Goya (Madeleine), Marlène Jobert (Élizabeth), Michel Debord (Robert), Evabritt Strandberg (la femme du film), Birger Malmsten (l’homme du film)...

· Distributeur : Tamasa

· Durée : 1h50

Alain Bergala analyse le film

Cours de cinéma d’Alain Bergala, critique, réalisateur et enseignant.
Le 2 mai 2007 au Forum des Images, Paris.

Une très intéressante analyse cinématographique et sociologique.
Alain Bergala s’explique clairement avec aisance et sa synthèse finale est remarquable, celle de quelqu’un qui vit, aime et domine son sujet. A découvrir.

*

Aussi, une bonne synthèse sur « Godard et les femmes », ICI

Ainsi que « Jean-Luc Godard & Anne Wiazemsky ».
Anne Wiazemsky, ex épouse de Godard, héroïne de La Chinoise, et petite fille de Mauriac dont on vient d’annoncer le décès, ce 5 octobre 2017.

oOo

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1 Messages

  • A.G. | 6 octobre 2017 - 12:25 1

    En 1966, Jean-Luc Godard qui est en train de tourner son nouveau film, Made in USA, accorde un entretien à Michel Polac et Michel Vianey autour de Masculin Féminin. L’entretien est entrecoupé de plusieurs séquences dialoguées du film. Ensuite, Polac et Vianey reviennent sur les musiques des films de Godard depuis son premier long métrage A bout de souffle (la musique était de Martial Solal)... L’émission a été diffusée le 27 août 1966.


    Jean-Luc Godard et Chantal Goya sur le tournage de Masculin Féminin.
    Zoom : cliquez l’image.