![]() Le Paradis existe t-il encore ?
Un matin à la Sorbonne
Thelonious
...Oui, l’équipe de pileface était présente à la thèse de Thierry Sudour : « Paradis de Ph. Sollers : édition critique et commentée ». On pouvait aussi reconnaitre dans l’assistance aux côtés de Josyanne Savigneau, Philippe Sollers (en retrait silencieux), ainsi que sa photographe attitrée Sophie Zhang et son vidéaste Jorgui K. Galabov qui, depuis 10 ans, photographient et vidéoïsent le Temps de Sollers à Venise, Florence, Paris..., les conférences de Sollers... Un matin à la Sorbonne, de 9 heures à 13 heures ! Une heure de plus que le planning prévu, compte tenu de la densité des commentaires.
Autant de pistes pour de nouvelles études et thèses, vingt ans après la thèse de Philippe Forest sur Sollers - Philippe Forest qui était membre du Jury. A la lumière des commentaires intelligents, pertinents, sans concession pour les lacunes et domaines non couverts, qui n’émanaient pas que d’inconditionnels de Sollers, loin s’en faut, apparaissaient mieux les dimensions de cette oeuvre singulière, d’une extrême complexité, « dans la tradition des grandes épopées de l’homme de savoir, l’état d’une culture dans les années 80 », la formulation est dans la thèse de Th. Sudour et reprise, ici, par le président du jury, M. Alexandre qui poursuit ainsi : « un texte bilan d’une culture, d’une époque, à une époque charnière ». Unanimité pour souligner que les critiques, lacunes, ne devaient pas occulter le travail monumental et neuf, réalisé par Thierry Sudour sur « l’une des oeuvres littéraires les plus ambitieuses » du XXe siècle, aux côtés de Finnegans Wake de Joyce et Les cantos de Pound. Manques liés à la dimension de l’oeuvre. La thèse de Th. Sudour constituant « un bond en avant en terme d’élucidation et d’interprétation de l’oeuvre » déclare Ph. Forest, qui salue là, le travail de son jeune successeur. Constats qui éloignent la plupart des critiques au deuxième plan :
l’absence d’index ( à ajouter pour l’édition objet de publication), bibliographie trop sommaire, une « proximité parfois excessive avec l’objet de recherche », le too much de « lyrisme » et de pointe de « préciosité stylistique de la préface. »
Le sujet était "casse-gueule", plein de chausse-trappes, du vivant de l’auteur, qui pouvait juger de la validité ou non d’un tel travail. Sa présence dans l’assistance, était déjà un signe que le défi était bien relevé. Il fallait oser affronter le monstre « Paradis » ! Thierry Sudour l’a fait et resteront ses 5160 notes, le noyau dur de son travail, de sa publication à venir, la référence future de tout nouveau travail sur Paradis... Autant d’incitations, aussi pour pileface - cité par Philippe Forest, lors de ses commentaires - pour creuser les strates de Paradis, avec les possibilités d’indexation et de liens qu’une édition en ligne permet, déjà illustrée par l’utilisation qu’en fait pileface. Là aussi la piste ouverte peut être élargie, ramifiée... A suivre... « Travaillez, prenez de la peine / C’est le fonds qui manque le moins » disait déjà La Fontaine - un auteur présent au panthéon sollersien, comme beaucoup. Mais qui sont les absents ? Une autre strate du fonds sollersien...
(1) - M. ALEXANDRE (Paris 4), président du jury. Prépare actuellement une nouvelle édition Pléïade de Claudel.
[1] Notamment à propos d’un autre roman de Sollers, H, qui précède Paradis. |
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