L’empreinte de Sollers
L’intégrale vidéo & commentaires


Documentaire : « Philippe Sollers, l’homme lumière » sur FR5. Série « Empreintes ».
Sollers dans la lumière de la TV, du 18 février 2011, dans la lumière du XVIIIème siècle, dans la lumière de Ré et Venise, dans la lumière des femmes, sa mère, l’employée de maison chez ses parents, Eugénia, (réfugiée anarchiste espagnole), l’initiatrice au continent « Femmes », Dominique Rolin, Julia Kristeva, et plus inattendue - sans l’être complètement si on lit ses chroniques dans le JDD - Martine Aubry aux origines basques. Clin d’oeil dans la lumière de l’actualité pour être vu, repris et entendu. Sollers dans la lumière du XVIIIème avec Voltaire qui ouvre le documentaire - visite à la BnF rue Richelieu sous le regard de la sculpture de Voltaire, et au final, dédoublement de Sollers : « Voltaire revenu des morts dans le rôle de Sollers » « Le principe d’ironie » en action, un des textes de Sollers sur Voltaire, aidé par les moyens techniques du trucage vidéo. Ironie de l’ironie. Sollers - dans ses jeux de masques, et dans son aspiration secrète mise en pleine lumière : que la postérite retienne de lui qu’il fût à son siècle, ce que fût Voltaire au sien : « Mes vraies empreintes ? Ce sont mes livres » répond-t-il. Tel quel est Sollers !

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...Et alors, c’est quoi cette empreinte que tu laisses ?
Faudrait quand même commencer à y penser doucement !

Les premiers mots de Sollers, dans le documentaire :

« Je vais où il y a de la lumière ; j’aime la liberté, j’aime pas l’obscurantisme.
Voltaire, Voltaire, c’est à nous !
On connaît Voltaire, on connaît !
Tu parles... !
J’ai écrit plusieurs textes sur Voltaire dont l’un s’appelle "Le principe d’ironie".
Le moment est venu de se demander ce qu’est l’ironie.
C’est quelque chose de très, très puissant,
mais qui n’est pas toujours compris.
C’est quelque chose qui se glisse comme une bombe à retardement.
Dans une époque, il faut bien le dire, d’obscurantisme montant et d’illettrisme généralisé »

Les mots de la fin :

- - Voltaire réincarné sous les traits de Sollers, s’adressant à Sollers : ...Et alors, c’est quoi cette empreinte que tu laisses. Faudrait quand même commencer à y penser doucement ?
- Ph. S. : Les vraies empreintes ce sont mes livres. Pour mes déplacements d’apparence j’aime bien empreinter la télévision,[et Sollers de jouer de l’homophonie des mots empreinter - pour ses déplacements d’apparence - mais on peut aussi entendre emprunter... au sens figuré d’utiliser la force de l’adversaire (très chinois) - ce média - pour faire triompher ses fins. Et Sollers, de répéter avec ironie - ...à l’adresse de ceux qui lui reprochent ses trop nombreuses apparitions médiatiques -],
...emprein(/un)ter la télévision
et réemprein(/un)ter encore la télévision.
Sinon, c’est le cimetière,
L’empreinte, c’est tombal !
Et comme tu l’as dit toi-même « On a voulu m’enterrer, mais j’ai esquivé ». Bonsoir.

Le résumé de FR5

Agaçant pour les uns, fascinant pour les autres, écrivain prolifique, éditeur chez Gallimard, Philippe Sollers ne laisse pas indifférent.

De lui, on connaît le "dandysme", l’insoumission, les apparitions télévisées hautes en couleur. On connaît moins son combat pour la littérature et pour la pérennité de l’excellence culturelle française.

Ce film le suit dans ses promenades à Venise, sur l’île de Ré, dans les dédales du jardin du Luxembourg, dans sa "garçonnière de travail" boulevard de Port-Royal, ou à la Closerie des Lilas, au cours desquelles il parle de littérature, d’histoire, de musique, d’amour...

La critique de CHRISTOPHE ONO-DIT-BIOT

(Le Point du 17 février 2011)

Christophe ONO-DIT-BIO faisait partie du petit cercle des invités à la projection privée du 2 février au Club 13. Le titre « L’empreinte de Sollers » lui est emprunté.

Revoilà Sollers ! Stendhalien dans son dernier livre,« Trésor d’amour » (cf. Le Point du 22 janvier), et tout simplement sollersien dans le documentaire que lui consacre notre consoeur Sylvie Pierre-Brossolette. Tout simplement ? Ce serait trop facile, tant le sollersisme est science solaire, c’est-à-dire de la diffraction. « L’homme lumière » est d’ailleurs le titre de ce pétillant volet de la collection « Empreintes », portrait d’un joueur, évidemment, que l’on suit de Ré en Venise, d’« Apostrophes » en confidences, durant 52 minutes de plaisir intellectuel donné comptant, et crépitant. « Ni théisme ni athéisme, et encore moins indifférentisme : la preuve de Dieu est dans l’esthétique  », déclare, à Venise, le Casanova de la Rue Sébastien-Bottin. C’est nostalgique, littéraire, musical et aquatique : on le voit même ramer. Physiquement, jamais dans le verbe : on vous le dit, ça crépite ! Les guests attendus sont là : Julia Kristeva, dont il est « le meilleur patient », et Dominique Rolin, « outée » par un Bernard Pivot malicieux dans un « Bouillon de culture » frémissant d’émotion : « Le Jim de vos livres, c’est Sollers ?  » Embarras, rougissement, rage de trahir le commandement de Blondin — « la clandestinité est la garantie du bonheur » —, l’auteur du « Journal amoureux » siffle un « ah, le piège ! » sous le regard chinois de sa passion fixe. Et de moins attendus, puisque Voltaire, revenu des morts, est de la partie dans le rôle de Sollers, et non le contraire, comme on pourrait le croire si l’on se fiait aux apparences audiovisuelles. Une « Empreintes » de choix, une exception enfin théorisée.

et celle de Bernard-Henri Lévy

Le Point - Publié le 24/02/2011

[...] Et "La France moisie" de Philippe Sollers... Et cet article de 1999 auquel Sylvie Pierre-Brossolette, dans le film qu’elle consacre à l’auteur de "Paradis", ne peut manquer de faire allusion et que le téléspectateur, plus de dix ans après, reçoit encore, hélas, 5 sur 5... On aimerait ne parler que du reste. On aimerait ne voir ni n’entendre que la beauté de ces images et l’impression qu’elles dégagent de jeunesse à volonté. Il faudrait pouvoir ne prêter attention, dans ce film, qu’à cette invention d’un style et, donc, d’une façon d’exister, à cette façon d’être habité par la lumière et la beauté de l’art et, par conséquent, du monde, qui sera l’autre "empreinte" de Sollers. Mais non. Epoque oblige. Misère de sa chambre d’écho et des miroirs hideux qu’elle nous tend. L’interminable glas du fascisme à la française. [...]

Empreintes : « Philippe Sollers, l’homme lumière »

Un film de Sylvie Pierre-Brossolette, France 5, vendredi 18 février 2011 : L’intégrale (52’).

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Voltaire à la BnF, rue Richelieu : L’univers symbolique de la postérité de Sollers.
Sollers destine ses archives à la Bibliothèque nationale de France. Il ne saurait en être autrement

« Julia [Kristeva, écrivain et psychanalyste], c’est en 1966 ; elle arrive de Bulgarie, vient me voir pour m’interviewer, et à partir de là on ne s’est pratiquement plus quittés. On s’est mariés en août 67. J’aurais pu mal me marier, il se trouve que je me suis très bien marié...

Je suis son meilleur patient, je m’en tiendrai là ; c’est la personne qui m’écoute depuis fort longtemps et je n’interromprais mon analyse avec elle pour rien au monde.

Moi, j’écris pour être en contact direct avec la réalité, pas n’importe laquelle, selon des choix précis. La littérature, pour moi, c’est le réel le plus vivant, l’instinct du temps, les situations, les partenaires, les rencontres, et ça s’écrit.

Ce qui m’étonne le plus, c’est de m’être faufilé dans l’existence sans travailler, parce qu’on ne peut pas dire que je travaille ; l’écriture, c’est pas du travail, c’est un jeu.

J’ai une foi indubitable, mais je ne suis pas sûr de la partager avec qui que ce soit. Ni théisme, ni athéisme et encore moins indifférentisme. La preuve de dieu est dans l’esthétique. Tous ceux qui se passent d’esthétique pour croire en dieu sont des imbéciles, des sourds et des aveugles.

Dès que la première phrase est là, tout le reste s’ensuit. il faut que la première phrase s’impose. c’est un jeu, c’est un plaisir. si écrire n’est pas un plaisir, c’est un pensum, donc c’est pas la peine.

J’ai organisé ma vie de la façon la plus libre possible. si on peut aimer deux personnes ? Bien sûr, même plus... on est en pleine régression maintenant, et tout le monde parle de fidélité, de je sais pas quoi... tout ça est assommant. Il y a une expression que j’aime, c’est l’amour libre...

Je vis entouré d’art à un point que vous n’imaginez même pas. Ça commence par mon nom. Sollers, ça veut dire quoi en latin ? Sollus avec deux "l" et ars : tout entier art...

J’ai rencontré Dominique [Rolin], j’avais exactement 22 ans. Elle en avait 45 et en paraissait 32... J’en profite pour dire aux jeunes gens de faire leurs études sentimentales ou amoureuses avec une femme plus âgée qu’eux. »

*

Crédits :
Film écrit par SYLVIE PIERRE-BROSSOLETTE
Réalisateur : GILLES BINDI
Production : JARAPROD
Participation : FRANCE TÉLÉVISIONS
FR5/Empreintes [1]



[1] La présente vidéo est le cache pileface de la page FR5/Empeintes à la date du 19/02/2011.

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Commentaires

  • > L’empreinte de Sollers
    21 février 2011, par V.K.

    Plusieurs échos en parallèle, avec le vôtre, mais pour signaler une lecture intégrale OK.

    Je suppose dans votre cas quelque conflit de « cache » du navigateur qui a joué à cache-cache entre la version tronquée et la version intégrale. Afin d’éliminer cette source de désagréments, ai renommé le fichier vidéo, pour obliger tout cache à charger ce nouveau fichier complet. Bonne lecture.

    *

    ...Laure, un beau prénom qui devait naturellement vous conduire à Sollers et à la littérature :

    Sollers et sa tante Laure, follement aimée (la s ?ur de sa mère) ...qui excite les sens du jeune Philippe Joyaux. (cf. Portrait du Joueur)

    Laure de Paradis II, le narrateur est en compagnie d’une jeune femme, il écrit et évoque Laure de Sade ( l’aïeule du divin Marquis), celle de Pétrarque, lequel en est tombé follement amoureux, un coup de foudre à l’église Sainte-Claire d’Avignon : « Laure, célèbre par sa vertu et longuement chantée par mes poèmes, apparut à mes regards pour la première fois au temps de ma jeunesse en fleurs, l’an du Seigneur 1327, le 6 avril, à l’église de Sainte-Claire d’Avignon, dans la matinée. » etc.

    sans parler de quelques autres de la littérature :

    L’éducation de Laure (dans le genre des grands classiques de la littérature libertine) par Mirabeau

    Ou encore , Laure Hayman, l’amie de Proust qui l’aurait inspiré pour créer le personnage d’Odette de Crecy (Madame Swann).

    Ou bien : L’Original de Laura, le texte posthume de Nabokov, laissé en fiches préparatoires.



    Ou, plus actuel, Louise (8 ans) qui m’a souvent parlé de sa copine Laure, même âge, sa voisine.

    Je vais enfin la connaître. L’heure des présentations a sonné :


    - c’est ma copine Laure !

    Influencé par la publicité (j’aime le café), j’enchaîne par un mauvais calembour :

    - ...Laure de la maison du café ? pour dire quelque chose ( que l’on devrait plutôt nommer quelque rien)

    - ...Non, Laure de la maison d’à côté ! répond la jeune Laure, pas encore Lolita, mais qui, un jour, pourrait y prétendre.
    _

    ...L’avenir des Laure semble assuré !

    Mais dans le présent,

    bonne fin de séjour sur les Zattere et ailleurs, sans oublier de déjeuner sur le ponton de La Calcina ou du Linea d’ombra sur le canal de la Giudecca.

    ...A quand un écho, sur pileface, de vos déambulations à Venise ?

  • > L’empreinte de Sollers
    20 février 2011, par V.K.
    C’est corrigé. L’intégrale de l’émission Empreintes : « Philippe Sollers, l’homme lumière » est maintenant en ligne.
  • > L’empreinte de Sollers
    20 février 2011, par V.K.
    Vais corriger. Juste le chargement sur le serveur pileface qui n’a pas été complet.

    Dans l’immédiat, le documentaire est encore disponible ici (jusqu’au 25 février) :

    http://documentaires.france5.fr/documentaires/empreintes/philippe-sollers-lhomme-lumiere

  • Help
    , par Nush
    Viktor, la video Empreintes est coupee au milieu, et non disponible sur France5 !
  • > L’empreinte de Sollers
    je suis a venise jusqu au samedi 26 fevrier et il me manque la fin d empreintes que puis je esperer ? en tout cas merci je suis si heureuse laure
  • > L’empreinte de Sollers
    meci pour tout cela grace àl ange viktor mais pas seulement,je me sens mille fois la plus riche .comment prosperer encore ? voilà la question pratique qui m’anime. cet après midi je suis donc aller me procurer le journal