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Yannick Haenel, La solitude Caravage

A paraître le 25 février

D 11 janvier 2019     A par Albert Gauvin - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


YANNICK HAENEL
La solitude Caravage

Editeur : Fayard. Lancement le 25 février 2018

« “Vers 15 ans, j’ai rencontré l’objet de mon désir. C’était dans un livre consacré à la peinture italienne : une femme vêtue d’un corsage blanc se dressait sur un fond noir ; elle avait des boucles blondes, les sourcils froncés, et de beaux seins moulés dans un chemisier. Elle tenait une lame et, calmement, découpait la tête d’un roi.” Ainsi débute ce récit qui plonge dans le tableau du Caravage, Judith décapitant Holopherne. Comment la représentation d’un crime politique a-t-elle pu lancer ma vie érotique, voilà l’énigme de ce livre qui interroge la puissance des figures peintes. Au fur et à mesure de cette plongée subjective, tous les tableaux du Caravage affluent ; et le récit s’approfondit à travers une étude de la vie de cet artiste devenu, plusieurs siècles après sa mort, le plus grand des peintres. Je m’intéresse à l’expérience intérieure du Caravage. Comment peignait-il ? Que cherchait-il à travers ces scènes de crime, ces têtes coupées, cette couleur noire qui envahit peu à peu tous ses tableaux ? Notre époque, pourtant criblée de violence, ne veut pas regarder l’horreur en face. Le Caravage, lui, est frontal : il expose crûment la vérité criminelle de l’espèce humaine ; il nous apprend à garder les yeux ouverts sur l’innommable.
Mais chez lui, il n’y a pas seulement le couteau : il y a aussi la perle. Elle scintille de tableau en tableau, comme le signe d’un désir plus intense encore que les ténèbres ; et ce grand feu blanc qui fait étinceler les scènes du Caravage vient du féminin. On dit que le Caravage peint avant tout des hommes, et qu’il les rend désirables. Mais regardez les femmes, Judith, Salomé, Marie-Madeleine et la Vierge, ou plutôt les prostituées qui jouent ce rôle : c’est elles et leurs splendides visages qui sont en avant. C’est elles qui amènent cet univers fiévreux vers la lumière. Ce sont ces héroïnes qui s’arrachent sur le fond noir, et ouvrent le monde du Caravage à la grâce d’un nouvel amour. » — Yannick Haenel.

A suivre...

A l’exposition Caravage à Rome, amis & ennemis du musée Jacquemart-André (visible jusqu’au 28 janvier).


Caravage, Judith décapitant Holopherne (détail).
Photo A.G., 29 novembre 2018. ZOOM : cliquer sur l’image.
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Caravage, Judith décapitant Holopherne (détail).
Photo A.G., 29 novembre 2018. ZOOM : cliquer sur l’image.
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Madeleine en extase


Caravage, Madeleine en extase, 1606.
Photo A.G., 29 novembre 2018. ZOOM : cliquer sur l’image.
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Caravage, Madeleine en extase dite « Madeleine Klain », 1606 (?). Collection particulière.
Photo A.G., 29 novembre 2018. ZOOM : cliquer sur l’image.
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Voici pour la première fois réunies deux versions de la Madeleine en extase, un tableau de Caravage dont on connaissait la composition grâce à une réplique fidèle, signée Louis Finson (Marseille, musée des Beaux-Arts).
Ces deux peintures — l’une dite « Klain », attribuée à Caravage depuis longtemps et l’autre, également de la main du maître, découverte en 2015 et encore jamais exposée en Europe — sont présentées ensemble afin d’ouvrir le débat des critiques.
Réalisé sans doute à la même époque que Le Souper à Emmaüs, le thème de l’oeuvre a vraisemblablement connu un succès immédiat. L’iconographie de la Madeleine en extase est tout à fait innovante : sa pose, tout en préfigurant les extases des saintes du Bernin, renvoie à celles des statues antiques de ménades et de satyres ivres, ainsi qu’à Ariane endormie et à Méléagre mourant. Le visage consumé et hagard de la sainte trahit l’extase d’une pécheresse convertie, plongée dans une lumière contrastée qui révèle ses courbes abandonnées.
Certains historiens de l’art ont rapproché le ventre enflé de la sainte de celui du modèle de la Mort de la Vierge conservé au musée du Louvre, tableau peint par Caravage en 1605. (notice de l’exposition)

VOIR AUSSI : La Madeleine en extase, l’original du Caravage enfin retrouvé ?
et Autres Madeleine.

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