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Après Patti Smith, CharlElie Couture célèbre Arthur Rimbaud

Exposition "Rimbaud d’aujourd’hui" Musée de la Chartreuse – Douai

D 27 juin 2021     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Arthur Rimbaud inspire encore des artistes contemporains. Après la rockeuse américaine Patti Smith dont nous avons déjà rendu compte de la passion dévorante qu’elle voue au poète, jusqu’à racheter la maison reconstruite de Rimbaud, située à Roche,

village ardennais où le poète a écrit « Une saison en enfer. », et elle le célèbre aussi en chantant ses poèmes,


Patti Smith

voici qu’un autre rockeur et artiste aux multiples talents, CharlElie Couture a profité de son confinement pour réaliser 40 portraits où il transpose librement sur la toile le jeune Arthur Rimbaud au 21e siècle. CharlElie Couture n’oublie pas qu’il est aussi compositeur : il a mis en musique et interprète le poème « Maline » de Rimbaud, extrait de ses « Cahiers de Douai ».

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« Rimbaud d’aujourd’hui » – Musée de la Chartreuse – Douai

L’exposition en vidéo

Rimbaud d’aujourd’hui par CharlElie Couture, jusqu’au 23 août au Musée de la Chartreuse de Douai

Les coulisses de l’exposition

Dans les médias

Crédit : museedelachartreuse.fr

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L’essence de Rimbaud saisie par un autre poète, CharlÉlie Couture


CharlÉlie Couture et « Arthur Tattoed ». Toutes les œuvres ont été réalisées en 2020.
PHOTO LUDOVIC MAILLARD - ZOOM : cliquer l’image

Parfois, Arthur Rimbaud est immédiatement d’aujourd’hui. « Dos au mur », en James Dean rêveur et farouche, il croise les bras en signe de refus et se déhanche sensuellement. Son regard clair est à moitié absent. Derrière lui, le mur de briques s’effrite en nuages gris.


« Arthur dos au mur », « Arthur Camus » et « Arthur Covid 19 ».
ZOOM : cliquer l’image

Le voilà en surfeur un rien boudeur, portant une chemise noire et chatoyante. En train de faire un selfie. Deux idées plus communes. Mais le voilà encore en tatoué à l’oreille percée, crédible apparence d’un jeune homme de province en révolte familiale et sociale.


« Arthur Selfie » et « Arthur Surfin’ ».
ZOOM : cliquer l’image

Presque intemporel
Dans le portrait de l’affiche de l’exposition, redingote et cartable, il marche d’un pas décidé dans une campagne claire et brumeuse, regard de chat, visage fermé.


« Arthur à la table (La Maline) »
ZOOM : cliquer l’image

Le voilà attablé dans une auberge obscure, où des carafes se découpent dans la pénombre, repu au terme du repas, tout auréolé d’une lumière dorée, plongé dans des pensées qu’on devine furtivement apaisées, tandis que la fenêtre donne sur une ville qu’on dirait orientale, alors qu’elle est belge (inspiré par le poème La Maline).

De l’icône, CharlÉlie Couture traduit le souffle intérieur, entre absence et présence, les tourments et la lumière.

En d’autres instants, le plasticien nancéen figure un Rimbaud symbolique (Arthur & the Bridge), dans une manière contemporaine, avec des larmes de couleur qui suggèrent un spleen verdâtre et un petit drapeau qui pend, ouvert sur le voyage. Ailleurs, sa silhouette claire de Petit Prince se découpe sur une baie vitrée aux stores baissés, zébrée de noir, de gris et de blanc, comme les humeurs de l’âme humaine. De l’icône, CharlÉlie Couture traduit le souffle intérieur, entre absence et présence, les tourments et la lumière, la dimension granitique d’isolement, les détresses et les tourments.


PHOTO LUDOVIC MAILLARD
ZOOM : cliquer l’image

La présentation du musée de la Chartreuse, décalée de 2020 à 2021, est sobre et claire. Après avoir découvert les peintures, on a accès aux dessins préparatoires, aux remords, errances, renoncements et coups d’éclats de CharlÉlie Couture.

Christian Furling
La Voix du Nord, 16/06/2021 °

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Les "Cahiers de Douai" mis en musique et en images

Les vingt-deux poèmes des "Cahiers de Douai" du jeune Arthur Rimbaud mis en musique et en images avec vingt-deux personnalités. Un projet collaboratif imaginé pour célébrer les 150 ans de ce recueil écrit par Rimbaud à 16 ans lors de ses fugues dans la ville nordiste.


CharlElie Couture chante Rimbaud (CAPTURE D’ÉCRAN FRANCE 3)

Et parmi eux Charlélie Couture qui a choisi de "chanter" La Maline l’un des vingt-deux poèmes qu’Arthur Rimbaud écrivit adolescent lors de ses deux fugues à Douai en 1870. Comme lui, Brigitte Fossey, Sansévérino, HK ou encore Jacque Bonnafé, ont accepté de participer à ce projet collaboratif imaginé par le SMAC (Service mobile d’animations culturelles) qui a préparé le 150e anniversaire de la venue de Rimbaud à Douai.

Vingt-deux poèmes et vingt-deux clips actuellement en tournage dans la région et notamment au château de Bernicourt à Roost-Warendin avec donc le musicien mais aussi poète Charlélie Couture, en costume d’époque.

Les Cahiers de Douai
Les vingt-deux poèmes du recueil baptisé Les Cahiers de Douai, ou encore Recueil Demeny, ont été écrits par Rimbaud en 1870 lors de ses deux fugues dans la ville nordiste. A la fin de son second séjour et avant d’être ramené une nouvelle fois chez sa mère à Charleville, il les rassembla en deux liasses manuscrites de quinze et sept poèmes qu’il déposa chez Paul Demeny, poète et éditeur douaisien, avec l’espoir d’être publié. Mais il ne le fut pas.

L’année suivante, le jeune Rimbaud écrivit à Demeny : "Brûlez, je le veux, et je crois que vous respecterez ma volonté comme celle d’un mort, brûlez tous les vers que je fus assez sot pour vous donner lors de mon séjour à Douai". Demeny n’en fit rien. Les vingt-deux poèmes restèrent au fond d’un tiroir et ne furent retrouvés que dix-sept ans plus tard.
Stéphane Hilarion
Crédit : France Télévisions

Le Dormeur du val
Dans les Cahiers de Douai, il y a, notamment, le poème « Le Dormeur du val »

Le dormeur du val

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud

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La Parole de Rimbaud lue par Philippe Sollers

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Ecouter ICI

Quatrième de couverture

Nous entrons dans une tentative, à la fin du XXᵉ siècle, de faire sentir en quoi la poésie nous est devenue étrangère, et essayer de la raconter sous la forme du roman. Nous allons dire la raison pour laquelle la poésie s’éloigne de nous et pourquoi, historiquement, nous ne voulons plus en entendre parler, c’est-à-dire pourquoi nous ne voulons plus nous-mêmes nous entendre parler, bien que nous parlions. Pourquoi donc nous voulons ne plus être. Il s’agit d’un roman qui s’appelle Studio, paru en 1997."


Philippe Sollers.
Gallimard, 1999
sur amazon.fr

Philippe Sollers : « La personne qui a le plus compté dans ma vie est Arthur Rimbaud »

par Philippe Sollers

Je devais avoir 14 ans. Une période où je sentais déjà que je devais absolument écrire, mais sans savoir dans quel sens. Il y avait d’abord eu une grande émotion venant de Baudelaire, mais l’éblouissement est venu de Rimbaud. L’illumination. Là était la vérité de ce que je voulais approfondir. Cela a été ce que l’on pourrait appeler une vocation. A partir de là, il a fallu imposer ce point de vue à la famille, aux proches, à la société tout entière : “Je serai écrivain et je ferai cela avec Rimbaud comme horizon.”Depuis, cet auteur m’accompagne sans cesse. J’étudie sans arrêt ses textes, sa biographie. C’est étrange, il n’y a aucune lassitude ni habitude dans ce rapport passionnel avec lui où il me parle constamment. Il m’a bouleversé dans ma façon de voir les choses, le monde, d’entendre la note la plus fulgurante : la poésie.
La poésie, ce sont les cinq sens à la fois et Rimbaud provoque pour vous montrer que vous dormez avec un seul sens éveillé, et encore vous ne l’utilisez qu’à peine ou mal. Notre corps est très peu employé, voilà ce que démontre Rimbaud. Savamment. Immédiatement. Il faut aussi savoir que cette rencontre coïncide avec une expérience très érotique : une Espagnole. Je n’avais pas 15 ans, elle en avait 32. Une Espagnole d’une certaine beauté. D’une beauté certaine. Dans ce bouleversement de ma vie, l’amour et la poésie sont deux continents étroitement liés : pas de poésie pas d’amour, pas d’amour pas de poésie. Et pas d’amour ni de poésie, alors pas de liberté. Car l’amour et la poésie entraînent un grand désir de liberté, et je crois que, dès cet âge-là, j’ai été complètement préoccupé par ce seul désir. Si ma vie a, en général, été très libre, c’est donc en hommage à ce que cette expérience a déclenché : l’école oui, mais que l’on ne me force pas trop ; l’armée sûrement pas ; la famille au sens traditionnel, non ; marcher au pas, non plus… Cette expérience conjuguée de l’amour et de la poésie m’a confirmé dans ce que je voulais faire : écrire ; et dans ce que je suis devenu : réfractaire à bon nombre de choses.
Vous naissez biologiquement, puis vous naissez une seconde fois… ou pas. Moi, je suis né de nouveau à 14 ans, avec cette rencontre. »

Crédit : psychologies.com

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