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Notre-Dame de Paris ou quand Victor Hugo revient

La Grande Librairie : Spéciale Notre Dame de Paris exceptionnelle

D 18 avril 2019     A par Viktor Kirtov - C 4 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Ajout des témoignages exceptionnels de François Cheng et Sylvain Tesson,

Stupeur et émotion

« …Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers, une grande flamme désordonnée et furieuse… »

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris (1831)

Paris, 15 avril 2019. Grand choc, incrédulité, stupeur et émotion… Resté scotché à l’écran du téléviseur jusqu’à 23 heures, heure à laquelle on a annoncé que les deux tours pourraient être sauvées. Un peu plutôt, un constat alarmiste : « nous ne sommes pas sûr de pouvoir sauver les Tours ». Réminiscence de l’effondrement des Tours à NY, le 11 septembre !


Dessin de Plantu dans Le Monde du mardi 16 avril 2019

Réveil ce matin, comme avec la gueule de bois après une soirée hors norme, après avoir vu la flèche et le toit de Notre Dame s’effondrer dans un feu d’Enfer. Quasimodo pleure.


Quasimodo pleure sa cathédrale par Cristina Correa Freile (Equateur)

Benoît Monneret D’une flèche à l’autre
benoit.nonneret@gmail.com

Et toujours au réveil, sur France Inter, on pouvait entendre Guillaume Gallienne lire un extrait de Notre Dame de Paris de Victor Hugo. Belle lecture dont est extraite la citation en exergue !

…Le fantôme de Hugo était là, hier soir. Il faisait tourner les tables et les faisait parler. Il avait tout vu, tout imaginé. Ce texte est incroyable de prémonition et exceptionnel. »

Ecoutez le, dit par Guillaume Gallienne :


Les cloches des cathédrales de France sonneront mercredi à 18h50

Toutes les cloches des cathédrales de France – d’une centaine de diocèses - sonneront mercredi à 18h50, "heure du début de l’incendie à Notre-Dame", en "solidarité avec le diocèse de Paris", a annoncé la Conférence des évêques de France sur Twitter.

Ecoutons celles de Notre Dame de Paris, dans le film éponyme de Jean Delannoy (1956) : extrait de la scène des cloches avec Gina Lollobrigida dans le rôle de la bohémienne Esmeralda et Anthony Quinn dans celui de du bossu Quasimodo, le sonneur de cloches.


Gina Lollobrigida et Anthony Quinn dans "Notre-Dame de Paris" de Jean Delannoy (1956) (PANITALIA PARIS FILM PRODUCTIONS / AFP)
CLlQUER L’IMAGE.

Le roman de Victor Hugo a ensuite été de nombreuses fois adapté au cinéma, à la télévision, au théâtre, en comédie musicale ou en dessin animé.

Les cloches de Notre-Dame, notamment la plus grosse d’entre elles, le « Bourdon », dans la Tour Sud, rythment les grandes fêtes religieuses et les grands événements : la libération de Paris, en 1944. Le Bourdon a aussi sonné pour la mort du pape Jean-Paul II et l’élection de son successeur Benoît XVI, qui a aujourdhui cédé la place à François.

Le Bourdon a été fondu, il y a plus de 300 ans et baptisé Emmanuel par son parrain Louis XIV. Il pèse 13 tonnes et son battant, la partie à l’intérieur de la cloche qui tape contre les parois pour produire le son, fait 500 kilos.

Dans la tour Nord, quatre cloches assurent les sonneries quotidiennes des heures et des offices de la cathédrale. Elles pèsent entre 2 000 et 3 000 kilos chacune.

Les cloches par leurs sonneries rythment la vie des fidèles, appelant à la prière, marquant les offices de leur solennité. Autrefois, elles permettaient aussi à tous les habitants de connaître l’heure ; bien qu’aujourd’hui chacun peut consulter sa montre ou son smartphone, elles continuent cependant à égrainer le temps signifiant que la cathédrale est un lieu de Vie.

En 2013, pour le 850ème anniversaire de la cathédrale, de nouvelles cloches avaient été installées. Objectif : retrouver le paysage sonore que la cathédrale possédait à la fin du XVIIIe siècle, patrimoine campanaire de tout premier ordre qui a largement participé à la renommée de l’édifice

L’arrivée des nouvelles cloches de Notre-Dame à Paris, le 31 janvier 2013, pour célébrer les 850 ans de la cathédrale•Crédits :Hélène Combis

Si le grand bourdonEmmanueldemeure aujourd’hui l’un des plus beaux vases sonores d’Europe, sinon le plus remarquable, comme s’accordent à le dire les campanologues, musiciens et musicologues, il n’en était pas de même pour les quatre cloches de la tour nord installées en 1856 et qui faisaient défaut. Défaut par la mauvaise qualité du métal employé (qui, outre un mauvais rendu acoustique, engendrait une usure importante), défaut par leur nombre, par leurs tailles, par leurs qualités acoustiques (elles n’étaient pas accordées entre elles) et défaut par le manque d’harmonie avec le bourdon avec lequel elles n’étaient pas non plus accordées.

Ce sont donc des raisons musicales et d’utilisation liturgique de cette sonnerie (offices, carillon des heures avec des thèmes appropriés à chaque temps liturgique) qui, en ce XXIe siècle, ont prévalu au choix de la nouvelle composition.

Crédit : franceculture.fr/

Non pas « dans cent sept ans ! » mais dans les cinq ans.

"Cette cathédrale, nous la rebâtirons",
Emmanuel Macron,
Lundi soir 15 avril, vers 23h30, sur les lieux de l’incendie


Pas dans cent sept ans !
Emmanuel Macron a tenu une allocution télévisée, mardi soir, pendant laquelle il a dit souhaiter une reconstruction de la cathédrale« d’ici cinq années »,
soit en 2024
.

Peut-être avez vous déjà entendu cette expression : « J’espère que ça ne va pas durer cent sept ans » ou « on ne va pas attendre cent sept ans ».

Cette expression vient de très loin. …Du temps de la construction de Notre Dame de Paris - il y a plus de 800 ans – construction qui aurait duré 107 ans - en fait, bien plus – une durée finissant par lasser habitants et riverains qui ne voyaient plus finir les travaux et l’agitation les entourant, si bien que l’expression est passée dans notre patrimoine linguistique : il est communément question de « ne pas attendre cent sept ans » pour choisir une solution, un chemin plus rapide, plus prompt à répondre aux attentes…

Cette cathédrale, nous la rebâtirons, tous ensemble, .

La Grande Librairie du mercredi 17 avril : Spéciale Notre-Dame de Paris

Quarante-huit heures après le drame qui a frappé Notre-Dame de Paris, François Busnel consacre une grande soirée à la cathédrale qui a inspiré tant d’écrivains, au premier rang desquels Victor Hugo bien sûr.

Des interventions d’exception parmi lesquelles celles de François Cheng que je place en tête, qui a élevé le débat. Une intervention dont la double dimension historique et spirituelle de l’événement est évoquée avec une inspiration, incarnée. Un grand moment que nous restituons ici :

François Cheng, bouleversant, nous rappelle pourquoi Notre-Dame est si importante.


Sur le même thème, un évènement qui fait signe même si on ne croit pas aux signes, Sylvain Tesson, lui qui a fait les cent coups, escaladé de nombreuses fois la flèche aujoud’hui détruite, déclare que cette cathédrale l’a sauvé.

Sylvain Tesson nous donne son propre témoignage, suivi d’une lecture par Loïc Corbery de la Comédie française.

Avec aussi Ken Follett, à qui l’on doit la trilogieLes piliers de la Terresur les bâtisseurs du Moyen-Âge, Pierre Nora qui a mis en perspective l’histoire de la cathédrale, l’historien Adrien Goetz : érudition et précision, l’académicien Patrick Grainville. En 1994, l’écrivain, récompensé du prix Goncourt en 1976 pour Les Flamboyants, mettait Notre-Dame au cœur de son roman Les Anges et les Faucons, le philosophe et autre académicien Alain Finkielkraut, la journaliste Laura El Makki, l’illustrateur Benjamin Lacombe qui a mis en dessin l’œuvre de Victor Hugo en 2011 ,et des lectures de textes d’écrivains, consacrés à Notre Dame de Paris par les comédiens Richard Berry et Emmanuelle Devos


L’intégrale de l’émission.

Paul Claudel derrière un pilier de Notre Dame, touché par la grâce

« En un instant mon coeur fut touché et je crus », raconte Paul Claudel. C’est en participant aux offices de Noël à Notre-Dame de Paris que l’homme de lettre a rencontré Dieu.

.


Tel était le malheureux enfant qui, le 25 décembre 1886, se rendit à Notre-Dame de Paris pour y suivre les offices de Noël. Je commençais alors à écrire et il me semblait que dans les cérémonies catholiques, considérées avec un dilettantisme supérieur, je trouverai un excitant approprié et la matière de quelques exercices décadents. C’est dans ces dispositions que, coudoyé et bousculé par la foule, j’assistai, avec un plaisir médiocre, à la grand-messe. Puis, n’ayant rien de mieux à faire, je revins aux vêpres. Les enfants de la maîtrise en robes blanches et les élèves du petit séminaire de saint Nicolas du Chardonnet qui les assistaient, étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être la Magnificat. J’étais moi-même debout dans la foule, près du second pilier à l’entrée du choeur à droite du côté de la sacristie. Et c’est alors que se produisit l’événement qui domine toute ma vie. En un instant mon coeur fut touché et je crus. Je crus, d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout mon être, d’une conviction si puissante, d’une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute, que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée, n’ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher.

L’intégrale sur le site de la Société Paul Claudel

Crédit : La Croix

La Vierge du pilier

Paul Claudel (1868-1955) se convertit à 18 ans, aux vêpres de Noël 1886, alors qu’il se tenait à côté de la statue de la Vierge du Pilier priée sous le vocable de Notre-Dame de Paris. [1]

« Longue, élégante, assez fortement hanchée, elle porte sur son bras l’Enfant Jésus qui joue avec la boucle de son manteau dont les larges plis retombent avec grâce ; une couronne couvre sa tête » [2]

Elle est ainsi reine et mère. Dans la main droite, elle tient un lys, symbole de pureté, tandis que l’Enfant porte un globe, symbole d’universalité.


[1Crédit : www.notredamedeparis.fr/

[2Crédit Marcel Aubert

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4 Messages

  • Viktor Kirtov | 18 juillet 2019 - 10:53 1


    ND contemplée, incendiée, sauvée...
    Pièce pour piano (juin 2019)
    Compositeur : Roman Marlière

    Lettre ouverte à Philippe Sollers via pileface.com

    Bonjour Philippe Sollers,

    Il m’arrive de relire des passages de Femmes ces derniers temps ; votre
    roman me tend la main depuis ma bibliothèque quand je reçois une amie qui
    devient trop féministe.... Chute de la verticalité, du Nom du Père, de la
    flèche en flammes qui se dressait dans le ciel vide... Vous avez sans doute
    été frappé en plein coeur, comme la France entière, par l’incendie de
    Notre-Dame.

    Je serais très touché si vous pouviez prendre quelques minutes pour écouter
    « la Passion de Notre-Dame », poème pianistique que je viens de composer,
    dédié à la beauté meurtrie de la cathédrale.

    Voir ci-dessus.

    Ce serait un honneur pour moi d’avoir votre avis de mélomane, sensible à la
    musique baroque et romantique,

    Roman Marlière(*)
    rmarliere880@gmail.com
    (*) (le frère de Pierre, l’étudiant en lettres dont vous avez
    publié le mémoire. Variations sur le libertinage : Ovide et Sollers, 2014)


  • Viktor Kirtov | 21 avril 2019 - 20:46 2

    François Cheng, bouleversant, nous rappelle pourquoi Notre-Dame est si importante. (La Grande Librairie du mardi 16 avril)

    Et Sylvain Tesson nous donne son propre témoignage. A découvrir.
    Suivi d’une lecture par Loïc Corbery de la Comédie française d’un texte de Sylvain Tesson relatant ses escalades de la flèche. Allumé, déjà, intense et attachant.

    VOIR ICI


  • Viktor Kirtov | 20 avril 2019 - 20:57 3

    Oui Ludwig. Vous avez parfaitement raison. Il fallait lire Sylvain Tesson, bien sûr. Merci de votre vigilance. Corrigé ! Et son témoignage ajouté en ligne.


  • Ludwig trovato | 20 avril 2019 - 11:28 4

    Il s’agissait de l’auteur "Sylvain Tesson" et non de son père Philippe ! (qui est bien moins intéressant)