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Picasso 1932. Année érotique

Année décisive

D 8 novembre 2017     A par A.G. - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



Musée Picasso. Sous le lustre de Diego Giacometti, la Femme au fauteuil jaune, 3 avril 1932. Coll. privée.
Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

« Picasso 1932. Année érotique »
Le rêve, 24 janvier 1932. Collection privée.

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« Picasso 1932. Année érotique » est la première exposition dédiée à une année de création entière chez Picasso, allant du 1er janvier au 31 décembre d’une même année. L’exposition présentera des chefs-d’œuvre essentiels dans la carrière de Picasso comme Le Rêve (huile sur toile, collection particulière) et de nombreux documents d’archives replaçant les créations de cette année dans leur contexte.
Cet événement, organisé en partenariat avec la Tate Modern de Londres, fait le pari d’inviter le visiteur à suivre au quotidien, dans un parcours rigoureusement chronologique, la production d’une année particulièrement riche. Il questionnera la célèbre formule de l’artiste selon laquelle « l’œuvre que l’on fait est une façon de tenir son journal », qui sous-entend l’idée d’une coïncidence entre vie et création. Parmi les jalons de cette année exceptionnelle se trouvent les séries des baigneuses et les portraits et compositions colorées autour de la figure de Marie-Thérèse Walter, posant la question du rapport au surréalisme.
En parallèle de ces œuvres sensuelles et érotiques, l’artiste revient au thème de la Crucifixion, tandis que Brassaï réalise en décembre un reportage photographique dans son atelier de Boisgeloup. 1932 voit également la « muséification » de l’œuvre de Picasso à travers l’organisation des rétrospectives à la galerie Georges Petit à Paris et au Kunsthaus de Zurich qui exposent, pour la première fois depuis 1911, le peintre espagnol au public et aux critiques. L’année est enfin marquée par la parution du premier volume du Catalogue raisonné de l’œuvre de Pablo Picasso, publié par Christian Zervos, qui place l’auteur des Demoiselles d’Avignon dans une exploration de son propre travail.

L’exposition est organisée en partenariat avec la Tate Modern à Londres.

Musée National Picasso Paris

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En parcourant l’exposition


Premières critiques françaises.
Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

Après avoir célébré la "Période Olga" de l’oeuvre de Picasso à travers la figure de son épouse Olga et l’exposition "Olga Picasso", le Musée National Picasso se penche sur celle de sa jeune maîtresse Marie-Thérèse Walter du début des années 1930 avec l’exposition "Picasso 1932 - Année érotique" organisée en partenariat avec avec la Tate Modern de Londres.

Anonyme, Marie-Th. Walter à Juan-les-Pins, août 1932 - Man Ray, Portrait de Picasso, novembre 1932.
Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.


Baigneuse au ballon, 30 août 1932. MoMA New York
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De plus, celle-ci constitue une monstration inédite par sa focalisation sur une année de la stakhanoviste production picassienne.

En effet, les commissaires Laurence Madeline et Virginie Perdrisot, respectivement conservatrice en chef du patrimoine et conservatrice au dit musée, ont reconstitué, au terme d’un conséquent travail de dépouillement d’archives, les emplois du temps personnel et artistique de Picasso, les deux étant tout particulièrement imbriqués, relatif à l’année 1932.

Une année qui s’avère significative dès lors qu’à la cinquantaine, Picasso au mi-temps de sa vie d’homme et, après plus de trois décennies de carrière, entend signifier son statut de maître incontesté de la peinture moderne par une exposition-rétrospective.

Celle-ci, inaugurée en juin 1932 à la Galerie Georges Petit à Paris, et entendue par les commissaires comme soutenant une volonté de "pré-muséification de son oeuvre", comporte plus de deux cent pièces dont une trentaine appartenant au corpus de la plus que centaine produite en cette année dont nombre autour de la sculpturale figure de la jeune et blonde naïade Marie-Thérèse.

Picasso 1932 : Sur les traces d’une année de création picassienne

Les commissaires ont opté pour un parcours chronologique matérialisé par une frise calendaire courant le long des salles qui permet de suivre pas à pas l’évolution de la création picassienne.

Afin de suivre celle-ci de manière synthétique et ne pas s’égarer dans ce dédale biographique, au demeurant passionnant et appuyé de documents d’archives, il paraît judicieux d’orienter sa visite en fonction des cinq axes dégagés et analysés par les commissaires quasiment tous associés dans une toile emblématique, Le Rêve retenue pour l’affiche.


La ceinture jaune, 6 janvier 1932. Monaco Nahmad collection.
Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

A savoir, le surréalisme avec le thème du rêve, l’érotisme avec avec la figure de la femme aimée associée à des symboles sexuels explicites, le dialogue peinture/sculpture avec le visage décliné de face et de profil et la revisite des motifs classiques de la femme endormie hybridé avec celui de la femme dans un fauteuil.


La dormeuse au miroir, 14 janvier 1932. Huile sur panneau.
Monaco Nahmad collection. Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

Le Repos, 22 janvier 1932. Collection particulière.
Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

Nu devant la glace, 26 juin 1932. Collection particulière.
Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

Femme nue dans un fauteuil rouge, 27 juillet 1932. Londres, Tate Modern.
Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

La sieste, 18 août 1932.
Fundacion Almine y Bernard Ruiz-Picasso para el Arte.
En dépôt au museo Picasso Malaga.

Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

Parmi les thèmes classiques et dans la filiation d’Ingres et de la veine orientaliste, et après les grandes baigneuses monumentales des années 1920, dont le caractère marmoréen et le drapé de la tenue attestent d’une reconstruction de l’antique, le corps de naïade de Marie-Thérèse Walter incite Picasso à retravailler le thème de la baigneuse, déclinaison de celui du nu couché et plus précisément de l’odalisque (Nu couché, Femme étendue au soleil sous la plage).


Femme étendue au soleil, 25 mars 1932. Fusain et huile sur papier de soie.
Musée national Picasso. Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

Femme nue couchée au soleil sur la plage, 26 mars 1932. Huile sur toile.
Fundacion Almine y Bernard Ruiz-Picasso para el Arte. Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

Les trois baigneuses, 15 septembre 1932. Huile sur toile.
Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

Trois femmes jouant sur la plage, 15 septembre 1932.
Fundacion Almine y Bernard Ruiz-Picasso para el Arte.

Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

De même pour le thème de la plage revu à l’aune de la contemporanéité balnéaire notamment exploré à travers notamment dans des eaux fortes et le registre du groupe féminin, du jeu joyeux (Baigneuse jouant avec un ballon, Baigneuses sur la plage) au drame (La Noyade, Le sauvetage) ce dernier devant s’entendre en corrélation avec un nouveau cycle sur le thème de la crucifixion.


Le sauvetage, 20 novembre 1932. Bâle, fondation Beyeler.
Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

A un âge qui est également celui de la maturité sexuelle masculine assortie du spectre futur de l’andropause, Picasso ne veut pas croire, pour lui-même, à l’impuissance sexuelle, anticipatrice de la mort qu’il associe à celle christique.

Et dans le Christ désaturé dans l’explosion de couleurs de la petite huile sur bois "La crucifixion", l’écrivain et essayiste Philippe Sollers voit, à juste titre, le signe de "l’omnispection qui est la grande révolution de Picasso", thème que le peintre décline en la réduisant à l’épure désincarnée et mégalithique dans la série Crucifixion d’après le retable d’Issenheim peint par Grünewald.

La Crucifixion d’après Grünewald. 17-19 septembre et 4-7 octobre 1932 .
Musée Picasso. Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

Aiguilloné par Matisse, son aîné et rival, qui prône la nécessité de s’inspirer des Maîtres anciens, Picasso procède à la "revisite" des thèmes classiques, sujet de l"exposition "Picasso et les Maîtres" qui s’est tenu au Grand Palais en 2008. Ainsi en est-il de ceux de la jeune femme à la fenêtre et de la femme devant un miroir revus à l’aune de la blondeur waltérienne.

Et il procède également en double déclinaison tant du motif cézanien matissien pour le thème de la femme en buste adossée à un fauteuil, dé-re-construit de manière cubiste en courbes et en trois dimensions (Femme au fauteuil rouge) que matissien (Nu au fauteuil noir).

Femme au fauteuil rouge, 27 janvier 1932 (musée Picasso) et Nu au fauteuil noir, 9 mars 1932
(coll. particulière, Richard Gray gallery).

Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

Un pari réussi que ce zoom en quinze salles sur l’année de la consécration certes controversée en son temps pour Picasso qui s’achève sur un portrait de Marie-Thérèse avec la sublime et sereine Nu couché à la mèche blonde.


Nu couché à la mèche blonde, 21décembre 1932. C’est la dernière toile de l’année.
Monaco Nahmad collection. Photo A.G., 19 octobre 2017. Zoom : cliquez l’image.

Crédit texte MM

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ET AUSSI :
Album de famille (entretien avec Olivier Widmaier Picasso, le petit-fils du peintre, et sa mère Maya Widmaier Picasso, la fille de Picasso et Marie-Thérèse Walter.

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Le témoignage de Maya Picasso-Widmaier

Extrait de 13 journées dans la vie de Picasso
un film de Pierre Daix, Pierre Philippe et Pierre-André Boutang (1999) [1].


(durée : 15’09". Archives A.G.)
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La mort de Picasso et de Marie-Thérèse Walter

Picasso meurt le 8 avril 1973 à Mougins. Son corps est transporté à Vauvenargues. Roland Dumas [2] raconte. Marie-Thérèse Walter, le 13 avril 1974, livre un dernier et bouleversant témoignage. (Extrait de Secret d’Histoire "Le Mystère Picasso") :


(durée : 3’15")

Marie-Thérèse Walter se suicidera par pendaison le 20 octobre 1977. Jacqueline Picasso, quant à elle, se suicidera le 15 octobre 1986 par arme à feu [3]. « Tristes tropiques », écrit Sollers dans Portraits de femmes (p. 94).


Macron visite Picasso

... et s’en sort comme il peut, pas trop mal, y compris face à une Maya Widmaier-Picasso sans complexe.

RTL Matin avec Yves Calvi. Visite guidée en avant-première. Interview d’Emmanuel Macron.

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Un Picasso à l’Elysée ? « Ce serait formidable », a déclaré dimanche soir Emmanuel Macron, rendant hommage à un peintre « intemporel » et « conscience d’un siècle », lors de sa visite de l’exposition « Picasso 1932 : Année érotique » au musée Picasso à Paris.

« Il faut le faire dans un endroit où il faut aussi qu’il puisse vivre. (L’Elysée) est un lieu qui peut enfermer des tableaux », a-t-il remarqué.

« Il y a quelques très beaux artistes qui sont dans les murs mais j’aimerais ouvrir en effet l’Elysée à la fois à des peintres modernes, contemporains, aussi à d’autres artistes. C’est en projet », a précisé Emmanuel Macron.

L’exposition, qui ouvre mardi, invite le visiteur à suivre jour après jour la production d’une année particulièrement riche pour l’artiste. Les séries des baigneuses et les portraits de sa maîtresse Marie-Thérèse Walter sont notamment exposés.

« C’est ce que j’aime chez ce peintre, c’est-à-dire une très grande sensualité et immédiateté, et une capacité à retrouver la force du mythe, qu’il s’agisse d’ailleurs d’un mythe païen ou d’un mythe chrétien », a souligné Emmanuel Macron.

Dans son oeuvre, Picasso « ne s’est jamais enfermé dans une période » et « il y a toujours des ponts », selon le président de la République, qui a visité l’exposition avec son épouse Brigitte.

« C’est ce qui rend ce peintre extraordinairement fort y compris pour les plus jeunes générations, parce que c’est quelqu’un qui fait entrer dans la peinture du 21ème siècle », a déclaré le président, qui a rencontré au Musée Picasso des membres de la famille de l’artiste et des collégiens de Montfermeil (Seine-Saint-Denis) qui ont étudié son oeuvre.

Emmanuel Macron, qui a découvert Picasso à l’adolescence, a confié qu’il n’était « pas sûr de l’avoir compris même aujourd’hui ». « Il y a quelque chose d’intemporel chez lui (...) Il ne s’est jamais enfermé dans une période », a-t-il souligné.

Chez Picasso, « il y a la conscience d’un siècle, et l’on commence à voir sur certains tableaux le sens politique : il accompagnera la vie du siècle dans les années qui vont suivre jusqu’à la Deuxième Guerre Mondiale », a-t-il souligné.

AFP, 8 octobre 2017.

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[2Avocat représentant de Jacqueline Roque-Picasso au moment de la succession de Picasso, fut également, selon les voeux du peintre, chargé de régler les conditions d’entrée de Guernica en Espagne après la mort de Franco.

[3Elle sera enterrée à sa demande aux côtés de Picasso dans le parc du château de Vauvenargues.

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