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Charles Baudelaire, Oeuvres complètes I, II en Pléiade

Nouvelle édition. Parution le 16 mai 2024

D 13 mai 2024     A par Albert Gauvin - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


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Charles Baudelaire
Œuvres complètes I, II

Coffret de deux volumes vendus ensemble.

Première parution en 2019

Édition publiée sous la direction d’André Guyaux et Andrea Schellino. Préface d’Antoine Compagnon
Collection Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard
Parution : 16-05-2024

En 1931, c’est avec les œuvres de Baudelaire – choix alors peu conformiste – que Jacques Schiffrin inaugure la Bibliothèque de la Pléiade. Édition après édition, la collection ne cessera d’accompagner le poète et de contribuer à l’évolution du regard porté sur son œuvre. Les volumes qui paraissent aujourd’hui constituent à cet égard un tournant décisif.
On dit de Baudelaire qu’il est, pour la poésie en vers, l’homme d’un recueil unique. Il serait au moins aussi significatif de souligner que Les Fleurs du Mal sont l’œuvre d’une vie, prépubliée à partir de 1845, publiée et condamnée en 1857, reprise et augmentée en 1861, prolongée jusqu’à la fin, ou presque. Or l’édition de 1857, qui n’est pas le fruit des circonstances, mais celui de la volonté de Baudelaire, n’est pas accessible à un large public. Dans le même ordre d’idées, on néglige de rééditer pour lui-même le recueil des Épaves de 1866, préférant l’annexer aux Fleurs du Mal de 1861 au motif qu’il procure les six pièces condamnées. _ La présentation habituelle du Spleen de Paris ne se distingue en rien de celle des livres publiés par Baudelaire, bien que ce recueil de cinquante « Petits poèmes en prose » n’ait jamais paru de son vivant et pose plusieurs des problèmes inhérents aux ouvrages posthumes. Bien des textes moins célèbres sont fréquemment regroupés au sein de recueils factices qui les coupent du contexte de leur rédaction.
Les nouvelles Œuvres complètes de Baudelaire rompent avec ces usages. Pour la première fois, l’œuvre n’est plus partagée entre poésie et critique. Le sommaire est désormais chronologique. Des Fleurs du Mal on propose les deux éditions, 1857 et 1861, dans leur intégralité. Elles sont précédées de toutes les prépublications de poèmes dans la presse, parfois réunies par Baudelaire en de petits recueils transitoires, tel Les Limbes en 1851. Les Épaves retrouvent leur autonomie et leur date. L’édition du Spleen de Paris ne dissimule plus la diversité des origines des poèmes en prose qui s’y trouvent rassemblés et fait entrer le lecteur dans l’atelier du poète : quand deux versions sensiblement différentes existent pour un même texte, toutes deux sont publiées. À leurs dates respectives, les différents Salons dialoguent avec les autres écrits. Les poèmes envoyés à Théophile Gautier dans l’espoir (en partie déçu) qu’il les publie en revue retrouvent leurs liasses originelles. Les féroces manuscrits « belges », enfin, font l’objet d’un nouvel établissement du texte et d’une présentation plus conforme à leur matérialité. L’œuvre, en somme – «  l’œuvre qui a déterminé les voies de la poésie future » (A. Compagnon) –, s’écrit et se déploie sous les yeux du lecteur.

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Stéphane Guégan, Album Charles Baudelaire.
Iconographie commentée

Paris, Gallimard, coll. "Albums de la Pléiade", 2024
EAN : 9782073040787
256 pages
Date de publication : 16 Mai 2024

Album offert par votre libraire pour l’achat simultané de trois volumes Pléiade. Chez les libraires participant à la promotion et dans la limite des stocks disponibles.

Baudelaire avait conscience d’écrire pour les générations futures. En 1866, luttant déjà contre la mort qui l’emportera l’année suivante, il touche à la gloire et s’en réjouit peu. Il s’est assez mêlé à la presse de son temps, assez plié, de caricatures en photographies, au despotisme naissant de la célébrité, pour être conscient du malentendu qui gouverne la notoriété publique. De ce malentendu le vif récit de Stéphane Guégan ne dissimule pas les causes, pas plus qu’il ne minimise les résistances et les incompréhensions qu’eurent à subir une œuvre et un auteur qui nous paraissent aujourd’hui irrécusables.
L’iconographie réunie dans cet album donne accès à un mythe en construction. Les photographes, les peintres – dont Baudelaire fut le critique, l’ami, le sujet – et leurs œuvres, des femmes, Jeanne, Apollonie, dont les portraits doivent rivaliser avec les images qu’ont laissées d’elles les poèmes, Paris en 1848, Bruxelles en 1864, le visage de Mme Aupick, les épaulettes de son général de mari, les manuscrits, les épreuves corrigées de si émouvante manière, les journaux qui ne savent encore rien de l’avenir des textes qu’ils accueillent, les livres désormais si précieux, d’abord ignorés ou condamnés… autant d’éclats d’une vie dont la transformation en destin allait se révéler résistible.
En 1887, Paul Gallimard demande à Rodin d’illustrer son exemplaire des Fleurs du Mal. Quelque trente ans plus tard, son fils Gaston lance des Œuvres complètes. La métamorphose de Baudelaire, « nature inquiète et sans équilibre » (réquisitoire d’E. Pinard, 1857), en figure majeure de notre bibliothèque idéale est en marche. Elle ne s’arrêtera plus.

Url de référence :
https://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Albums-de-la-Pleiade/Album-Charles-Baudelaire

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Edouard Manet, Portrait de Jeanne Duval ou la Maîtresse de Baudelaire.
Photo A.G., 3 juin 2023. ZOOM : cliquer sur l’image.

Mythe révisé et bataille d’experts autour de Jeanne Duval, la « Vénus noire » de Baudelaire

Par Le Figaro avec AFP
Publié le 12 mai à 09:00, Mis à jour hier à 09:08

Si le visage de Jeanne Duval nous est parvenu à travers des photographies ou des peintures (ici, peinte par Edouard Manet peint en 1862), les détails de sa vie restent encore flous.

Deux études, coup sur coup, lèvent le voile sur la muse qui inspira les Fleurs du mal. Avec des révélations identiques qui interrogent sur un éventuel plagiat.

On ne connaissait presque rien, de Jeanne Duval, muse du poète Charles Baudelaire. On la découvre sur une grande toile d’Edouard Manet, sur quelques photographies, en croquis dans les papiers du poète. Un siècle et demi après sa mort, deux publications concomitantes révèlent de nouveaux détails de la vie de la « Vénus noire ». Au point de susciter des interrogations : coïncidence ou plagiat ?

Pour Ali Kilic, tout commence à la fin de l’année 2021. Ce professeur de français dans un lycée de Strasbourg, féru de recherches généalogiques, décide de percer le mystère qui entoure la vie de Jeanne Duval, maîtresse de Charles Baudelaire, qui lui a consacré plusieurs poèmes des Fleurs du mal. Les informations sont maigres sur celle qui se fait tantôt appeler Jeanne Duval, tantôt Jeanne Prosper ou Jeanne Lemer. Ses dates et lieux de naissance et de mort, ses origines, et même son nom véritable sont inconnus.

Après de premières recherches, infructueuses, sur des registres d’état civil consultables en ligne, Ali Kilic élargit ses investigations à toutes les Jeanne, Duval ou Prosper mortes après Baudelaire à 20 km autour de Paris. C’est alors que surgit l’acte de décès d’une certaine Florinne, Jeanne, Gabrielle, Adeline, Prosper, morte le 20 décembre 1868, à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Couturière, née à Port-au-Prince, en Haïti, elle est domiciliée au dépôt de mendicité.

Sur les traces de l’Haïtienne Jeanne Duval

En tirant ce fil, le professeur va remonter à ce qui semble être l’acte de naissance haïtien de Jeanne Duval, daté du 18 novembre 1818 et conservé et numérisé par l’église des mormons sur le site familysearch.org. Puis, dans les registres des passagers, il trouve la trace de son arrivée au Havre, le 21 juillet 1821, trois mois après la naissance de Baudelaire, à bord du voilier Grand Amédée, aux côtés de sa mère et de sa sœur. Grâce aux archives numérisées de l’assistance publique, Jeanne Duval peut ensuite être suivie lors de ses admissions dans les hôpitaux de Paris. Elle rencontrera Baudelaire à 23 ans, en 1842.

En novembre 2022, quand Ali Kilic soumet ces découvertes à André Guyaux, qui codirige la revue L’Année Baudelaire, celui-ci se montre tout de suite intéressé. « C’est très important, comme tout ce qui lie le biographique et le poétique dans l’œuvre de Baudelaire », raconte à l’AFP le professeur émérite à Sorbonne Université. Le codirecteur de la revue, Antoine Compagnon, de l’Académie française, lit également l’article. « Il a été impressionné », assure André Guyaux.

Ces découvertes, qui restent à l’état de « faisceau d’hypothèses très probables », permettent notamment d’identifier la dédicace J.G.F. (Jeanne Gabrielle Florine) sur le poème L’Héautontimorouménos et sur Les Paradis artificiels, souligne-t-il. Trois des quatre grands-parents de celle qu’on a pu appeler la Vénus noire sont blancs, pointe en outre André Guyaux. « Le mythe de l’égérie qui vient d’Afrique tombe un peu », dit-il.

Deux recherches et une même découverte

Toutes ces révélations devaient être publiées dans l’édition 2023 de L’Année Baudelaire. Mais la préparation d’une nouvelle édition des oeuvres de Baudelaire par la Bibliothèque de la Pléiade, à paraître le 16 mai, a décalé sa parution à... septembre 2024.

Un délai fâcheux pour le professeur. Entretemps, l’écrivaine Catherine Choupin, spécialisée dans les muses d’artistes, a livré peu ou prou les mêmes informations dans Révélations sensationnelles sur Jeanne Duval, la muse de Baudelaire. Cet ouvrage auto-édité est paru le 27 avril 2024.

« Fortement aidée par un ami proche », l’écrivaine raconte avoir mené des recherches similaires pendant trois mois. Recherches qu’elles a d’ailleurs poursuivies dans les archives de la préfecture de police de Paris, où elle a découvert que Jeanne Duval n’avait jamais été incarcérée à la prison de femmes de Saint-Lazare, réservée aux prostituées, contrairement aux dires de certains auteurs.

« Je ne sais pas si c’est du plagiat ou du vol, mais (Catherine Choupin) a repris certaines informations de ma recherche », assure Ali Kilic, encore sous le coup de la « déception ». « Ou alors c’est vraiment une coïncidence de date assez incroyable... », avance-t-il. Catherine Choupin assure n’avoir jamais entendu parler des trouvailles du professeur strasbourgeois. « Comment en aurais-je pu prendre connaissance ? », interroge-t-elle. « J’aurais fait, sans le savoir, les mêmes découvertes (...) C’est étonnant, mais possible », ajoute-t-elle. Elle doit publier le 21 juin une biographie de Jeanne Duval.

LIRE SUR PILEFACE :

La femme sans nom : l’histoire de Jeanne et Baudelaire

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