4 5

  Sur et autour de Sollers
vous etes ici : Accueil » SUR DES OEUVRES DE TIERS » « L’éternel printemps » ou l’apologie d’un amour courtois (...)
  • > SUR DES OEUVRES DE TIERS
« L’éternel printemps » ou l’apologie d’un amour courtois dans notre époque

Marc Pautrel : « L’éternel printemps » en édition Folio

D 22 octobre 2021     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Marc Pautrel : « L’éternel printemps » en édition Folio

28 octobre 2021, le roman de Marc Pautrel « L’Eternel printemps » sort en édition Folio

JPEG - 45.9 ko
Feuilleter le livre sur amazon.fr

Sans même entrer dans le livre nous sommes interpelés par l’illustration de couverture : un tableau de Francisco Goya, L’l Ombrella, Museo Nacional del Prado, Madrid (Photo © Museo Nacional del Prado. Dist. RMN-GP/Image du Prado.

Plus que l’ombrelle, c’est le jeune couple qui retient, ici, notre attention, en introduction à la rencontre entre un homme et une femme au cœur du livre L’homme et la femme, un éternel sujet, une rencontre magnifiée par la littérature qui devient « L’éternel printemps » sous la plume inspirée de Marc Pautrel.

Nous avons, a plusieurs occasions rendu compte de sa qualité d’écrivain :

Marc Pautrel en résidence d’auteur à Jérusalem
Carnet de Marc Pautrel et son roman "Polaire"
Sollers vu par un de ses auteurs, Marc Pautrel
Au temps des cerisiers en fleurs avec Ozu et Marc Pautrel
« Le peuple de Manet » de Marc Pautrel : Un hommage à Manet
Sur le sujet qui nous intéresse aujourd’hui, signalons aussi sur pileface, l’ article d’A.G. au moment de la la sortie du livre original, en 2019.

Un peu plus sur l’illustration de couverture

Un carton, modèle de tapisserie

Après des débuts difficiles, Goya accède à la notoriété à l’âge de 30 ans, grâce à Francisco Bayeu dont il a épousé la sœur en 1773. Bayeu, un des directeurs de la Manufacture Royale de tapisseries de Santa Barbara, l’introduit à la Cour et le charge de composer une suite de cartons (modèles de tapisseries - une tapisseries tissées selon les indications du peintre). Les tapisseries correspondantes sont destinées à décorer la salle à manger du prince des Asturies au palais royal du Prado.

L’ombrelle (1777) est l’un de ces « cartons ». Il s’agit en fait d’une huile sur toile aujourd’hui dans les collections du musée du Prado à Madrid. Sa taille (1,5m*1m) ainsi que la perspective en contre-plongée adoptée par le peintre indiquent que la tapisserie correspondante était sans doute destinée à orner un dessus de fenêtre.

Un thème galant

L’ombrelle était un objet à la mode dans la peinture de genre du XVIIIe siècle. Presque toujours présente partout où une femme et son courtisan se rencontraient en plein air, elle était si courante qu’elle est devenue un moyen d’identifier la galanterie.

Michael Levey (ancien directeur de la National Gallery à Londres) qui a étudié l’œuvre dans le contexte du Rococo, considère que, bien que le paysage et la disposition des figures s’inscrivent dans cette tendance, il y a un caractère réaliste qui fait défaut à la plupart des œuvres de l’époque. Ainsi, dans ce tableau, la sensation de réalité est obtenue par le regard de la femme vers le spectateur, lui faisant croire qu’il est la cause de son sourire.

Le thème galant et les couleurs claires de ce tableau l’apparente au style Rococo français, notamment au Concert dans un parc de François Boucher ou Près de vous belle Iris de Nicolas Lancret. Cependant, la source d’inspiration la plus souvent citée pour ce tableau est Vertumne et Pomone de Jean Ranc, un tableau néo-classique. Jean Ranc est un peintre français qui a travaillé pour la famille royale espagnole, important ainsi en Espagne le goût néo-classique. Quoiqu’il en soit, le jeune couple dans un parc avec une ombrelle est un thème récurrent dans la peinture galante de la fin du XVIIIe siècle. L’originalité de Goya réside dans le réalisme et la spontanéité avec lesquels il dépeint ses personnages. Dans les scènes galantes de style rococo, les personnages sont de plus petites tailles, leurs attitudes sont plus maniérées et surtout ils ne regardent jamais le spectateur dans les yeux en souriant comme c’est le cas ici.

Ces cartons obtiennent immédiatement un vif succès auquel Goya doit l’origine de sa carrière et de sa réputation. La demande royale, comme celle de l’aristocratie est si importante que Goya dessine 63 cartons de tapisseries entre 1776 et 1791.
argus

Une société gaie et légère avait envie de se voir dans un miroir attrayant. Goya y participera pleinement, inventant une peinture sensuelle, colorée, détachée des dogmes (cf L’Ombrelle en 1777).
idixa.net

Quatrième de couverture

"J’avais vu juste, elle n’a personne dans sa vie actuellement. De son côté, elle sait que je suis séparé. Elle a été mariée, a divorcé, n’a pas d’enfants. Elle sort peu, mais elle aime aller au restaurant. Parler sans fin en mangeant est également un de mes grands plaisirs."

La première phrase

Le maître d’écriture de Marc Pautrel, Philippe Sollers, l’a souvent dit, en tant qu’éditeur, dès les premières phrases il peut détecter si un livre présente un intérêt littéraire pour lui, s’il y a un écrivain derrière. Conseil à tous les apprentis écrivains : soigner ses premières phrases. Comment débute l’Eternel printemps ?

« Tout commence un jour de printemps. Je rejoins un groupe d’amis au café et elle est là, assise au milieu d’eux. C’est la seule femme présente, bien plus âgée que nous[…] »

Dès les premiers mot l’héroïne est là. Elle sera le point de focalisation de ce roman, seule personnage avec le narrateur : la relation entre un homme et une femme. Elle n’est pas nommée par un prénom mais occupe déjà toute la place : elle est là ! Dans quel espace-temps ? Juste une vague indication : « Tout commence un jour de printemps », l’équivalent du « il était une fois des contes », intemporel et éternel, qui revoie au titre du livre « l’éternel printemps ». Plus avant, l’auteur en donnera une clé.

Dans quelle époque, quelle année, où ?, On ne le sait pas tout de suite. En fait cette imprécision sert le dessein de l’auteur. Elle est dans la tradition de sa pratique littéraire : l’espace-temps du roman a sa propre réalité indépendamment de la réalité commune, ce qui va permettre à l’auteur de développer une relation anachronique entre un homme et une femme, une relation d’un autre temps dans le temps présent. et de ce jeu de décalage, de distanciation, l’auteur va en jouer pour nous entraîner dans son univers romanesque, avec succès..

« L’éternel printemps » ou l’apologie d’un amour courtois dans notre époque

« Tous les jours j’entretiens mon ciel, je préserve mon paradis. »
20 octobre 2021
Carnets de Marc Pautrel

Ce tableau L’Ombrella de 1777. en couverture de l’édition Folio est une bonne introdution au livre qui est « l’apologie d’un amour courtois platonique du XVIIIè ou du XVIIe siècle. Pourtant le roman se déroule bien dans notre époque ». Le sujet : une rencontre entre un homme et une femme, les deux seuls personnages du roman. Le narrateur est écrivain et né en 1967, comme l’auteur. Elle est libraire spécialisée dans les livres anciens, neuf ans plus âgée que lui. Son magasin est non loin des quais de la Seine, c’est ainsi que l’on apprend que le roman se déroule à Paris, mais la localisation précise des lieux n’est jamais une préoccupation dans les romans de Marc Pautrel. Une rencontre de hasard, alors qu’il rejoint un groupe d’amis dans un café. Au moment de se quitter elle l’invite à venir visiter sa librairie. Il a répondu oui, un oui de politesse car il n’a pas l’intention de s’y rendre - a différence d’âge, ses cheveux blancs à elle n’ont pas été propices à un rapprochementi immédiat . Mais il s’y rendra quand même. Un écrivain s’intéresse naturellement à une librairie de livres anciens, une relation amicale va naître qui prend sa source dans des conversations qui n’en finissent pas : l’art de la conversation à la française ‘Et voici que le XVIIIe pointe à nouveau son nez.


De la parole courtoise comme une forme de pratique érotique :

« Nous parlons pendant des heures, des après-midi, quasiment des journées entières. Avec elle, c’est l’exercice complet et parfait de la conversation française, profonde, diverse, sincère, érudite, libre, didactique, tentatrice, réservée, tacticienne, débridée et pourtant extrêmement codifiée, la parole courtoise par définition, nous parlons de presque tout, ses souvenirs mes souvenirs, ses amants, mes maîtresses, un peu de sexe survolé, un jeu complexe d’approches et d’éloignements, d’écarts, de circonvolutions et d’extrême plaisir intellectuel. Nous nous décrivons nos royaumes respectifs, et chacun de ces pays est un délice pour l’autre. Nous nous faisons la cour mutuellement. La conversation française est bel et bien une forme de pratique érotique. »

« Un monde de livres » sur RCJ animé par Josyane Savigneau. Invités ; Marc Pautrel Karine Tuil, et Frédéric Maget Diffusé en direct le 31 oct. 2019

De la cristallisation amoureuse stendhalienne dans le récit de « L’éternel printemps »

« Ce que j’appelle cristallisation, c’est l’opération del’esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l’objet aimé a de nouvelles perfections. »”
De L’amour, Stendhal

Et Stendhal de constater de manière ironique :

L’on dirait que par une étrange bizarrerie du coeur, la femme aimée communique plus de charme qu’elle n’en a elle-même

Ainsi dans L’éternel printemps, ce portrait de l’héroïne, (jamais désignée par un prénom, c’est une constance dans les romans de Marc Pautre) alors qu’il rejoint un groupe d’amis dans un café :

Tout d’abord, il ne la trouve pas particulièrement attirante :

« C’est la seule femme présente […], bien plus âgée que nous tous et portant bien plus vive […] Je ne la trouve pas particulièrement attirante, ni l’inverse, tout juste étrange, différente. Ses cheveux courts entièrement gris ne lui vont pas, ils la vieillissent prématurément […] Elle a un visage allongé et très doux, aucune ride, une peu bronzée, une allure espagnole. »

Ce n’est donc pas un coup de foudre, mais il y a du mystère chez cette femme, et le romancier veille à noter déjà quelques détails, promesses d’un potentiel qui se révèlera au fil du développement de sa relation avec le narrateur.

Plus avant, il note :

« Grande, intelligence, stabilité, adaptabilité, efficacité, elle m’intéresse de plus en plus. »

Même ses tics deviennent charmants

« Elle est extrêmement rapide, souple, drôle, et pendant qu’elle parle, elle s’appuie sur quelques tics charmants. »

Marcher à ses côtés

Sollers a justement noté quelque part, que marcher au côté d’une femme, la capacité à s’accorder naturellement à ses pas, est un bon indice de la compatibilité de ces deux là. Et que nous dit, ici le narrateur ?

« Marcher à ses côtés tout en parlant est une des choses les plus délicieuses que j’aie jamais faites. Nous pourrions avancer comme ça pendant des kilomètres, retraverser la Seine, traverser la ville, aller jusqu’au périphérique, nous aurions toujours quelque chose à nous dire, sur n’importe quel sujet, de n’importe quelle façon, avec n’importe quels mots. Et j’aime le timbre de sa voix, cette intonation, cette tessiture, cette chaleur spéciale qu’elle ajoute à tous les mots qui passent par sa gorge. »

« L’ecouter parler est une volupté continue. »

Mais la progression de la cristallisation n’est pas qu’un long fleuve tranquille.

« Lorsque nous parlons ensemble, parfois je la vois inquiète, qui d’un coup perd toute sa frénésie et semble âgée, et j’ai mentalement un mouvement de recul, elle ne m’attire plus, elle me semble d’une autre .génération que moi, trop fatiguée et trop triste, et je me dis qu’elle n’est pas pour moi. »

Plus avant elle est devenue « très belle » :

« Quand j’arrive en bas de chez elle, elle me répond par l’interphone qu’elle descend. […]

Après dix longues minutes, elle sort enfin de l’immeuble, très belle, les cheveux gonflés, argentés, et une grande mèche montante au- : dessus du front, elle est habillée tout en blanc, chemisier léger et pantalon de toile, baskets rose et blanc étincelantes, on dirait une petite mariée, toute timide, toute jeune. Elle lit sans doute dans mes pensées car elle me dit : Je me suis lavé les cheveux, j’étais en retard. »· Tout à l’heure au téléphone, « elle était prête », maintenant elle est « en retard » , je souris, peu importe : tout ce qu’elle dit, tout ce qu’elle fait, me plaît. »

Et là, l’apothéose, …l’extase :

« Je la dévisage pendant qu’elle décrit la disposition de son appartement dont elle désigne du doigt les fenêtres. Les murs clairs diffusent dans la courette une lumière douce et comme tamisée qui assombrît son visage et donne à son teint une couleur de bronze, ses yeux brillent, son front, son nez, son cou sont renversés vers le ciel, ses yeux regardent très haut au-dessus d’elle et je la découvre belle comme jamais. Souriante, passionnée, pleine d’espoir, confiante, heureuse, oui, le regard vers le firmament, elle est une sainte en extase, elle resplendit, elle illumine l’espace. »

« L’éternel printemps » de Rodin

Rodin a aussi célébré l’amour et le printemps avec sa statue « L’éternel printemps », une variante de l’œuvre « Le Baiser » des années 1890. Elle est probablement inspirée de la relation passionnelle qui débute en 1883, et pour une dizaine d’années, entre le sculpteur et son élève Camille Claudel.
(d’après Wikipedia)

Une passion continue et retenue avec le langage au cœur de la relation sentimentale

Marc Pautrel était l’invité de Caractères, l’émission littéraire de Shalom Besançon 99.5FM, pour présenter son nouveau roman, "L’Eternel printemps", publié aux éditions Gallimard, dans la collection L’Infini.

Une occasion pour l’auteur de préciser ses intentions quant à l’écriture de ce roman qui complète bien l’entretien vidéo précédent. Oui il a bien voulu écrire une apologie d’une façon de vivre qui a existé au XVIIIe siècle, très éloignée du chaos qui prévaut aujourd’hui.

Parmi les thèmes abordés :

- La nature de la passion qui aimante la relation entre cet homme et cette femme
- De déjeuners en promenades, une conversation continue. Une passion continue et retenue, une façon de la prolonger pour elle ; ainsi l’apogée est toujours à venir.
- L’écriture (langage écrit) n’est pas le langage de la conversation
- La dimension psychanalytique du roman^dans la différence d’âge des protagonistes : « C’est cela qui la bloque, qu’elle ressemble à une mère, que je ressemble à un fils ».
- Le raffinement dans la contemplation des parcs par l’héroïne, à l’image du style de l’auteur
- L’éloge de la lenteur dans la séduction…

Ne manquez pas la synthèse et résumé final inspiré et poétique de
l’nterviewer Alex Matthieu.

Une femme mystérieuse

« Me racontant sa jeunesse en la résumant, elle explique qu’elle était assez folle » et qu’elle faisait « n’importe quoi », une « grande inconsciente », qu’elle s’est beaucoup assagie. Mais moi je ne la trouve pas si sage, et moins elle l’est, plus je l’aime. »

« Elle s’angoisse sans cesse, et sans cesse je fais en sorte de chasser pour elle ces angoisses, ou plutôt de ne pad les laisser l’approcher. Le voudrais mieux la connaître mais je sais qu’elle a précisément peur de ça. »

Ombre et lumière

« Je lui explique qu’elle est double, une. déesse ianusienne, le visage partagé entre un côté angoissé et un côté insouciant. Je lui dis que je préfère de loin sa face exaltée, mais que, parce que je l’aime tout entière, j’aime aussi sa face angoissée, je préfère l’été mais l’hiver est une partie du tout. »

A rapprocher de l’exergue du livre :

« Toute chose est remplie à la fois de lumière et de nuit obscure,
l’une et l’autre ayant part égale en sa nature. »
Parménide

Un amour courtois platonique. Est-ce aujourd’hui crédible ?

JPEG - 7.8 ko
Marc Pautrel

Autrement dit, l’intérêt du lecteur va-t-il adhérer à cette histoire anachronique qui plus est, sans intrigue ? Et si oui, comment l’auteur y réussit-il ?

C’est là que là que les années de métier et le talent de l’auteur vont s’exprimer. Réussir à maintenir une tension et une attente du lecteur en distillant, au fil des pages des éléments, qui alimentent le mystère autour de cette femme, l’auteur y réussit tout en finesse, en délicatesse, avec raffinement.

Le narrateur multiplie pourtant les initiatives pour dépasser le cadre contraint des déjeuners et promenades dans Paris, même s’il y trouve joie et beaucoup de plaisir. Il souhaiterait néanmoins aller au-delà, mais elle a l’art de l’évitement et s’y refuse.
D’abord elle n’accepte pas les dîners puis, lorsque des dîners seront possibles, le narrateur la reconduit jusque chez elle, au pied de l’escalier, et là, esquive de sa part, elle refuse de le laisser monter : « Allez bonsoir » et plante là le narrateur. La scène se reproduira plusieurs fois alors qu’il sait qu’il lui arrive de recevoir, en tout bien, tout honneur, des hommes dans son appartement. Pourquoi ne lui accord-t-elle pas le même privilège. Il va se révolter une fois, en ne l’appelant plus pendant une semaine, mais l’aimantation qu’elle exerce sur lui est-telle qu’il finira par la rappeler

Mais le narrateur n’est pas de la race des prédateurs dénoncés par les victimes du mouvement #MeToo. Il est amoureux et attendra un signe de consentement.
Elle a été mariée deux fois, a eu des amants, divorcée, pas d’enfant. Lui aussi est libre. Mais quelque chose la bloque. L’écrivain sait bien que le lecteur est aussi déstabilisé et le narrateur le dit à sa façon, à destination du lecteur :

« Dans le monde vrai, le monde parfait, le monde logique du futur, nous aurions eu une aventure. Mais elle ne veut pas, elle ne peut pas, elle n’en a pas envie, n’y pense pas, ne le souhaite pas, ne le conçoit pas, ne l’imagine pas, ne se le permet pas.

Mais cela ne dit pas ce qui la bloque. Nous approchons des dernières pages et nous ne le savons toujours pas, même si le narrateur et elle ont laissé quelques cailloux dans leurs déambulations.

Quelle chute nous ménage l’auteur ? Quelles explications finales pour justifier cet anachronisme dans une époque qui a connu la libération sexuelle déclenchée avec les événements de mai 1968 ? Le mystère sera-t-il levé ?

Lisez-le livre et ses dernières pages pour le savoir..

Liens

Marc Pautrel sur pileface

Le site de Marc Pautrel
Carnets de Marc Pautrel
Marc Pautrel sur le site Gallimard

oOo

Un message, un commentaire ?

Ce forum est modéré. Votre contribution apparaîtra après validation par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • NOM (obligatoire)
  • EMAIL (souhaitable)
Titre
Ajouter un document
  • Lien hypertexte

    LIEN HYPERTEXTE (Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)


1 Messages

  • Annwn | 1er novembre 2021 - 07:36 1

    - On m’a dit que vous aimiez beaucoup cette parole d’Allan Watts :
    « Je ne philosophe pas pour la gloire de la philosophie, mais parce que je suis émerveillé par le monde et que je voudrais faire partager cet émerveillement. »
    - Oui, j’aime cette parole. C’est la parole d’un homme libre.
    - Vous estimez que s’émerveiller du monde est signe de liberté ?
    - Naturellement.
    - Mais le monde est terrible, dévorant, inhumain !
    - Vous voici en prison.
    - Comment cela ? Au contraire ! Je manifeste mon sens critique ! Je témoigne d’un idéal !
    - Vous trouvez le monde haïssable, invivable ? Votre intelligence s’en persuade ? Votre cœur le crie ? Vous y voici donc contre votre gré ? Celui qui est quelque part contre son gré est en prison.
    - Vous ne m’avez pas compris. Le monde m’épouvante, mais je souhaite qu’il change. Je suis peut-être en prison, mais j’ai de l’espérance.
    - Et comment changer le monde, s’il vous plaît ?
    - En changeant les hommes !
    - Comment ? Par quoi ?
    - Par l’Amour, Monsieur ! Uniquement par l’Amour !

    Voir en ligne : L’AMOUR