Nous avions connaissance des lettres manuscrites envoyées par Philippe Sollers à André Breton entre 1960 et 1963, mais elles n’avaient pas été transcrites. Les lettres de Breton à Sollers étaient inédites. Voici, grâce à nos amis d’Ironie, l’ensemble — dix-sept lettres — enfin lisible.


Pour un jeune écrivain du début des années 60 du XXe siècle, lire Breton, rencontrer Breton, entendre parler Breton était une priorité essentielle. Tout semblait plat et perdu, le conformisme était à son comble, le mensonge traînait partout, comme aujourd’hui, la vie humaine semblait promise à l’étroitesse et à la contrainte, et Breton, lui, n’avait pas cédé, il était la poésie dans ce qu’elle a de plus libre et de plus magique. J’avais lu ses livres, Nadja, Les Vases communicants, L’Amour fou. Je connaissais par cœur des passages entiers des Manifestes du surréalisme, celui-ci, par exemple : « Et pourtant je vis, j’ai découvert même que je tenais à la vie. Plus je me suis trouvé parfois des raisons d’en finir avec elle, plus je me suis surpris à admirer cette lame quelconque de parquet : c’était vraiment comme de la soie, de la soie qui eût été belle comme l’eau. » Au 42 rue Fontaine, après quelques échanges de lettres, je voyais donc enfin cet homme droit et courtois, tranquillement compact dans sa forêt de symboles. Des tableaux, des masques, des sculptures ? Non, des équations. Des signaux d’ouvertures multiples. Un alchimiste révolutionnaire, venant de très loin, vivait là, en plein Paris, comme un « rêveur définitif » ayant survécu à toutes les impostures sanglantes de son époque. « Le seul mot de liberté est tout ce qui m’exalte encore. Je le crois propre à entretenir, indéfiniment, le vieux fanatisme humain. » Aujourd’hui encore, je ne peux regarder sans émotion cette dédicace inscrite à la fine encre bleue sur la réédition des Manifestes, en mai 1962 : « À Philippe Sollers, aimé des fées. André Breton. » Je ne me suis pas tué, la lame de parquet est toujours aussi belle, et, comme l’a écrit Breton contre la médiocrité définitive du roman réaliste, « je ne fais pas état des moments nuls de ma vie ». J’hésite, en général, à employer le mot de « morale » : dans le cas de Breton, il s’impose pourtant naturellement.
Philippe Sollers
Extrait de « André Breton », texte paru dans L’Infini, n°84, automne 2003 ;
repris dans Discours parfait (2010).



Philippe Sollers

Correspondance
(1960-1963)


1, villa Niel, 17e
Paris, le 12 mars [1960]
Cher Maître,
Quel geste plus naturel attendre de la part d’un groupe de jeunes gens – réunis par un même amour de la littérature et de la poésie – que celui de vous écrire ? Vous pardonnerez cette indiscrétion, dans un temps où il nous semblerait profondément secondaire de nous adresser à tout autre qu’à vous. L’admiration même que nous vous portons et qui, pour certains, a changé un jour la signification d’une vie isolée et souvent contrainte, pourrait nous le faire espérer. Fonder aujourd’hui une revue littéraire suppose sans doute beaucoup d’inconscience, mais une volonté que nous voulons affirmer. Et sur qui, malgré tout, nous mettre d’accord ? Et comment ne pas vous faire préjuger de nous ? Voici donc cette lettre, qui exprime le désir de vous rencontrer et, dût-il paraître incongru, celui, plus profond, de continuer à aimer vos livres : nous n’aurons pas résisté à vous le dire.
Croyez, cher Maître, à nos sentiments respectueux.
Ph. Sollers



[Lettre écrite au dos d’un papier à en-tête « EXPOSITION INTERNATIONALE DU SURREALISME »]
Paris, le 16 mars 1960
Cher Philippe Sollers,
Ce que vous voulez bien me dire m’est du plus grand prix (faites-moi la grâce, toutefois, de ne pas me voir en maître, je ne sais trop ce qui l’emporte aussitôt du blanquisme ou des idées d’indignité…).
Il fallut qu’Une curieuse solitude disposât d’un grand charme pour ne pâtir en rien auprès de moi du redoutable parrainage de Mauriac et d’Aragon mais non, puisque je l’avais prêté à Péret, alors à l’hôpital, et fait lire aussi à d’autres amis, avec qui nous en reparlions hier. Votre voix me parvient donc avec un son privilégié.
J’aimerai que vous m’entreteniez de cette revue que vous vous apprêtez à faire paraître et dont je suis sûr qu’elle promulguera de nouvelles valeurs.
À bientôt, j’espère.
Croyez-moi, cher Philippe Sollers, très amicalement à vous,
André Breton
42 rue Fontaine IXe
Trinité 28-33



Paris, jeudi soir [17 mars 1960]
Votre lettre, cher André Breton, je l’attendais et n’osais l’attendre si prompte et si généreuse. Merci. Je pars quelques jours à la campagne et tâcherai de vous joindre au téléphone, la semaine prochaine. Impatient déjà de cette rencontre, je suis, avec respect, votre,
Ph. Sollers
1, villa Niel, 17e



Paris, samedi [26 mars 1960]
Cher Monsieur,
Je vous ai téléphoné plusieurs fois sans succès… Mais il vaut mieux, m’a-t-on répondu, vous écrire pour vous demander rendez-vous. Ce que je fais, en regrettant de vous déranger davantage…
Avec mes sentiments respectueux,
Ph. Sollers
1, villa Niel, 17e



[Lettre écrite au dos d’un papier à en-tête « EXPOSITION INTERNATIONALE DU SURREALISME »]
Paris, le 7 avril 1960
Cher Monsieur,
Je m’attriste à l’idée que vous vous êtes heurté à mon « barrage » téléphonique. Il y a eu, évidemment, méprise de la part de ma femme et je vous prie de m’excuser.
Puisque je ne sais toujours pas quelles sont vos heures de liberté, je vous propose de vous attendre mardi prochain (12 avril) à partir de deux heures après-midi. Vous ne me répondez qu’en cas d’impossibilité. Croyez, cher Monsieur, à mes meilleurs sentiments.
André Breton



Le Martray, mardi [12 ou 19 avril 1960]
Cher Monsieur,
C’est donc bien le mardi 26 à 14 h 15 que j’aurai le plaisir de vous voir, et merci de vous en souvenir encore après ces petits contretemps.
Bien respectueusement à vous,
Ph. Sollers



[Lettre à en-tête de la revue Tel Quel]
Paris, vendredi [29 avril 1960]
Cher André Breton,
Votre accueil, l’autre jour, ce long moment où vous avez bien voulu m’accorder (étais-je assez inquiet de moi-même !), voilà ce que je ne pourrai oublier, me demandant toujours si j’aurais dû, ou non, dire ou ne pas dire ceci ou cela, un peu à côté de ce que j’avais à vous dire et que je ne pourrai vous dire que peu à peu si l’occasion m’en est encore donnée…
Mais Tel Quel voudrait annoncer cet Entretien, dès le prochain numéro. Est-ce possible ? Et sous quel titre (autre, si vous le désirez) ?
Je vous serre respectueusement la main,
Ph. Sollers



Paris, vendredi [mai-juin 1960]
Cher André Breton,
Puis-je bientôt vous porter ce questionnaire auquel nous serions très heureux que vous répondiez ?
Bien respectueusement à vous,
Ph. Sollers
1, villa Niel, 17e



[Lettre à en-tête « D’ARCY GALLERIES/INTERNATIONAL SURREALIST EXHIBITION »]
Adressée à Monsieur Philippe Sollers
Le Martray – Ars en Ré – Ile de Ré
Charente Maritime
St Cirq la Popie, le 20 juillet 1960
Cher Philippe Sollers,
Bien à regret me voici en faute avec vous. Le questionnaire m’est parvenu quand je m’apprêtais à quitter Paris, peu enclin à un retour sur moi-même.
J’ai su pourtant, par notre ami Francis Ponge, que vous vous étonniez de mon silence et j’aurais dû le rompre aussitôt.
Comme je viens de recevoir le second numéro de Tel Quel, je me flatte encore de l’espoir que nous n’aviez pas compté sur ma réponse immédiate. Je projette toujours de vous la faire tenir, pourvu qu’il en soit encore temps.
Croyez, je vous en prie, à ma plus amicale attention.
André Breton



Barcelone, 8 août [1960]
Cher André Breton,
C’est dans les tous premiers jours de septembre que nous aimerions recevoir votre réponse – afin qu’elle paraisse dans notre numéro de rentrée. La certitude que nous avons de la lire bientôt double évidemment notre impatience et la gratitude que nous vous devons. Oui, j’avais craint, je l’avoue, quelque malentendu par maladresse dont j’eusse été responsable. S’il n’en a rien été – ou s’il n’en est plus rien –, je suis heureux. Bien respectueusement à vous,
Ph. Sollers



[Lettre à en-tête de la revue Tel Quel]
42, bd Montparnasse 14e
Paris, 25 novembre [1960]
Cher André Breton,
_ Bien qu’il me soit difficile de vous écrire – ne sachant plus, après deux lettres restées sans réponse, si j’en ai mathématiquement le droit – je le fais cependant, au risque de vous déranger ou de vous déplaire. L’incertitude où nous sommes vis-à-vis de cet Entretien ; l’hésitation que provoque en nous votre silence (hésitation matérielle, intellectuelle) ; le désir toujours impatient de vous lire et la nécessité de poursuivre dans notre revue un effort que votre absence, à nos yeux, met gravement en cause ; voilà ce qui me pousse, voilà ce que je voudrais que vous compreniez. Je ne puis me faire à l’idée qu’un dialogue à peine commencé (celui par nous le plus vivement souhaité) se trouve compromis ; que la porte se referme ; que le silence à nouveau s’installe (ce terrible silence qui absorbe, dans le monde des lettres, toute conscience un peu pure et assure le triomphe de la fausseté). Je ne puis croire qu’André Breton, dont nous attendons une mise au point une fois de plus grande et libre, ne nous juge plus dignes (mais pourquoi ?) de la publier.
Respectueusement à vous,
Ph. Sollers



Adressée à Monsieur Philippe Sollers
42 bd Montparnasse
Paris XIVe
Paris, le 15 décembre 1960
Cher Philippe Sollers
Il y a longtemps que même à mes propres yeux je ne m’étais mis dans un si détestable cas. Voici plus de quinze jours qu’à tout le moins je devais répondre à votre lettre, ne fût-ce que pour vous dissuader d’interpréter mon silence comme vous faisiez, avec tous les semblants de raison. Pourtant ce que vous disiez du silence pris en bloc (qui absorbe, dans le monde des lettres, toute conscience un peu pure et assure le triomphe de la fausseté) était on ne peut mieux fait pour m’émouvoir. J’ai connu dans la jeunesse de ces élans d’impatience qui disposent à tenir rigueur de ce qui paraît de propos délibéré et ne l’est pas. Comment pouvez-vous supposer, cher Philippe Sollers, que je ne vous juge plus « dignes », vous et vos amis, de m’entendre alors que vous m’interrogez ! Si les idées d’indignité entrent en jeu, je vous jure que c’est à moi de les mettre en avant. Qu’un analyste de votre finesse puisse s’y tromper me surprend au possible et aussi me touche en raison de ce qu’il faut bien tenir pour la cause affective de cette erreur.
La vérité (dont doit seul m’affliger le prosaïsme) est que j’ai mal supporté ce début d’hiver et ne me suis pas trouvé dans les conditions requises pour vous répondre comme j’aurais voulu. C’est très précisément dans la mesure où je vous reconnaissais le droit d’être difficiles, à Tel Quel, que je me suis obscurément recommandé de surseoir, les jours qui passaient contribuant, dès que je pensais à vous, à m’ensabler davantage. Je vous demande en grâce de me croire aussi simplement que je vous le dis.
Veuillez, cher Philippe Sollers, assurer vos amis de ma vive sympathie et me croire toujours très amicalement vôtre.
André Breton



Paris, vendredi [printemps 1961 ?]
Cher Monsieur,
Gravement malade, depuis le début de l’année jusqu’au mois dernier, je n’ai pu, comme je l’aurais désiré, vous écrire. Pourtant, il me semble que cette porte entr’ouverte (que vous aviez bien voulu entr’ouvrir) entre nous, ne devrait pas, le temps aidant, se refermer sur moi. Je vous le dis très simplement : j’aimerais vous voir un de ces prochains jours et vous parler mieux, peut-être, que je n’ai su le faire.
Croyez, cher Monsieur, à mes sentiments respectueux,
Ph. Sollers
42, bd Montparnasse, 15e.



Paris, lundi [31 juillet 1961]
Une fois de plus, cher Monsieur, – et sans grand espoir de réponse ! –, je m’enquerrai auprès de vous du questionnaire que notre petite revue s’était autorisée à vous adresser. Est-il totalement impossible d’en espérer le retour et l’écho ? C’est bien désolant.
Croyez-moi – en toute incertitude – respectueusement votre,
Ph. Sollers



Adressée à Monsieur Philippe Sollers / Prière de faire suivre
Tel Quel
27 rue Jacob Paris (VIe)
St Cirq, le 8 août 1961
Cher Monsieur,
Je me suis attiré de vous ce mot sévère et sombre et me voici en effet, devant vous, convaincu d’avoir manqué à la courtoisie élémentaire. Cela m’afflige d’autant plus que vous me disiez relever d’une longue maladie et que le simple mouvement du cœur eût dû porter la plume. Il n’y va pourtant que de ces défaillances de la volonté que m’attribue si justement le petit ouvrage du Seuil sur le Verseau, en fonction de mon ascendant dans la Balance. Les quelques lignes me concernant m’ont, hélas, mis à l’abri de mes propres reproches et remords mais j’ai besoin qu’on me porte grande sympathie pour passer outre. Je fais appel à votre générosité.
Moindre, elle vous eût dissuadé depuis longtemps d’attendre le retour de ce petit questionnaire. S’il avait été dans mes intentions de m’y soustraire, vous pensez bien que je me serais comporté autrement et que je n’aurais pas eu la lâcheté de répondre comme j’ai fait à notre ami Francis Ponge qui voulait bien s’entremettre. La preuve en est que j’ai pris soin d’emporter ici ces deux feuilles dactylographiées, comptant sur le premier instant de liberté pour ne pas y répondre trop superficiellement. Cet instant, je n’ai pas encore désespéré de le trouver, quoique jusqu’ici les séjours de nombreux amis dans ce village ne lui aient pas encore été propices.
Je vous prie encore, cher Philippe Sollers, de m’excuser. Je compte bien ne pas rentrer à Paris sans m’être acquitté envers vous et vos amis, dont l’attention m’est très précieuse.
Croyez à mes sentiments les plus amicalement dévoués.
André Breton



[Lettre à en-tête de la revue Tel Quel]
88, bd de Port-Royal, 5e
Paris, jeudi [14 septembre 1961]
Cher André Breton,
Certes, il ne s’agit pas de ma générosité, mais de la vôtre ! Représentez-vous quelques jeunes gens très incertains – et pourtant certains –, d’une bonne volonté à tout épreuve (et peut-être mieux que cela). Ils trouvent que la littérature est en train de devenir – est devenue, hélas ! – un vaste champ mort – et qui pue. Ils se heurtent généralement à un très curieux sommeil qu’ils ne se résignent pas à partager. La poésie n’a jamais été si absente (je ne parle même pas de celle des « poëmes »). Et la pensée, il faut bien le dire, bat tous les records de confort, de réaction et de timidité… On se frotte les yeux. On implore de la rigueur. Faut-il l’exiger ? (mais personne n’écoute).
Il y aurait de quoi rire, si le pressentiment très net de quelque catastrophe et la notion, malgré tout, peu importe le niveau, d’un devoir…
Ou alors, tant pis.
Mais non. N’est-ce pas ?
Garder la parole est déjà d’une difficulté extrême (or, cette revue continue et il nous faut en faire davantage, bien sûr. Le tout était de commencer, de tenir librement).
Nous vous attendrons (je peux à Paris, quand vous voudrez, venir chercher ce texte, pour nous si important).
Avec confiance,
Ph. Sollers
P. S. Impossible de me procurer l’art magique (l’exposition Moreau m’ayant fasciné).



[Lettre à en-tête de la revue Tel Quel]
Paris, jeudi [9 mai 1963]
Cher André Breton,
Je vous écris afin de dissiper un possible malentendu – dont la possibilité même ne laisse pas de m’être pénible. Peut-être la nrf du mois de mai viendra-t-elle sous votre regard. Peut-être ma chronique sur le film de Robbe-Grillet attirera-t-elle votre attention. Si tel est le cas, vous verrez comment une citation de vous, mal placée entre guillemets, se trouve tronquée et, pour une part non négligeable (trois lignes), trop généreusement attribuée à l’auteur de ladite chronique. L’explication de ce cafouillage est simple (ce n’est d’ailleurs pas la seule faute d’impression) : pour une raison qui m’échappe (à moitié, d’ailleurs), la nrf ne m’a pas envoyé d’épreuves de ce texte et l’a imprimé sans corrections. Curieuses manières, mais fréquentes à ce qu’il paraît. Comme je suis assez sceptique sur les vertus d’un Erratum, je préfère vous écrire et vous exposer cette minuscule affaire (minuscule dans la mesure où je n’en prendrais pas à vos yeux la responsabilité).
J’avais été très frappé en relisant le volume de Pauvert (que vous avez été trop aimable de m’envoyer) par le texte Situation surréaliste de l’objet, que je ne connaissais pas jusqu’alors – et dont l’actualité m’a paru totale, la formulation éclairante au plus haut point. Le volume tout entier, d’ailleurs, ne quitte guère ma table de travail.
Avez-vous reçu (et lu) les Récits complets de Denis Roche ? Il y a dans ce livre un phénomène dont j’attendais beaucoup, secrètement, qu’il vous intéressât. L’auteur est encore très jeune, bien sûr, mais d’une liberté d’esprit qui, avec celle de Pleynet (un autre jeune poëte), est venue bousculer et renouveler un peu notre petite revue. Laquelle attend toujours, ou plutôt ne veut pas se résigner à ne pas attendre, une réponse de vous…
Je viens de voir de quelle ignoble façon les sombres farceurs de Planète se permettaient de parler de vous… Ne voilà-t-il pas que, malgré nos injures préalables – et faisant semblant de n’avoir rien entendu –, ils se permettent de tenter de notre côté leur racolage ? La manière, notamment, dont ils s’y sont pris pour approcher un de mes amis, Stephen Jourdain, est très caractéristique à cet égard. Inutile de vous dire que, malgré le mépris général dont ils font l’objet, nous n’hésiterons pas, le moment venu, à répéter nos accusations contre ces escrocs de petite espèce : la vogue qui est la leur est un des signes déprimants de l’époque, en même temps que l’absence quasi-totale d’honnêteté intellectuelle.
Cette honnêteté, vous savez que vous en êtes à nos yeux un des plus sûrs garants. Je suis simplement heureux – quelles que soient vos préventions à notre égard – de vous le redire.
Croyez, cher André Breton, à mes sentiments de respect et d’admiration,
Ph. Sollers

Lettre 16 Philippe Sollers à André Breton.
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Les lettres de Sollers sont reproduites dans l’article de Victor Kirtov, « Les lettres de Philippe Sollers à André Breton », 4 septembre 2007, Pileface (www.pileface.com/sollers/spip.php?article515).
Transcription : Lionel Dax et Augustin de Butler.
Merci à Albert Gauvin et à Samuel Rodary.

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1 Messages
Remarquable habileté tactique de Philippe Sollers ! Franchir l’obstacle Mauriac + Aragon, introduire le TEL QUEL dans l’espace du SURréalisme. Aucune réserve ne serait pertinente, cette habileté allait permettre la création d’une revue dont beaucoup de jeunes écrivains bénéficieront.