4 5

  Sur et autour de Sollers
vous etes ici : Accueil » SUR DES OEUVRES DE TIERS » Claude Minière, Psaumes nouveaux
  • > SUR DES OEUVRES DE TIERS
Claude Minière, Psaumes nouveaux

D 3 janvier 2026     A par Albert Gauvin - C 0 messages Version imprimable de cet article * Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Reçu le 27 décembre à 8h49 sous le titre La véhémence d’Isidore Ducasse

Cher Albert Gauvin,

voici, ci-joint, pour votre (gratuite) lecture.
C’est la sortie de Sollers, "le vrai est un moment du faux", qui m’a invité à vous l’adresser.

Bonne année !
Claude Minière

.
PSAUMES NOUVEAUX
I
(tête)

En quelque sorte je Lui tiens tête,
je tiens sa tête sur mes épaules, sur mes genoux.
Et cette lutte des peuples, est-elle de sa tête une thèse ?
Il la porte depuis toujours dans sa hotte,
certains prétendent y avoir lu qu’ils sont élus.
Mais les enfants de Gaza ont-ils encore une botte
pour recevoir des présents, et, membres arrachés, des prothèses ?

II
(No)

Déjà noël : No—El serait-ce
la négation de dieu ? Et tous ces joujoux,
iras-Tu, majuscule tumultueuse,
les porter aux enfants de Cis-Jordanie ?

25 décembre 2025
III
(fronde)

Si je suis frondeur ce n’est pas de naissance
mais j’étais joueur, selon les circonstances.
Aujourd’hui le scandale a délié mon épaule gauche,
Écoute, écoute, le vent de sable tourne
dans la nuit la pierre vole et siffle,
une pierre perdue dans ton jardin, une ébauche

IV
(Le rire)

Celui qui siège dans les cieux rit,
on le comprend, c’est plus rigolo là-haut !
Il a publié le décret des rigoles de pluie,
les poches de la pierre qui sur le lac ricoche

V
(Absalon)

Lisez l’Absalon de Faulkner, vous
vous y reprendrez à deux fois pour voir
combien les ennemis sont nombreux
dans l’ombre qui nous suit. Avons-nous
un bouclier ? Un fils quitté ?
Cette histoire de bouclier mon dieu comme elle revient
depuis l’antiquité

VI
(feu)

J’ai des psaumes sur le feu, je dois les surveiller.
Ce sont des psaumes qui parlent
— oui, les psaumes parlent et crient, ils psalmodient —
du feu qui détruit les maisons et blesse les enfants,
de la folie et le froid qui s’en suit.
Je voudrais qu’ils chantent l’amour, l’amitié —
je dois les surveiller, ils sont imprévisibles

VII
(l’obstination)

Celui qui viendra qui s’appellera Jésus, il nous en dira long
sur la cruauté et l’imagination de l’humanité et son obstination.
Ou vous vous enfoncez dans l’obstination d’être pardonné
ou vous vous enfoncez dans l’affirmation d’être persécuté.

Est-ce Toi qui nous as emballés dans l’absurde et la surdité ?

VIII
(Création)

Tu te vantes toujours,
faire tout ça, le monde, en six jours !
Une petite semaine qui laisse un goût de marjolaine,
et Tu as dit que c’était bien.
Moi, j’aime l’inachevé,
et à me reposer ne reste pas dimanche dans la laine.

IX
(toi & moi)

Tu es placé dans le Ciel du ciel,
je laisse derrière moi une constellation
et garde le parfum d’origanum

X

Il est entendu que mes notes portent le souvenir des flûtes et des cordes.
En tout cas je l’entends et le commandement,
et ainsi flûtes et cordes sont le souvenir de mes notes où passe la colère.

XI

Le sujet de la musique est toujours les mensonges,
pas seulement les songes. Cette proposition est inouïe.

XII

Ne me pousse pas dans les cordes.
La harpe en compte huit mais j’ai bien d’autres combats.
Tu peux, Éternel, montrer ta fureur, elle conduit les peuples !

XIII

La véhémence d’Isidore Ducasse reposait sur les Psaumes.
Je signe. Nous en sommes les héritiers.

JPEG - 100 ko
Origanum vulgare