
Cet article a été initialement publié le 7 août 2025. C’était le 80ème anniversaire de ces événements historiques et tragiques. Nous le republions aujourd’hui, pour ne pas oublier, en complément du dossier rassemblé par AG et aussi republié à dessein.
A notre publication initiale, nous avons ajouté une section sur le film événement « Oppenheimer » (2023) du réalisateur Christopher Nolan, un film saisissant que nous avions pu découvrir à sa sortie. Un réalisateur, à nouveau dans l’actualité de 2026, avec un autre film événement « L’Odyssée » que nous avons évoqué récemment.

Les 6 et 9 août 1945, Hiroshima et Nagasaki, deux villes du sud-ouest du Japon, étaient touchées par deux bombes atomiques envoyées par les États-Unis. L’archipel organise cette semaine une commémoration avec plus de 120 pays rassemblés dont la Russie, Taïwan et la Palestine, que le Japon ne reconnaît pas officiellement en tant que pays.

Vue de la ville d’Hiroshima après les ravages causées par la bombe atomique, en 1948, trois ans après le jet de la première bombe sur la population nippone.
Crédit : AFP
VU D’AUJOURD’HUI
Sur RTL
publié le 06/08/2025
Le 6 août 1945, sous les coups de 8h15, "Little boy" (petit garçon) est largué par un Boeing B-29, l’Enola Gay, sur Hiroshima (350.000 habitants). La commune située au sud-ouest du Japon, dans la région de Chugoku est anéantie en son sein par cet objet lourd de 4.4 tonnes et qui aura laissé trois années de recherches intensives pour une mise au point effective de la part des ingénieurs. Son explosion équivaut au largage de 15.000 tonnes de TNT.
Dans un rayon de 12 km, la bombe fait plus de 75.000 victimes, le nombre total de morts est porté à 125.000 personnes en l’espace de trois mois à Hiroshima. Certaines victimes le deviennent à la suite de l’exposition aux radiations, entre le moment du largage de la bombe et le mois de décembre 1945. Deux tiers des bâtiments de la ville sont également détruits.
Quelques jours après les faits, le 9 août 1945, une autre ville devient le théâtre d’une spectaculaire explosion : Nagasaki (sud-ouest, 195.000 habitants). Aux alentours de 11 heures du matin, le bombardier américain B-29 largue la bombe Fat-Man de 4.5 tonnes. Au total, 74.000 victimes nagasakiennes sont à déplorer, portant le bilan humain à environ 210.000 lors de ces deux bombardements atomiques.
Pourquoi les bombes ont touché les deux villes ?
Trois mois plus tôt, l’armistice avait été signé après six années de guerre, le 8 mai 1945. L’Allemagne nazie défaite, le Japon refuse de se rendre malgré une situation en danger. Les États-Unis décident, dès lors, d’utiliser leur arme atomique, trois semaines après le premier essai nucléaire, le 16 juillet 1945, dans le désert du Nouveau-Mexique (Ouest). Pourquoi les bombes sont-elles précisément tombées sur Hiroshima puis Nagasaki ?
Aujourd’hui, aucune raison particulière ne permet de répondre à cette question. Les victimes de la bombe ont désormais un nom : les "hibakusha". Plus de 70 scientifiques du projet de Manhattan avait adressé une pétition au président américain Harry Truman pour demander que l’arme atomique ne soit pas larguée sur une cible au Japon, et ne serve que d’avertissement. Sans succès.
Lors d’une interview accordée à la BBC aux milieux des années 1960, Robert Oppenheimer confie : "Hiroshima a été bien plus coûteux en vies et en souffrance inhumaine que ce que nous voulions pour arrêter la guerre. Mais c’est plus facile à dire, après coup"
Hiroshima : comment s’est déroulé le bombardement atomique le plus dévastateur de l’histoire
VIDEO. Le 6 août 1945, à 8h15, Hiroshima bascule dans l’horreur : pour la première fois dans l’histoire, une bombe atomique s’abat sur une ville. « Le Monde » a reconstitué en 3D le déroulement de ce tournant historique.
Par Karim El Hadj et Adrien Vande Casteele
Le Monde, le 02 août 2025

Le 6 août 1945, à 8h15, l’équipage américain du bombardier lourd Enola-Gay largue la première bombe atomique utilisée en temps de guerre, sur Hiroshima. Les Etats-Unis ont choisi cette ville japonaise pour son importance stratégique, son état intact et sa configuration géographique, idéaux pour en observer les effets. La bombe, nom de code « Little Boy », d’une puissance équivalente à 15000 tonnes de TNT, inaugure l’ère nucléaire.
L’explosion pulvérise tout sur douze kilomètres carrés : la boule de feu rase la ville, des incendies se propagent, et des vents violents projettent les corps et les débris. Près de 80000 personnes périssent sur le coup.
Le lendemain, 7 août, la Russie déclare la guerre au Japon, puis les Etats-Unis frappent Nagasaki, le 9 août. Acculé, l’empereur Hirohito annonce la capitulation. Le Japon la signe le 2 septembre 1945. C’est la fin de la seconde guerre mondiale.
Pourtant, les bombes qui ont dévasté Hiroshima et Nagasaki continuent de tuer. Des dizaines de milliers de Japonais succombent aux brûlures, aux radiations et aux maladies. Les survivants, les hibakusha, souffrent de lourdes séquelles physiques et sont stigmatisés par la société japonaise.
Karim El Hadj et Adrien Vande Casteele
6 août 1945 : pourquoi les Américains ont choisi Hiroshima pour larguer la première bombe atomique ?
RECIT. Dès 1943, différentes cibles avaient été envisagées. Les îles Truk pour leur concentration navale, Tokyo, Kyoto. C’est finalement une plus petite ville du Japon qui sera ciblée, notamment par peur que « la réputation des Etats-Unis ne surpasse celle de Hitler en matière d’atrocités ». La première bombe atomique a fait plusieurs centaines de milliers de victimes.
Par Vincent Jauvert
Nouvel Obs, Publié le 5 août 2025
Dossier « America First », la folle histoire de l’empire américain
Destinée au président des Etats-Unis, la dépêche « top secret » est datée du 6août 1945, il y a exactement quatre-vingts ans. Le général Leslie Groves y décrit le premier bombardement atomique de l’histoire, qu’il vient de superviser le matin même : « D’abord, il y eut une boule de feu, qui, en quelques secondes, s’est transformée en des nuages violets et des flammes tourbillonnant vers le ciel. Puis, toute la ville a été recouverte par une couche de poussière gris foncé. » L’opération – qui a rasé Hiroshima, au Japon – est un « succès total », fanfaronne-t-il dans ce message aujourd’hui déclassifié.
Toujours ce 6 août 1945, l’officier japonais chargé d’évaluer sur place les dégâts causés par « Little Boy » (le surnom de l’engin à l’uranium enrichi) rédige, lui aussi, un rapport à ses supérieurs. La tonalité de la missive, également rendue publique il y a peu, est évidemment toute différente : « Une bombe de type spécial a été larguée, ce matin, au-dessus du centre de la ville de Hiroshima par une formation de trois ou quatre avions (certains affirment que la bombe était attachée à un parachute). Le flash a été instantané, brûlant les parties exposées du corps des personnes situées jusqu’à 3kilomètres. Le choc a dépassé l’imagination, détruisant pratiquement toutes les maisons de la ville. On estime qu’il y a eu 100.000 victimes. »
Pourquoi Hiroshima, obscure ville moyenne de l’empire, a-t-elle été choisie pour cible du premier bombardement atomique ? Fallait-il vraiment en passer par la destruction d’une seconde cité, Nagasaki, le 9 août 1945, pour que le Japon accepte de capituler ? Le président américain, Harry Truman, voulait-il avant tout impressionner le leader soviétique, Joseph Staline ? Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les mêmes questions taraudent historiens et survivants.

L’arme nucléaire n’a jamais été envisagée contre l’Allemagne
Au fur et à mesure de l’ouverture des archives à Washington puis à Tokyo, les réponses se sont précisées. La publication récente des communications secrètes japonaises – que les services américains ont interceptées durant toute la guerre, grâce à une opération dont le nom de code était « Magic » –, ainsi que la traduction des minutes des réunions autour de l’empereur Hirohito au cours de l’été 1945, permettent enfin de lever le voile sur les derniers secrets de Hiroshima.

Le colonel Paul Tibbets à bord de l’« Enola Gay », qui larguera la bombe sur Hiroshima. SPUTNIK VIA AFP

Même si elle avait été prête à temps, les hauts responsables américains n’ont jamais envisagé d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Allemagne – uniquement contre le Japon. Le 5 mai 1943, alors que leur usine d’enrichissement d’uranium n’est pas opérationnelle et que, de ce fait, les Etats-Unis ne disposent pas encore de la matière fissile nécessaire à la fabrication d’un engin atomique, le général Groves et son équipe réfléchissent déjà à leurs cibles futures. « L’utilisation de la première bombe a été discutée, rapporte le preneur de note dans un document top secret, et le général a estimé que le meilleur endroit était la concentration navale japonaise dans les îles Truk [la plus importante base de l’empire, NDLR] . »
Un autre officier supérieur a suggéré de frapper d’abord Tokyo mais son idée a été repoussée, non pour des motifs moraux ou politiques mais parce que « la bombe devra être utilisée là où la profondeur de l’eau est suffisante pour empêcher sa récupération au cas où elle n’exploserait pas ». D’ailleurs, les Japonais ont été « choisis » pour cibles, précise la note ultra-confidentielle, parce que, justement, s’ils récupéraient l’engin, ils seraient « moins aptes que les Allemands à en tirer des connaissances utiles ».

Kyoto, la première ville visée
Deux ans plus tard, le 10 mai 1945, juste après la capitulation de l’Allemagne et alors que la première bombe est bientôt prête, un comité officiel dit de « ciblage » se réunit dans le bureau du physicien Robert Oppenheimer, le « père » de la force de frappe américaine. Il dresse une liste de cinq villes, classées par ordre d’intérêt décroissant : d’abord, Kyoto, « l’ancienne capitale », « le centre intellectuel du Japon », « que de plus en plus de personnes fuyant les villes détruites rejoignent ». Sa destruction aurait « l’effet psychologique le plus fort ».
Puis vient Hiroshima, « un important dépôt militaire »et « un port industriel » : « Sa superficie est telle qu’une grande partie de la cité pourrait être détruite. » D’autant plus que « les collines adjacentes produiraient probablement un effet de concentration qui accroîtrait considérablement les dommages causés par l’explosion ». Yokohama est classée seulement troisième, parce qu’elle bénéficie de la « meilleure protection antiaérienne » ; enfin, les deux dernières : l’arsenal de Kokura et le port de Niigata. Le palais de l’empereur à Tokyo a aussi été envisagé à cause de sa « forte valeur symbolique », mais il a été repoussé du fait de « son faible intérêt stratégique ».
La date du largage de la première bombe atomique approchant, les dirigeants américains semblent à la fois éberlués et terrorisés par la puissance potentielle de cette arme révolutionnaire qui, ils le perçoivent vite, va changer le monde. Le 31 mai 1945, deux mois avant Hiroshima, l’influent secrétaire à la Guerre, Henry Stimson, confie, en petit comité, sa fascination. « Ce projet ne doit pas être considéré seulement en termes militaires, lance-t-il, mais aussi comme une nouvelle relation de l’homme avec l’univers. » « Cette découverte, ajoute-t-il, peut être comparée aux découvertes de la théorie copernicienne et des lois de la gravité. »

« Un impact psychologique profond »
Cependant, au cours de la même réunion, Henry Stimson n’oublie pas la valeur opérationnelle de la bombe géante dont l’explosion devra avoir, dit-il, « un impact psychologique profond sur le plus d’habitants possible ». Si bien que « la cible la plus souhaitable, juge-t-il froidement, est une usine d’armement vitale pour le Japon, qui emploie un grand nombre d’ouvriers et qui est entourée de façon très proche par les maisons de ces travailleurs ».
Mais, une semaine plus tard, le même secrétaire à la Guerre avoue au président Truman sa crainte qu’à cause de l’arme atomique « la réputation des Etats-Unis ne surpasse celle de Hitler en matière d’atrocités ». Le patron de l’armée de terre, le général Marshall – celui-là même qui, en1947, sera à l’origine du célèbre plan de sauvetage économique de l’Europe – fait d’identiques cauchemars. Il dit redouter « l’opprobre qui serait provoquée par une utilisation inconsidérée d’une telle force ». Ils obtiennent que Kyoto, joyau parmi les joyaux du Japon, soit supprimé de la liste. Hiroshima devient donc la cible numéro un.

Le champignon atomique au-dessus d’Hiroshima, le 6 août 1944.
HIROSHIMA PEACE MEMORIAL MUSEUM / AFP

Et si on ne l’utilisait pas du tout ? Pour éviter la honte universelle, un groupe de scientifiques travaillant depuis le début sur l’arme nucléaire demande, dans le plus grand secret, au chef de la Maison-Blanche de renoncer à frapper le Japon. Ils proposent de faire exploser la première bombe « dans le désert ou une île inhabitée », « devant des représentants des Nations unies ». D’autres chercheurs, tel le physicien Robert Oppenheimer lui-même, envisagent une « internationalisation » immédiate de l’arme, un partage du savoir avec les Alliés, y compris la France, tout juste libérée. Le secrétaire adjoint à la Marine, Ralph Bard, propose, lui, de lancer un « avertissement » très clair au Japon afin que l’Amérique préserve son statut de « grande nation humaniste ».
Mais ces idées plus ou moins pacifistes ne séduisent guère la Maison-Blanche, qui a une sale guerre à gagner contre l’empire japonais – et le plus tôt possible. Car, au début de l’été 1945, les perspectives sur le front asiatique sont toujours sombres. Le 18 juin, le président Truman réunit l’état-major des armées pour concevoir un plan d’invasion du Japon dans le but d’en prendre à terme le contrôle. Une date de débarquement est fixée : le 1ernovembre 1945. Ce jour-là, 766000 soldats américains, les GI, doivent déferler sur l’île de Kyushu, au sud de la péninsule. Nombre de morts prévus lors de l’opération : environ 31000 auxquels, si le débarquement a bien lieu, il faudra ajouter les très nombreuses victimes qui risqueraient de périr au cours de la progression de l’US Army vers Tokyo.
Combien au total ? Aucun chiffre n’est mentionné dans les archives. Ce n’est qu’après la guerre qu’ont été établies plusieurs évaluations du nombre de morts qu’aurait engendré, côté américain, un débarquement sur l’archipel. Elles oscillent entre quelques centaines de milliers et plus d’un million. Dans ses Mémoires, Harry Truman parle de 250.000 soldats américains épargnés grâce à l’arme atomique puisque le Japon a capitulé dès le 15 août. Vrai ou faux, ce chiffre de 250.000 justifiait-il la destruction presque totale de deux villes, faisant des victimes parmi femmes et enfants ? Le Japon n’était-il pas sur le point de jeter les armes sans condition ? Le débat a longtemps divisé les historiens.

Winston Churchill, Harry Truman et Joseph Staline à la conférence de Potsdam en juillet 1945. LEEMAGE VIA AFP

La controverse s’est apaisée depuis les années 2000, après la déclassification des interceptions « Magic » et la traduction des discussions au palais impérial, en août 1945. On y découvre qu’une grande partie de classes dirigeantes japonaises, notamment l’armée, ne voulait capituler sous aucun prétexte – même après Hiroshima. Le 26 juillet 1945, Harry Truman et le Premier ministre, Winston Churchill, réunis à Potsdam, en Allemagne, avec Staline, lancent un ultimatum au Japon qu’ils menacent « de destruction rapide et totale », sans préciser avec quelles armes, s’il refuse de capituler.
Certains hauts responsables nippons comprennent la menace et souhaitent que leur gouvernement accepte immédiatement afin d’obtenir les meilleures conditions. Mais, au palais impérial, les discussions de cabinet traînent. L’ambassadeur nippon à Moscou, Sato, qui voudrait que Moscou serve de médiateur, enrage. Il se plaint à son ministre des Affaires étrangères « des tergiversations du gouvernement et des militaires » à Tokyo. Si elles continuent, professe-t-il, « tout le Japon sera réduit en cendres ».

Le haut commandement refuse toute capitulation
Deux semaines après l’ultimatum, Hiroshima subit le feu nucléaire. Le cabinet de guerre se réunit dans le bunker du palais impérial. Cette fois, les hauts dignitaires acceptent de capituler. Mais ils posent une condition : l’empereur doit rester le « dirigeant souverain » du Japon. Washington, qui entend faire du futur chef des forces d’occupation sur l’archipel, un général américain, le patron du pays, refuse.
Le département d’Etat laisse toutefois la porte des négociations entrouverte sur une définition de « dirigeant souverain » qui pourrait satisfaire le gouvernement américain. Jusqu’à ce qu’une interception « Magic » révèle aux dirigeants des Etats-Unis que le haut commandement japonais refusera toute capitulation et continuera le combat, quel que soit le résultat de ces pourparlers.


Le général Yoshijiro Umezu et le ministre des Affaires étrangères Mamoru Shigemitsu, lors de la signature de la capitulation du Japon, le 2 septembre 1945, à Tokyo. TEMIN / SPUTNIK VIA AFP
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De fait, dans une note ultrasecrète du 12 août 1945, l’état-major à Tokyo s’adresse ainsi à tous ses postes à l’étranger :
« L’armée et la marine impériales sont résolues à poursuivre leurs efforts afin de préserver la structure nationale [concernant l’empereur, NDLR] même si cela signifie la destruction de l’armée et de la marine. »
Le lendemain, Harry Truman ordonne le largage d’une seconde bombe atomique. A cause du mauvais temps, Kokura, première cible envisagée pour « Fat Man » (nom de code de l’engin au plutonium), est épargnée. C’est la cité portuaire de Nagasaki qui sera rasée ce 13 août 1945.
Juste après, l’empereur réunit de nouveau son conseil de guerre. Comme il redoute d’être renversé par une partie de son armée, il décide d’accepter immédiatement toutes les conditions de l’ultimatum américain et de le faire savoir à son peuple par une déclaration à la radio nationale – une première. L’enregistrement est diffusé le 15 août 1945. Juste à temps pour éviter un nouveau cataclysme. La veille, Harry Truman avait décidé que, sauf capitulation totale, il ordonnerait un troisième bombardement atomique et que la cible serait Tokyo.

REPÈRES
9 octobre 1941 Le président Roosevelt lance le programme nucléaire militaire américain.
7 décembre 1941 Attaque japonaise de la principale base américaine dans le Pacifique, à Pearl Harbor.
16 juillet 1945 Premier essai de la bombe A dans le désert du Nouveau-Mexique.
6-9 août 1945 Bombardements atomiques sur Hiroshima puis Nagasaki.
2 septembre 1945 Le Japon signe sa capitulation sans condition.
Article initialement publié le 6 août 2020 sous le titre « Hiroshima, les derniers secrets révélés par les archives américaines et japonaises »
Par Vincent Jauvert
80 ans après la bombe, Hiroshima appelle le monde à abandonner l’arme nucléaire
Alors que de nombreux participants déposaient des couronnes devant le cénotaphe commémoratif, où une vasque est allumée, Hiroshima a exhorté le monde à renoncer aux armes atomiques.
Les États-Unis et la Russie possèdent 90% des ogives nucléaires mondiales
« Les États-Unis et la Russie possèdent 90% des ogives nucléaires mondiales et,dans le contexte de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et des tensions au Moyen-Orient, on observe une tendance accélérée au renforcement militaire », a déploré le maire de la ville, Kazumi Matsui.
« Certains dirigeants acceptent l’idée que ’les armes nucléaires sont essentielles à leur défense nationale’, ignorant de manière flagrante les leçons que la communauté internationale aurait dû tirer des tragédies de l’Histoire. Ils menacent de saper les cadres de consolidation de la paix », a-t-il ajouté.
Kazumi Matsui avait exhorté le mois dernier Donald Trump à se rendre à Hiroshima, alors que le président américain avait comparé les récentes frappes aériennes contre l’Iran aux bombardements atomiques de 1945

RTL]
VU D’AUTREFOIS


Hiroshima, août 1945 : “Toute la ville n’est plus qu’une mer de flammes”
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Traduit du japonais
Courrier International, Publié le 6 août 2025
Il y a 80 ans jour pour jour, le 6 août 1945, les États-Unis larguaient une bombe nucléaire sur la ville japonaise d’Hiroshima. Le quotidien nippon “Mainichi Shimbun” raconte comment ses journalistes de l’époque ont essayé de rapporter cet événement inédit dans l’histoire de l’humanité.

À Hiroshima, à quoi les journalistes ont-ils fait face il y a quatre-vingts ans ? Comment ont-ils pris leurs photos, qui font, pour ainsi dire, partie du patrimoine de l’humanité ? Nous avons cherché les réponses dans les archives du Mainichi Shimbun et parmi les documents laissés par ces reporters qui ont parcouru les champs de ruines juste après le bombardement atomique.
Au matin du 9 août 1945, trois jours après l’attaque atomique du bombardier américain Enola Gay. “Devant la gare, nous attendait un paysage de désolation qu’on aurait dit d’un autre monde […]. Il n’y avait quasiment pas âme qui vive. Le soleil d’été brillait sur les décombres avec une cruelle intensité.” C’est avec ces mots que Yukio Kunihira, du service Photo de la rédaction d’Osaka, décrit le choc qu’il a éprouvé à cet instant-là dans un texte publié un demi-siècle plus tard dans l’édition du soir du 25 juillet 1995. Il venait d’arriver à Hiroshima, accompagné d’Ayao Nishio, du service Société.
La rédaction d’Osaka a d’abord été informée de la catastrophe survenue à Hiroshima par le bureau de Kure, situé à environ 20 kilomètres au sud de la ville : “Il semble que quelque chose de grave se soit passé à Hiroshima. On voit d’ici une sorte de champignon.”

“Une bombe d’un type nouveau”
Le bureau de Hiroshima était situé à seulement 290 mètres au sud du point d’impact de la bombe atomique. Du bâtiment en bois à un étage, le souffle de l’explosion et le feu ont tout emporté sauf les fondations.
Le journaliste Katsukiyo Yamaguchi, alors âgé de 40 ans, avait passé la nuit sur place ; il est certainement mort sur le coup. Son collègue Yoshie Shigetomi était quant à lui chez lui, dans la ville même. Blessé à la tête, il a fui vers le nord jusqu’à la localité de Kabe, à environ 15kilomètres de là.
Il a emprunté un téléphone au poste de police pour demander l’envoi d’une note à la rédaction d’Osaka, mais, sans doute en raison du chaos qui régnait sur place, il n’existe aucune trace de son arrivée à destination. De retour en ville, il a écrit à la cendre sur une pierre de jardin au milieu des décombres calcinés du bureau : “Pour nous contacter, veuillez vous rendre au bureau préfectoral temporaire.”
Le directeur de la rédaction d’Osaka a envoyé les deux journalistes à Hiroshima le matin du 7 août, après avoir reçu un compte rendu détaillé du bureau de Kure. Ce dernier disait notamment : “Toute la ville n’est plus qu’une mer de flammes.” Le 7 août, à 15h30, le quartier général impérial a annoncé l’explosion d’“une bombe d’un type nouveau” à Hiroshima. Le lendemain matin, le journal titrait en première page :“L’ennemi attaque Hiroshima avec une bombe d’un type nouveau.”

Quatre victimes dans le bureau
En déplacement professionnel, le directeur du bureau de Hiroshima, Katsuro Sakata, est rentré dans la matinée du 8 août. Après avoir vu le message laissé par Yoshie Shigetomi, il a gagné le poste de police de Higashi-Hiroshima [situé à l’est de Hiroshima], transformé en bureau préfectoral temporaire. Il y a retrouvé Yoshie Shigetomi dans un état de profonde détresse. “On n’arrive pas à retrouver Katsukiyo, je suis désolé”, a-t-il dit, les larmes aux yeux.
Le journaliste Kazuo Arisawa, qui avait également quitté Hiroshima avant le bombardement, s’est rendu sur le site dévasté du bureau le 9 août. “J’ai fouillé toute la zone avec acharnement, mais je n’ai pas réussi à retrouver la dépouille de mon collègue”, peut-on lire dans “Regard d’un journaliste vétéran”, un article publié dans l’édition du matin du 25 février 1982.
Yoshie Shigetomi, le seul à avoir vécu le drame du 6 août 1945, est décédé seize ans plus tard, à l’âge de 53 ans, des suites d’une maladie provoquée par l’irradiation. Son nom et ceux des trois autres employés du journal qui ont péri dans l’explosion atomique ou sont morts de ses conséquences – Katsukiyo Yamaguchi, ainsi que Matsu Amura et Yoshie Nakai, qui s’occupaient entre autres des tâches administratives et du ménage au bureau local – sont gravés sur le monument contre la guerre, érigé en leur mémoire.

Le Mémorial de la paix de Hiroshima, en juin 2025 .PHOTO ANTOINE LORGNIER/HANS LUCAS/AFP

Un périple dans les champs de ruines
Arrivés à la gare centrale calcinée vers 10 heures le 9a oût, les deux journalistes envoyés à Hiroshima par la rédaction d’Osaka se sont dirigés vers le centre-ville en franchissant la rivière Enko, qui coule devant la gare, puis la rivière Kyobashi. De l’extrémité ouest du pont qui porte le nom de cette dernière, ils ont pris une série de photos : matériel de secours transporté dans le bâtiment du bureau préfectoral temporaire ; grand magasin Fukuya transformé en poste de secours portant le drapeau de la Croix-Rouge ; poteaux d’acier tordus par le souffle de l’explosion dans la galerie marchande de Hondori…
Ils ont ensuite suivi vers l’ouest l’artère principale, où était abandonnée une rame de tramway calcinée, pour prendre des photos des champs de ruines depuis les décombres du bureau du journal. L’un des clichés, en direction du nord-ouest, montre la carcasse du hall de promotion industrielle de la préfecture de Hiroshima. Celui-ci deviendra le Dôme de Genbaku [qui sera classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 1996].
De là, les deux journalistes sont montés vers le nord en passant par le parc du château de Hiroshima, alors utilisé à des fins militaires, pour regagner la gare par le pont Tokiwa, dont les parapets s’étaient effondrés. Ils sont retournés à Osaka le jour même.

Quarante photos pour témoignage
Le 11 août, deux de leurs photos ont été publiées dans le journal du matin de l’édition régionale. Deux journalistes du bureau de Yamaguchi [à l’ouest de Hiroshima] se sont également rendus à Hiroshima à la même période. Deux photos prises par Kishiro Watanabe, le directeur du bureau, ont été publiées dans l’édition du matin le 12 août.
“J’ai rempli quatre ou cinq rouleaux de pellicule”, s’est rappelé plus tard Yukio Kunihira, mais il ne subsiste aujourd’hui que quarante de ses photos (et douze négatifs) dans les archives du bureau d’Osaka. Avec le concours notamment du musée du Mémorial de la paix, les sites immortalisés par trente-huit d’entre elles ont pu être identifiés. L’estimation de l’heure des prises de vue à partir de la longueur des ombres a aussi permis de retracer l’itinéraire emprunté par les deux journalistes.

La jeune Yukiko Fujii, le 9août 1945. Elle a développé un cancer du sein dans sa trentaine et est décédée d’un cancer de la moelle osseuse en 1977, à l’âge de 42ans. PHOTO YUKIO KUNIHIRA/“MAINICHI SHIMBUN”

Les lieux où ont été prises les deux photos restantes sont toujours inconnus. Sur l’une d’elles, on voit de face une jeune fille blessée au visage et au bras droit, l’air misérable.
Yukio Kunihira en parle dans son texte mentionné plus haut. Elle errait seule parmi les décombres, le regard vide, et ne répondait pas quand on lui adressait la parole. Lorsque le photographe lui a donné un onigiri [boule de riz], elle a esquissé un sourire. Avant de partir, il lui a dit : “Courage !” en lui caressant la tête.
Son nom n’a été découvert qu’à l’automne 2017. En voyant la photo publiée sur le site Internet du Mainichi Shimbun, un homme a cru reconnaître sa mère.

Face à la prolifération nucléaire, les “hibakusha” ne désarment pas
Depuis 1945, les hibakusha, les survivants des bombardements nucléaires à Hiroshima et à Nagasaki, n’ont cessé de lutter pour l’abolition des armes atomiques sous le slogan “No more hibakusha” (“Plus jamais de hibakusha”). Dans l’histoire d’après-guerre du Japon, ils ont toujours été au centre du mouvement antimilitariste, réclamant l’abandon de la guerre pour régler les conflits. L’attribution du prix Nobel de la paix en 2024 à l’organisation Nihon Hidankyo, qui rassemble des survivants de Hiroshima et de Nagasaki militant contre l’arme atomique, est un symbole pour les victimes de 1945. À l’heure où les hibakusha en vie ont en moyenne 86 ans (selon un chiffre arrêté en mars), cette réception du Nobel de la paix a été une occasion exceptionnelle de rappeler les dangers de l’arme nucléaire au monde entier. “[Un des objectifs de notre mouvement], c’est de ne pas permettre à l’arme de massacre inhumaine qu’est la bombe atomique d’exister, et d’obtenir aussitôt que possible son abolition”, a martelé Terumi Tanaka, hibakusha de 92ans, dans un vibrant discours lors de la remise du prix, cité par la chaîne japonaise NHK.
Néanmoins, contrairement à la joie que cette annonce a soulevée à Hiroshima et à Nagasaki, l’actualité internationale ne prête pas à l’optimisme. Quatre-vingts ans après le largage des bombes, les hibakusha assistent à la guerre à la fois en Ukraine et en Palestine. À chaque nouveau conflit, leurs organisations publient des communiqués soulignant l’importance de la paix et la nécessité de ne pas répéter la tragédie de 1945. Mais le chemin qui mène à l’abolition semble semé d’embûches. Désormais, des pays comme la Corée du Nord et Israël détiennent des bombes nucléaires, sans oublier la Corée du Sud, entre autres, qui se dit tentée par l’idée. “C’est horrible de penser que ce que nous avons vécu à Hiroshima et à Nagasaki pourrait se répéter. Cela me déchire le cœur”, confie Masako Wada, la vice-secrétaire générale de l’organisation Nihon Hidankyo, au site de la NHK.
En superposant des images de la femme en question avec la photo de la fillette, un expert a trouvé des correspondances au niveau de la dentition, du tracé des sourcils et de la forme du nez, entre autres. Témoignages et emplacements des blessures, dont les marques de brûlures, sont également venus confirmer qu’il s’agissait bien de la même personne, à savoir Yukiko Fujii. La petite fille alors âgée de 10ans a été exposée aux radiations à 1 ou 2 kilomètres du point d’impact de la bombe atomique.
“C’est un miracle !” s’est exclamé, enthousiaste, son fils, Tetsunobu Fujii, âgé de 64 ans et qui vit à Chofu, dans la métropole de Tokyo. En même temps, il faisait face à la triste réalité. Sa mère a développé un cancer du sein dans sa trentaine et est décédée d’un cancer de la moelle osseuse en 1977, à l’âge de 42 ans. Tetsunobu était alors en deuxième année de lycée.
L’ombre de la bombe atomique plane sur les survivants. Cette photo qui dénonce l’inhumanité des armes nucléaires est exposée à l’entrée du musée du Mémorial de la paix de Hiroshima. Dès leur arrivée, les 2 millions de visiteurs annuels sont confrontés au regard poignant de la jeune fille au milieu de la désolation


Une critique du film « Oppenheimer » (2023), de Christopher Nolan
"Oppenheimer", le biopic réalisé par Christopher Nolan, a fait un triomphe aux Oscars en remportant sept prix, dont celui du meilleur film. Retour en archives sur l’histoire de ce scientifique, père de la bombe atomique.
« Étant le premier à avoir enseigné la physique quantique aux États-Unis, Robert J. Oppenheimer est approché durant la Seconde guerre mondiale par l’armée américaine, qui veut tester (c) Universal Pictures France

Face à l’Histoire, nous ne sommes que peu de choses. Et quand il s’agit de la destruction de l’humanité, les hommes se font minuscules, impuissants face à la magnitude d’inventions qui leur échappent. Tel est le propos d’Oppenheimer.
Dans Oppenheimer, Chistopher Nolan réussit plus que tout à faire ressentir le poids des événements qui ont mené, en août 1945, les États-Unis à lâcher deux bombes atomiques sur le Japon et à changer ainsi à jamais la face du monde.

De Prométhée à Oppenheimer : l’humanité au bord de la destruction

Condamné à jamais pour avoir donné le feu aux Hommes, Prométhée a constitué en même temps le poison et l’antidote d’une humanité qui par-dessus tout vénère la violence. De ce mythe à celui d’Oppenheimer, il n’y a qu’un pas, que Christopher Nolan a franchi en adaptant le livre American Prometheus à l’écran.
Plus qu’une vie, avec ses amours et ses problèmes, l’histoire d’Oppenheimer est surtout celle d’une idée paradoxale. Comment, en effet, l’humanité peut-elle à la fois s’autodétruire et se sauver par le même geste ? De la bombe atomique à la dissuasion nucléaire, Oppenheimer a tout lancé, tout enclenché. Il a contemplé l’éternité comme il a vu l’abysse, et a marché sur ce fil des années durant, se prenant pour Dieu jouant aux dés, au mépris des avertissements d’Albert Einstein.
À lire ces lignes, on se demande comment un tel poids a pu échoir sur les épaules d’un seul homme. C’est là tout le sel du film de Nolan, qui réussit, en enchaînant des visions quantiques, des dialogues au cordeau et en laissant Cillian Murphy toute la latitude de son jeu, à faire ressentir l’énormité d’un tel destin. On ressort du film le cœur lourd et l’esprit torturé, fascinés de voir à quel point les penseurs du Manhattan Project ont effectivement joué le destin de l’humanité à pile ou face. Et plus encore, Oppenheimer donne, à la fin de ses 3 heures follement grandiloquentes, une certitude qui est toute à l’honneur de Nolan : celle que lui seul, dans le paysage des grands réalisateurs anglophones, était capable de faire et de réussir ce film.

La folie des grandeurs…

Penser Christopher Nolan, c’est comprendre que plus que tout, plus même que les distorsions du temps, il est fasciné par la folie des grandeurs que cultive l’être humain, faisant fi de tout le reste. Cette folie des grandeurs est au cœur d’Oppenheimer Pour la condenser en un film de trois heures, le démiurge s’en sort avec brio grâce à une mise en scène au presque parfait.
De deux choses l’une. D’abord, avant d’arriver au moment fatidique de l’explosion, Nolan fait monter la pression en conjuguant des plans très serrés, au plus près des visages et de leurs émotions, avec des mouvements de caméra en ligne de fuite. Cela donne au film un sentiment d’urgence, car la caméra bouge sans arrêt entre les personnages et les idées… Quand elle n’est pas entrecoupée par les visions d’Oppenheimer, qui contemple dans son esprit les infinies possibilités de la physique quantique !

… et la sagesse de l’érudit

Dans ce maelström de plans fous, presque urgents, les acteurs et Cillian Murphy en tête s’en donnent touche ici du doigt son zénith filmique. Tel Icare, il n’a jamais volé aussi près du soleil alors même que ses personnages se condamnent à une vie d’équilibre de la peur, Prométhées tout autant qu’ils sont Sisyphes au bas de la montagne.
(c) Universal Pictures France

La Java des bombes atomiques

Dans sa structure, Christopher Nolan n’a pas pu résister à l’envie de faire d’Oppenheimer un film à deux temporalités, l’une vue des yeux du père de la bombe atomique, l’autre de ceux de Lewis Strauss, l’homme qui voulait le faire tomber. La première temporalité chronique l’invention de la bombe atomique et, plus intéressant encore, la manière dont elle est venue à ronger ses géniteurs de l’intérieur, au point qu’ils n’ont plus réussi à savoir, à la fin, s’ils faisaient le bien ou s’ils condamnaient leurs semblables au déluge. Père de la bombe atomique, Oppenheimer a ainsi et aussi été celui de la non prolifération.
Avec un noir et blanc exquis, la seconde temporalité narre, à travers les yeux de l’aigri Lewis Strauss (que Robert Downey Junior campe magnifiquement, et l’Oscar ne serait pas démérité), l’héritage d’Oppenheimer. Dix ans plus tard, et même aujourd’hui en réalité, personne n’est capable d’apporter une réponse définitive à la question de la poule ou de l’œuf : quel est le meilleur choix, faire la course à l’armement pour dissuader l’autre, ou se désarmer mutuellement pour supprimer la menace ?
Par sa structure, qui embrasse donc une telle magnitude, Christopher Nolan change de braquet et rend pour la première fois un sincère hommage au cinéma classique. C’est celui de l’Hollywood grandiloquent, qui était fasciné par les destins hors normes. C’est Lawrence d’Arabie, par l’immensité de sa vie, mais aussi JFK d’Oliver Stone, où un homme, seul contre tous, croit tenir la vérité avant d’échouer à la toute fin.
Accepter de retomber pour mieux se relever.
(c) Universal Pictures France

Film somme, presque testament, Oppenheimer ne plaira pas à tout le monde. Notamment à cause de sa longueur, et de sa dernière heure didactique. Il clivera, comme son objet d’étude. Mais personne ne pourra nier l’extrême maîtrise et l’immense qualité du cinéma de Christopher Nolan. Et c’est peut-être là, au fond, sa plus grande réussite.
Yacine Ouali
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VU D’AUJOURD’HUI ET VU D’AUTREFOIS / LE FILM "OPPENHEIMER" (2023)
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