
Vladimir Jankélévitch, penser la vie – le documentaire LCP
A l’occasion des 40 ans de la disparition de Vladimir Jankélévitch, ce documentaire inédit retrace la trajectoire d’un philosophe dont la pensée singulière est restée d’une grande modernité : sens de la nuance, refus des idéologies, éloge de la légèreté, de l’ironie, droiture, intellectuelle et morale, vigilance absolue face à l’antisémitisme... Ses intuitions résonnent aujourd’hui plus que jamais...

Ce documentaire met en lumière l’un des plus grands philosophes français du XXème siècle, disciple et ami de Bergson, à l’oeuvre aussi originale qu’unique, à l’intelligence et au charme exceptionnels. Les très riches archives de l’INA nous font revivre ce philosophe, que le grand public a découvert lors d’une émission mythique d’"Apostrophes" en 1980. Un des esprits les plus brillants de sa génération, Jankélévitch détestait toutes les idéologies, tous les systèmes figés qui font passer l’individu après les dogmes. Il faisait l’éloge du mouvement, d’un avenir toujours à inventer. Un homme qui, malgré les blessures de la vie, n’a jamais renoncé.
Ce film s’appuie sur des témoignages de proches et de spécialistes du philosophe : Françoise Schwab, amie de très longue date de la famille Jankélévitch, sa biographe, auteure de "Jankélévitch, le charme irrésistible du je-ne-sais-quoi" (Albin Michel) ; Cynthia Fleury, philosophe, auteure du livre et du podcast "Un été avec Jankélévitch" ; Sophie Nordmann, philosophe, spécialiste de l’éthique et de la pensée juive et allemande ; Pascal Ory, historien spécialiste du XXème siècle, académicien ; Karol Beffa et André Manoukian, pianistes, compositeurs, qui éclairent la dimension musicale de la vie et de l’oeuvre de Jankélévitch. Avec également le témoignage bouleversant de Wiard Raveling, l’Allemand qui lui a écrit et est venu le voir à Paris à la fin de sa vie.
Documentaire réalisé par : Fabrice Gardel et Mathieu Weschler / Assistés par : Adèle Deuez / Musique originale : Karol Beffa / Produit par : Anne Gènevaux, productrice à l’INA / Durée : 52’ / Année : 2025 / Coproduction : LCP-Assemblée nationale / INA / Avec le soutien du CNC et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah / Avec la participation de la Fondation du Judaïsme Français
Le documentaire par Catherine Pacary (Le Monde)
Le Monde, 2 juin 2025
Vladimir Jankélévitch lors de l’émission littéraire « Apostrophe » (janvier 1980)

En 2023, le 120e anniversaire de la naissance de Vladimir Jankélévitch (1903-1985) était l’occasion de plusieurs publications, dont Les Cahiers de L’Herne. Aujourd’hui, ce sont les quarante ans écoulés depuis sa mort qui justifient la diffusion de Vladimir Jankélévitch, penser la vie. Et il serait dommage de s’en priver.
Le documentaire de Fabrice Gardel et Mathieu Weschler (auteurs notamment de René Maran, le premier Goncourt noir, en 2021) s’ouvre sur des archives de l’émission littéraire « Apostrophe », de janvier 1980. Bernard Pivot reçoit alors « un jeune philosophe de 77 ans », dit-il afin de souligner qu’en dépit de son âge, l’homme est peu connu du grand public. Ce ne sera plus le cas à la fin du programme. Les téléspectateurs s’enthousiasment pour cet auteur drôle, qui parle d’un « je-ne-sais-quoi » et de « presque rien », avec un charme indicible… Jankélévitch déclarera plus tard qu’il a vendu plus de livres après l’émission que durant toute sa vie avant.
Ce succès explique que de longs extraits d’« Apostrophe » servent d’ossature au documentaire qui colle au credo de l’auteur en explorant le quotidien, la vie, la mort, l’amour, le temps, la musique – Vladimir Jankélévitch était aussi un excellent pianiste.
Archive (de l’INA) encore, le jeune professeur de philosophie à la Sorbonne (à partir de 1951) donne ses cours sur le pont des Arts, afin que ses élèves apprennent à penser par eux-mêmes. Ses étudiants adorent, et se confient à lui en retour.
« Elan vital »
Parallèlement, le film retrace sa vie, de sa naissance à Bourges de parents exilés russes, puis son départ pour la capitale en 1913, où il excelle dans les études – avec force adjectifs hagiographiques. A 20 ans, Bergson lui transmet son « élan vital ». Il part à Prague, rentre à Paris et s’installe sur l’île Saint-Louis en 1939.
Mais en 1940, il est révoqué de l’éducation nationale, car juif. « Mon hypothèse est qu’il ne s’en est jamais remis », déclare l’historien Pascal Ory. Des images rappellent l’exposition antisémite « Le Juif et la France » qui s’est tenue à Paris en 1941-1942. La question du Pardon (titre de son livre, 1967) se pose. Mais son ressentiment envers l’Allemagne semble irréversible. Il a la dent très dure vis-à-vis de Jean-Paul Sartre : « Il y a ceux qui conjuguent le verbe s’engager à tous les temps et ceux qui s’engagent », rappelle la philosophe Cynthia Fleury.
En 1980, il s’emporte à la radio contre l’Allemagne. Un jeune Allemand l’écoute, Wiard Raveling, et lui écrit, en commençant par : « Moi je n’ai pas tué de juifs. Et ce n’est pas ma faute. » Jankélévitch va lui répondre, ils se rencontreront. Wiard Raveling en témoigne ici, en parfait français.
Quand on lui posait la question « A quoi sert la philosophie ? », Jankélévitch répondait : « A se porter mieux. » La philosophe Sophie Nordmann enchaîne : l’amour, la joie, la musique, la philosophie… « On peut vivre sans, mais ce sera moins bien. » De même, on peut regarder autre chose ce soir, mais cela fera moins de bien.
Vladimir Jankélévitch, penser la vie, de Fabrice Gardel et Mathieu Weschler, musique Karol Beffa (Fr., 2025, 52 min). Sur la chaîne YouTube de LCP jusqu’au 22 mai 2028.
Crédit : Le Monde
Vladimir Jankélévitch, un philosophe pour le 21ème siècle ? | Les débats de Débatdoc
Il y a 40 ans, le philosophe Vladimir Jankélévitch disparaissait. Qui était-il ? Comment son parcours, tout au long du siècle dernier, a-t-il structuré l’évolution de sa pensée si singulière ? En quoi demeure-t-elle, aujourd’hui encore, d’une grande modernité ?
Pour en débattre, Jean-Pierre Gratien reçoit : Manuel Valls, l’ancien Premier ministre et actuel ministre des Outre-mers, François Schwab, historienne, et Pascal Bruckner, philosophe, essayiste et romancier.
LCP fait la part belle à l’écriture documentaire en prime time. Ce rendez-vous offre une approche différenciée des réalités politiques, économiques, sociales ou mondiales....autant de thématiques qui invitent à prolonger le documentaire à l’occasion d’un débat animé par Jean-Pierre Gratien, en présence de parlementaires, acteurs de notre société et experts.
DébatDoc

Stéphane Barsacq évoque Vladimir Jankelevitch



ZOOM : cliquer l’image

Crédit : Stéphane Barsacq
VOIR AUSSI :
Stéphane Barsacq, : "Dominique suivi de Épectases de Sollers"
Stéphane Barsacq sur pileface
Michel Serres et Vladimir Jankelevitch
Bref échange entre Michel Serres et Vladimir Jankelevitch extrait des archives INA (L’invité du dimanche - 07/03/1971) . Le "presque rien" selon Vladimir Jankelevitch.
VOIR ICI
Documentaire vidéo sur LCP
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1 Messages
Cynthia Fleury : "Pour Jankélévich, la valeur du pardon n’a du sens que s’il y a de l’impardonnable. Certains philosophes défendent que le sens du pardon c’est de pardonner l’impardonnable, mais pour lui, non, il y a un point de non-retour."
"le contraire du mal, ce n’est pas le bien,
c’est l’amour".
Vladimir Jankélévitch
VOIR AUSSI : « Vladimir Jankélévitch, penser la vie » : un éternel jeune philosophe