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David Hockney s’expose en grand à la Fondation Vuitton

D 15 mai 2025     A par Viktor Kirtov - C 2 messages Version imprimable de cet article * Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



"Do remember they can’t cancel the Spring"
(Souviens-toi, rien ne peut arrêter le printemps)
David Hockney


Peint alors que David Hockney était confiné en Normandie pour cause de coronavirus, 2020
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Au printemps 2025, du 9 avril au 31 août, la Fondation Vuitton invite David Hockney, l’un des artistes les plus influents des XXe et XXIe siècles, à investir l’ensemble de ses espaces d’exposition.

Cette présentation exceptionnelle de plus de 400 œuvres de 1955 à 2025 rassemble, outre un fonds majeur provenant de l’atelier de l’artiste et de sa fondation, des prêts de collections internationales, institutionnelles ou privées.

Bande annonce

Fondation Vuitton - David Hockney 25

David Hockney s’est totalement impliqué dans la réalisation de cette exposition. Il a lui-même choisi, après avoir présenté les œuvres « mythiques » de ses débuts, d’ouvrir l’exposition sur les vingt-cinq dernières années de son œuvre, proposant ainsi une immersion dans son univers, couvrant sept décennies de création. Il a voulu suivre personnellement la conception de chaque séquence et de chaque salle, dans un dialogue continu avec son assistant Jonathan Wilkinson.

« Cette exposition est particulièrement importante pour moi, car c’est la plus grande que j’aie jamais eue – les onze galeries de la Fondation Louis Vuitton ! Quelques-unes de mes toutes dernières peintures, auxquelles je suis en train de travailler, y seront présentées. Ça va être bien, je crois. »
David Hockney

Plongez dans l’univers de David Hockney, figure majeure du Pop Art britannique. De Bradford à Los Angeles, il a révolutionné la peinture avec ses couleurs vives, ses célèbres piscines californiennes, ses photocollages, et son usage novateur des iPad et de l’art numérique.


David Hockney et The Cha Cha That Was Danced in the Early Hours of 24th March 1961 (1961)

Étudiant au Royal College of Art, l’artiste goûte la vie de bohème à Londres. « J’adore chaque mouvement », inscrit-il en bas du tableau. Huile sur toile. 173 x154 cm.

Avec une joie enfantine, l’artiste anglais s’est réinventé toute sa vie. En se tenant ·à l’écart des chapelles et des courants.

Mais toujours en liant viscéralement son œuvre à son cercle d’intimes. Sa famille biologique, comme sa famille de cœur. Amants, amis, galeristes ...

Véronique Bouruet-Aubertot (Télérama)

Matin, midi et soir, l’essence, c’est le dessin

Des caricatures durant son enfance. Des croquis de squelettes une fois étudiant. Plus tard, des décors d’opéra. Le dessin, chez Hockney, est une seconde nature. Et son refuge à chaque crise personnelle ou artistique. À lui le crayon, l’eau-forte, l’encre, le fusain...

Par Véronique Bouruet-Aubertot

En 1974, Hockney expliquait à quoi il carburait : « Rien d’autre ne saurait exister sans le dessin. Mais dessiner demande beaucoup de travail. Pas de miracle.  » Enfant, déjà, il manie sans cesse le crayon. Son talent précoce attire l’attention. Ses caricatures sont publiées dans le journal de l’école, tandis qu’à 11 ans à peine il décide de devenir artiste. Cinq ans plus tard, il intègre la Bradford School of Art, où le dessin d’observation est le pilier d’un enseignement provincial très classique. Admis au Royal College of Art de Londres en 1959, il passe ses premières semaines à reproduire au crayon les squelettes de la salle d’anatomie, avant de se lancer dans la peinture. Travailleur acharné, premier arrivé le matin, il est vite à court de matériel. N’ayant pas les moyens de s’en procurer par lui-même, il se rend à l’atelier de gravure, où le papier est en accès libre et illimité. Il s’initie à cette technique, à laquelle il reviendra souvent au cours de sa vie. […] Ses illustrations à l’aquatinte et à l’eau-forte pour un recueil du poète grec Constantin Cavafy, quelques années plus tard, attestent de ses incroyables qualités de dessinateur, tandis que ses dessins de jeunes hommes sous la douche - inspirés des pages du magazine gay américain Physique Pictorial, rapporté sous le manteau depuis les États-Unis - esquissent les contours d’une iconographie personnelle.

Le coeur de sa pratique

Son installation à Los Angeles en 1964 coïncide avec l’adoption de la peinture à l’acrylique, qui, contrairement à la peinture à l’huile, ne permet pas de repentir, poussant David Hockney à élaborer nombre de dessins préparatoires. S’il achète, cette même année, un Polaroïd dont les clichés lui servent de supports d’étude pour ses tableaux, cet appareil ne détrône pas le dessin, fondamental dans son processus de recherche et de travail. Ses célèbres doubles portraits sont ainsi le résultat de nombreuses esquisses préalables d’après modèle. Mais le dessin chez David Hockney, joue un rôle bien plus essentiel que celui de simple outil préparatoire à la peinture. C’est véritablement une seconde nature.

Crayon toujours à portée de main, il dessine du matin au soir. Ses carnets sont remplis de croquis comme autant de prises de notes et d’impressions formant le journal visuel d’une existence vouée à son art, mais célébrant une joie de vivre au quotidien. « Je travaille en permanence. Certains pensent que je passe mon temps dans une piscine ou dans des boîtes de nuit. Qu’ils pensent ce que bon leur semble, ils se trompent... écrit-il en 1995 dans Ma façon de voir. Je passe le plus clair de mon temps à travailler. » Y compris dans les années 1960-1970, où triomphe l’art conceptuel et minimal, et où le « fait main » paraît ringard, obsolète.

Hockney a toujours considéré le dessin comme le cœur de sa pratique. Ce qui vaut à cet artiste - figuratif de surcroît - d’être régulièrement qualifié de réactionnaire par une partie de la critique. À contre-courant des avant-gardes et des tendances, la spontanéité de son art et les sujets hédonistes et légers qu’il affectionne ne sont pas plus au goût du jour. Mais, indépendant par essence, il poursuit sa route et malgré les obstacles rencontre rapidement le succès.

J’exécutais lentement, avec précision, des portraits au crayon de mes amis. Je leur demandais de s’asseoir et de poser durant quelques heures.
Je travaille ainsi quand je suis perdu : je cherche ma voie.
David Hockney, dans Ma façon de voir (1995)


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Celia Wearing Checked Sleeves (1973)
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Un portrait de Cella Birtwell, amie de l’artiste, réalisé à Paris. Crayon de couleur sur papier.
Si les années 1970 sont celles d’une crise profonde, personnelle et artistique, Hockney sait comment revenir en lieu sûr : en pratiquant le dessin. « J’exécutais lentement, avec précision, des portraits au crayon de mes amis. Je leur demandais de s’asseoir et de poser durant quelques heures. Je travaille ainsi quand je suis perdu : je cherche ma voie », poursuit-il dans Ma façon de voir. Chaque séance se déroule dans la plus grande concentration, en silence. Déployant une large gamme de techniques, il exécute des portraits à la mine de plomb, au crayon de couleur ou à l’encre, où la figure familière de proches comme son amie Celia, son galeriste Kasmin, son nouveau compagnon Gregory, son père ou sa mère apparaissent au même titre que Man Ray ou Andy Warhol.

« Il y a toujours eu des périodes où j’aimais faire des dessins académiques, et je ne crois pas que je changerai. C’est un exercice nécessaire à quiconque pratique le dessin. Quoi que l’on veuille représenter, il faut en passer par là ; c’est comme s’entrainer à regarder et à observer. Ce sont des exercices dont le résultat importe peu. Ce qui compte, c’est de les faire. Chaque fois que je l’ai fait, j’ai trouvé que mes dessins étaient tellement meilleurs, quel qu’en soit le sujet. Le trait en dit tellement plus... » confiera-t-il au critique d’art Marco Livingstone.

Graphisme débridé

Durant cette même décennie, il se tourne encore vers la gravure, s’initiant en 1973 auprès d’Aldo Crommelynck, collaborateur de Picasso, à la technique au sucre (mélange de sucre et d’encre de Chine appliqué au pinceau sur une plaque de cuivre ou de zinc), quand il ne produit pas des lithographies de grand format comme sa série de portraits d’amis (« Friends », 1976). Cette période, où par ailleurs il se lance dans la création de décors d’opéra, n’est que le prélude à un renouvellement profond de son art. où le dessin va occuper une fois de plus une place de choix. Sa réinstallation à Los Angeles en 1978 marque la sortie d’une crise néanmoins féconde. Hockney renaît littéralement sous le soleil de Californie. Sa quête d’un nouveau langage pictural est certes encore tàtonnante, mais elle se place d’emblée sous le signe de la couleur et du trait.

Totalement lisse dans les toiles qui ont fait sa célébrité la décennie précédente, la surface du tableau s’anime alors d’une touche vibrante, vigoureuse, au graphisme débridé. Hachures, points, lignes, courbes et contre-courbes forment un vocabulaire riche, emprunté au dessin. Libérant sa peinture, il obtient une spontanéité égale à celle de ses feuilles. « En peinture, il se produit des blocages, on ne traite pas la toile comme un dessin ; on devrait », explique-t-il à Marco Livingstone. Parallèlement, il dessine plus que jamais, son œuvre s’apparentant à une ode à la beauté du monde, dont il honore la moindre fleur, le moindre instant. Jusqu’à atteindre une telle maîtrise que la fluidité de la ligne évoque Matisse ; le tracé nerveux, Van Gogh. Tout lui apparaît digne d’intérêt : une pantoufle, un amant endormi, des gouttes d’eau sur une flaque, un ami de passage, un paysage entrevu à travers le pare- brise d’une voiture. Ses dessins au fusain de 2013 célèbrent ainsi la campagne anglaise et le passage des saisons.


Waldgate, 7-8 February (2013), L’un des vingt-cinq dessins d’une route du Yorkshire formant l’œuvre The Arrival of Spring in 2013. Fusain sur papier 57,5 x 76,8 cm.
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Avec l’arrivée de l’ordinateur, le dessinateur trouve de quoi nourrir son appétit insatiable : dès 1990, il réalise des œuvres à la palette graphique, qu’il imprime à l’aide d’une imprimante laser couleur. Dans les années 2000, il fait encore figure de pionnier dans l’utilisation des nouvelles technologies. Pour autant, jamais il ne délaissera les techniques traditionnelles, prouvant que la virtuosité artistique peut faire bon ménage avec les nouveaux médias qui constituent aujourd’hui ses outils privilégiés

Un festin de couleurs

Au départ, sa palette était sobre et sombre. D’intenses pigments gagnent ses toiles dans les années 1960. Le feu d’artifice éclate quinze ans plus tard : bleu électrique, rouge vif, vert pomme… Dans la lignée de Gauguin et de Matisse, Hockney illumine le réel.

Interior with Blue Terrace and Garden (2017) Acrylique sur toile, 121,9 x 243,8 cm
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Winter Timber (2009. Ces « pièces de bois en hiver célèbrent le Yorkshire, ses racines. Huile sur quinze toiles 274,3 x 609,6 cm.
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The Road to York through Sledmere ‘(1997)
Passant l’été dans le Yorkshire, le peintre posait un regard neuf sur les décors de son enfance. Huile sur toile 121,9 x 152,4 cm.
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Mulholland Drive : The Road to the Studio (1980)
Le trajet quotidien du peintre entre sa maison et son atelier. Acrylique sur toile 218,4 x 617,,2 cm.
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Les années 1980 marquent la libération complète de sa palette. Il traduit son expérience et son émotion en faisant jaillir les couleurs qui rappellent les stridences du fauvisme.


Pacific Coast Highway and Santa Monica (1980
l’évocation d’un trajet d’une heure et demie en voiture, en écoutant un enregistrement d’extraits d’opéras de Richard Wagner. Huile sur toile 198,1 x 304,8 cm.

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Pour reproduire les grands espaces américains, l’artiste recourt au collage photographique ou à l’assemblage de toiles. Et les principes du cubisme lui inspirent Pacific Coast Highway and Santa Monica

Hockney en quelques dates

Mondialement connu pour ses « Pool Paintings » et surtout son Bigger Splash (1967), David Hockney produit depuis les années 1950 une œuvre solaire et hédoniste à la croisée du pop art et de l’hyperréalisme. L’artiste anglais puise son inspiration aussi bien chez Vermeer, Fra Angelico que Matisse ou Picasso. Intéressé par tous les procédés de fabrication de l’image, il n’hésite pas à utiliser la technologie (fax, photocopieur ou iPad…) et à jouer de la perspective pour renouveler sa peinture. Il a également publié plusieurs ouvrages théoriques notamment sur la technique des maîtres anciens. C’est l’un des plus grands artistes figuratifs vivants.

Marqué par la leçon de Picasso

David Hockney est né en 1937 à Bradford, dans une famille modeste de cinq enfants. Dans cette ville industrielle du nord de l’Angleterre, il étudie les beaux-arts entre 1953et 1956, avant d’intégrer le prestigieux Royal College of Art de Londres en 1959. Il est profondément marqué par la rétrospective Picasso, présentée à la Tate Gallery durant l’été 1960. « Picasso pouvait maîtriser tous les styles. La leçon que j’en tire, c’est que l’on doit les utiliser tous », en conclut-il.


D’APRÈS PABLO PICASSO, Artist and Model (1973-1974)

Picasso exerce sur Hockney une véritable fascination, notamment pour son extraordinaire capacité à multiplier les styles. En 1973, à la mort du géant de l’art moderne, l’Anglais est contacté par l’éditeur berlinois Propylâen Verlag, désireux de publier un Hommage à Picasso réunissant des gravures commandées à divers artistes. Il quitte la Californie pour venir travailler à Paris avec Aldo Crommelynck, imprimeur proche du peintre espagnol, qui l’initie à la gravure au sucre. Il produit plusieurs œuvres selon ce procédé, dont celle-ci, où il prend la place du modèle, assis nu, dans un faceà-face énigmatique avec le maître. Gravure en creux, gravure à l’eau-forte et gravure au sucre. 57 x 44 cm.
Véronique Bouruet-Aubertot, Télérama

Peintre du cool californien

En 1964, il quitte son Angleterre grise et puritaine, où l’homosexualité est encore illégale, pour le soleil de la Californie. Sa peinture s’imprègne de la lumière éblouissante de LosAngeles et de son mode de vie hédoniste. Hockney devient le chroniqueur de cette vie cool – un des mots-clés de l’époque. Il troque la peinture à l’huile et les pinceaux pour l’acrylique et le rouleau, et réalise, dès son arrivée, plusieurs tableaux inspirés du magazine homo-érotique Physique Pictorial. La série des « Pool Paintings » fera ensuite sa célébrité.

Portraitiste fasciné par l’humain

À partir de 1968, Hockney se lance dans une série magistrale de doubles portraits inspirés de ses proches, affirmant sa constante fascination pour la nature humaine. Ces œuvres sont également hantées par les maîtres qu’il admire : Vermeer, Balthus ou Hopper. Très vite, le sujet essentiel devient la relation psychologique qui unit les protagonistes.


David Hockney vers 1972 dans son atelier de Bayswater dans l’ouest de Londres

La photographie pour réinventer son travail

Au début des années 1970, Hockney se retrouve, de son propre aveu, dans une impasse artistique et cherche un nouveau souffle. Il renoue avec la photographie, à laquelle il s’intéressedepuis les années 1960, et crée des « joiners », assemblage d’une multitude de clichés pris selon différents points de vue. Il réinterprète ainsi les leçons cubistes de Picasso, et compose des portraits ou des paysages réalisés à l’aide d’un appareil Polaroid.

Une nouvelle perspective

Hockney approfondit sa réflexion sur la perspective classique et les moyens de s’en affranchir. Il intègre, au début des années 1980, la « perspective inversée » dans des paysages enveloppants : le point de fuite est derrière le spectateur et tout le tableau converge vers lui. S’inspirant des rouleaux de la peinture chinoise, l’artiste recrée les impressions successives d’un spectateur en mouvement. Le tableau synthétise alors l’ensemble de ces sensations.

Un attrait pour les nouvelles technologies

En 1986, le peintre anglais décide d’utiliser une photocopieuse couleur laser. Il tente ainsi de lutter contre l’idée absurde de l’obsolescence supposée de la peinture, s’emparant des nouvelles technologies pour les mettre au service de son art. Il poursuit avec le fax (1989), l’ordinateur (1990), la palette graphique (2008), l’iPhone (2010), l’iPad (2011), et plus récemment la caméra haute résolution

Beaux Arts

Au fil de l’exposition

L’exposition « David Hockney,25 » montre combien ces dernières années témoignent du renouvellement permanent de ses sujets et de ses modes d’expression. La capacité de l’artiste à toujours se réinventer à travers des nouveaux media est en effet exceptionnelle. D’abord dessinateur, passé maître dans toutes les techniques académiques, il est aujourd’hui un des champions des nouvelles technologies.

Sont réunies au rez-de-bassin des œuvres emblématiques des années 1950 aux années 1970– depuis ses débuts à Bradford ( Portrait of My Father , 1955),


Portrait of My Father (1955)

Le premier tableau vendu par Hockney, après avoir été exposé en 1957 à la Leeds Art Gallery avec d’autres artistes du Yorkshire. Huile sur toile 50,8x 40,6 cm.

Portrait of My Father (1955)

Peinture de format modeste de 1955, « Portrait of My Father, que réalise Hockney alors qu’il n’a pas vingt ans, fixe pour l’essentiel les termes qui définiront sa relation au portrait. L’homme assis, les mains jointes et l’air introspectif, est observé avec patience et tendresse. [...] Peindre celui dont le tempérament et les excentricités le faisaient sourire se voulait avant tout un acte de dévotion filiale, l’expression d’un profond attachement », relève l’historien d’art Marco Livingstone dans le catalogue de la rétrospective David Hockney qui circula en 2017 entre Londres, Paris et New York. Si elle présente une palette sourde que l’artiste va rapidement abandonner, cette œuvre de jeunesse affirme une incroyable présence. Et atteste de la place essentielle que Hockney réservera à ses proches dans sa peinture, tout au long de sa vie.

Peintre bientôt mondialement célèbre, homosexuel affranchi et hédoniste établi en Amérique, jamais Hockney ne reniera pour autant sa famille ni son affection envers ses parents et son Bradford natal, dans le Yorkshire, où il revient régulièrement fêter Noël avec les siens.
Véronique Bouruet-Aubertot, Télérama


David Hochney devant le tableu "My parents", (détail), 1977

My parents (1977)
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Analyse du tableau

puis Kenneth et Laura Hockney, les parents de David, ne conversent pas : la mère pose alors que le père est plongé dans un livre d’art.
Laura regarde directement le spectateur. Kenneth, connu pour s’agiter pendant les séances, est représenté en train de lire, comme s’il avait oublié qu’il était observé. »
Ensuite, Hockney se focalise sur trois détails de son tableau pour nous parler de lui comme peintre et comme fils. Dans ce sens, My Parents est un autoportrait déguisé.

Dans le miroir se reflète l’atelier du peintre avec un rideau permettant à ses modèles de se déshabiller avant la pose ; et surtout une partie du chef-d’oeuvre de Piero delle Francesca, Le Baptême du Christ (1450), l’une des gloires de la National Gallery de Londres. Laura et Kenneth ont-ils baptisé David, la famille est-elle chrétienne ou le fils renégat ?

Le père est plongé dans un livre dont la couverture reproduit notamment trois aubergines. Comment ne pas penser au chef-d’oeuvre de Henri Matisse, Intérieur aux aubergines (1911), un manifeste de sa conception de l’à-plat. Couleurs posées en à-plat, caractéristique de Hockney !

Au bas d’un meuble « tiroir/bibliothèque », un seul livre au titre lisible : Chardin, le maître de la nature morte au XVIIIe siècle.

D’après Daniel Musy

avec A Bigger Splash , 1967 et Portrait of An Artist (Pool with Two Figures) , 1972.


A Bigger Splash,1967
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A Bigger Splash , 1967

Sans doute son œuvre la plus iconique. Hockney livre ici une vision idéale de la Californie de la fin des années 1960. L’image s’inspire d’une publicité vue dans un magazine consacrée aux piscines… D’une grande rigueur géométrique, que seul le splash vient troubler, l’image confine à l’abstraction. Le plongeoir jaune du premier plan donne toutefois l’idée de profondeur. Le tableau est bordé d’un cadre clair à la manière d’un Polaroid que l’artiste commence alors à utiliser.
Beaux Arts


Portrait of An Artist (Pool with Two Figures) , 1972.
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Ce tableau profondément sentimental, Hockney le peint peu avant sa rupture avec Peter Schlesinger. Ce dernier regarde un jeune homme en train de nager : l’artiste donne à son amant la place qu’il se réserve habituellement. L’œuvre est née de deux photographies prises par Hockney, l’une d’un nageur dans une piscine, l’autre de Peter, immobile, fixant le sol. Après une première version en 1971, qu’il abandonne, il revient à son sujet après une nouvelle série de photographies prises par le réalisateur Tony Richardson lors d’un séjour en France, qui lui permet de trouver une solution à son problème de perspective.

Sa série de doubles portraits est représentée par deux peintures majeures : Mr. and Mrs. Clark and Percy , 1970-1971 et Christopher Isherwood and Don Bachardy , 1968.

Puis la nature prend une place toujours plus importante dans le travail de David Hockney à partir de la décennie 1980-1990 – comme en témoigne A Bigger Grand Canyon , 1998 – avant que l’artiste ne regagne l’Europe pour y poursuivre l’exploration de paysages familiers.

Ensuite le cœur de l’exposition renvoie aux 25 dernières années, passées principalement dans le Yorkshire où il redécouvre les paysages de l’enfance, ainsi qu’en Normandie et à Londres. On y assiste à une célébration du Yorkshire, l’artiste faisant d’un buisson d’aubépine une explosion spectaculaire du printemps ( May Blossom on the Roman Road , 2009).


. May Blossom on the Roman Road , 2009
Huile composée de 8 toiles (9,1 x 1,2 m). Dimension totale : (1,8 x 4,9 m) - Collection privée
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L’observation du rythme des saisons le mène au paysage hivernal monumental peint sur le motif, exceptionnellement prêté par la Tate de Londres, Bigger Trees near Warter or/ou Peinture sur le Motif pour le Nouvel Âge Post-Photographique , 2007.


Bigger Trees near Warter or/ou Peinture sur le Motif
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La plus grande peinture jamais réalisée par David Hockney, mesurant 12m sur 4,5m, est composée de 50 toiles plus petites représentant un paysage près du village de Warter, dans le Yorkshire de l’Est.

Nick Serota, directeur de la Tate, déclarait : " Devant Bigger Trees Near Warter, le spectateur est submergé par la beauté des arbres d’hiver et l’énergie du paysage du Yorkshire. Dans cette œuvre, Hockney a habilement associé la tradition de la peinture en plein air à la technologie numérique à une échelle monumentale".
Yorkartgallery.org

Dans le même temps,David Hockney poursuit le portrait de ses proches, à l’acrylique ou sur iPad, ponctué de plusieurs autoportraits. L’exposition en compte une soixantaine en galerie 4, associés à des « portraits de fleurs » réalisés à l’iPad mais insérés dans des cadres traditionnels, créant un trouble dont on retrouve l’effet dans le dispositif qui les réunit au mur, 25th June 2022, Looking at the Flowers (Framed) .

Tout le 1er étage – galeries 5 à 7 - est consacré à la Normandie et à ses paysages. La série 220 for 2020 , exécutée uniquement sur iPad, est présentée dans une installation inédite en galerie 5. Hockney y capte, jour après jour, saison après saison, les variations de la lumière. En galerie 6, faisant suite à cet ensemble, on notera une série de peintures acryliques et le traitement très singulier du ciel animé de touches vibrantes, lointaine évocation de Van Gogh. En galerie 7, un panorama composé de vingt-quatre dessins à l’encre ( La Grande Cour , 2019) fait écho à la Tapisserie de Bayeux.


"David Hockney drawing La Grande Cour, Normandy, 2019" © David Hockney. Photo : Jean-Pierre Gonçalves de Lima. . © David Hockney. © Fondation Louis Vuitton / Marc Domage

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En 2019, David Hockney réalise "La Grande Cour", un panorama qui représente sa maison du pays d’Auge où il vit de 2019 à 2023.

L’artiste s’inspire ici de la "Tapisserie de Bayeux", ce chef d’œuvre qui représente la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. Conservée au Musée de la Tapisserie de Bayeux, en Normandie, David Hockney a été la contempler quelques temps avant de réaliser "La Grande Cour".

Enfin, le dernier étage est introduit par une série de reproductions remontant au Quattrocento constituant des références importantes pour l’artiste ( The Great Wall , 2000). La peinture de Hockney, qui se nourrit de l’histoire universelle de l’art depuis l’Antiquité, est centrée ici sur la peinture européenne, de la première Renaissance et des peintres flamands jusqu’à l’art moderne. La première partie de la galerie 9 témoigne de ce dialogue avec Fra Angelico, Claude le Lorrain, Cézanne, Van Gogh, Matisse, Picasso...

Puis, le public est invité à traverser l’espace de cette galerie-atelier transformée en salle de danse et de musique, comme David Hockney le fait régulièrement, accueillant chez lui musiciens et danseurs.

Passionné par l’opéra, Hockney a souhaité réinterpréter ses réalisations pour la scène depuis les années 1970 dans une création polyphonique à la fois musicale et visuelle, en collaboration avec 59 Studio, enveloppant le visiteur dans la salle la plus monumentale de la Fondation (galerie 10).

L’exposition se clôt par une salle intimiste où sont révélées les œuvres les plus récentes peintes à Londres, où l’artiste réside depuis juillet 2023 (galerie 11). Celles-ci, particulièrement énigmatiques, s’inspirent d’Edvard Munch et de William Blake : After Munch : Less is Known than People Think , 2023, et After Blake : Less is Known than People Think , 2024, où l’astronomie, l’histoire et la géographie rencontrent une forme de spiritualité, selon les propres mots de l’artiste. Il a souhaité y inclure son tout dernier autoportrait.

Découvrez l’architecture de la Fondation Vuitton et déambulez dans les galeries de l’exposition "David Hockney 25".

Dialogue avec les maîtres de l’art occidental

Subversif, indépendant, frondeur, David Hockney entretient néanmoins un dialogue continu avec les maîtres du passé - de Fra Angelico à Picasso, en passant par le Lorrain ou Cézanne, lesquels irriguent sa pensée et son oeuvre

GIF D’après FRA ANGELICO


Annonciation II d’après Fra Angelico (2017)
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Célébrée entre toutes, L’Annonciation peinte à la fresque vers 1440 par le primitif italien Fra Angelico au couvent de San Marco, à Florence, est par sa pureté et la délicatesse de sa palette est un modèle du genre. Une reproduction ornait les couloirs de l’école primaire du jeune David. Hockney reprend ici la composition initiale, qu’il transpose selon les règles de sa perspective inversée, les lignes de l’architecture divergeant depuis un point focal situé à la place du spectateur. La forme hexagonale de la toile épouse les llignes de force du tableau, tandis que le rouge vif, le bleu et le rose triomphent.
Acrylique sur toile 1,2 x 2,4 m.
Véronique Bouruet-Aubertot, Télérama

GIF D’après VINCENT VAN GOGH


D’APRÈS VINCENT VAN GOGH Kilham to Langtoft II, 27 July 2005 (2005)
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Hockney réalise cet été- là une série de paysages sur la route qui relie Kilham et Langtoft, deux villages du Yorkshire. Chaque tableau est daté précisément, comme le faisait Monet pour ses séries exécutées à différentes heures du jour. Ouvrant sur un champ de blé moissonné, cette œuvre est une référence à Van Gogh, que Hockney découvrit à 17 ans, lors d’une exposition à Manchester. La touche nerveuse, le ciel mouvementé aux nuages moutonnants, la palette opposant jaunes et bleus évoquent la période arlésienne du Hollandais, ébloui par la lumière du Sud.
Huile sur toile. 60,96 x91,4 cm.

GIF D’après HENRI MATISSE


D’APRÈS HENRI MATISSE Boy in Shower (1977)
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Grands coloristes, dessinateurs hors pair, travailleurs acharnés : Matisse et Hockney ont beaucoup en commun, et nul doute que l’atmosphère voluptueuse des œuvres du premier n’ait touché très tôt le second. Cette toile, rapidement brossée, présente une structure qui, avec ses bandeaux de couleur bleue ou verte, évoque les intérieurs ou certaines fenêtres de Matisse.
Le nu est par ailleurs un élément phare dans l’œuvre des deux artistes, même si l’aîné s’attache au modèle féminin, là où Hockney innove en privilégiant ceux qui éveillent chez lui le désir : les jeunes garçons.
Huile sur toile. 91,4 x 61 cm.


GIF David Hockney par Catherine Cusset, Prix Anaïs Nin 2018

Catherine Cusset, une écrivaine de l’écurie Sollers - Il avait publie son premier roman,La blouse roumaine (1990), dans la collection L’infini. Elle est aussi l’auteure d’ une Vie de David Hockney ( Prix Anaïs Nin 2018). VOIR ICI.

Dans un entretien avec Véronique Bouruet-Aubertot de Télérama, elle revient sur ce portait intime de l’artiste, à l’occasion de l’exposition « David Hockney 25 » à la Fondation Vuitton


le livre Folio sur amazon.fr

David Hockney le 1er avril 1991 à Los Angeles.
Catherine Cusset s’est imprégnée des œuvres et des écrits du peintre. Sur certains pans de sa vie, elle a « dû faire un travail romanesque »

D’emblée, j’ai aimé le personnage de David Hockney, ce travailleur infatigable jusqu’à être maniaque au sens clinique du terme, mais doté d’une grande autodérision.
Catherine Cusset

A—t-on jamais approché David Hockney d’aussi près ? Autrice d’une vingtaine de romans dont certains relèvent de l’autofiction, traduite dans plus de vingt langues, lauréate de prix prestigieux comme le Goncourt des lycéens pour Un brillant avenir (2008) ou, en 2000, le grand prix des lectrices du magazine Elle pour Le Problème avec Jane (1999), l’écrivaine Catherine Cusset s’est attaquée au genre de la biographie avec Vie de David Hockney en 2018. « Écrit comme un roman », son livre à la fois riche et documenté, habité de l’intérieur, se dévore de la première à la dernière page.

D’où vient l’idée de ce livre ?

En 2016, Nathalie Bailleux, directrice éditoriale des livres illustrés chez Gallimard, a eu l’idée d’une collection d’ouvrages sur l’art écrits par des auteurs de romans de la maison. J’ai été la première à être sollicitée, le livre devant sortir l’année suivante, lors de la rétrospective David Hockney au Centre Pompidou [il paraîtra finalement en 2018, ndlr]. Je venais de publier L’Autre qu’on adorait. Sans doute l’histoire de cette double vie entre l’Europe et les États-Unis faisait-elle écho.

Étiez-vous familière de l’œuvre de Hockney ?_

Je ne connaissais pas du tout sa peinture et, découragée par la longue queue sous la pluie, avais raté l’exposition « A Bigger Picture » à la Royal Academy de Londres en 2012. J’ai donc regardé sur Internet. J’ai tout de suite aimé les doubles portraits et la palette de couleurs vives. J’ai senti un lien avec les peintres que j’aime particulièrement, comme Bonnard et Matisse. La variété des styles et des sujets m’a rendue curieuse. J’ai demandé à réfléchir.

Comment en êtes-vous arrivée à un roman ?_

J’ai commencé à me documenter et à lire David Hockney by David Hockney, où l’artiste remonte le fil de sa vie, parle de son enfance. Cela a été un véritable déclic. Je voyais le personnage, je l’entendais presque. J’ai demandé à écrire une biographie et non pas un texte sur l’œuvre. Les premières pages que j’avais rédigées ont séduit mon éditeur d’alors, Jean-Marie Laclavetine. Le projet est devenu un roman, publié dans la collection Blanche de Gallimard. Aujourd’hui, à l’occasion de cette nouvelle exposition parisienne, le texte sort dans la collection illustrée pour laquelle il avait été initialement pressenti. La boucle se boucle, en quelque sorte.

Pourquoi ce parti pris de ne pas rencontrer l’artiste avant d’écrire ?

Rencontrer David Hockney signifiait lui donner un droit de regard et la possibilité de refuser la publication. Je voulais rester libre d’écrire le livre que je voulais lire : intense, rapide, au cœur de ses sentiments. Raconter ce qui l’avait traversé, les doutes, la souffrance, la créativité. Je voulais un livre « écrit comme un roman ».

Comment avez-vous travaillé pour entrer ainsi en intimité avec l’œuvre et la personnalité de David Hockney jusqu’à le faire dialoguer ?

J’ai d’abord lu tout ce qui existait, y compris les interviews, dont je me suis inspirée pour le faire parler. Concernant les phrases de la vie courante, c’est la sensibilité de romancière qui est intervenue pour extrapoler, donner de la chair au personnage au point de pouvoir s’y identifier. Je suis partie d’un travail « technique » au cours duquel j’ai établi plusieurs chronologies : de son travail, de ses lieux de vie, événements importants de son existence... Cette trame m’a permis de construire ce qui est essentiel dans un roman : un arc narratif et psychologique comme un fil tendu. Je vivais alors à New York et j’ai voulu voir des œuvres de David Hockney que je ne connaissais que via Internet. Mais tout était parti en Angleterre pour la rétrospective qui se tenait à la Tate et qui devait ensuite arriver ensuite à Paris, à l’été 2017. J’ai donc pris l’avion pour Londres, où je suis restée trois jours. J’ai passé douze heures dans l’exposition, assise à contempler les œuvres, prenant des notes étudiant les portraits de ses parents, le bleu de ses piscines. Je me suis littéralement imprégnée de sa peinture

Comment êtes-vous parvenue à vous glisser dans la peau de Da Hockney, au point d’entrer dans s pensées, de sentir ses états d’âme ?

J’avais beaucoup d’informations sur son enfance et sa jeunesse grâce au livre David Hockney by David Hockney ; mais peu sur sa vie d’homme. J’ai dû faire un travail romanesque, notamment pour décrire sa souffrance après sa rupture avec Peter Schlesinger, premier et dernier grand amour à mon sens. Sur les années sida, dont il parle très peu, j’ai aussi dû inventer en suivant mon intuition. D’emblée, j’ai aimé le personnage de David Hockney, ce travailleur infatigable jusqu’à être maniaque au sens clinique du terme, mais doté d’une grande autodérision.


L’artiste dans son atelier, à Los Angeles en 2013
Derrière lui, la série The Arrival of Spring in 2013 et les premiers portraits de sa grande série sur fond bleu. ZOOM : cliquer l’image

C’est votre premier livre sur un artiste...

Je n’avais jamais écrit sur l’art ni eu envie de raconter la vie d’un artiste. Cela m’est arrivé par hasard, même si la peinture est sans doute le seul art sur lequel je sois capable d’écrire. En réalité, avec ce livre sur David Hockney, j’ai écrit sur le processus créatif et sur moi-même, en quelque sorte. Il y a eu un processus d’identification.

Quel est votre rapport à l’art et aux musées ?

J’ai grandi à Paris et j’ai l’impression d’être toujours allée au musée, au Louvre notamment, depuis toute petite. J’ai beaucoup voyagé en Italie, ce qui pour moi est synonyme de visites de musées. J’ai une prédilection pour la Renaissance italienne et les primitifs flamands et un immense amour pour la peinture de Pierre Bonnard. Tout récemment. j’ai beaucoup aimé l’exposition Suzanne Valadon à Beaubourg.

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L’édition 2025 illustrée (Fnac)

L’édition illustrée de votre roman s’accompagne d’une postface où vous racontez votre rencontre avec David Hockney, à la suite de la parution du livre. Comment avez-vous vécu ce moment ?

Le roman est sorti au mois de janvier 2018, je l’ai aussitôt envoyé à Los Angeles, à l’atelier de David Hockney. J’avais beaucoup d’appréhension et comme l’impression de lui avoir fait un enfant dans le dos. J’avais très peur d’un procès et avais pris soin, en amont, de faire stipuler dans mon contrat avec Gallimard que l’éditeur prendrait en charge les frais, le cas échéant. Pas de réaction. Quelque temps plus tard, le roman reçoit le prix Anaïs-Nin, ce qui fait l’objet d’une fête au Théâtre de l’Odéon. Là, Didier Ottinger, commissaire de la rétrospective de 2017 à Beaubourg, se présente et m’annonce que les portes de l’atelier de Hockney me sont ouvertes. J’ai finalement fait sa connaissance à New York, à la Pace Gallery, en mai 2018.

C’était une expérience très bizarre de rencontrer celui qui est une star mondiale et avec qui je me sentais dans une intimité totale. Le puzzle s’assemblait. David Hockney, qui ne lit pas le français mais avait eu des retours positifs de son assistant, JP, de son traducteur, Pierre Saint-Jean, et de son galeriste français, Jean Frémon, s’est montré charmant et m’a invitée à lui rendre visite à Los Angeles. C’est finalement en Normandie, dans cette maison de conte de fées, que je l’ai revu, au printemps 2019 puis à l’été 2021. Lorsque le livre a paru en anglais, je le lui ai envoyé et il m’a écrit une lettre pleine d’humour. Nos contacts se sont ensuite espacés, mais c’est un homme très vif et très humain.

Entre le vrai David Hockney et celui de votre livre, lequel vous vient en premier à l’esprit à l’évocation de son nom ?

Le personnage réel a pris le dessus et je me réjouis de découvrir cette nouvelle exposition parisienne, où quatre cents oeuvres, principalement de ces vingt-cinq dernières années, seront rassemblées. J’adore sa peinture qui me remplit de joie. C’est un artiste qui peint tous les jours comme pour échapper à la mort. dans le but d’enchanter les gens.

A lire : Vie de David Hockney ; de Catherine Cusset, éd. Folio, 2019, 224 p.,
ou éd. Gallimard, 2025, 190 x 240 mm, 240 p., 50 illustrations,
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David Hochney, en train de peindre
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The David Hockney Foundation

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