4 5

  Sur et autour de Sollers
vous etes ici : Accueil » SUR DES OEUVRES DE TIERS » Pour traduire la poésie : le goût de la forme par Danièle Robert
  • > SUR DES OEUVRES DE TIERS
Pour traduire la poésie : le goût de la forme par Danièle Robert

D 6 septembre 2024     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article * Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Danièle Robert, autrice, traductrice [de l’italien et l’italien médiéval, de l’anglais] est une familière de pileface où elle est présente à travers quelque 35 articles d’A.G ou moi-même.

Entre autres sur Ovide, et sa traduction de "La Divine Comédie" de Dante pour Actes Sud, mais aussi Paul Auster, Billie Holiday, Antonio Prete… et de nombreux autres.

Aussi, est-ce avec plaisir que nous relayons le message de Christian Tarting, son plus proche fan :

l’art poétique discret (mais ferme) de danièle...

Chers amis,

« […] je me permets de vous faire connaître cette ferme (et douce à la fois) réflexion de Danièle sur sa pratique du traduire-écrire :

Elle vient tout juste d’être mise en ligne par le remarquable (je dirais même indispensable) site https://altritaliani.net/

Vous en connaissez, et de longtemps désormais, les lignes de force… Mais elles sont ici impeccablement synthétisées.

Christian Tarting



Danièle Robert, « sol y sombra » © Christian Tarting

Pour traduire la poésie : le goût de la forme

Par
Danièle Robert

5 septembre 2024

Dans ce nouvel article, Danièle Robert, toujours fidèle à Altritaliani, nous propose une synthèse de ses principes de traduction à la lumière des grands poètes qui l’ont marquée et ont marqué sa carrière de traductrice (évidemment Catulle, Cavalcanti, Dante et Antonio Prete, traducteur de Baudelaire). Tous les extraits très brefs qu’elle a choisis pour illustrer son propos sont présentés dans leur version originale italienne et dans la traduction française qu’elle en a donnée et inversement pour l’extrait des Fleurs du Mal traduit par Antonio Prete. Pour conclure par une note « contemporaine », Danièle Robert nous dévoile sa traduction de trois magnifiques poèmes encore inédits de Laura Fusco, une poétesse italienne d’une grande sensibilité qui vit entre Paris et Turin (bio en fin d’article).
********
La question de la traduction des poèmes dans le respect de la forme choisie par les poètes est à mes yeux la seule façon d’être dans l’exactitude, dans la fidélité à l’œuvre, étant donné que cette exactitude, cette fidélité dépendent de la prise en compte de tous les éléments qui composent un texte poétique c’est-à-dire non seulement le choix et l’agencement des mots, les registres et niveaux de langue, mais aussi les accents, les rythmes, les rimes, les sons et les silences qui composent la musique propre à l’auteur du poème.

L’allégation selon laquelle traduire en vers conduit à fausser le sens du texte-source témoigne d’une vision scolaire qui ne s’intéresse qu’à l’aspect « informatif », donc utilitariste du geste traducteur et néglige ce qui fait la spécificité d’une œuvre littéraire ; en tant que traductrice ou traducteur littéraire, justement, on se situe à l’opposé d’une telle attitude et davantage encore lorsqu’il s’agit de poésie dotée d’un système métrique précis et d’une prosodie fondée sur la rime. Certes, il existe de très belles « traductions » en prose de grands textes poétiques ; j’en admire la qualité mais si je mets le terme entre guillemets c’est que je les appellerais plus volontiers « variations sur… » ou « transpositions » car il leur manque ce qui en ferait, littérairement parlant, des traductions à part entière.

LA SUITE ICI