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D’un festival de Cannes, l’autre. La Belle Noiseuse de Jacques Rivette (1991)

Avec Michel Piccoli, Emmanuelle Béart, Jane Birkin

D 29 mai 2024     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Cannes 1991

La Belle Noiseuse, réalisé par Jacques Rivette, avait obtenu le Grand Prix à la 44e édition du Festival de Cannes pour son long-métrage sorti en salles en septembre 1991

Vendredi 24 mai 2024, la chaîne France 5 a rediffusé La Belle Noiseuse

Le scénario suit un artiste-peintre, interprété par Michel Piccoli, obsédé par l’un de ses tableaux inachevés pour lequel sa femme avait servi de modèle. Il reprend finalement la conception de son œuvre lorsqu’un couple (formé par Marianne et Nicolas), arrive dans la propriété de l’artiste. La jeune Marianne, interprétée par Emmanuelle Béart, va poser pour lui comme modèle pendant cinq jours, ce qui va être à l’origine de tensions. L’année de la sortie du film, La comédienne s’était e confiée aux journalistes du magazine ELLE sur l’un des défis auxquels elle a été confrontée en tant qu’actrice : être nue devant la caméra.

L’actrice, qui avait déjà été intimidé par les scènes de nudités de Manon des Sources, raconte à ELLE l’inconfort qu’elle a ressenti durant le tournage de La Belle Noiseuse : "C’est vrai que, quand on se retrouve toute nue face à la caméra, c’est très difficile. J’ai eu quelques secondes de vrai malaise. Je n’étais pas blessée, plutôt paralysée. J’avais très peur. J’étais incapable de bouger. Je n’avais plus de carapace." Par la suite, Emmanuelle Béart précise que cet instant n’a été que temporaire et qu’avec le temps, elle s’est sentie de plus en plus à l’aise. Elle confie : "Et puis je me suis détendue au fur et à mesure. L’équipe était réduite et je n’ai jamais appréhendé le regard des gens sur le tournage. Petit à petit, j’ai pris un vrai plaisir physique à donner quelque chose. Mon corps est devenu actif

Estelle Brun


Emamnuelle Béart et Michel Piccoli

La Belle Noiseuse : Jacques Rivette et Jean-Luc Godard par Jacques Jean Sicard

"Divertimento" est la version écourtée (un peu plus de deux heures) pour les besoins de la télévision publique de "La Belle Noiseuse" (d’une durée de quatre heures). Ce resserrement entraîne un rapprochement – impossible qu’il ne soit pas volontaire de la part de Jacques Rivette. Le film se rapproche d’un autre film : "Le Mépris" de Jean-Luc Godard. Il partage avec lui une triangulation humaine fondée sur l’affect appelé : mépris. La triangulation de Godard présente une femme qui abandonne son mari dont elle méprise la lâcheté, pour un homme au-dessous de tout mépris, elle en meurt ; la triangulation de Rivette représente une femme qui délaisse son ami qu’elle juge insignifiant, pour un autre plus fort avec qui elle désire se battre et qui la rend vile. C’est sciemment que j’utilise le verbe « présenter » pour l’un et « représenter pour l’autre ». Dans ce rapprochement, Godard est le documentariste, il présente, et Rivette, est le romanesque, il représente. Paradoxalement, chez le premier, le témoin du réel, les couleurs flambent, rutilent, comme dans un ballet de Minnelli ; alors que chez le second, elles ne cessent de perdre en chaleur et en lumière L’hospitalité devient inhospitalière. L’image se refroidit et s’assèche, se durcit. C’est ce qu’au final dit Marianne (Emmanuelle Béart) à propos de son portrait peint par Frenhofer (Michel Piccoli) : froid et sec. Ce n’est pas aussi paradoxal que c’en a l’air. En général, le documentariste présente ses documents, souvent durs et tristes, dans une perspective d’amélioration possible : le documentaire a un lendemain, le soleil de demain par anticipation éclaire l’ombre de la veille. Ainsi Godard. À l’inverse, le romanesque représente un monde de pure fantaisie, souvent fantaisie sentimentale, qui en vérité n’est que le sourire du désespoir, toute joie y est gâtée de l’intérieur. Ainsi, Rivette.

Jacques Jean Sicard

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Le corps nu d’Emmanuel Béart


ZOOM : cliquer l’image

Pour ma part, ai visionné ce film pour la première fois à l’occasion de cette rediffusion et découvert dans les poses d’Emmanuel Béart, une suite de tableaux sublimés par la beauté de l’actrice.
Des tableaux vivants.
Un corps à damner un saint, que le peintre (Michel Piccoli) respecte.
Il est un gentleman avait confié son épouse et muse Jane Birkin à Marianne (Emmanuelle Béart). Mais beaucoup d’artistes ont succombé à leur muse !
…Un saint-gentleman qui mérite la béatification !
« Hypnotically beautiful » écrit justement The New York Times, dans la bande annonce américaine.

Le corps nu d’Emmanuelle Béart a magnifiquement été célébré par Jérôme Garcin dans un article du Nouvel Observateur du 15/04/2007 dédié aux "Nouvelles Mythologies 2007", cinquante ans après les célèbres "Mythologies" de Roland Barthes (1957) :

Et Dieu créa la femme de 37 ans [1] Elle est éclatante de grâce naturelle, émouvante d’abandon, fière de sa taille fine et de ses formes girondes, indifférente aux canons d’une mode asthénique et grêle, naïade callipyge plongée jusqu’au haut des cuisses dans l’eau turquoise de l’océan Indien.

Photographiée de trois quarts dos comme à son insu, le regard tourné vers l’horizon, les cheveux ceints avec son propre string noir, l’estivante du sans souci offre au soleil du petit matin son visage pointu de chat persan, son épaule tapissée d’éphélides, et un sein, ô ce sein, lourd et ferme à la fois, dont on voit le mamelon rose brun durci par l’excitation de l’air salé. A la mer, elle confie ses fesses auxquelles l’exquise cambrure du dos ajoute une rondeur de Vénus hottentote. On a l’impression qu’elle s’apprête à faire l’amour avec les éléments. Ce jour-là, on eût voulu être Eole et Poséidon. Le 5 mai 2003, Emmanuelle Béart fait la une de « Elle » pour un « Spécial beauté » et son corps nu se multiplie, grandeur nature, sur tous les dos de kiosque. Record de vente historique : jamais autant d’hommes n’ont acheté l’hebdo féminin, lequel bouleverse soudain ses lois tacites.

Car en lieu et place des mannequins giacomettiens de 20 ans et des lolitas transparentes, Valérie Toranian, la directrice de la rédaction, a choisi de célébrer une femme mûre, mère juvénile de deux enfants, et l’actrice décomplexée de « la Belle Noiseuse ». Photographiée à l’île Maurice, sans maquillage ni retouches, Emmanuelle Béart, 1,67 mètre, 50 kilos, évoque la sauvage Deborah Kerr, la pulpeuse Brigitte Bardot mais aussi la vacancière ordinaire. L’image tient du légendaire et du coutumier, du sacré en même temps que du profane. Avec la belle Emmanuelle, cette indigène blanche, l’amour devient naturel, l’érotisme innocent et la chair, comestible. Personne n’a honte de la désirer, puisqu’elle semble si heureuse d’être désirable. Cet été-là, on a vu beaucoup de strings retenir les cheveux mouillés des femmes.

Jérôme Garcin :Dernier livre paru : « les Soeurs de Prague » (Gallimard).
Jérôme Garcin
Le Nouvel Observateur-2210-15/03/2007

La bande annonce américaine du film

oOo

[1en fait 39 ans, si l’on en croit ses biographies qui font naître Emmanuelle Béart le 14 août 1963 ou 1964 selon les sources. A l’approche de l’été 2003, elle s’apprête donc à changer de dizaine, une motivation supplémentaire pour laisser une trace de ce corps à l’occasion de ce franchissement de cap. De même, en ce début 2007, Arièlle Dombasle s’est dévoilée à la une de Paris Match et dans la revue du Crazy Horse. Née le 27 avril 1958, à la veille de ses 49 ans et l’approche d’une nouvelle décade...

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