4 5

  Sur et autour de Sollers
vous etes ici : Accueil » SUR DES OEUVRES DE TIERS » Renoir (avec Michel Bouquet)
  • > SUR DES OEUVRES DE TIERS
Renoir (avec Michel Bouquet)

D 20 avril 2022     A par Albert Gauvin - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



« C’est bien dommage qu’on ne puisse pas raconter plus tard que je peignais entouré de nymphes et couronné de roses, ou bien encore avec une belle fille sur les genoux, ce qui devait être bien gênant. » Tête des dévots devant ce simple art poétique : « Il faut que ça baise. »

Philippe Sollers, Les dieux de Renoir.

Renoir

Hommage à Michel Bouquet, immense comédien décédé le 13 avril 2022, dans Renoir, un beau film de Gilles Bourdos qui retrace les dernières années du peintre à Cagnes-sur-mer. C’est un véritable bouquet de fleurs.

Installé sur la Côte d’Azur, Pierre-Auguste Renoir retrouve le goût de peindre grâce à une jeune fille... Les dernières années de l’artiste, magistralement interprété par Michel Bouquet, qui vient de nous quitter [1].

Visible jusqu’au 1er mai.


Réalisation : Gilles Bourdos

Scénario : Gilles Bourdos
Jérôme Tonnerre

Production : Fidélité Films
Wild Bunch
Mars Films
France 2 Cinéma

Producteur/-trice : Olivier Delbosc
Marc Missonnier

Image : Mark Ping Bing Lee

Montage : Yannick Kergoat

Musique : Alexandre Desplat


Avec :

Michel Bouquet (Pierre-Auguste Renoir)
Christa Théret (Andrée Heuschling)
Vincent Rottiers (Jean Renoir)
Thomas Doret (Coco Renoir)
Michèle Gleizer (Aline Renoir)
Romane Bohringer (Gabrielle)
Laurent Poitrenaux (Pierre Renoir)

Auteur.e : Jacques Renoir

Costumes : Pascaline Chavanne

Pays : France. Année : 2012

Côte d’Azur, 1915. Condamné au fauteuil roulant par une polyarthrite rhumatoïde, Pierre-Auguste Renoir a perdu le goût de peindre depuis la mort d’Aline, sa femme et sa muse. L’irruption dans sa propriété de Cagnes-sur-Mer d’Andrée Heuschling, une jeune modèle, comédienne et chanteuse à ses heures, lui redonne l’envie de reprendre ses pinceaux. Sous le regard de Claude, le benjamin des trois fils de l’artiste, sauvageon dispensé d’école, "Dédé" – le surnom de la jeune femme – prend peu à peu ses marques dans la propriété du maître de l’impressionnisme. Quand le cadet, Jean, blessé de retour du front, vient achever sa convalescence auprès de son père, il se rapproche de la jolie Dédé.

Petites touches

Chaque plan ou presque constitue un tableau. Entre jeux d’ombres et de lumière, dans une nature champêtre, les arbres noueux s’agitent sous le mistral. Sur l’herbe du domaine des Collettes, la famille improvise un déjeuner. On rit quand les chapeaux s’envolent. En cuisine ou auprès du patriarche – le "patron" comme tous l’appellent –, les servantes s’activent, se jalousent et parfois s’invectivent. Prenant la pose, le corps dénudé offert face au chevalet du maître, Dédé (Christa Theret) éblouit chacun. Adaptant Le tableau amoureux, le livre de souvenirs de l’arrière-petit-fils du peintre Jacques Renoir (éd. Fayard), Gilles Bourdos retrace à petites touches les dernières années de Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), marquées par la disparition brutale de son épouse de vingt ans sa cadette, le fracas de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle ses deux fils aînés, Pierre et Jean, seront blessés, et sa lutte contre la progression d’une maladie invalidante. Campé par un magistral Michel Bouquet, Renoir, au seuil de son existence, invite à célébrer une oraison funèbre frémissante de vie [2].

Gilles Bourdos : « Je n’aurais pas travaillé sur une partie de la vie d’Auguste Renoir en région parisienne. Mes grands-parents étaient de Cagnes-sur-Mer. Je suis né à Nice et j’avais envie de retrouver le plaisir d’un éden méditerranéen dans la vie d’Auguste Renoir, qui habitait là-bas à la fin de sa vie. La beauté est sa réponse à la négativité du monde. Ses deux fils sont à la guerre. Plus il souffre, plus sa peinture est remplie du plaisir de vivre. Le film est construit sur cette opposition. C’est son choix d’artiste. Auguste Renoir a fait le voyage en Italie, suivi le parcours méditerranéen, il est devenu ami avec Cézanne. Avant ce film, je me suis baigné d’influences picturales : Matisse, Cézanne, Picasso, cette mythologie qui baignait aussi celle du peintre. »

« Michel Bouquet est au théâtre depuis 1940. J’ai eu une chance extraordinaire. Un projet a été abandonné pour lui et j’étais disponible. Ce fut une connivence immédiate avec le rôle. Michel Bouquet possède un rapport fort à la peinture et ses yeux traduisent toutes les émotions du personnage, entre profondeur et énergie vitale. Quant à Vincent [Rottiers (Jean Renoir)], je l’avais repéré dans différents films français. Son énergie me rappelle celle de Jean Gabin, mais il ne devait surtout pas jouer le futur cinéaste, juste un jeune homme indécis. »

« Le film de Jean Renoir qui m’a le plus influencé est Le fleuve, son premier en couleurs, qui pouvait en découdre avec la préoccupation de son père comme coloriste. Jean avait voulu tourner le dos à l’univers d’Auguste, mais en technicolor, avec trois femmes d’âges différents, il le retrouvait. Jean Renoir a fait aussi Une partie de campagne, évidemment, hommage direct à ce père qui l’a tant marqué, mais sans la couleur. »


Renoir, le vieil homme et Cagnes-sur-Mer

Invitation au voyage

Au sommet d’une petite colline, le village médiéval de Cagnes-sur-Mer étend toute sa beauté sur les bords de la Méditerranée. Auguste Renoir passe les derniers hivers de sa vie dans ce paradis, charmé par la douceur des couleurs provençales. Dans le Sud, le vieil homme libère sa peinture et produit plus de 700 toiles, dont un de ses derniers chefs-d’œuvre, “Les Baigneuses”.


Les dieux, on l’a compris, ne sont pas là pour arranger les affaires sociales, ils ne fréquentent pas les lieux de culte, ils se baladent dans la nature, le vent, la lumière, les rivières, les fleurs.

Philippe Sollers, Les dieux de Renoir.

Les Collettes

Août 2020.



ZOOM : cliquer sur l’image.


ZOOM : cliquer sur l’image.


ZOOM : cliquer sur l’image.


ZOOM : cliquer sur l’image.


ZOOM : cliquer sur l’image.


ZOOM : cliquer sur l’image.

Renoir, La ferme des Collettes, 1915.
ZOOM : cliquer sur l’image.


ZOOM : cliquer sur l’image.


ZOOM : cliquer sur l’image.

Renoir, Paysage.
ZOOM : cliquer sur l’image.

Renoir, Paysage aux Collettes, vers 1914.
ZOOM : cliquer sur l’image.


ZOOM : cliquer sur l’image.


ZOOM : cliquer sur l’image.

L’atelier de jardin reconstitué à l’identique.
ZOOM : cliquer sur l’image.

Auguste Renoir, Richard Guino, Aline Renoir, 1915 (année de sa mort).
Terre cuite. ZOOM : cliquer sur l’image.

Auguste Renoir, Richard Guino, Aline Renoir, 1916.
Plâtre patiné. ZOOM : cliquer sur l’image.

Cézanne, 1915.
Plâtre. ZOOM : cliquer sur l’image.

Buste de Vénus, vers 1914.
ZOOM : cliquer sur l’image.

Danseuses au tambourin I, II, III., 1918.
Terre cuite. ZOOM : cliquer sur l’image.

Laveuse, vers 1910.
ZOOM : cliquer sur l’image.

Grandes baigneuses, 1901-1902.
ZOOM : cliquer sur l’image.

Auguste Renoir, Richard Guino, Hymne à la vie.
Modèle de pendule en plâtre patiné. Photos A.G., 20 août 2020. ZOOM : cliquer sur l’image.

VOIR AUSSI : Les dieux de Renoir


[2Note : Le tournage s’est déroulé à l’automne 2011 au Domaine du Rayol dans le Var où a été reconstituée la maison de Renoir de Cagnes-sur-Mer.
Guy Ribes, le fameux artiste peintre et faussaire, réalisa des toiles pour les besoins du film. Il y double aussi les mains de Michel Bouquet, qui joue le rôle-titre, et le conseille techniquement lorsque celui-ci est censé peindre.

Un message, un commentaire ?

Ce forum est modéré. Votre contribution apparaîtra après validation par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • NOM (obligatoire)
  • EMAIL (souhaitable)
Titre
Ajouter un document
  • Lien hypertexte

    LIEN HYPERTEXTE (Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)