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Lautréamont (avis de recherche de)

D 19 décembre 2007     C 3 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   


Vous savez, j’avais fait le pari de citer intégralement les Poésies de Lautréamont dans mes propres livres. C’est maintenant chose faite, et cela passe très bien.

Philippe Sollers
Entretien avec la revue Pylône, Bruxelles, 2 décembre 2003

dans le cadre de la série « Ecrire, éditer en Europe »
Article repris dans L’Infini N°92, automne 2005.

On savait Ph. S. grand consommateur de citations "non sourcées", avis aux chercheurs pour rassembler le puzzle ! Vos trouvailles sont les bienvenues ?
V.K.

Les Poésies de Lautréamont


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3 Messages

  • D. | 13 janvier 2008 - 11:01 1

    Débroussaillons un peu : il y a La guerre du goût, Eloge de l’infini, Lautréamont est à tous les coins de pages, y compris où on ne l’attend pas, il y joue un rôle précis et multiple. L’index est là pour nous aider. Ce qui est intéressant, c’est à quoi Sollers fait servir les Poésies. Par exemple à donner du relief à une autre citation et à la faire apparaître dans son étonnante fraîcheur. Plus largement, la citation des Poésies introduit une sorte de vertige, puisque elles sont elles-mêmes un tissu de citations de classiques, que Sollers va éclairer en citant ces mêmes Poésies. Comme dit, n’est-ce pas, Guy Debord (après Ducasse) : " Le plagiat est nécessaire. Le progrès l’implique."

    A tout seigneur tout honneur, voilà un des leitmotives de La guerre du goût :

    " Le goût est la qualité fondamentale qui résume toutes les autres qualités. C’est le nec plus ultra de l’intelligence. Ce n’est que par lui seul que le génie est la santé suprême et l’équilibre de toutes les facultés." (La guerre du goût, p. 12, p. 572, pour accompagner Montesquieu ; Eloge de l’infini, p. 437, pour Sévigné)

    Autre citation phare :
    «  Je ne connais pas d’autre grâce que celle d’être né. Un esprit impartial la trouve complète. » (Avec Sévigné, EI, Folio, p.437)

    Après quoi Sollers poursuit : « on ne serait pas étonné de trouver ces phrases, telles quelles, dans la correspondance de Sévigné. Je veux simplement dire que la subversion ironique de Lautréamont éclaire d’une lumière juste et noire l’insolite liberté de la marquise, de même qu’elle nous oblige à nous demander d’où viennent vraiment La Rochefoucauld, Vauvenarges, Descartes ou Pascal. Génie d’une langue ? Pas seulement. Expérience physique et spirituelle dont nous n’envisageons plus qu’avec peine la nécessité et la force. » (EI, 437)

    Encore avec Sévigné :
    «  Nous n’avons pas assez de force pour suivre notre raison » (GG, 269)

    Avec La Bruyère, que Lautréamont plagie et détourne :
    « La Bruyère : "Tout est dit, et l’on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu’il y a des hommes qui pensent... L’on ne fait que glaner après les anciens et les habiles d’entre les modernes." Lautréamont (dans Poésies : " Rien n’est dit. L’on vient trop tôt depuis sept mille ans qu’il y a des hommes. Nous avons l’avantage de travailler après les anciens, les habiles d’entre les modernes." Tout est dit. Rien n’est dit. Le seul fait de dire ouvre le temps lui-même. »

    Sur Don Juan :
    « Ecoutez le discours de Sganarelle, tissu de la banalité déchirée, panique du stéréotype moral, et la conclusion de son maître : "Oh ! Le beau raisonnement." Le raisonnement humain, en tant que tel, est défié, dans sa logique domestique, comme il le sera plus tard dans Poésies de Lautréamont : " La mouche ne raisonne pas bien à présent, un homme bourdonne à ses oreilles." » (EI, 824)

    Ou encore, à propos de Francis Bacon, Sollers cite l’incipit des Poésies :
    «  Les gémissements poétiques de ce siècle ne sont que des sophismes.
    Les premiers principes doivent être hors de discussion.
    J’accepte Euripide et Sophocle ; mais je n’accepte pas Eschyle.
     »
    (EI, 113)

    Il faudrait peut-être aller voir dans Passion fixe, autour du personnage de François...


  • A.G. | 12 janvier 2008 - 14:13 2

    Je vous conseille plutôt ce lien Lautréamont/Ducasse

    Voir aussi : Un classique inconnu


  • lariost | 12 janvier 2008 - 12:24 3

    J’ai cliqué sur le lien qui donne accès a l’intégrale de Lautréamont, quelle merveilleuse idée, soulagement on arrive sur les poésies, on évite donc l’horreur des chants, je me mets a l’aise hélas un peu trop facilement, quand soudain mon sang se glace à la lecture de la première phrase :

    "Je remplace la mélancolie par le ouvrage,"

    Et la je m’effondre, Elle ne finira donc point cette goule reine de millions d’heures sup’ !
    Les cerveaux qui ont écrit cela ou les réseaux de neurones des ordinateurs sont plombés, contaminés par notre époque !
    L’ouvrage, l’ouvrage et toujours l’ouvrage !
    Le salut par l’ouvrage !
    Pénélope ne défait pas ton ouvrage, car il faut du rendement !
    Travailler plus pour gagner plus qu’il disait !

    On est mal barré si il faut s’amuser à retrouver ce texte biaisé et petit chinois (le ouvrage) dans l’oeuvre de sollers ...

    Ou alors, peut-être faut-il voir dans ce mot autre chose que ce que nous vend notre époque, car après tout il peut aussi s’agir d’un ouvrage d’art, de quelque chose d’historique, peut etre faut-il y voir un signe, quelque chose comme la clef d’un antique festin, une alchimie du verbe entre le mot oeuvre et le mot courage ...

    Pour en revenir a l’idée de retrouver des traces des poésies de Lautréamont dans l’oeuvre de Sollers, je trouve cette proposition vraiment interessante, surtout qu’elle présuppose qu’il y a dans cette histoire un écrivain qui se joue de ses piètres lecteurs, lecteurs qui n’auraient lu que 4 livres ...

    Et puis que voulez-vous, on ne va pas se refaire !
    si vous n’avez pas l’esprit girondin, c’est que vous êtes forcément montagnard !

    Robespierre :

    « Nous voulons substituer, dans notre pays, la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole et misérable, c’est-à-dire, toutes les vertus et tous les miracles de la République, à tous les vices et à tous les ridicules de la monarchie. »


    - Discours à la Convention nationale sur les principes de morale politique qui doivent guider la Convention nationale dans l’administration intérieure de la République le 5 février 1794


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