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Coran et Bible en questions et réponses

D 12 mars 2017     C 0 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Une analyse textuelle.

Daniel Sibony, Coran et Bible en questions et réponses

1er mars 2017

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7 mars 2017. Michel Zerbib / Radio J.


Daniel Sibony
Zoom : cliquez l’image.

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« Le Coran prend appui sur la Bible pour lancer un projet grandiose : convertir l’humanité à la “vraie religion”, l’islam, par un double “effort”, à la fois pacifique et coercitif, symbolique et militaire.

Ces deux aspects sont intriqués, indissociables, pour des raisons de structure, dont les effets ont porté une histoire de treize siècles et demeurent actuels. D’où l’idée que le Coran serait non seulement un Texte religieux mais un grand Livre stratégique – une stratégie sacrée, pragmatique et totalement originale.

Au passage, une question récurrente est évoquée, celle de savoir “ce qu’il y a et ce qu’il n’y a pas” dans le Coran ; plutôt que d’y répondre par “il y a tout et son contraire”, on y apporte un nouveau regard. » D. S.

Daniel Sibony, né au Maroc, de langue maternelle arabe, a un accès direct aux Textes fondateurs. Psychanalyste, il a publié de nombreux ouvrages dont, notamment, Le Grand Malentendu. Islam, Israël, Occident ainsi qu’Un certain « vivre-ensemble ». Musulmans et juifs dans le monde arabe.

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Avant-propos

Que l’on soit croyant ou non, pour peu qu’on s’intéresse aux textes et à leurs effets, on doit reconnaître que le Coran est un Texte extraordinaire. Très peu le connaissent car non seulement, pour bien comprendre, il faut le lire en langue arabe, ce qui écarte beaucoup de monde, mais il faut, pour apprécier son apport, avoir en tête les matériaux qu’il utilise : même si l’on pense qu’il est tombé du ciel, le « Dieu » qui l’aurait fait tomber l’a composé à partir d’éléments précis, qu’il prend la peine de citer ou d’évoquer. Le Texte lui-même dit souvent qu’il ne fait que « confirmer » ce qu’on savait déjà ; d’où l’intérêt majeur de voir comment il s’y prend. De fait, il relève un défi énorme : sans rien apporter de nouveau, comme contenu, produire un Texte qui par son seul agencement fonde le plus grand « parti » du monde, celui des vrais « croyants », encore appelé la Oumma, dont le mode de pensée ou l’idéologie contrôle un milliard et demi d’âmes et une soixantaine de pays.
Il y a une stratégie textuelle du Coran — qui en fait un Livre unique — et notre effort pour l’éclairer intéressera non pas ceux qui cherchent la vérité sur ces questions, ils l’ont sûrement déjà trouvée (dans ce domaine « ça n’attend pas »), mais ceux qu’intéressent la forme des textes, la puissance de leur forme, leur mise en scène, leur agencement en vue de tel projet précis. De ce point de vue, le Coran est exemplaire, c’est une création qui fonctionne de façon si précise et singulière qu’elle mérite d’être scrutée, surtout du point de vue de sa forme. Nous verrons qu’en tant que création textuelle, elle est d’autant plus originale qu’elle est faite de matériaux récupérés, mais disposés de façon nouvelle, et assez imparable pour que les Occidentaux (juifs, chrétiens, athées) aient beaucoup de mal à l’affronter, ou même à la comprendre, et que les musulmans aient beaucoup de mal à en sortir, lorsqu’il arrive qu’ils le veuillent.
Une sorte d’habitude paresseuse fait que l’on compare souvent le Coran avec la Bible. Or celle-ci s’est écrite sur près de huit siècles, et des dizaines d’auteurs y ont contribué ; le Coran est l’œuvre d’un homme (ou d’une « dictée divine » supposée faite à un homme) sur une vingtaine d’années, avec un projet si parfaitement élaboré qu’il entraîne l’adhésion enthousiaste des adeptes, mais qu’il peut à bon droit susciter l’admiration des non­ adeptes pour la finesse de sa mise en place ainsi que pour sa réussite — même quand elle se révèle si parfaitement efficace qu’elle pose des problèmes difficiles à ceux qui veulent la réformer.
C’est le montage textuel du Coran qu’il s’agit d’élucider, en rapportant quelques trouvailles de mes « voyages » dans ce grand Livre-noyau de l’islam, que je fréquente — en arabe — par périodes depuis plus de trente ans, pour éclairer, non pas les musulmans (ce serait une étrange idée que de vouloir « éclairer » des croyants sur leur croyance), mais d’abord ma propre lanterne et, pourquoi pas, celle des curieux qui, plus que jamais, « se posent des questions ». Il se peut que justement, cette série de questions-réponses, qui fait écho à des dialogues réels, aide à marquer quelques repères [1].

Feuilletez le livre

LIRE AUSSI : Après le 13 novembre (2015)

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[1Que le lecteur peut compléter en consultant nos autres livres sur la question, comme Les Trois Monothéismes (Seuil, 1992), Nom de Dieu. Par-delà les trois monothéismes (Seuil, 2002), Islam, phobie, culpabilité (Odile Jacob, 2013), Le Grand Malentendu (Odile Jacob, 2015), Un certain « vivre-ensemble ». Musulmans et juifs dans le monde arabe (Odile Jacob, 2016).


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