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CHINE : Signature du plus grand traité de libre échange de la planète. Pendant que nous regardions notre nombril !

D 30 novembre 2020     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Paris (GMT+1)

Pékin (GMT+8)

Mi Novembre 2020, en France,

une question reprise en boucle, saturait l’espace médiatique : « Quand vont rouvrir nos petits commerces et sous quelles conditions ? », que sur directives politiques, une administration en folie, s’employait, à règlementer avec zèle.

Au niveau européen,

le 21 juillet dernier, les chefs d’Etat et de gouvernement européens s’accordaient autour d’un plan de relance exceptionnel de 750 milliards d’euros destiné à surmonter la crise du Covid-19 en réalisant un emprunt à son nom (décision qualifiée d’historique : jamais les pays les plus vertueux financièrement n’avaient accepté de se substituer aux cigales de l’Europe pour les financer. Mais là, face au Covid, il y avait prise de conscience que le salut de l’Europe passait par le sauvetage de tous). Et que croyez-vous qu’il advint ? Quatre mois après, le plan est toujours bloqué par la Pologne et la Hongrie. D’accord pour recevoir des fonds mais ils refusent que les versements de fonds communautaires soient conditionnés au respect de l’Etat de droit. Décision à l’unanimité oblige, rien ne bouge ! Cette belle utopie européenne, viable à ses débuts à cinq ou six, est paralysante dans une Europe à 27 et dans un monde en mutation rapide. Cette règle aurait dû être amendée au profit d’une forme de majorité qualifiée avec l’ouverture de l’Europe à de nouveaux entrants. Adhésion si peu contraignante que les Polonais, quelques jours seulement après leur introduction au sein de l’Europe, signaient un important contrat d’achat d’avions américains pour leur armée. Naïveté et candeur européenne !
Cette règle de décision à l’unanimité est devenue néfaste pour l’Europe et nous condamne à terme. Sauf, si un champion européen trouvait la martingale pour nous sortir de cette impasse congénitale, car le monde bouge pendant le même temps.

Pendant ce temps la Chine signait le plus vaste traité de libre échange de la planète !

En s’alliant avec 14 autres pays, l’Empire du Milieu étend son emprise sur l’économie mondiale. Cet accord souligne aussi la négligence dont ont fait preuve les Etats-Unis vis-à-vis de l’Asie du Sud et de l’Est, depuis 2016, l’arrivée de Donald Trump à la présidence américaine.


L’accord baptisé RCEP a té signé à l’issue d’un sommet qui s’est tenu à Hanoï, en visioconférence. © keystone sda.ch
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L’ennemi préféré de la Washington trumpienne a su en profiter. Dimanche 15 novembre 2020, 15 pays d’Asie et du Pacifique ont signé un important accord commercial, promu par la Chine, à l’occasion de la clôture d’un sommet en visioconférence qui avait débuté jeudi 12 novembre.

La réponse chinoise aux États-Unis

Ce pacte est considéré comme la réponse chinoise à une initiative américaine abandonnée. En janvier 2017, Donald Trump avait retiré son pays du projet concurrent, le Traité de libre-échange transpacifique (TPP), promu par son prédécesseur démocrate Barack Obama.

Quel visionnaire inspiré aura été Donald Trump, ce président qui voyait une victoire dans sa défaite (elle était honorable en nombre de votes et il aurait pu l’assumer comme telle), ce président qui refaisait le monde avec ses tweets matinaux ! Pendant ce temps, la Chine poursuivait sa partie de go planétaire.

Un tiers de l’humanité est concerné

Ce Partenariat régional économique global (RCEP, Regional Comprehensive Economic Partnership) a été lancé à l’occasion d’une cérémonie en visio-conférence organisée au Vietnam, à Hanoï. Quinze pays d’Asie-Pacifique y sont associés. Les négociations pour le mettre au point duraient depuis huit ans. À l’origine, les dix pays qui composent l’Asean (Vietnam, Singapour, Malaisie, Indonésie, Birmanie, Laos, Brunei, Cambodge, Philippines, Thaïlande) cherchaient à ouvrir leurs économies en organisant un partenariat. Cinq pays se sont joints à eux : la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Cet accord commercial multilatéral instaure la plus grande zone de libre-échange au monde.

Elle concerne 2,2 milliards de personnes, soit près d’un tiers de l’humanité, et elle représente un tiers de la production mondiale. Ce qui est plus que l’Union européenne ou que l’Alena, l’accord de libre-échange nord-américain.

Le RCEP entrera en vigueur une fois qu’un « nombre suffisant de pays participants » l’auront ratifié au niveau national. Il vise à réduire 90% des barrières douanières sur les produits industriels. Il fixe également des normes de propriété intellectuelle. Rien n’est prévu en revanche en matière de protection des travailleurs ou de défense de l’environnement. Et le pacte ne couvre ni l’agriculture, ni la totalité du secteur des services.

En même temps, ce partenariat offre un réel avantage aux pays de l’Asean : il fait disparaître nombre d’accords qui existaient entre eux et il harmonise des dispositions valables pour toute la zone Asie-Pacifique. Il est en particulier précisé que les biens intermédiaires qui entrent dans la production d’autres biens peuvent être originaires de chacun des quinze pays signataires.

Une avancée pour l’intégration de l’économie asiatique

Les pays qui ont signé cet accord représentent toutes les possibilités de systèmes économiques : du capitalisme anglo-saxon de l’Australie jusqu’à celui plus asiatique de la Thaïlande en passant par le communisme modernisé du Vietnam. À partir de 2018, la Chine a pris un rôle moteur dans la préparation de cette entente économique. Pékin réagissait ainsi à la décision de Donald Trump de limiter les importations chinoises aux États-Unis.

Début 2020, s’est ajoutée la baisse d’achats de produits chinois par les pays d’Europe, handicapés par la crise du Covid-19. Cela mène Jean-François Di Meglio, le président de l’institut de recherche Asia Centre, à constater : « C’est un exploit de mettre la signature de ces quinze pays sur le même bout de papier. Et c’est la Chine qui a poussé pour que cela se fasse. Elle s’est dit que, si ses débouchés commerciaux lointains se ferment, le mieux est de se replier sur une zone proche qui n’a pas été autant affectée par la crise sanitaire et qui a des chances de reprise économique beaucoup plus forte que les autres zones économiques du monde. Tout cela ne manque pas de logique pour la Chine. »

L’Inde, la grande absente et les défis à venir

Cet accord, bien qu’historique, n’est toutefois pas exempt de déceptions et de défis. D’abord, l’Inde en est la grande absente. Elle devait également rejoindre ce pacte sans précédent, mais a décidé l’an dernier de s’en retirer par crainte de voir des produits chinois à bas prix envahir son marché. New Delhi a toutefois la possibilité de le rejoindre plus tard.

Ensuite, le poids de la Chine pourrait être problématique. « le RCEP n’a jamais été dirigé ou orienté par la Chine. C’est un accord de l’Asean, souligne Deborah Elms, directrice de l’Asian Trade Centre à Singapour, cité par le Financial Times. Mais lorsqu’il entrera en vigueur, ce sera difficile pour ces pays d’en rester les leaders. » L’experte souligne également l’incapacité des pays désormais partenaires à tomber d’accord sur des règles communes concernant les données et l’e-commerce.

La Chine va devoir faire face à un défi auquel la gouvernance autoritaire de son empire intérieur ne l’a pas bien préparée : mettre d’accord ses partenaires qui ne sont ni des sujets, ni des vassaux.

La Chine va pouvoir découvrir les affres de l’Europe à mettre d’accord ses partenaires.


Nota : L’Inde s’est retirée de l’accord
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Crédit : d’après les médias ci-après avec des éléments librement composés et commentés :
letemps.ch
Slate.fr
capilal.fr

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