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L’infamie européenne

par Yannick Haenel

D 29 juin 2018     A par Albert Gauvin - C 3 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



Le Pape François et Emmanuel Macron le 26 juin 2018.
Caméras. Photos. Spectacle. Le pape attend que ça passe...

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Rencontre. Mardi 26 juin, Emmanuel Macron rencontrait le pape François. Un long entretien privé de 57 minutes (record battu, disent les commentateurs) dont, selon la tradition, rien ne filtrera. Qu’a bien pu dire le pape des pauvres au président des riches ? Macron, qui a choisi de se faire baptiser à l’âge de 12 ans, mais se déclare aujourd’hui agnostique, a parlé d’un « dialogue franc et sincère », « inspirant ». « Ce qui fait la singularité de cette rencontre, c’est que j’avais face à moi quelqu’un qui n’entrait pas dans un rapport de force. » Mais encore ?

Cadeaux. La Croix écrit : « De son côté, le président français a offert au pape une édition de 1949, en italien, du Journal d’un curé de campagne de Bernanos. Un cadeau qui a semble-t-il touché le pape. En retour, François a offert à son hôte un grand médaillon de saint Martin, l’évangélisateur de la France. "Il donne la moitié de son manteau aux pauvres" », a relevé Emmanuel Macron. "C’est la vocation du gouvernant de protéger les pauvres. Nous sommes tous pauvres" a commenté le pape à l’adresse de celui à qui colle l’image de "président des riches". » Bon. Reconnaissons que nous ne sommes pas « tous pauvres » de manière égale...
Pauvre Martin, pauvre misère. Ayons une pensée (laïque !) pour tous les « Martin ».

Europe. On se souvient que la première sortie officielle du pape François fut pour rencontrer les migrants de l’île de Lumpedusa. On se souvient aussi que, lors de son passage au Parlement européen à Strasbourg, le 25 novembre 2014, le pape, comparant l’Europe à « une grand-mère », avait déclaré :
« Ainsi, aujourd’hui nous avons devant les yeux l’image d’une Europe blessée, à cause des nombreuses épreuves du passé, mais aussi à cause des crises actuelles, qu’elle ne semble plus capable d’affronter avec la vitalité et l’énergie d’autrefois. Une Europe un peu fatiguée et pessimiste, qui se sent assiégée par les nouveautés provenant des autres continents. À l’Europe, nous pouvons demander : où est ta vigueur ? »
Le 24 mars 2017, à l’occasion des 60 ans du Traité de Rome, le pape appelait encore l’UE à revenir à ses idéaux pour ne pas mourir. Pour le pape François, « l’Europe retrouve l’espérance dans la solidarité, qui est aussi le plus efficace antidote contre les populismes modernes. » « On ne peut pas se contenter de gérer la grave crise migratoire de ces années comme si elle n’était qu’un problème numérique, économique ou de sécurité. »

Migrants. François déclarait déjà le 14 janvier 2014, se refusant à « trier » migrants et réfugiés (nul doute qu’il l’aura redit à Macron) :
« Migrants et réfugiés ne sont pas des pions sur l’échiquier de l’humanité. Il s’agit d’enfants, de femmes et d’hommes qui abandonnent ou sont contraints d’abandonner leurs maisons pour diverses raisons, et qui partagent le même désir légitime de connaître, d’avoir mais surtout d’être plus. Le nombre de personnes qui émigrent d’un continent à l’autre, de même que celui de ceux qui se déplacent à l’intérieur de leurs propres pays et de leurs propres aires géographiques, est impressionnant. Les flux migratoires contemporains constituent le plus vaste mouvement de personnes, sinon de peuples, de tous les temps. [...]
La réalité des migrations, avec les dimensions qu’elle présente en notre époque de la mondialisation, demande à être affrontée et gérée d’une manière nouvelle, équitable et efficace, qui exige avant tout une coopération internationale et un esprit de profonde solidarité et de compassion. [...]
Enfin, regardant la réalité des migrants et des réfugiés, il y a un troisième élément que je voudrais mettre en évidence sur le chemin de la construction d’un monde meilleur ; c’est celui du dépassement des préjugés et des incompréhensions dans la manière dont on considère les migrations. Souvent, en effet, l’arrivée de migrants, de personnes déplacées, de demandeurs d’asile et de réfugiés suscite chez les populations locales suspicion et hostilité. La peur nait qu’il se produise des bouleversements dans la sécurité de la société, que soit couru le risque de perdre l’identité et la culture, que s’alimente la concurrence sur le marché du travail, ou même, que soient introduits de nouveaux facteurs de criminalité. Les moyens de communication sociale, en ce domaine ont une grande responsabilité : il leur revient, en effet, de démasquer les stéréotypes et d’offrir des informations correctes où il arrivera de dénoncer l’erreur de certains, mais aussi de décrire l’honnêteté, la rectitude et la grandeur d’âme du plus grand nombre. En cela, un changement d’attitude envers les migrants et les réfugiés est nécessaire de la part de tous ; le passage d’une attitude de défense et de peur, de désintérêt ou de marginalisation – qui, en fin de compte, correspond à la "culture du rejet" – à une attitude qui ait comme base la "culture de la rencontre", seule capable de construire un monde plus juste et fraternel, un monde meilleur. Les moyens de communication, eux aussi, sont appelés à entrer dans cette "conversion des attitudes" et à favoriser ce changement de comportement envers les migrants et les réfugiés. » (Message du Pape François pour la 100e journée mondiale des migrants et des réfugiés le 19 janvier 2014, sur le thème : « Migrants et réfugiés : vers un monde meilleur »)

Les défenseurs bornés des « racines chrétiennes de l’Europe » (expression que François n’a pas reprise) ont-ils entendu le message du pape ? Non ? Auraient-ils une conception par trop restrictive de l’infaillibilité pontificale ? Bizarre...


Migrants.
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Europe encore. Rome n’est plus dans Rome. Le Vatican a beau avoir son siège en Italie, c’est-à-dire dans l’un des pays fondateurs de l’Europe, on ne peut pas dire que le message du pape ait été entendu ! Le récent scandale de l’Aquarius en témoigne. Ce n’est pas le premier, ce ne sera pas le dernier. Face à la décision du ministre de l’Intérieur d’extrême-droite italien de refuser le droit d’accès à un port de la péninsule, le gouvernement français a fait preuve d’une rare hypocrisie (il est loin le temps où la France accueillait les boat people !) et c’est l’Espagne qui a sauvé, provisoirement, l’honneur de l’Europe.

Conte. On apprend, ce 29 juin, que les leaders européens, après une nuit laborieuse, viennent de conclure un accord a minima à propos duquel le Président du conseil italien, Giuseppe Conte, s’est félicité de « la possibilité de créer des plateformes de débarquement dans les pays tiers », sous l’autorité du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR) et celle de « créer des centres d’accueil dans les pays européens mais seulement sur une base volontaire, avec une gestion collective européenne ». Voilà qui est bien flou ! Et quand c’est flou... D’autant que, poursuit Conte (là, c’est clair), « tous les bateaux doivent respecter les lois, donc aussi les ONG, et ne pas interférer avec les opérations des garde-côtes libyens ». Une position qu’Emmanuel Macron, le 26 juin, avait anticipé en déclarant, peu inspiré : « On ne peut accepter durablement cette situation car au nom de l’humanitaire cela veut dire qu’il n’y a plus aucun contrôle. » Les lois, le contrôle... Ouais.

Politique. En fait, il s’agit de criminaliser les ONG et de savoir — chose impensable il y a encore quelques années pour des gouvernements« libéraux » — où on va installer des camps (dans les pays d’origine ou en Europe ?). Comme l’écrivait récemment Jean-Claude Milner (à propos des migrants de Calais) : « on entrevoit le réel des droits du corps en examinant ce qui se passe quand ils sont refusés aux individus », « les droits de l’homme/femme, ceux de 1789, quittent le XVIIIe siècle pour le XXIe, dès qu’on dresse la liste de ce qui manque aux réfugiés. » (Relire la Révolution, p. 259). A-t-on encore raison de se révolter sans être accusé de céder aux bons sentiments, à l’angélisme supposé de « l’humanitaire », aux « droits-de-l’hommisme » ? Des écrivains — Haenel, Saviano, De Luca — prennent aujourd’hui position. C’est dans Les Inrockuptibles de cette semaine.


Les Inrocks, 27 juin 2018.
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L’infamie européenne

par Yannick Haenel

Les démocraties occidentales ont un problème avec les étrangers et avec les pauvres. Ou plutôt, elles les voient comme un problème. A un problème, on cherche une solution : penser en ces termes réveille inévitablement les "penchants criminels", comme dirait Jean-Claude Milner. Serait-il possible de ne pas voir les étrangers comme un "problème", et de fonder enfin une politique internationale qui s’ouvre à la question, non seulement fondamentale et urgente, mais désormais prioritaire, de l’exode généralisé des populations ?
Cet exode est le plus grand événement du XXIe siècle, il ne cessera pas de s’amplifier : se contenter de poser des rustines sur les flux migratoires, comme le font les pays européens, relève de la connerie, de l’incompétence malveillante, de la perversion. Le gouvernement français se croit malin à sermonner l’Italie quand celle-ci se refuse à accueillir de nouveaux migrants. Mais la politique hypocrite et brutale de Macron ne vaut pas mieux que celle de Salvini, dont la provocation contre l’Aquarius vise avant tout un bras-de-fer avec l’Europe pour contenter son électorat. Macron s’imagine incarner le camp du bien contre l’affreux fasciste italien, mais ce qu’il appelle les "lépreux" recouvre en réalité l’Europe entière, responsable, par ses lois coercitives, de la mort de 50 000 migrants noyés en Méditerranée (notamment en ayant interrompu le dispositif de secours Mare nostrum et en laissant les autorités italiennes se débrouiller toutes seules). Salvini est certes un infect nationaliste en passe de clôturer de barbelés le territoire de l’Italie (il fiche déjà les Roms et prépare une politique infâme de sélection semblable à celle qui, faut-il le rappeler, prévaut aux Etats-Unis), mais il est vrai que l’Italie a assumé seule depuis presque dix ans l’arrivée massive de demandeurs d’asile désespérés.
Qui se souvient encore de Lampedusa ? L’amnésie et la surdité des Européens n’ont d’égale que leur arrogance à stigmatiser ceux qu’elle réduit à n’être rien : après avoir laissé mourir les réfugiés au large de Lampedusa, l’Europe en traque les survivants aux frontières. Tant qu’on persistera à enregistrer administrativement les migrants dans le pays où ils débarquent (c’est-à-dire, en gros, l’Italie), et à les y renvoyer dès qu’ils cherchent du travail ailleurs, c’est-à-dire à les assigner à tourner en rond dans une illégalité inextricable, la situation relèvera du massacre organisé.
Car il est impossible aujourd’hui de penser la catastrophe planétaire des migrants sans penser en même temps le trafic d’êtres humains : plus personne n’ignore que les migrants sont la proie de mafias qui les rançonnent en leur promettant un passage vers la liberté, et qu’ils sont devenus un placement recherché, une matière première stockée, enfin un produit qu’on brade sur des rafiots voués au naufrage. Derrière le flux planétaire des migrants qu’on qualifie absurdement de "clandestins", et tirant profit de l’expropriation qui frappe désormais les plus pauvres partout dans le monde, sévit un banditisme qui investit dans la misère, comme on investirait dans un secteur qui rapporte. Otages d’un nouveau marché — l’acheminement low cost des réfugiés —, les migrants sont coincés entre les guerres civiles d’Afrique qu’ils fuient et l’aberration de normes européennes qui les mettent au ban : ainsi sont-ils réduits à ne vivre que sous le joug de la mise à mort — ils sont sacrifiables.
Lampedusa n’est plus, en 2018, le paradigme de l’infamie occidentale. Celle-ci s’incarne aujourd’hui directement dans l’incurie criminelle des gouvernements européens, dans la comédie que des fripouilles institutionnelles se jouent, à Bruxelles, lors de commissions fantoches .
Macron n’a-t-il pas expliqué à ses collègues, le 24 juin, qu’il n’y avait plus de "crise des migrants" puisqu’on avait réussi à "réduire fortement les flux" ? J’ai du mal à comprendre : réduire fortement les flux, est-ce que ça veut dire augmenter le nombre des noyés ?
L’infamie, c’est de traiter de manière juridique, c’est-à-dire policière, une situation qui est avant tout politique, c’est-à-dire humanitaire.
L’infamie, c’est de criminaliser les sans-papiers. On touche ici au point obscur qui anime les sociétés occidentales, lesquelles ne conçoivent plus l’existence humaine qu’en termes de problème et de solution. Qui va accueillir les réfugiés venus d’Afrique ? Combien ça va coûter à l’Europe ? Où va-t-on les mettre ? Ces questions auxquelles on cherche à réduire cette catastrophe humanitaire sans précédent sont les mêmes qu’on se posait concernant les Juifs dans les années 30 et 40, questions que les politiciens européens se posaient uniquement comme un problème, laissant les nazis y apporter leur solution. — Y.H.

Dernier livre paru : Tiens ferme ta couronne, Prix Médicis 2017


Les Inrocks, 27 juin 2018.
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LIRE AUSSI : Roberto Saviano : « Le nouveau gouvernement italien a déjà causé trop de mal ».


Les Inrocks, 27 juin 2018.
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LA SUITE DANS LES INROCKS

LIRE AUSSI : Jean-Claude Milner, les droits de l’homme et du citoyen

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3 Messages

  • Albert Gauvin | 3 août 2018 - 13:08 1

    Des migrants de l’Aquarius accueillis en France obtiennent le statut de réfugiés

    Débarqués le 17 juin de l’Aquarius, les 42 migrants soudanais accueillis à Lille par l’association La Sauvegarde du Nord ont obtenu vendredi 3 août leur statut de réfugié à l’issue d’une procédure accélérée. LIRE ICI..


  • Albert Gauvin | 18 juillet 2018 - 11:35 2

    "Avec l’essence, les corps glissaient" : un sauveteur raconte l’apocalypse autour de l’"Aquarius".

    VÉCU. Ludovic Duguépéroux, marin-sauveteur sur l’"Aquarius", livre le témoignage bouleversant du sauvetage en mer Méditerranée des migrants en train de se noyer. LIRE ICI.


  • Albert Gauvin | 2 juillet 2018 - 13:24 3

    Migrants : le capitaine du "Lifeline" devant un tribunal ce lundi


    Le "MV Lifeline", navire humanitaire affrété par une ONG allemande pour venir en aide aux migrants à son arrivée à Malte, le 27 juin 2018.
    Matthew Mirabelli / AFP. Zoom : cliquez l’image.

    Le capitaine de ce navire a été accusé par les autorités maltaises et italiennes d’avoir enfreint les règles en refusant notamment de se plier aux ordres des garde-côtes libyens.

    Le capitaine du navire humanitaire Lifeline, arrivé mercredi à Malte avec à son bord plus de 230 migrants, va être entendu lundi par un tribunal maltais, a indiqué vendredi à l’AFP un porte-parole du gouvernement maltais.

    Le capitaine de ce navire, affrété par l’ONG allemande éponyme, a été accusé par les autorités maltaises et italiennes d’avoir enfreint les règles en refusant notamment de se plier aux ordres des garde-côtes de la Libye, pays d’où étaient partis les candidats à l’immigration en Europe et repêchés le 21 juin par les marins de l’organisation allemande.

    Emmanuel Macron avait aussi accusé mardi le navire d’avoir "coupé le signal" et d’être "intervenu en contravention de toutes les règles et des garde-côtes libyens" en portant secours à 233 migrants. "On ne peut pas accepter durablement cette situation car au nom de l’humanitaire cela veut dire qu’il n’y plus aucun contrôle. A la fin, on fait le jeu des passeurs en réduisant le coût du passage pour les passeurs. C’est d’un cynisme terrible", avait-il ajouté.

    "Il est important de souligner que le seul ordre auquel le bateau a refusé d’obéir est celui de remettre ces personnes aux prétendus garde-côtes libyens car cela aurait été en contravention avec la Convention de Genève sur les réfugiés et donc criminel," avait assuré l’ONG dans un communiqué.

    Selon elle, obéir à l’ordre reçu de "désembarquer à Tripoli aurait constitué une violation du principe de non-refoulement".

    Le principe de non-refoulement prévoit qu’aucun Etat signataire de la Convention "n’expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques".

    "Cynisme"

    Pour les associations, ces déclarations "marquent une étape supplémentaire dans le cynisme et l’hypocrisie de la politique migratoire française mais aussi européenne".

    "En favorisant le refoulement et le maintien en Libye de milliers de personnes qui ont enduré des mois voire des années de privations, d’extorsion et de tortures, le président de la République renie les valeurs fondamentales du droit humanitaire", ont ajouté ces ONG dans ce communiqué transmis à l’AFP.

    De son côté le directeur général de France terre d’asile (FTDA) Pierre Henry a déploré des propos "inappropriés, inopportuns et incongrus", car "l’Aquarius et le Lifeline obéissent simplement au droit maritime qui impose de sauver des vies de naufragés", ce qui "ne se discute pas".

    Pays d’accueil

    Le capitaine avait déjà été interrogé mercredi et jeudi, mais laissé en liberté. Son bateau reste sous séquestre et sous surveillance, a ajouté ce porte-parole.

    Les autorités maltaises ont par ailleurs indiqué avoir terminé leurs opérations de contrôle des migrants débarqués mercredi, et que les pays ayant accepté de les accueillir vont maintenant procéder à leurs propres contrôles, selon cette source.

    Huit pays européens accueilleront certains de ces migrants : Malte, Italie, France, Espagne, Portugal, Luxembourg, Belgique et Pays-Bas. La Norvège a également indiqué être prête à en accueillir.

    (AFP)