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«  Madame Le Pen, lisez le pape François jusqu’au bout  !  »

La Croix du lundi 1 mai

D 2 mai 2017     A par A.G. - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Voici mon dernier dazibao (2 mai, 10h) :

Charles Baudelaire, Projet de Préface aux Fleurs du Mal :
« Le Diable. [...] Si vous vouliez, vous seriez le favori du Tyran ; il est plus difficile d’aimer Dieu que de croire en lui. Au contraire, il est plus difficile pour les gens de ce siècle de croire au diable que de l’aimer. Tout le monde le sent et personne n’y croit. Sublime subtilité du Diable. »
Voilà ce que devraient méditer les représentants de l’Église catholique de France (ou les adeptes du Révérend Mélenchon) qui, contrairement à 2002, où ils avaient appeler à voter Chirac contre Le Pen, refusent de se prononcer clairement en 2017.
Effet pervers de la dédiabolisation : même les catholiques (français) ne croient plus au Diable !
Et le pape François, me direz-vous ? Eh bien, je lis ici ou là, et même dans Lacan Quotidien, que, tel Ponce Pilate, des élections françaises, il s’en laverait les mains. C’est aller un peu vite en besogne et trop croire aux médias et pas assez au Diable. Car les médias se sont empressés de brouiller les récents propos du pape. Les voici, utilement rappelés dans La Croix (après mon appel aux Insoumis, c’est mon appel aux catholiques !) :

«  Madame Le Pen, lisez le pape François jusqu’au bout  !  »

par Isabelle de Gaulmyn

Madame Le Pen, je vous ai entendu ce lundi 1er mai à Villepinte citer le pape François. Mais je me permets de vous signaler que vous avez fait un grossier contresens sur ses propos  : dans l’avion qui le ramenait d’un voyage au Caire (pour le dialogue avec les musulmans notamment), le pape n’a nullement dit, comme vous semblez l’avoir compris, qu’il ne parvenait pas à «  saisir le message  » de votre concurrent, Emmanuel Macron. J’imagine que vous ne parlez pas l’italien, et que, dans votre entourage, personne ne le parle.

Ce que le pape a dit

Je vous précise donc ce que le pape a dit, à votre propos et celui de Macron.
«  Concernant la France, à dire vrai, je ne comprends par la politique intérieure française (…) Des deux concurrents politiques [Le Pen et Macron] je ne connais rien, je ne sais pas d’où ils viennent. Oui, je sais que l’une est représentante de la droite forte (ou extrême). Mais l’autre, je ne sais pas. Pour cela je ne peux donner une opinion claire sur la France  ».

Le pape François explique donc simplement qu’il ne connaît pas Emmanuel Macron. Mais il ne parle absolument pas de son message. Pour un responsable d’une Église de 1,2 milliard de personnes, qui n’a pratiquement jamais mis les pieds en France (il est argentin) rien de bien surprenant. De vous, il en connaît un peu, car voilà plus de vingt ans que vous faites partie du système politique français comme européen, à la droite de l’échiquier politique. Vous n’êtes pas une personnalité nouvelle, mais une personne du système, contrairement à Emmanuel Macron.

Le reste du texte

Surtout, Madame Le Pen, il faut savoir lire l’ensemble d’un texte. Or, que dit le pape, avant cette phrase, à propos de ce populisme dont il estime que de nombreux pays d’Europe, dont la France, sont menacés  ? «  Ce que j’ai dit sur l’Europe, je ne le répéterai pas aujourd’hui  », explique-t-il d’abord, rappelant notamment son discours lors des 60 ans du Traité de Rome. Je vous ai mis, en bas de ce blog, ce discours, en français, que vous pourrez ainsi découvrir. Je ne vous en cite ici que cet extrait  : «  Que l’Europe retrouve l’espérance dans la solidarité qui est aussi le plus efficace antidote contre les populismes modernes. La solidarité comporte la conscience de faire partie d’un seul corps et en même temps implique la capacité que chaque membre a de “sympathiser” avec l’autre et avec l’ensemble (…) Au contraire, les populismes prospèrent précisément à partir de l’égoïsme, qui enferme dans un cercle restreint et étouffant et qui ne permet pas de surmonter l’étroitesse de ses propres pensées et de “regarder au-delà”.  »

Dans ce même avion, le pape a ensuite ajouté  : «  le problème qui divise l’Europe et sans doute alimente les populismes, c’est le problème des migrations. Mais n’oublions pas que l’Europe est faite des migrants, des siècles et des siècles de migrants… Ce sont nous  !  ».

Enfin, comme vous vous plaisez à citer les papes, je vous donne, pour vos prochains discours, quelques extraits à reprendre, des deux précédents papes.

De Jean-Paul II

«  La situation d’irrégularité légale n’autorise pas à négliger la dignité du migrant, qui possède des droits inaliénables, qui ne peuvent être ni violés ni ignorés… Pour le chrétien, le migrant n’est pas simplement un individu à respecter selon des normes fixées par la loi, mais une personne dont la présence l’interpelle et dont les besoins deviennent un engagement dont il est responsable. "Qu’as-tu fait de ton frère  ?" (cf. Gn 4, 9). La réponse ne doit pas être donnée dans les limites imposées par la loi, mais dans l’optique de la solidarité  ».
(Message pour la Journée Mondiale des Migrants, 1996).

De Benoît XVI

«  Aucun pays ne peut penser être en mesure de faire face seul aux problèmes migratoires de notre temps. Nous sommes tous témoins du poids de souffrances, de malaise et d’aspirations qui accompagne les flux migratoires. La gestion de ce phénomène est complexe, nous le savons tous  ; il s’avère toutefois que les travailleurs étrangers, malgré les difficultés liées à leur intégration, apportent par leur travail, une contribution appréciable au développement économique du pays qui les accueille, mais aussi à leur pays d’origine par leurs envois d’argent. Il est évident que ces travailleurs ne doivent pas être considérés comme une marchandise ou simplement comme une force de travail. Ils ne doivent donc pas être traités comme n’importe quel autre facteur de production. Tout migrant est une personne humaine qui, en tant que telle, possède des droits fondamentaux inaliénables qui doivent être respectés par tous et en toutes circonstances   ». (Encyclique Caritas in veritate 62)

Pour aller plus loin

discours du pape François pour les 50 ans des traités de Rome

Isabelle de Gaulmyn, La Croix du lundi 1 mai 2017à 15h04.

LIRE AUSSI : Le pape appelle l’UE à revenir à ses idéaux pour ne pas mourir.

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