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Chine d’aujourd’hui et Chine sollersienne (*)

(*) par Shizuko ABE, Université KEIO, Yokohama, Japon

D 7 novembre 2016     A par Viktor Kirtov - C 7 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Paris (GMT+1)

Pékin (GMT+8)

Dans la Chine d’aujourd’hui, ca y est, c’est fait : depuis le 1er octobre 2016, la monnaie chinoise, le yuan, a été adoubée devise de réserve par le Fonds monétaire international et fera partie du panier des DTS (ou Droit de Tirage Spéciaux). C’est du chinois pour vous, tout ça ? Cela ne vous concerne pas ? Pas si vite…


PHOTO : LI XIN/ZUMA PRESS
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La Chine poursuit ainsi sa pénétration internationale après l’acquisition complète du Port du Pirée en Grèce, le 8 avril 2016 [1] - son premier cheval de Troie d’importance en Europe depuis 2009 -,

Il n’est plus nécessaire aujourd’hui d’annexer géographiquement des territoires, il suffit de les annexer financièrement pour en tirer le même bénéfice, voire démultiplié eu égard à la surface contrôlée, qu’il s’agisse d’un port ou d’un aéroport… Ce sont, de facto, des abandons de souveraineté caractérisés, des atteintes à l’intégrité du territoire sans que soit tiré un seul coup de canon pour les défendre

et plus récemment de l’aéroport de Toulouse à hauteur de 49,9% [2], l’acquisition de vignobles en Bordelais, maintenant de terres à blé en France. Tandis que ses ingénieurs pensent le coup d’après dans la conquête de l’espace : Le 17 octobre, la fusée Longue Marche-2F a décollé, emportant la cabine spatiale Shenzhou XI et sestaïkonautes Jin Haipeng et Chen Dong. Objectif de ce 6ème vol habité depuis 2003.

En contrepoint, c’est une Chine plus mythique, une civilisation fondatrice de la pensée universelle, que nous vous présentons à travers un article de Skizuko Abe de l’Université KEYO à Yokohama (Japon) :
« La Chine sollersienne - A la recherche des sources de l’écriture ».

Yuan

Le yuan chinois a rejoint le club très fermé des monnaies de réserve du FMI
C’était le 1er octobre 2016. Problème, cet égard va mettre sous les projecteurs la politique de change plutôt opaque de Pékin.
( Les Echos du 1er octobre 2016 ).


Un yuan et un dollar, deux des monnaies les plus puissantes du monde - Chameleons Eye/REX/REX/SIPA
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Dans la cour des grands. La monnaie chinoise, le yuan, est effectivement entrée samedi, 1er octobre 2016, dans le club très fermé des monnaies de réserve du Fonds monétaire international, signe de la puissance économique mondiale qu’est devenue la Chine.

La « monnaie du peuple » (renminbi), autre nom du yuan, fait désormais partie, avec le dollar américain, l’euro, le yen japonais et la livre sterling britannique des Droits de tirage spéciaux (DTS), qui déterminent les devises qu’un pays peut recevoir dans le cadre d’un prêt octroyé par le FMI.

C’est la première fois qu’une nouvelle devise est ajoutée aux DTS depuis l’euro en 1999. Cette entrée se fait symboliquement le jour anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine en 1949 [par Mao, et avec un yuan, à l’effigie de feu « le Grand Timonier »].

« L’intégration dans les DTS est une étape clé dans l’internationalisation du renminbi ; c’est aussi l’affirmation du succès du développement économique de la Chine et le résultat des réformes et de l’ouverture du secteur financier », déclare la Banque populaire de Chine, la banque centrale chinoise, dans un communiqué.

La Chine saisira cette occasion pour approfondir ses réformes économiques et promouvoir la croissance mondiale, ajoute la banque centrale.

L’annonce de l’intégration du yuan dans les DTS ayant été faite dès l’an dernier, son entrée effective ne devrait pas avoir d’effet particulier sur les marchés financiers.

Une politique des changes plutôt opaque. Mais, comme certaines banques centrales vont rajouter le yuan à leurs réserves officielles, la politique économique et la politique de change de la Chine, plutôt opaques, vont se retrouver sous les feux de la rampe.

Les détracteurs de la politique chinoise font valoir que la décision du FMI est largement symbolique parce que le yuan n’entre pas totalement dans les critères du FMI notamment parce que ce n’est pas une devise qui s’échange librement et qu’elle n’est pas très utilisée pour conclure des transactions internationales ni très utilisée sur les marchés financiers.

Donald Trump, le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine du 8 novembre prochain, a fait savoir qu’il déclarerait officiellement la Chine comme un pays manipulant sa devise s’il gagne la course à la Maison blanche.

Crédit : Les Echos

En quoi le Yuan nous concerne ?

par SIMONE WAPLER [3]

Une analyse critique décapante


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Évidemment, nos grands planificateurs aiment bien embrouiller les choses pour mieux nous enfumer. Mais en réalité, cela nous concerne et nous sommes probablement au seuil d’une crise monétaire majeure. Aujourd’hui, moins de 5% de ce qu’on appelle la « masse monétaire » sont des pièces et billets. Tout le reste n’est que de la dette. Ainsi, le solde créditeur de votre compte en banque est une dette de votre banque vis à vis de vous. À l’échelle des pays, c’est la même chose.

Un pays qui voit sa monnaie accéder au statut de devise de réserve rentre dans le très select club des faux-monnayeurs internationaux. Il n’a plus besoin de payer ses petits fournisseurs étrangers en fournissant quelque chose que les gens de son pays ont produit.Il peut simplement émettre une obligation. Imaginez une grande entreprise multinationale qui ne paierait ses petits fournisseurs qu’avec des reconnaissances de dettes. Entre eux, ces petits fournisseurs se règleraient en échangeant des reconnaissances de dettes de leurs grands donneurs d’ordre.

Les banquiers centraux qui administrent la monnaie des pays qui produisent plus qu’ils n’achètent doivent stocker leurs réserves de change dans une des devises des DTS (dollar, yen, euro, livre et maintenant yuan). En d’autres termes, ils doivent souscrire aux dettes d’État émises par ces pays.Comme les matières premières, pétrole en tête, se négocient en dollars, cette situation a conduit à émettre beaucoup de dettes libellées en dollar. L’équivalent de 10 000 milliards de dollars de « réserves de change » inondent le monde et environ 60% de ces réserves sont des dettes en dollar, le reste dans les autres monnaies des DTS.

En quoi est-ce de la « fausse monnaie », vous demandez-vous peut-être ?

Parce que les pays peu dépensiers financent ainsi des emprunteurs insolvables. En effet, les contribuables des pays développés sont exsangues, incapables de faire face à l’endettement de leurs pays respectifs et la croissance de l’activité économique rentable y est anémique. Pour reprendre l’analogie, c’est comme si les petites entreprises avaient entassé des reconnaissances de dettes de grandes entreprises au bord de la faillite.Pour faire croire que tout va bien, les pays développés émettent de plus en plus de reconnaissances de dettes. Ceci a pour effet de faire baisser la devise du pays qui, sur le moment, émet plus que les autres. C’est ainsi que l’euro baisse face au dollar parce que Mario Draghi a indiqué que la Banque centrale européenne prolongerait son administration de fausse monnaie de 60 milliards d’euros par mois pendant six mois supplémentaires, et même envisageait de pousser la dose à 80 milliards.

Maintenant que la Chine fait partie des faux-monnayeurs, elle aussi va pouvoir émettre et vendre à l’étranger sa dette pour faire baisser son yuan face au dollar. Elle n’est plus obligée d’acheter de la dette libellée en dollar pour obtenir l’effet désiré… Car la Chine estime avoir besoin de faire baisser sa monnaie. En effet, l’appréciation du dollar, commencée en juillet 2014, a entraîné le yuan dans son sillage.

Crédit : http://www.economiematin.fr/

Spatial : Shenzhou-XI sur orbite

Le 17 octobre, de Jiuquan (Gansu) à 7h30, la fusée Longue Marche-2F a décollé, emportant la cabine spatiale Shenzhou XI et ses taïkonautes Jin Haipeng et Chen Dong. Objectif de ce 6ème vol habité depuis 2003 : la rencontre avec le laboratoire spatial Taigong-II. Une fois les vaisseaux amarrés, les hommes passeront à bord de la station pour 30 jours, en préparation de vols plus longs. D’ici 2022, la Chine vise des séjours habités jusqu’à un an.

Doyen des astronautes chinois (qui fêtera ses 50 ans durant le vol), le Major Général Jin en est à son troisième séjour spatial après ses vols de 2008 et 2012. Il a été choisi pour permettre aux médecins d’étudier en temps réel l’effet de l’apesanteur prolongée sur son organisme, au moyen des « B-scan » par ultrasons.

À mesure que se succèdent les vols habités, savants et militaires affinent le programme, et sans délaisser la technologie mécanique, se préoccupent de l’humain. Pour éviter les effets psychologiques pervers, Jin et Chen devront s’occuper en permanence, observer les changements apportés à leurs organismes par l’apesanteur, et surveiller 40 expériences scientifiques, parmi lesquelles la culture de diverses semences de riz, l’élevage de vers à soie (projet d’écoliers hongkongais). Quant à l’horloge atomique froide embarquée à bord, il s’agit d’un outil expérimental pour mesurer les interférences gravitationnelles. Une application potentielle étant la détection de sous-marins ! La tenue de cabine a été conçue pour prévenir la perte de masse musculaire - dans ce même souci, les hommes feront quotidiennement du vélo et de la marche. Ainsi, chaque jour, les deux hôtes de la station disposeront de deux heures de relative intimité, « coupés du monde », avec droit de téléphoner à leurs proches, et de lire, écouter de la musique ou regarder des films.

Avec ce vol, et son programme de station orbitale permanente, la Chine se hisse un peu davantage dans la cour des grands, de manière à s’imposer comme partenaire incontournable de la coopération spatiale internationale. D’ailleurs, un porte-parole du programme chinois n’en fait plus mystère, sauf fait nouveau d’ici là, la future station chinoise – une fois « Tianhe-1 », son corps principal lancé en 2018 et complété par l’adjonction de nouveaux modules – risque d’être devenue d’ici 2024 la seule présence humaine habitée hors de la Terre, une fois décommissionnée la station internationale euro-russo-américaine (ISS).

Eric Meyer, de Shanghaï (Le Vent de la Chine)

Jeudi 20 octobre2016

Crédit : http://lepetitjournal.com/shanghai/


La Chine sollersienne

La Chine sollersienne - A la Recherche de la source de l’écriture
par Shizuko ABE,

Université KEIO, Yokohama, Japon (extrait)


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Mao : La diplomatie du ping-pong


Simon Leys. Plus ICI


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Crédit : www.philippesollers.net

oOo

[1par l’armateur chinois Cosco Shipping Corporation, qui était déjà l’opérateur de deux terminaux du port depuis 2009

[2Depuis 2015, c’est un consortium chinois qui est le premier actionnaire de l’aéroport de Toulouse à hauteur de 49,9%, suite à la vente par l’Etat français d’une partie de ses participations. L’ambition affichée par le consortium chinois est de faire de Toulouse un hub desservant l’Europe pour les compagnies aériennes chinoises, (leur permettant ainsi de contourner les limitations d’autorisation d’atterrissage sur les aéroports parisiens). Le mot « hub » est aujourd’hui tabou pour ne pas effrayer, on se contente de parler de « porte d’entrée » pour l’Europe du Sud. Eté 2016, les premiers charters chinois ont atterri à Toulouse. (Et le consortium chinois a maintenant des revendications sur la répartition de la cagnotte de 70 millions d’euro amassés par les gestionnaires de l’aéroport avant l’arrivée des Chinois, cagnotte qui était alimentée par les bénéfices de l’exploitation, de l’ordre de cinq millions d’euros par an.

[3Simone Wapler est directrice éditoriale des publications Agora, spécialisées dans les analyses et conseils financiers. Ingénieur de formation, elle a quitté les laboratoires pour les marchés financiers et vécu l’éclatement de la bulle internet. Grâce à son expertise, elle sert aujourd’hui, non pas la cause des multinationales ou des banquiers, mais celle des particuliers.

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7 Messages

  • Viktor Kirtov | 18 novembre 2016 - 11:34 1

    Avec l’aimable contribution de l’auteure, nous avons le plaisir d’ajouter ces nouveaux éléments à l’extrait de l’article de Shizuko Abe "La Chine sollersienne - A la recherche de la source de l’écriture" :


    Shizuko Abe, Philippe Sollers
    « En 2008, avec Philippe Sollers dans son bureau des Éditions Gallimard quand je préparais mon livre Qu’ont fait les telqueliens  ? »

    A propos de l’auteure

    Née à Tokyo, Shizuko Abe a étudié la littérature française à l’université de Tokyo, puis à l’université Keio où elle a été chargée de cours, durant de longues années. Ses recherches portent principalement sur les œuvres de Philippe Sollers et de Georges Bataille à propos desquels elle a écrit de nombreux articles. "La Chine sollersienne - A la recherche de la source de l’écriture" (2016) est son travail le plus récent sur sa recherche concernant Sollers pour la pensée et la culture chinoises.

    Shizuko Abe a publié en 2011 Qu’ont fait les telqueliens ?, aux Presses universitaires de Keio, et en 1999, la traduction japonaise de La Voyance (Joseph et Annick Desshart, Presses universitaires de France, coll. Que sais-je ?), chez Hakusuisha (coll. Que sais-je ?). Actuellement, elle est en train de traduire L’écriture et l’expérience des limites de Philippe Sollers.

    Son intérêt pour les œuvres de Sollers réside avant tout dans le fait qu’il est toujours prêt "à la guerre", selon son expression, pour protéger ce qu’il aime : la poésie, l’amour… .


  • Viktor Kirtov | 14 novembre 2016 - 13:38 2

    Très désolé, chère Shizuko Abe, de cette erreur d’homonymie, de mon fait, qui m’a fait vous attribuer une photo et des propos associés qui n’étaient pas les vôtres.
    Ai apporté une correction pour en tenir compte, mais souhaiterais vivement aller plus loin, en complétant par votre véritable photo d’identité ainsi que par un résumé biographique. Vous pouvez me communiquer ces éléments à mon adresse email viktorkirtov@gmail.com.
    Merci de votre vigilance et félicitations pour votre article très documenté. Et votre français est parfait.


  • Shizuko Abe | 14 novembre 2016 - 08:33 3

    Monsieur,
    Je vous remercie d’avoir inséré mon article, "La Chine sollersienne (3) : À la recherche de la source de l’écriture" sur votre site.
    Mais je suis désolée que je doive vous annoncer que ’la photo de l’auteure’ que vous avez utilisée n’était pas la mienne, les phrases de l’introduction non plus.
    Je vous serais reconnaissante de bien vouloir faire les corrections nécessaires.
    Merci.
    Shizuko Abe


  • Viktor Kirtov | 12 novembre 2016 - 13:53 4

    Chine : une crise financière inéluctable dans les trois ans, annonçait Brice Couturier dans sa chronique du 9 novembre 2016 sur France Culture.
    Chronique qui reprend le même pronostic pessimiste que François Lenglet sur RTL, le 20/09/2016 même si, lui, n’en fixe pas l’échéance.
    Mais avec l’arrivée de Donald Trump à la présidence des Etats Unis qui a promis de taxer lourdement les importations chinoises, ceci ne va-t-il pas être l’allumette qui va mettre le feu aux poudres et déclencher l’explosion ?

    La chronique de Brice Couturier sur France Culture le 09/11/2016

    La chronique de François Lenglet sur RTL du 20/09/2016

    La Banque des règlements internationaux est un organisme international (c’est un peu le spécialiste de la météo financière mondiale). Elle a publié lundi 19 septembre une étude qui a fait le compte de toutes les dettes accumulées en Chine :il y en a pour 22.000 milliards d’euros, lorsqu’on additionne l’endettement de l’État, des ménages, et surtout des entreprises. Le pays a atteint la côte d’alerte, nous dit-elle. Il est en risque de voir les faillites se multiplier et les banques s’effondrer sous les crédits non remboursables.

    Les entreprises sont particulièrement endettées. Il s’agit des grands conglomérats publics, dans la sidérurgie, la construction navale, le bâtiment et l’énergie. Leur situation financière est mauvaise, parfois désastreuse. Ce sont des mammouths, avec des dizaines de milliers de salariés, qui continuent à produire à bas coût alors que les marchés ont chuté, à la fois à l’exportation et en Chine même. Elles produisent sans clients, il y a désormais des surcapacités considérables, qui ont été constituées à crédit, c’est-à-dire en accumulant les dettes. Le complexe sidérurgique de Bohai Steel, à Tianjin, sur la côte orientale, vient ainsi de subir une restructuration de plus de 20 milliards d’euros.

    Pourquoi les avoir laissé faire ? Parce que le gouvernement cherche à entretenir la croissance par tous les moyens, y compris les moyens artificiels. Du coup, il a dopé l’économie chinoise au crédit, et cela depuis la crise financière de 2009, en fermant les yeux sur les aventures des mastodontes publics, voire en les encourageant. Les banques étant elles-mêmes publiques, elles ont accumulé des centaines de milliards d’euros de créances pourries, et dans l’industrie, et dans l’immobilier, où il y a là aussi une surcapacité considérable. L’économie chinoise est largement sur-gonflée. Il lui faut, pour se maintenir, de plus en plus de dettes et de crédits. Exactement comme un drogué qui a besoin d’augmenter les doses, ce qui ne fait qu’accroître le risque de krach.


    Pour comprendre la mécanique d’une crise financière, la psychologie humaine est plus utile que les équations financières
    François Lenglet

    Pourtant cela fait longtemps qu’on nous parle d’un krach en Chine, et il ne s’est toujours pas produit. On va vous répondre en véritable obstiné : comme il ne s’est pas produit, les déséquilibres ne font que s’accroître, la dette ne fait que grimper, et ce krach est donc de plus en plus probable. Un économiste américain, Hyman Minsky, a théorisé le phénomène. Il explique que c’est le calme apparent qui conduit toujours les entrepreneurs, les banquiers et les financiers, à prendre de plus en plus de risques parce qu’ils n’ont plus peur de la faillite. Ce qui déclenche évidemment une crise.

    C’est donc la stabilité qui crée, mécaniquement, de l’instabilité. Et l’inverse est tout aussi vrai. Après une crise, tout le monde a peur, tout le monde est beaucoup plus prudent que d’habitude. L’instabilité crée donc de la stabilité dans la période qui suit. Tout cela nous montre que pour comprendre la mécanique d’une crise financière, la psychologie humaine est beaucoup plus utile que les équations financières.

    Déclaration de Donald Trump sur la Chine, lors de sa campagne présidentielle


    Montage photo : Donald Trump, Président élu des Etats Unis, Xi Jipping Président de la République Populaire de Chine

    oOo


  • Viktor Kirtov | 9 novembre 2016 - 14:29 5

    Ici,en France, nous avons inventé le compte RTT, le compte pénibilité, que des bonus en somme ! La Chine, elle, invente le « crédit social » avec bonus et malus.
    En Chine, le gouvernement souhaite noter tous ses citoyens en fonction de leur comportement. Selon les résultats ils seront récompensés ou sanctionnés.

    France 2, le 02/11/2016

    Le parti communiste et son président ont décidé qu’en 2020, tous les citoyens pourraient être notés sur la base de leurs données personnelles et professionnelles : c’est le crédit social. Ce système de notation à l’échelle de tout un pays pourrait ressembler à certains règlements d’évaluation de la population déjà mis en place dans certaines villes.

    Comme notre permis de conduire, c’est un système à points, 1 000 étant le maximum. Griller un feu rouge fait perdre des points, mais cela va beaucoup plus loin. Mal s’occuper de ses enfants, 50 points en moins. Critique ou diffamation du parti sur les réseaux sociaux, 100 points de perdus. En revanche le bénévolat rapporte 10 points. Et si le parti vous reconnaît comme citoyen modèle, on en gagne 100.

    Crédit : Franceinfo


  • A.G. | 8 novembre 2016 - 12:52 6

    Dans 25 ans, notre monde sera-t-il un monde chinois ?

    par Jean-Luc Domenach


    Qianmen Gate on Tiananmen Square and the entrance to the Palace Museum in Beijing (Gugun).
    Inscription : "Long live the People’s Republic of China ! Long live the solidarity of the peoples of the world !"

    Zoom : cliquez l’image.

    Une seule chose est certaine : il faudra compter sur la Chine. Pour le reste, il est difficile, voire impossible, de faire des prévisions sur 25 ans.

    Une seule chose est certaine : il faudra compter sur la Chine. Pour le reste, il est difficile, voire impossible, de faire des prévisions sur 25 ans. Si nos dirigeants économiques et politiques pouvaient déjà s’en convaincre, je crois que cela leur conférerait un peu plus de sagesse et de pondération.

    On ne peut rien prévoir avec certitude, pour une bonne raison : La Chine est extraordinairement fragile. Une fragilité qui peut aussi se révéler positive : elle tire des mêmes facteurs ses fragilités et ses possibilités de progression, qui sont encore immenses. De quels facteurs parle-t-on ? D’une population qui est excédée par la faim, par la pauvreté, par l’asservissement. Autant de problèmes qui peuvent se traduire un jour par des revendications très fortes et par une incroyable indiscipline. Cette énergie dans la volonté de s’en sortir peut aussi se traduire par toutes les formes de saccages et de scandales. Les Chinois sont prêts à tout pour l’argent et ils ne respectent par principe aucune loi, comme la catastrophe de Tianjin l’a récemment et dramatiquement démontré. À titre général, je ne sais donc pas où la Chine en sera dans 25 ans, au-delà de la prédominance certaine de la "Californie" chinoise, ces villes sur la côte méridionale entre Shanghai et Canton (...).

    Les Chinois ont incontestablement à leur tête le meilleur dirigeant depuis longtemps.

    En tout cas, les Chinois ont incontestablement à leur tête le meilleur dirigeant depuis longtemps. Xi Jinping est une sorte de Mao Zedong qui aurait bien tourné. À l’intérieur, il veut vraiment créer un État et, à l’extérieur, imposer la Chine au reste du monde et le monde à la Chine. C’est un peu Bonaparte devenant Napoléon. Mais toute sa bonne volonté n’empêche pas le désordre intrinsèquement chinois de prospérer. Pour tenter d’y mettre fin, il est obligé d’en faire trop. C’est ce que l’on a vu avec les mesures spectaculaires destinées à lutter contre la corruption. Mettre fin à la corruption était sans doute une nécessité morale et une bonne façon de s’imposer politiquement, mais Xi Jinping semble avoir oublié que, dans la situation actuelle, la condition même du progrès de l’économie chinoise réside dans une coagulation entre des factions du pouvoir et des factions économiques. Dans un système de corruption généralisée, choisir ou cibler une faction en particulier est voué à l’échec.

    Cela n’enlève rien au fait que Xi Jinping est un homme remarquable. Il a compris qu’on ne peut être n’importe comment l’alter ego des États-Unis. On a pu le constater récemment lors de la COP21- : Xi Jinping entend faire de la Chine la cogestionnaire de l’ordre mondial, avec les États-Unis. Mao et lui ont ceci de particulier qu’ils ne prennent pas les Américains pour des crétins. Xi Jinping parle relativement bien l’anglais, il discute avec Obama. Nous assistons donc à la naissance d’une Chine pour laquelle prennent sens les nécessités internationales. Jusqu’à présent, les dirigeants chinois faisaient ce qu’ils voulaient sans s’intéresser outre mesure à la marche du monde. À leur différence, Xi Jinping se voit véritablement comme un empereur. Et il a autour de lui des gens de la qualité intellectuelle de ceux qui entouraient Napoléon.

    Les Chinois acceptent en général son ambition de cogérer le monde, bien qu’ils ne s’y intéressent pas encore assez pour développer une conception de l’universel "à l’occidentale". Ils veulent pouvoir contribuer à la discussion et même, d’une certaine façon, à la gestion auprès des Américains, dont ils respectent de plus en plus la capacité de rester riches et puissants – problématique qui sera demain celle de la Chine.

    Tribune extraite de l’ouvrage La nouvelle génération est épouvantable, j’aimerais tellement en faire partie.
    Jean-Luc Domenach, Le Huffington Post


  • Viktor Kirtov | 8 novembre 2016 - 11:47 7

    Le traitement caricatural par les médias chinois de la campagne aux Etats-Unis reflète la reprise en main de la blogosphère et de la presse dite « libérale » par le régime depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping.

    LE MONDE|04.11.2016 |Par Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)

    Le singe oracle, vote pour Donald Trump

    Les élections américaines sont un phénomène médiatique en Chine : les débats entre les deux candidats ont été diffusés en direct sur des plates-formes en ligne. Ils ont été largement regardés et commentés, comme le fut le reste de la campagne, dans une absorption permanente des rites et des dérèglements de la démocratie-spectacle américaine. Alors que les campagnes précédentes présentaient, pour le pouvoir chinois, de plus grands risques en raison de la popularité en Chine de Barack Obama, l’affrontement entre Donald Trump et Hillary Clinton a été l’occasion, pour les médias officiels, de s’en donner à cœur joie dans le dénigrement de la démocratie américaine.

    Au passage, ils écornent autant qu’ils le peuvent la candidate démocrate, qui s’est montrée très ferme avec la Chine lorsqu’elle était secrétaire d’Etat. Ses mémoires,Hard choices(Le Temps des décisions, Fayard, 2014), n’avaient pas pu être publiés en Chine, notamment en raison du récit qu’elle faisait de la fuite à l’ambassade américaine de l’avocat aveugle Chen Guangcheng au moment d’une de ses visites officielles, en2012. A l’inverse, M.Trump compte des fans parmi les célébrités de Weibo, le Twitter chinois

    Crédit : lemonde.fr