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Yannick Haenel, « Jan Karski »


Dossier du 25-07-09 actualisé le 25-01-10

Par A.Gauvin- 25/01/2010 - Version originale

MP3 restaurés le 16-09-13.

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Cette photo de Jan Karski a été prise à Washington lors de sa première mission (juin-septembre 1943). A la demande de l’ambassadeur Jan Ciechanowski, elle ne fut pas retouchée, afin de laisser visibles les cicatrices causées par les tortures de la Gestapo au cours de l’été 1940.
Source : Jan Karski, Mon témoignage devant le monde, R. Laffont, 2010.

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« Jan Karski est ce résistant polonais qui, en 1942, tandis que la Pologne est dévastée à la fois par les nazis et par les soviétiques, a réussi à entrer clandestinement dans le ghetto de Varsovie, afin de témoigner de l’extermination des Juifs d’Europe. Trente-cinq ans plus tard, il relatera sa traversée du ghetto dans Shoah, le grand film de Claude Lanzmann.

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Ce livre raconte comment Jan Karski a risqué sa vie pour porter le message des Juifs du ghetto ; comment il a tenté d’avertir les Alliés ; comment il a rencontré personnellement le président Roosevelt. Et surtout comment il s’est confronté à l’incrédulité, au soupçon, au refus. Pourquoi les Alliés ont-ils laissé faire l’extermination des Juifs en Europe ? En quoi cette passivité est-elle une complicité ? La figure héroïque de Jan Karski révèle un point de vue nouveau sur cette question.
Le livre décrit d’abord le témoignage de Jan Karski dans Shoah, puis rend compte de ses ”mémoires de guerre” — d’abord prisonnier des camps soviétiques, puis résistant torturé par la Gestapo. Enfin, il s’interroge sur la vie de Karski aux Etats-Unis jusqu’à sa mort en 2000. Vie discrète de professeur d’Université qui se tait pendant trente-cinq ans. Qu’il y a-t-il dans ce silence ? Comment vit-on quand on sait que le monde occidental s’est bâti sur ”l’abandon des Juifs” par les Alliés, comme dit l’historien David S. Wyman ?
C’est là que l’auteur recourt au roman — ou plutôt à la fiction intuitive.
Il interroge l’effroyable solitude de Jan Karski, ses nuits blanches, son catholicisme inquiet, sa fondamentale insoumission aux idéologies, les questions qu’il se pose sur la responsabilté, le mal, l’humanité. En se concentrant sur le massacre de Katyn et l’infamie du pacte germano-soviétique, il médite sur le XXème siècle comme l’histoire de l’infamie. Il montre comment Jan Karski n’a cessé d’être hanté par le message du ghetto de Varsovie ; et comment, même dans son silence, il n’a cessé de le répéter — témoignant ainsi pour un héroïsme de la mémoire. »

Des extraits ont été publiés dans le n°107 de L’Infini.

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Entretiens

Yannick Haenel parle de son roman avec Sylvain Bourmeau sur Mediapart.


Yannick Haenel, Jan Karski (Mediapart)
envoyé par Mediapart

Plus sur Mediapart : Avec « Jan Karski », Yannick Haenel signe un livre juste sur un Juste

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Yannick Haenel était l’invité d’Alain Veinstein le 25 septembre 2009 (40’33)


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

Crédit France Culture

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« Mon approche de Jan Karski est travaillée par la littérature. C’est bien pour cela que j’insiste sur le fait que ce livre n’est ni un essai ni un document. »

Entretien avec Yannick Haenel dans L’Humanité du 23 septembre 2009

Entretien accordée à Gazeta Wyborcza lepetitjournal.com du 21-10-09

Entretien avec Olivier Barrot france3.fr octobre 2009 (2’46)

Entretien avec Dominique Antoine à la Bibliothèque nationale de France Jan Karski face au mur du silence (7’47)

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Deux extraits du roman

Extrait 1 : le début

C’est dans Shoah de Claude Lanzmann. Vers la fin du film, un homme essaye de parler, mais n’y arrive pas. Il a la soixantaine et s’exprime en anglais ; il est grand, maigre, et porte un élégant costume gris-bleu. Le premier mot qu’il prononce est : « Now » (Maintenant). Il dit : « Je retourne trente-cinq ans en arrière », puis tout de suite il panique, reprend son souffle, ses mains s’agitent : « Non, je ne retourne pas... non... non... » Il sanglote, se cache le visage, brusquement se lève et sort du champ. La place est vide, on ne voit plus que des rayonnages de livres, un divan, des plantes. L’homme a disparu. La caméra le cherche : il est au bout d’un couloir, penché sur un lavabo, il se passe de l’eau sur le visage. Tandis qu’il revient à sa place, son nom apparaît à l’écran : « JAN KARSKI (USA) ». Et puis, au moment où il s’assied : « Ancien courrier du gouvernement polonais en exil. » Ses yeux sont très bleus, baignés de larmes, sa bouche est humide. « Je suis prêt », dit-il. Il commence à parler au passé, au passé simple même — comme dans un livre : « Au milieu de l’année 1942, je décidai de reprendre ma mission d’agent entre la Résistance polonaise et le gouvernement polonais en exil, à Londres. » Cette manière de commencer le récit le protège de l’émotion : on se croirait au début de Dante, mais aussi dans un roman d’espionnage. Il explique que les leaders juifs, à Varsovie, ont été avertis de son départ pour Londres, et qu’une rencontre a été organisée « hors du ghetto », dit-il. On comprend tout de suite que c’est de ça qu’il va parler : du ghetto de Varsovie. Il dit qu’ils étaient deux : l’un responsable du Bund, c’est-à-dire du Parti socialiste juif, l’autre responsable sioniste. Il ne dit pas les noms, il ne dit pas où a lieu la rencontre. Ses phrases sont courtes, directes, entourées de silence. Il dit qu’il n’était pas préparé à cette rencontre. Qu’à l’époque il était très isolé par son travail en Pologne. Qu’il était peu informé. Chacune de ses paroles garde trace de cet empêchement qu’il a eu au début, lorsqu’il est sorti du champ. On dirait même qu’elles sont fidèles à l’impossibilité de parler. Jan Karski ne peut pas occuper cette place de témoin à laquelle on l’assigne, et pourtant il l’occupe, qu’il le veuille ou non. Sa parole s’est brisée d’entrée de jeu parce que, précisément, ce qu’il a à dire ne peut se dire qu’à travers une parole brisée. De nouveau, Jan Karski dit : « Now » : « Maintenant, comment vous raconter ? » Pour se persuader qu’il est bien vivant, qu’il est hors d’atteinte, il rectifie à nouveau sa première phrase : « Je ne reviens pas en arrière. » C’est une phrase qu’il va répéter souvent pendant l’entretien : « Je ne retourne pas à mes souvenirs. Je suis ici. Même maintenant je ne veux pas... » Il voudrait se prémunir contre ses propres paroles, contre ce qu’elles vont révéler. Il ne veut pas que ses paroles l’exposent une fois de plus à l’objet de son récit ; il ne veut pas revivre ça. C’est pourquoi il insiste tant sur la distance : « Je n’en étais pas, dira-t-il. Je n’appartenais pas à cela. » Jan Karski dit que les deux hommes lui décrivent « ce qui arrivait aux Juifs. »

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Extrait 2 : comment sortir d’ici ?

Face à Roosevelt, dans son bureau de la Maison Blanche, je me posais la même question que dans le bureau de la Gestapo, lorsque je subissais la torture des SS : comment sortir d’ici. J’avais affronté la violence nazie, j’avais subi la violence des Soviétiques, et voici que, de manière inattendue, je faisais connaissance avec l’insidieuse violence américaine. Une violence moelleuse, faite de canapés, de soupières, de bâillements. Une violence qui vous exclut par la surdité, par l’organisation d’une surdité qui empêche tout affrontement. Lorsque les Soviétiques m’avaient fait prisonnier, j’avais sauté d’un train en marche. Lorsque les nazis me torturaient, je m’étais enfui d’un hôpital. Chaque fois, dans les pires conditions, j’avais réussi à m’évader. Mais comment s’évade-t-on d’un canapé ? En sortant ce soir-là de la Maison-Blanche avec l’ambassadeur, j’ai pensé qu’à partir de maintenant c’était ce canapé qui allait régner dans le monde, et qu’à la violence du totalitarisme allait se substituer cette violence-là, une violence diffuse, civilisée, une violence si propre qu’en toutes circonstances le beau nom de démocratie saurait la maquiller. Jan Karski, p.128
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Le regard des critiques

Josyane Savigneau (16’23) dans Jeux d’épreuves


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«  Ce n’était pas un monde. Ce n’était pas l’humanité » : Jan Karski, messager de la Résistance polonaise auprès du gouvernement en exil à Londres, entre clandestinement, en 1942, dans le ghetto de Varsovie. Trente-sept ans plus tard, il raconte à Claude Lanzmann, dans Shoah, ce qu’il a vu, là, « dans une sorte... d’enfer » « des êtres humains qui n’ont plus l’air vivants » mais qui. pourtant, ne sont pas morts — du moins, pas encore. Deux leaders juifs (l’un responsable du Bund, l’autre sioniste) vont, à deux reprises, introduire Karski dans le ghetto ; Ils lui confieront un message à transmettre aux alliés. Karski sera l’un des premiers à tenter d’alerter les Anglais, fin 1942, puis les Américains en 1943, sur l’extermination des juifs d’Europe. Sa tentative est vaine. Ce qu’il y a de tragique dans le personnage de cet aventurier polonais écartelé — comme tous les Polonais d’ailleurs — entre l’infamie nazie et l’infamie stalinienne, c’est que le message qu’il délivre ne sera pas accepté. Ainsi Yannick Haenel se demande-t-il dans son roman — dont le dispositif d’écriture relève à la fois du documentaire et de la fiction — comment Karski a pu vivre, de 1945 à 2000, avec un tel savoir sur « la passivité » des alliés. En somme, Haenel cherche à comprendre de quel nature fut le silence de ce Juste durant plus de cinquante ans. En passant par la fiction dans la dernière partie de son livre, l’auteur de Cercle donne la parole à la solitude de cet homme. Il prête des pensées à celui qui a fait l’expérience du « crime commis en commun » et qui est le témoin d’une impossibilité du monde occidental à comprendre, au fond, ce que fut la Shoah. En faisant du résistant un narrateur fantôme qui délivre son message à la nuit, Haenel interroge son silence dans un long monologue. Et que dit-il ? Que l’extermination des Juifs d’Europe met en cause l’humanité entière et parlant, la capacité de l’humanité à exister. Pour Haenel, la littérature est de l’ordre de l’interrogation.

Vincent Roy, art press 360, octobre 2009, p. 74.

(PNG) Bernard Loupias, Stèle pour Jan Karski, Le Nouvel Obs suivi d’un entretien avec Haenel

Bernard Pivot, Le messager de l’enfer, Le JDD

Antoine Perraud, Le courrier fantôme, La Croix

Nathalie Crom, Télérama

Jacques-Pierre Amette, Haenel, mission impossible, Le point

Christine Rousseau, Le prix Interallié attribué à Yannick Haenel pour "Jan Karski", dans Le Monde

Alice Granger-Guitard : « Ce livre de Yannick Haenel nous donne une leçon magistrale de vie, et est beaucoup plus que l’histoire de ce messager d’exception. C’est pourquoi c’est un roman », dans Jan Karski, Yannick Haenel

(PNG) Jérôme Dupuis, Jan Karski vu par Yannick Haenel et Bruno Tessarech, L’Express

Marc Riglet et Alexandre Fillon, Yannick Haenel s’est-il planté ?, Lire

Juan Asensio, Yannick Haenel, le faux témoin, Valeurs actuelles.

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Lanzmann parle de Karski, l’homme

Dans ses "mémoires" — Le lièvre de Patagonie — Claude Lanzmann raconte ses relations avec Jan Karski au moment de la réalisation de son film Shoah :

« Pendant les cinq années qu’a duré le montage du film, je n’ai obéi qu’à ma seule loi, ne cédant ni au temps, ni à l’argent, ni à ceux qui me pressaient de finir, ne comprenaient pas que je misse si longtemps et désespéraient de me voir l’achever. Mais j’étais ainsi. J’avais tourné avec Jan Karski aux États-Unis en 1979, avec le grand Karski. Il était professeur de sciences politiques à l’université de Georgetown, à Washington, et je l’avais cru, lui aussi, mort. Le retrouver vivant, ô combien, après des péripéties qu’il est inutile de rapporter, m’avait mis dans un état d’excitation considérable et j’avais accepté ce que Karski me demandait : selon la coutume américaine, il voulait être payé. Nous signâmes donc un contrat aux termes duquel il s’engageait à ne paraître dans aucun film (ni aucune émission de télévision) tant que le mien ne serait pas sorti. Il avait en revanche le droit de délivrer autant d’interviews orales qu’il le souhaiterait, d’écrire tous les articles ou livres dont il aurait le désir. Puis, j’oubliai Karski, mobilisé par d’autres urgences, l’essentiel pour moi étant d’avoir tourné avec lui, même si je ne savais pas encore comment il apparaîtrait dans le film, comment je l’utiliserais. C’est lui qui se rappela à moi après environ deux années par une longue lettre très polie et dubitative. II s’étonnait que le film ne soit pas achevé, alors qu’il m’avait, selon lui, laissé tout le temps pour y parvenir. Ma lenteur l’étonnait d’autant plus que d’autres personnes étaient maintenant au fait de son existence, piaffaient d’impatience de l’entendre et ne comprenaient pas pourquoi il s’était soumis à un contrat léonin, sans échéance précise. Les lettres dont il me faisait parvenir des photocopies provenaient d’institutions prestigieuses comme la BBC, Channel Four, ou de puissantes chaînes américaines. Je répondis dans le plus grand détail, d’une façon aussi civilisée que je le pouvais, lui expliquant, pour la première fois, je crois, la dimension unique que je voulais donner à mon travail, tentant de lui faire éprouver ce qu’il pouvait y avoir de hors normes et même de révolutionnaire dans un pareil projet, qui prétendait tout embrasser et montrer ce qu’avait été, du point de vue des Juifs eux-mêmes, le désastre. Je répétais à quel point sa présence dans le film serait irremplaçable et lui demandai, avec toute la puissance de conviction dont j’étais capable, de me faire confiance. J’aimais Karski, je savais de quel courage il avait fait montre sous la torture et je lui garantissais que, quel que soit le temps qu’il me faudrait pour terminer, et si long qu’il le trouvât, il ne le regretterait pas. Au bout du compte, le film serait gagnant, j’avais plus de foi en moi qu’en tous les professionnels de l’audiovisuel et, d’abord, pour une très puissante raison : j’avais la force de prendre mon temps.

Je dois dire, à la décharge de Karski, ce qui est encore une façon de manifester le respect absolu que je lui porte, qu’il se sentait tenu par le contrat qu’il avait signé et qu’il n’envisagea aucun accommodement avec la parole donnée. Je me battais jour après jour pour avancer, résolvant les problèmes que le film me posait, les uns après les autres. Cinq heures étaient prêtes, auxquelles je savais que je ne changerais rien, mais Karski n’était pas apparu, demeurait encore loin de mes préoccupations et j’étais incapable de me dire à moi-même où, comment et à quel moment il apparaîtrait. Au bout de deux ans — et la panique qui me gagna alors était telle que je n’osai pas en ouvrir une seule — je reçus de lui non pas une lettre, mais une véritable brassée, comportant les échanges qu’il entretenait avec ceux qui le persuadaient d’en finir avec moi, le tout classé par ordre chronologique et selon l’importance objective de ses interlocuteurs. Je dois dire qu’il se battait héroïquement pour ne pas m’abandonner et que les sommes qui lui étaient proposées auraient fait fléchir des âmes moins trempées. Il me posait, pour terminer, la seule question à laquelle je ne pusse répondre : quand le film sera-t-il terminé, le sera-t-il jamais, avez-vous le droit de nous entraîner dans une aventure sans fin ? C’était la vieille question de la guillotine qui revenait, je ne pouvais obéir à rien d’autre qu’à ma loi, n’ayant à offrir au couteau que mon pauvre cou tant de fois menacé. J’explosai et répondis à Karski par une lettre excédée et ironique, doutant qu’il pût en saisir toutes les implications, les mauvaises et les bonnes. « Cher Jan Karski, écrivais-je, cinq heures du film sont prêtes, c’est-à-dire plus de la moitié. De l’aveu de tous, elles sont très bonnes, et vous n’êtes pas encore là. Selon les calculs les plus honnêtes auxquels je puisse actuellement me livrer, j’ai planifié que vous n’apparaîtriez que dans deux heures trente-sept minutes vingt-deux secondes. C’est le mieux que je puisse faire et vous promettre pour l’instant. J’ajoute aussi que votre rôle sera long et d’une importance décisive pour le film et pour l’histoire. Mais je vous en supplie, ne m’importunez plus, laissez-moi travailler comme je l’entends. Ou alors, le film sera fait, mais sans vous. Je me rends compte qu’il a besoin de tous ses protagonistes, mais qu’il peut en même temps se passer de chacun. C’est sans doute le propre des grandes ?uvres. »

La première projection à laquelle Karski assista, dans un cinéma de Washington, l’enthousiasma au point qu’il m’écrivit dix lettres de coulpe battue, il fut mon plus fervent supporter et je me souviens avec une émotion que j’ai encore du mal à contrôler des trois jours que nous passâmes ensemble pour la première du film à Jérusalem.

Tous les Polonais ne sont pas Karski. La sortie de Shoah à Paris, en avril 1985, déchaîna à Varsovie un tsunami de première grandeur. Le chargé d’affaires français en Pologne fut immédiatement convoqué par le ministre des Affaires étrangères, Olchowski — il n’y avait alors ni ambassadeur ni relations diplomatiques proprement dites —, qui, au nom du gouvernement polonais tout entier et du maréchal Jaruzelski, demandait l’interdiction immédiate du film et l’interruption de sa diffusion partout où elle était prévue. L’honneur national était atteint au c ?ur, la seule réparation possible étant le renvoi au néant d’une ?uvre perverse, antipolonaise, et visant la Pologne dans ce qu’elle avait de plus sacré. J’étais bien trop occupé, quant à moi, par les difficultés que me posait l’achat d’une deuxième copie de Shoah au coût exorbitant, pour prêter attention aux tombereaux de calomnies qui, me disait-on, paraissaient tous les jours dans la presse polonaise, les injures s’engrossant les unes les autres puisque personne n’avait vu le film. »

Claude Lanzmann, Le lièvre de Patagonie, Gallimard, 2009, p. 510-513.

On peut comparer avec le compte-rendu de la relation Karski-Lanzmann que nous a fait parvenir E. Thomas Wood, l’auteur américain de la seule biographie approuvée par Karski, « Karski : How One Man Tried to Stop the Holocaust » (1994) (note ajoutée le 14 avril 2010).

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L’article de Lanzmann dans Marianne
Karski, le porteur de parole (Libé du 22-10-09)
> Jan Karski (mon nom est une fiction)
7 février 2012, par A.G.

Cette semaine, sur France Culture, la Fabrique de l’Histoire s’intéresse à la Pologne pendant la Seconde guerre mondiale.

Il y a soixante-dix ans en effet, en février 1942, les déportations se multiplient vers les camps d’extermination installés par les nazis sur le territoire polonais, tandis que, parallèllement, se crée le plus important mouvement de résistance polonais, l’ armée de l’intérieur (AK).

Au sommaire de la seconde émission (7 février 2012) :

Comment parlerons-nous de la Shoah ? Jan Karski (mon nom est une fiction)

Un documentaire d’Anaïs Kien, réalisé par Charlotte Roux

Avant que la polémique engagée par Claude Lanzmann n’éclate en 2009, le metteur en scène Arthur Nauzyciel décide de mettre en scène sa vision du livre de Yannick Haenel "Jan Karski". Les questionnements concernant la conscience de la Shoah pour les prochaines générations l’occupent tout autant que l’auteur. Tous deux quarantenaires, ils se sont demandés, chacun à sa façon comment garder vive la conscience du génocide juif pendant la seconde guerre mondiale à l’heure où les témoins directs disparaissent les uns après les autres. Comment transmettre Auschwitz sans ceux qui l’ont vécu ? Quel rôle peut rendre le théâtre dans cette transmission ? Les protestations de Claude Lanzmann et de certains historiens face aux libertés prises par Yannick Haenel dans son ?uvre de fiction ont naturellement été prises en compte par le metteur en scène sans pour autant s’interdire le précieux recours à la fiction, à la représentation.

Avec Arthur Nauzyciel, Laurent Poitrenaux, Annette Becker et l’équipe du Centre dramatique national d’Orléans. (52’22)


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

> Yannick Haenel, « Jan Karski »
7 juillet 2011, par A.G.

Festival d’Avignon : Jan Karski est de retour

La 65e édition du festival d’Avignon démarre ce 6 juillet. En y adaptant le roman de Yannick Haenel, Arthur Nauzyciel explore les rapports complexes entre fiction et vérité historique. Il s’explique. Cf. bibliobs.nouvelobs.com

> Yannick Haenel, « Jan Karski »
17 avril 2010, par A.G.

Yannick Haenel se trouvait à Montréal cette semaine. Le 15 avril il donnait un entretien à Radio-Canada (après les videos).

« À force de s’approcher au plus près de la personne qu’on aime, on en vient à être cette personne. Karski s’est demandé si les Alliés n’avaient pas abandonné les Juifs. Est-ce qu’on aurait pu faire plus ? C’est la question qui demeure. »

> Yannick Haenel, « Jan Karski »
10 avril 2010, par A.G.

Sur akadem, le campus numérique juif :

Rencontre avec Yannick Haenel

Yannick Haenel, écrivain. Marc Kravetz, journaliste à France Culture

Musée d’art et d’histoire du Judaïsme - Paris, décembre 2009.

Jan Karski, le messager de la Shoah (100 mn).

> Yannick Haenel, Jan Karski
26 janvier 2010, par A.G.

La réponse de Yannick Haenel à Claude Lanzmann

Le recours à la fiction n’est pas seulement un droit, il est nécessaire

Claude Lanzmann ne comprend pas la littérature. Je respecte sa personne, j’admire ses films, et mon livre Jan Karski est un hommage à Shoah. Mais l’idée qu’il se fait de l’acte littéraire relève de l’archaïsme, et de la mauvaise foi. Cinq mois après la parution de mon livre, voici qu’il m’accuse d’avoir écrit un "faux roman", un "livre obscène", et une oeuvre "malhonnête".

Passons sur le temps qu’il aura fallu à Lanzmann pour s’apercevoir d’un si déplorable forfait : cette lenteur s’explique forcément par le sérieux que Lanzman met en toute chose. Passons aussi sur l’immensité de sa jalousie : Lanzmann ne "décolère pas", dixit Pierre Assouline, depuis que Jan Karski a obtenu le prix Interallié ("Le Monde des livres", du 22 janvier).

Si Claude Lanzmann s’avise que ce livre est soudainement si scandaleux, c’est parce que son agenda l’exige. Son attaque contre mon livre coïncide en effet avec une rediffusion de Shoah sur Arte, et avec la signature d’un contrat, sur la même chaîne, pour un film sur Karski : dans le domaine de la publicité, le hasard fait toujours bien les choses.

Comme si cela ne suffisait pas, Claude Lanzmann a demandé, je cite, mon "exécution capitale". La première phrase de ses Mémoires s’en trouve étrangement éclairée : "La guillotine - plus généralement la peine capitale et les différents modes d’administration de la mort - aura été la grande affaire de ma vie." L’homme qui a voué sa vie à donner voix aux victimes manifeste ainsi, à mon encontre, l’attitude du bourreau. Lanzmann veut ma mort, il l’énonce publiquement, avec l’impunité de ceux qui se prennent pour des commandeurs. Un tel voeu pourrait prêter à sourire, mais soyons clairs : comment qualifier un homme qui souhaite la mort d’un autre ?

A qui ai-je porté atteinte ? A Jan Karski ? Ses amis m’ont accueilli en Pologne avec enthousiasme ; ses héritiers m’ont invité à l’Institut Karski de Katowice, ils m’attendent bientôt à celui de Washington.

J’ai écrit un livre qui est, en partie, une fiction sur Jan Karski. Le recours à la fiction n’est pas seulement un droit ; il est ici nécessaire parce qu’on ne sait quasiment rien de la vie de Karski après 1945, sinon qu’il se tait pendant trente-cinq ans. Les historiens sont impuissants face au silence : redonner vie à Karski implique donc une approche intuitive. Cela s’appelle la fiction. Lanzmann, évidemment, est catégorique : "Je ne voyais pas comment on pouvait écrire un roman sur Karski" (entendez : il ne doit pas y avoir de roman sur Karski). Enoncer des interdits semble la vocation de Claude Lanzmann.

Ainsi serait-il le propriétaire de Jan Karski, comme on l’est d’une marque ; il serait l’unique détenteur de la "vérité", comme il dit, et personne, surtout pas moi, n’aurait le droit, après Shoah, de toucher à Karski. D’ailleurs, Lanzmann est persuadé que Karski n’existe que dans son film, il n’imagine même pas qu’il lui soit arrivé de vivre en dehors de leur rencontre. Il ignore sans doute que Karski a participé à d’autres films que le sien.

En exhibant bientôt, comme il l’annonce, une partie de ses rushes, Lanzmann va, dit-il, "rétablir la vérité" : " On saura ce que Karski et Roosevelt se sont vraiment dit ! " Ce qu’ils se sont "vraiment dit" ? Vraiment vrai de vrai ? Les croyances de Lanzmann pourraient simplement sembler rigides, mais le mot de "vérité" sonne ici comme une sentence dans la bouche d’un procureur. Contrairement à ce tribunal de l’Histoire d’où parle Lanzmann, la littérature est un espace libre où la "vérité" n’existe pas, où les incertitudes, les ambiguïtés, les métamorphoses tissent un univers dont le sens n’est jamais fermé.

Jan Karski est multiple, contradictoire, secret, comme tous les hommes. Lanzmann le reconnaît involontairement lorsqu’il constate que, au deuxième jour de tournage avec Karski, celui-ci avait changé. Mais cette attitude ne convenait pas à Lanzmann, elle ne correspondait pas à ce qu’il attendait de lui, ainsi juge-t-il soudain Karski "mondain" et "cabotin". On mesure le respect que Lanzmann accorde aux êtres ; on comprend surtout qu’il n’aime pas Jan Karski.

Car Lanzmann se garde bien de raconter comment il l’a piégé. Dans une lettre du 7 juillet 1978, pour convaincre Karski d’être filmé, il lui écrit, à propos des juifs d’Europe : "Si quelqu’un est coupable de non-assistance à personne en danger, c’est plutôt les Alliés que les Polonais." Il ajoute qu’il a été impressionné, lors d’un voyage en Pologne, de "découvrir combien tant de Polonais avaient mis leur vie en danger pour venir en aide aux juifs". Puis il lui fait une promesse : "Cette question du sauvetage sera l’un des sujets majeurs de mon film." (Lettre citée par E. Thomas Wood et Stanislaw M. Jankowski, Karski. How One Man Tried to Stop the Holocaust, J. Wiley, 1994, p.253).

Non seulement cette question n’est pas l’un des sujets de Shoah, mais en choisissant de couper la partie de l’entretien où Karski raconte sa mission en faveur des juifs, Lanzmann modifie complètement l’image donnée de la Pologne. Il est indiscutable que celle-ci a été effroyablement antisémite. "J’ai voulu protéger Jan Karski contre lui-même", ose dire Lanzmann pour justifier sa censure. Il a surtout rendu impossible qu’on puisse voir, dans son film, un Polonais qui n’est pas antisémite.

Bref, Lanzmann a menti ; il a trahi Karski. Et celui-ci, tout en accordant par loyauté son soutien à Shoah, a protesté dans un article intitulé : "Shoah, une vision biaisée de l’Holocauste" (Esprit, février 1986). Ce qui a eu lieu entre Karski et Lanzmann ne correspond donc pas à ce que celui-ci voudrait faire croire aujourd’hui. Au contraire, Lanzmann a un problème avec Karski ; c’est pourquoi mon livre le gêne, comme le retour d’un refoulé.

Yannick Haenel, Le Monde du 26-01-10.

Note : la réponse de Yannick Haenel figure sur le site de Philippe Sollers sous le titre Jan Karski en liberté.

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Compléments

— Yannick Haenel : " Lanzmann ne peut pas comprendre un roman comme le mien " (L’express) _ — Philippe Sollers : "Je trouve étrange que Lanzmann ne réagisse que maintenant, alors que je lui en avais adressé les épreuves avant l’été", déclare l’écrivain, qui se dit "fier" d’avoir publié "un roman magnifique (Le Monde) _ — le point de vue de Grégoire Leménager dans bibliobs.

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Pour être complet : l’article de Claude Lanzmann dans Marianne du 23 janvier :

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Je me souviens de l’intense émotion qui me submergea lorsque je compris, au cours d’un des voyages exploratoires préludant à la réalisation de Shoah, que Jan Karski était vivant. J’avais lu Story of a Secret State, paru en 1944 aux Etats-Unis, ouvrage dans lequel il racontait ses périlleuses missions de courrier entre la Résistance intérieure polonaise et le Gouvernement polonais en exil à Londres, ses visites au Ghetto de Varsovie, les requêtes désespérées des leaders juifs de Pologne, les quelques heures d’épouvante qu’il avait passées, déguisé en garde ukrainien, dans un camp de concentration qui n’a pu être identifié-e avec certitude, longtemps et à tort considéré par lui comme le camp d’extermination de Belzec où, on le sait, 800000 juifs furent assassinés dans les chambres à gaz.

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L’article de Lanzmann dans Marianne

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Une dernière remarque : le hasard fait que, samedi dernier, juste après avoir lu l’article de Lanzmann dans Marianne, j’ai lu sa belle allocution sur Saint-Simon, la guerre à la mort - publiée dans... le dernier numéro de L’infini ! Ayant reçu le Prix Saint-Simon, un an après Sollers, le 6 septembre 2009, à la Ferté-Vidame, Lanzmann tenait ses propos :

« Chacun voit midi à sa porte. Sollers vous a dit l’année dernière qu’il voyait Saint-Simon comme un écrivain en guerre et Sollers se trompe rarement. Un autre lui-même en somme. Ce n’est pas faux sans doute. Je consens moi aussi à ce qu’on tienne le Duc pour un écrivain en guerre, mais il convient à mon sens de donner au mot « guerre » une signification radicalement autre et cette guerre-là est bien plus dangereuse, pathétique, héroïque et désespérée qu’une ordinaire bataille entre humains en lutte pour les suprématies. [...] »

On ne saurait mieux dire.

A.G.

> Yannick Haenel, Jan Karski
24 janvier 2010, par A.G.

Compléments au dossier.

« Accusé par Claude Lanzmann d’avoir "falsifié l’Histoire" dans Jan Karski, Yannick Haenel se donne le temps de la réflexion.

A 16 heures, Yannick Haenel, l’auteur de Jan Karski (Gallimard) n’avait pas encore lu le long article incendiaire de Claude Lanzmann (qualifiant son livre de "falsification de l’Histoire et de ses protagonistes") publié dans l’édition de Marianne du 23 janvier. Mais il se refusait d’ores et déjà de réagir dans l’urgence. Il a décidé de réfléchir durant ce week-end et de préparer une réponse sous forme de lettre qu’il devrait communiquer en début de semaine. Du même coup, cueilli à froid par cette nouvelle polémique, il ne se rendra pas comme prévu au colloque organisé au Lutétia, à Paris, dimanche, sur le thème "Livres des mondes juifs- Diaspora en dialogue". Il prépare, pour s’en expliquer, une missive qu’il fera lire à l’ouverture du débat, auquel participe notamment l’historienne Annette Wievorka, qui l’a accusé de détournement dans la revue Histoire de janvier 2010.

Jan Karski est ce soldat polonais, témoin du génocide dans le ghetto de Varsovie, qui tenta en vain d’obtenir l’intervention des Alliés pour empêcher le drame en cours. Yannick Haenel a obtenu le prix Interallié pour son roman éponyme. Les Mémoires de Karski doivent être republiés prochainement. » (Source : L’express.fr).

Le point de vue de Florent Georgesco qui avait interviewé Yannick Haenel dans la Revue littéraire en juillet 2009. Et celui, en date du 23 janvier, de Philippe Bilger.

Note : sauf erreur, l’article de Claude Lanzmann, que nous avons lu, n’est pas mis en ligne sur le site de l’hebdomadaire Marianne.

> Yannick Haenel, Jan Karski
22 janvier 2010, par A.G.

J’évoquais hier la petite phrase qui avait attiré mon attention dans la présentation de son film Shoah par Lanzmann sur Arte, Pierre Assouline en dit plus dans Le Monde des livres de ce vendredi : cette petite phrase était donc "un SCUD", la guerre ouverte commencera, dans le numéro de Marianne de ce week-end par un "mitraillage" en règle contre Haenel, «  la bombe, ce sera pour la fin février ou le début mars : Le Rapport Karski, un document de 52 minutes, que Claude Lanzmann a réalisé pour Arte en travaillant sur les heures d’entretien que lui avait accordées le résistant. Ce qui en ressort ? " La vérité, pardi ! Et là, on verra bien l’impression que le président Roosevelt lui a faite, on saura ce qu’ils se sont vraiment dit, les gens comprendront que Haenel est un faussaire et que c’est une mauvaise action de Philippe Sollers d’avoir publié ce livre obscène, malhonnête, une honte ! " »

Cette guerre-là dépassera-t-elle rapidement " la guerre du goût ", comme le dit (de manière neutre ?) Pierre Assouline ? Ou s’agira-t-il — s’agit-il déjà — d’une guerre à plusieurs fronts ?

Ayant déjà donné une grande partie des pièces à conviction dans un dossier commencé le 11 septembre (lire aussi les commentaires), ayant aimé le livre de Haenel, il nous faudra attendre de nouveaux éléments pour y revenir : non seulement les "six pages" annoncées dans Marianne, et la riposte qu’elles ne manqueront pas de susciter, mais le nouveau film de Lanzmann.

Des questions restent entières : qu’en est-il, dans un roman (et non un "essai", comme le voulait les jurés du Goncourt), du "droit" de l’écrivain ? Qu’en est-il de la "vérité" ? De la "fiction" ? De la vérité de la fiction ?

Georges Bataille écrivait dans L’impossible :

« Comme les récits fictifs des romans, les textes qui suivent — au moins les deux premiers — se présentent avec l’intention de peindre la vérité. Non que je sois porté à leur croire une valeur convaincante. Je n’ai pas voulu donner le change. Il n’est d’ailleurs pas en principe de roman qui donne le change. Et je ne pouvais songer à le faire à mon tour mieux qu’un autre. Je crois même qu’en un sens mes récits atteignent clairement l’impossible. Ces évocations ont à la vérité une lourdeur pénible. Cette lourdeur se lie peut-être au tait que l’horreur eut parfois dans ma vie une présence réelle. Il se peut aussi que, même atteinte dans la fiction, I’horreur seule m’ait encore permis d’échapper au sentiment de vide du mensonge... _ Le réalisme me donne l’impression d’une erreur. [...]

Il y a devant l’espèce humaine une double perspective : d’une part, celle du plaisir violent, de l’horreur et de la mort — exactement celle de la poésie — et, en sens opposé, celle de la science ou du monde réel de l’utilité. Seuls l’utile, le réel, ont un caractère sérieux. Nous ne sommes jamais en droit de lui préférer la séduction : la vérité a des droits sur nous. Elle a même sur nous tous les droits. Pourtant nous pouvons, et même nous devons répondre à quelque chose qui, n’étant pas Dieu, est plus forte que tous les droits : cet impossible auquel nous n’accédons qu’oubliant la vérité de tous ces droits, qu’acceptant la disparition. »

Une chose, d’ores et déjà, est sûre : « le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d’hommes. » (Rimbaud, Une saison en enfer)

À suivre donc...

Yannick Haenel, Jan Karski
6 novembre 2009, par A.G.

Deux entretiens de Yannick Haenel :

1. avec Alain Veinstein, le 25 septembre 2009 (40’33) :


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

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2. et un débat contradictoire avec Alain Finkelkraut et Annette Wieviorka le 31-10-09 (49’30) :


Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

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> Yannick Haenel, Jan Karski
11 septembre 2009, par A.G.

« Très loué par la presse, le livre de Yannick Haenel sur le résistant polonais "Jan Karski" (chez Gallimard, collection L’Infini) figure dans la sélection Médicis essais, ce qui a fait bondir son éditeur Philippe Sollers. Celui-ci souligne "que contrairement à ce que prétend" le jury Médicis "le plaçant dans la liste des essais, "ce livre est bien un roman". » (Source : france2.fr)

C’est d’ailleurs marqué sur la page de couverture. Le jury du prix Médicis sait-il lire ? CQFD.

> Yannick Haenel, Jan Karski
4 septembre 2009, par A.G.
> Yannick Haenel, Jan Karski
4 septembre 2009, par A.G.
Entretien et lecture d’extraits du livre sur le site de Gallimard.

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