![]() Le catholicisme de Dante (1)
Conférence de Philippe Sollers au Collège des Bernardins
Article du 3-07-09 avec
Deux notes du 7 juillet 2009 : [1] Paul VI et Dante (Lettre du 5 novembre 1965) « Rien n’est plus méconnu, surtout aujourd’hui, que le Paradis de Dante, c’est-à-dire un message suprêmement catholique de connaissance, d’amour, d’émerveillement et de joie. » Philippe Sollers. Le 1er juillet 2009 Philippe Sollers donnait une conférence au Collège des Bernardins sur « le catholicisme de Dante ». Après la présentation — précise — du Père Antoine Guggenheim, Sollers rappelait sa lecture très tôt de Dante (à quinze ans), la publication d’un numéro de Tel Quel consacré au poète italien dès 1965, son premier texte — Dante et la traversée de l’écriture —, la traduction par Jacqueline Risset de La Divine Comédie (Voir notre dossier sur La Divine Comédie).
La conférence fut accompagnée de la projection de Vers Dante, un très beau film de 18 minutes réalisé par Georgi K. Galabov et Sophie Zhang. Dans l’assistance : Kristeva, Pleynet, Meyronnis... En attendant d’y revenir, quelques photos... ZOOM : cliquer sur l’image ![]() ZOOM : cliquer sur l’image Photos Albert Gauvin
Photo par VK (détail)
Voir les notes de VK : Un soir au Collège des Bernardins en compagnie de Sollers et Dante - [1] Note du 7 juillet 2009 1965 : VIIe centenaire de la naissance de Dante. Philippe Sollers publie Dante et la traversée de l’écriture, le pape Paul VI adresse une lettre au cardinal Cicognani. Les circonstances : Cinq cents Pères du Concile se sont rendus les 13 et 14 novembre, à Florence, où se célébrait le VIIe centenaire de la naissance de Dante. A cette occasion, S. S. Paul VI a adressé la lettre suivante au cardinal Cicognani, secrétaire d’Etat, qui le représentait à ces cérémonies et qu’il avait chargé de remettre une croix d’or destinée au baptistère où Dante reçut le sacrement de baptême : La lettre : « A Notre Vénérable Frère,
A l’occasion du VIIe centenaire de la naissance de Dante Alighieri, le digne cardinal-archevêque de Florence a organisé dans cette ville historique une cérémonie qui mérite de Notre part un geste spécial, étant donnée l’importance religieuse particulière qu’elle revêt dans le cadre des célébrations qui ont eu lieu cette année en l’honneur de Dante.
Désirant donc être spirituellement présent à cette cérémonie, Nous voulons que vous y participiez, monsieur le Cardinal, en qualité de Notre envoyé particulier, pour porter à cette noble assemblée de personnalités du monde religieux, civil et culturel italien l’expression de Notre satisfaction et de Nos v ?ux.
PAULUS PP. VI. Texte Italien dans l’Osservatore Romano des 15-16 novembre 1965. Traduction de la Documentation Catholique du 5 décembre 1965 n°1460. Source : abbaye Saint Benoît. « C’est Paul VI qui a fait graver à l’intérieur de ce baptistère [le baptistère Saint-Jean-de Florence où Dante a été baptisé. A.G.], en 1965, pour le 700e anniversaire de la naissance de Dante, une inscription. Qu’un pape ait assumé, à l’intérieur même du baptistère de Florence, La Divine Comédie de Dante... vous voyez qu’il faut tout de même attendre un certain nombre de siècles avant que cela arrive. À l’époque ce n’est qu’un début. Nous sommes beaucoup plus près de Dante qu’au moment de la commémoration de sa naissance. » (p. 389) [2] Note du 7 juillet 2009 Le 25 décembre 2005, le pape Benoît XVI donne sa première Lettre Encyclique Deus est Caritas, mais c’est dans la présentation qu’il en fait dans son discours à Cor Unum le 24 janvier 2006 qu’il parle de Dante : Extraits relatifs à Dante : Benoît XVI prend pour point de départ un passage du « Paradis de Dante », qui évoque le Dieu trinitaire sous la forme de la Lumière. « L’excursion cosmique à laquelle Dante veut convier le lecteur dans sa « Divine Comédie » s’achève devant la Lumière éternelle qui est Dieu lui-même, devant cette Lumière qui est dans le même temps « l’Amour qui meut le soleil et les autres étoiles » (Par. XXXIII, v. 145). Lumière et amour sont une seule chose. Ils sont la puissance créatrice primordiale qui meut l’univers. Si ces paroles du Paradis de Dante laissent transparaître la pensée d’Aristote, qui voyait dans l’eros la puissance qui meut le monde, le regard de Dante distingue toutefois une chose totalement nouvelle et inimaginable pour le philosophe grec. Non seulement que la Lumière éternelle se présente en trois cercles auxquels il s’adresse avec ces vers denses que nous connaissons : « O Lumière éternelle qui seule en toi reposes
en réalité, la perception d’un visage humain — le visage de Jésus Christ — qui apparaît à Dante dans le cercle central de la Lumière, est encore plus bouleversante, que cette révélation de Dieu en tant que cercle trinitaire de connaissance et d’amour. Dieu, Lumière infinie dont le philosophe grec avait perçu le mystère incommensurable, ce Dieu a un visage humain et — nous pouvons ajouter — un c ?ur humain. Dans cette vision de Dante on peut voir, d’une part, la continuité entre la foi chrétienne en Dieu et la recherche développée par la raison et le monde des religions ; mais dans le même temps apparaît également la nouveauté qui dépasse toute recherche humaine — la nouveauté que seul Dieu lui-même pouvait nous révéler : la nouveauté d’un amour qui a poussé Dieu à prendre un visage humain, à prendre même chair et sang, l’être humain tout entier. L’eros de Dieu n’est pas seulement une force cosmique primordiale ; c’est un amour qui a créé l’homme et se penche vers lui, comme le bon Samaritain s’est penché sur l’homme blessé et que l’on avait volé, gisant au bord de la route qui descendait de Jérusalem à Jéricho. » Le Bon Samaritain Le pape repartait du mot « amour » et de ses connotations actuelles en disant : « Le mot « amour » est abîmé de nos jours, on l’a usé, et on en a abusé au point que l’on a presque peur de le laisser effleurer nos lèvres. Et pourtant, c’est uen parole primordiale expression de la réalité primordiale ; nous ne pouvons pas simplement l’abandonner, mais nous devons le reprendre, le purifier et le ramener à sa splendeur ioriginelle, afin qu’il pouisse éclairer notre vie, et la conduire sur le juste chemin ». Récapitulation de Dante « Il raconte, explique encore le pape une « visite » (...) qui le transformait intérieurement (cf. Par., XXXIII, vv. 112-114). Il s’agit justement de ceci : que la foi devienne une vision -compréhension qui nous transforme. C’était mon désir de donner du relief au caractère central de la foi en Dieu - dans ce Dieu qui a assumé un visage humain et un c ?ur humain ». A noter que Benoît XVI a présenté le 7 juillet 2009 — à la veille de l’ouverture du G8 — sa première encyclique sociale : Caritas in veritate . Lire la présentation dans le journal La Croix. |
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