Villa Medicis : Ciao Bella - Mitterrand, Sollers



« On ne me récupérera pas,
ni d’un côté, ni de l’autre ! »
Frédéric Mitterand
9 juin 2007

C’était lors d’un talk-show « Eric Zemmour face à Frédéric Mitterrand », sur France 2, émission « On n’est pas couché » animée par Laurent Ruquier.
Freudien et prémonitoire ! ...C’était avant la Villa Medicis, avant les Ors de la République.

Ciao Bella

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Frédéric dans les jardins de la Villa Médicis

(GIF) ...Et la belle romaine ne se laisse pas quitter sans attendrissements, jusqu’à raison ne point garder..
Frédéric Mitterrand explique, ainsi, sa gaffe d’annonce prématurée de sa nomination au poste de Ministre de la Culture. En langage un peu plus diplomatique, c’est vrai, Frédéric Mitterand, sans se disculper, fait valoir le « climat d’émotion » qui a présidé à son pot de départ auprès de ses collaborateurs de la Villa Medicis. Et en langage tout à fait ministériel il a déclaré « Je regrette tout à fait la discourtoisie que cela représentait vis-à-vis de Madame Albanel et je regrette tout à fait de ne pas avoir respecté un usage républicain ».

Affaire classée, le règne de Frédéric Mitterand qui avait posé ses bagages à la Villa, il y a moins d’un an, en septembre 2008, augurait bien d’un retour de flamme de la belle romaine quelque peu délaissée ces dernières années. Le comble pour un homme qui aime les garçons.

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Ciao Bella, bonjour la République !

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La belle, délaissée

Philippe Sollers, au Journal Sud Ouest, en avril 2008, rédacteur en chef d’un jour pour son numéro spécial Mai 1968,s’était aussi ému de voir la Belle romaine, bien ridée masquant les outrages du temps, dans sa robe blanche de jeunesse : sa façade sublime, finement ouvragée , côté jardin.

La Villa Médicis :

« J’y suis allé en décembre [2007] : l’état des lieux est inquiétant. Les plus vivants sont les jardiniers italiens et les jardins sont superbes. »

Pour ma part, dirais que c’est surtout la vue dominante sur Rome qui est superbe. Les marques de Balthus, aussi, dans les jardins leur confèrent du charme, celui qui se mêle à la nostalgie. Ensemble de sculptures des Niobides installé par Balthus à la fin du XXe siècle. La Villa Médicis s’élève sur la colline du Pincio, ceinte des murs d’Aurélien construits dans les années 270 après J.C., une muraille destinée à protéger Rome des invasions barbares, laquelle longe aujourd’hui le terrain de la Villa. Près de huit hectares autour de l’édifice, le parcours accessible au public n’en donne pas la mesure. La stricte ordonnance des jardins à la française que l’on aperçoit sur les photos, cède vite la place à un jardin plus champêtre planté de pins parasols, de cyprès, de chênes verts, et décoré de sculptures antiques [des copies, les originaux sont dans les musées], qui témoigne plus d’une liberté laissée à la nature que d’un entretien soigné. "Laisser aller naturel", quoi, pour dire les choses positivement, celui qui prend le pas quand les propriétaires n’ont plus les moyens d’entretenir le domaine reçu en héritage.

Pourtant, Frédéric Mitterand l’assurait dans un nouveau dépliant d’introduction à leur visite : « les jardins sont l’objet d’une restauration attentive qui leur rendra bientôt toute leur splendeur ». Son voeu n’aura pas eu le temps d’être pleinement accompli.

Par contre, en feuilletant l’album événementiel de la Villa depuis son arrivée, il l’a manifestement ouverte sur l’extérieur et l’événementiel. Arrivée en septembre 2008, dès le 5 décembre il honorait une grande Italienne, de la Médaille d’Honneur de la Villa Medicis, la Professoressa Rita Levi Montalcini, Prix Nobel de médecine et Sénatrice à vie, en présence de Son Excellence Monsieur Jean Marc de la Sablière, Ambassadeur de France en Italie et du Président de la Répubique italienne, Monsieur Giorgio Napolitano. Ne manquaient que Sa Majesté le flamboyant Cavaliere-sauteur Papounet Berlusconi et sa gente Demoiselle de compagnie retenus par d’autres obligations, de grand intérêt. Et en ces temps de crise financière... Excusé donc.

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Médaille d’Honneur de la Villa Medicis

Une décoration ancienne remise à l’honneur ? Non, une décoration toute nouvelle que Frédéric Mitterrand venait de faire créer par le graveur médailleur Nicolas Salagnac, Même s’il a refusé pour lui, un trophée, il en connaît le pouvoir d’attraction et le potentiel de retombées médiatiques. Bien vu pour braquer l’oeil des caméras télé sur la Villa et attirer public et mécènes. Un mois après, en janvier, ce sont les paillettes de la Mode romaine qu’il faisait briller sous les lambris un peu défraichis de la Villa en accueillant, dans ses murs, le Dîner de gala d’ouverture de la Semaine de la mode à Rome, en même temps que l’ouverture de l’exposition du photographe de mode et portraitiste américain Richard Avedon.

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30 janvier 2009, Ouverture de l’expostion du photographe de mode Richard Avedon
et Dîner de gala d’ouverture de la semaine de la Mode

Son ministère de tutelle est pingre.., Frédéric Mitterrand va chercher l’argent dans la poche des grands Romains et Romaines. Néanmoins, son prédécesseur, Richard Peduzzi, n’était pas resté les bras croisés, dans une démarche plus conventionnelle, plus académique en somme, il laissa à Frédéric Mitterrand des infrastructures fonctionnelles modernisées, bibliothèque refaite, salle de cinéma refaite, une cafeteria, lieu de convivialité agréable pour les pensionnaires et visiteurs, nouveau mobilier, nouveaux éclairages design, le tout de bon goût.


La marque du précédent Directeur, Richard Peduzzi (2002-2008)

Deux hommes, deux styles, deux expériences différentes qui se complètent mais le panache sied à la fonction. L’une vit de l’autre. Frédéric Mitterrand l’apportait avec sa personnalité, son nom et son expérience des médias. Christine Albanel, à qui le poste aurait été offert, avait bien des raisons de le refuser. Et Mitterrand, qui connaissait maintenant l’avers et l’envers de la médaille de la Villa, bien des raisons d’accepter son nouveau poste.

...Pingre ? Comment ne pas être pingre quand l’Etat français entretient trois concubines pour les seuls plaisirs culturels dans la seule ville de Rome  : La Villa Medicis officiellement Académie de France à Rome, à côté de l’Ecole Française de Rome demeurant au Palais Farnèse et du Centre Culturel Saint-Louis dépendant de l’Ambassade près le Saint-Siège, au c ?ur de Rome ; chacune dépendant de ministères et de tutelles différents. Merveilleuse France !

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Dans le même échange de propos de Ph. Sollers :

La culture aujourd’hui :
« De Gaulle et Malraux, ce n’était pas rien. C’est autre chose que... non, je ne citerai pas de noms. »

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2009, Christine Albanel, Ministre de la Culture
Ph. Sollers, Julia Kristeva

Mais qui donc était à la Culture en 2008 ?

Comparaison Mitterrand-Sarkozy :

«  Deux notables différents : des ortolans à la rolex.  »
Ph. Sollers.

Un Mitterrand au gouvernement. La belle opération sarkozienne. « Hold up sur un patronyme » lit-on sur un blog du parti socialiste. Frédéric Mitterrand interrogé sur le fait qu’un Mitterrand devienne ministre de Nicolas Sarkozy s’en tire par une habile pirouette en retournant la situation : « Oui... Sarkozy a bien été ministre au temps de Mitterrand ».

(JPEG) Sarcastique, Arnaud Montebourg fait remarquer que « C’est un présentateur de télévision qui va être ministre de la culture ! ». Normal, signe des temps. Et le même blog de poursuivre en ironisant sur la fascination qu’exerce la monarchie sur Frédéric Mitterand : Avec son entrée à la Cour de Sarkozy il sera aux premières loges pour observer les dessous de la monarchie républicaine française.. Voyeur de la mauvaise vie de la tôlière, en somme. (adaptation très libre de« La Lettre de Jean Jaurès »)

Slogan dans l’air du temps

« C’est la lutte des places »
Ph. Sollers

Un slogan qui vieillit bien.

1968 :

« Contrairement à ce qu’on dit, ça a été une vraie révolution. C’est la coupure entre le vieux monde — que je qualifierai de Vichy-Moscou — et le monde moderne. »
Ph. Sollers

1968, c’est l’année où Malraux a aussi compris que le monde bougeait, que même les règles de la Villa Medicis devaient changer, que le Prix de Rome, symbole immuable de la Villa depuis trois cents ans était devenu un peu vermoulu et il a supprimé le symbole. Sans changer grand-chose au reste, il est vrai, tant les forces inertielles de nos institutions sont résistantes. Mais c’était un premier pas. Depuis 1968, statut quo, aucun ministre de la culture n’a osé faire un pas de plus ! Mesure moins courageuse, moins responsable : on se contente d’en limiter le budget. Résultat : l’état « inquiétant » constaté par Philippe Sollers. C’est aussi la raison pourquoi les expositions actuelles se contentent des couloirs et des escaliers.

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Opération VILLA APERTA

La Belle, c’est vrai n’est pas une danseuse d’Etat que l’on entretient dans le luxe. Un modeste budget d’à peine 8 millions d’Euros. Pas de quoi faire des fêtes vénitiennes ou dantesques ! On y vivait comme dans ces vieilles familles désargentées : maintenir l’apparence quand se fissurent les plafonds de la chambre de l’hôte des lieux. Il nous l’a montrée lors d’un reportage. Pour nous inciter à réagir, à le suivre dans son rêve de faire revivre la Villa. Multiplication des événements culturels, chaque mois, même si tous, ne sont pas de grands événements. Ainsi en mai, ai pu visiter l’exposition « Granet » avec un seul tableau phare : La Trinité des Monts et la Villa Medicis, 1808 et divers petits formats dans les couloirs et escaliers de la Villa.

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Granet, La Trinité des Monts et la Villa Médicis (au centre), 1808
Façade austère, côté ville, contrastant avec la facade élégante côté jardin.

Malgré l’intérêt historique tu tableau, il y avait, mieux à visiter à Rome, en mai, mais sentimentalement, la visite s’était imposée. Petits moyens, petits résultats. Pour l’été, par contre, le programme traduit le principe d’ouverture de la villa à la Ville, aux Romains, aux visiteurs voulu par Frédéric Mitterrand qui sort le grand jeu :

EXPOSITION : « VILLA APERTA » qui mènera le visiteur à la découverte d’espaces encore jamais ouverts au public et racontera l’histoire et la vie de l’édifice, avec accrochage d’ ?uvres anciennes et contemporaines.

LE CINEMA sera à l’honneur avec LE CINEMA EN MUSIQUE, LA NUIT DES PUBLIVORES

En prime, "JAZZ a VILLA MEDICI" et un FESTIVAL DES MUSIQUES BAROQUES...

Parallèlement, Frédéric Mitterand avait investi la télévision pour faire connaître la Villa Medicis... utilisant son savoir-faire et son carnet d’adresses afin d’ associer des artistes italiens, italiennes à la programmation et lever des fonds auprès de mécènes. Jusqu’à proposer la location des lieux pour mariage et événements privés.
Le premier documentaire, d’une série qui devait se prolonger par neuf autres sera présenté ce 27 juin par la chaîne Odysée. Ne le manquez pas. Ce sera vite un collector. La nomination de Frédéric Mitterrand au Ministère de la Culture rend caduque la réalisation des neuf autres épisodes, la présence de son initiateur y étant essentielle.

Nul doute qu’une amante délaissée, un peu recluse dans ses murs, recommençait à croire en ses charmes !

De son bureau, rue de Valois, il pourra certes veiller sur le devenir de la belle, puisque la Villa Medicis dépend de son Ministère.

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Sollers et la villa Medicis

30 octobre 2007 Conférence de Ph. Sollers : Portraits de papes

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En prélude à la remise à Benoît XVI, de son portrait officiel, le 12 décembre 2007. Une ?uvre de la peintre russe Natalia Tsarkova Voir ici

Philippe Sollers avait choisi pour sa conférence le portrait d’Innocent X par Velazquez, l’étude de ce portrait par Francis Bacon (1953), ainsi que trois photographies : Jean-Paul II blessé place St-Pierre par Mehmet Ali Agca (mai 1981), lui-même remettant son livre sur La divine Comédie de Dante à Jean-Paul II, et une de Benoît XVI jouant une partition de Mozart sur le piano de son appartement privé du Vatican.

28-29 octobre 2008 Jean-Paul Fargier : Cinéma à la Villa Médicis

Parmi les ?uvres présentées :
-  L’ORIGINE DU MONDE, 1996. Voir ici
-  SOLLERS AU PARADIS, 1980 - 1983. Voir ici et aussi ici.

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Rome, Villa Médicis, Sollers statufié parmi les Niobides .
Ceux qui périrent pour avoir osé narguer les dieux
(photo prise en 2007 par Laurène L’Allinec.)


(GIF) A quoi sert la Villa Médicis ?

Même si la personnalité de Frédéric Mitterrand était en train d’allumer le feu à la Villa, et la faire revivre d’un éclat plus grand, il n’est pas illégitime de se poser la question de savoir si le jeu en vaut le feu ? S’il va faire long feu ou s’éteindre aussi vite qu’un feu de paille ?

Suite au tollé crée par l’annonce de la nomination par l’Elysée de Georges-Marc Benhamou ancien conseiller du Président Sarkozy, une délégation de parlementaires s’était rendue à Rome, les 15 et 16 Mai 2008, pour tenter de répondre à cette question. « A quoi sert la Villa Medicis ? ». France 3 en avait rendu compte.

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Bonne question. Réponse convenue. Une question subsidiaire aurait pu être posée : « le temps n’est-il pas venu de redéployer notre présence culturelle dans le monde sur ses nouveaux pôles stratégiques, à commencer par la Chine ? Mais la mission était plus un alibi pour dénouer une crise ponctuelle qu’une mission destinée à refonder la mission de la Villa pour le long terme.

Renaud Camus, écrivain et diariste, bien connu des familiers de Sollers pour ses diatribes à son égard, lui-même ancien pensionnaire de la Villa de 85 à 87 couchait déjà dans son Journal romain (éd. POL, 1987) : « Voilà une institution qui à l’évidence ne fonctionne pas. Elle coûte cher à l’Etat et ne lui rapporte un peu de prestige que par survivance, grâce à des souvenirs très lointains qui chez beaucoup de gens, heureusement, ne sont pas confrontés aux faits. Il est certains qu’une politique de pur et bon sens, dont Dieu sait que je ne la préconise pas, la supprimerait. ».

En 2000, le sénateur Gaillard s’était également penché sur la Belle. A son chevet. Et qu’écrivait-il dans son rapport ordonnance ? « Voilà une académie qui n’a plus de tradition à transmettre, qui groupe des lauréats sans aucun centre d’intérêt commun (...). Qui invite, aux frais de la République, des artistes - au sens le plus large du terme - dans une capitale qui n’est plus, et depuis longtemps, un centre important de création, même à l’échelle de l’Italie. ».

Ah que la France est généreuse et prodigue ! N’abandonnant rien de sa superbe avec ses trois institutions culturelles à Rome dont l’emblématique Villa Medicis revenue au centre du jeu du jour où le fait du Prince décida de l’offrir en hochet de consolation à son conseiller déchu, le sieur Georges-Marc Benhamou.
Grands cris déjà oubliés, Frédéric Mitterrand est sorti du chapeau pour faire oublier l’épisode malheureux. Secouriste consciencieux, aimant son métier il administra un bouche à bouche énergique et la Belle, le temps d’un printemps,reprit des couleurs. Le soufflet va-t-il retomber ? Que non !

Frédéric, aidé de la franco-italienne Carla, n’a guère eu de mal à convaincre Nicolas des bienfaits de la pension romaine. Nul doute que la Villa continue à faire le plein de pensionnaires, même si quelques bien ingrats osent parler de prison, quand d’autres qui n’ont pas le privilège d’en être fantasment et la rêvent en Abbaye de Thélème. Nicolas Sarkozy, lui, « has a dream » pour la Belle engourdie, dégourdie par Frédéric, un rêve que soutenait le candidat malheureux Olivier Poivre d’Arvor, avec un « projet de relance de la villa dans le cadre de l’union méditerranéenne voulue par le président Sarkozy ». Prometteur, non ? Nicolas-César ? « I have a dream ! »

On peut, éventuellement consulter cet article : L’Europe face à l’Empire Romain du IIe siècle.

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Feu le Prix de Rome

Il fut un temps où le Prix de Rome était aux peintres, sculpteurs,architectes, musiciens... ce qu’est la Palme d’Or de Cannes aux acteurs et actrices. Pourtant, Malraux, peu suspect de bradeur de la Culture a décidé sa suppression en 1968. C’est aussi Malraux qui avait nommé Balthus à la tête de la Villa Medicis, le dernier directeur qui marqua de son empreinte ce lieu qu’il fit sien pour un long règne de 1960 à 1977.

A quoi servait le Prix de Rome ?
A faire bénéficier d’une bourse d’étude des étudiants en art, brillants. Crée en 1663, il avait survécu 305 ans ! Force du conservatisme français. En 1968, André Malraux comprend que les temps changent et procède à la suppression de ce prix, suppression de l’emblème sans vraiment toucher au reste. Et c’est ainsi que la Villa Médicis continue d’ accueillir 15 à 20 pensionnaires chaque année. Les arts se sont étendus à celui de la Cuisine... C’est vrai que c’est un art, même un art vital, mais la Villa Medicis est-elle la meilleure table pour un futur chef étoilé ou historien de cet art. Car, je crains que l’on y préfère l’historien de la table au chef étoilé. Pourtant c’est bien ce dernier, qui fait vivre l’art culinaire français, non ? Quant aux historiens de la cuisine, à l’heure d’Internet et de l’avion, est-il essentiel que ces études soient menées en pension complète à la Villa Medicis ? Peut-être faudrait-il doter cette bourse aux compagnons artisans du Tour de France étendu à l’Europe voire au Monde. Il est d’ailleurs piquant de noter que la création de le Médaille d’Honneur de la Villa Médicis voulue par Frédéric Mitterrand ait été confiée à un "Meilleur ouvrier de France" et non un lauréat graveur - il doit bien y en avoir - ex pensionnaire de la Villa.

...Frédéric Mitterrand envisageait d’y développer la Mode(déjà présente). Là aussi, le styliste de mode exerce un véritable art qui met divinement en valeur la femme, écrin à sa nudité. Cuisine et Mode, deux fleurons de l’art français qu’il faut encourager, récompenser, mais le cursus de la Villa Medicis est-il vraiment le plus approprié ?

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Que faire des pensionnaires et de la Villa ?

« Est-il absurde de désirer l’impossible ? »
sujet du Bac Philosophie 2009

Que faire des pensionnaires et de la Villa ? Que des questions qui fâchent ! Et pourtant, Malraux a commencé le travail en osant toucher au symbole, le Prix de Rome, mais qui osera aller jusqu’à supprimer les pensionnaires de Rome ? Et restituer la Villa Medicis à l’Etat italien... Oh shocking ! Sentimentalement inacceptable. Politiquement incorrect. Tollé des artistes et enseignants-chercheurs... qui descendent à nouveau dans la rue. Médiation : La Villa Medicis est confiée à l’Ecole française de Rome qui en fait son port d’attache. Et les quinze ou vingt postes de pensionnaires, sont réalloués à d’autres endroits du monde plus en rapport avec les nouveaux centres de gravité du XXIème siècle comme l’était Rome au XVIIème siècle. Aujourd’hui, c’est plutôt New York, Pékin, Shanghai, Tokyo... et puisqu’il s’agit aussi d’une vitrine de la culture française pourquoi ne pas inclure de grandes régions francophones comme le Canada français, voire l’Afrique.. ? Il n’y a pas si longtemps que l’on a redécouvert les Arts premiers, autant de lieux, avant-postes des cultures européennes. Car les nouveaux enjeux mondiaux ne sont plus à l’échelle des dominos européens. Nos députés européens fraîchement élus sous le vent écologique de saison ne doivent pas oublier qu’aussi en matière de culture, l’union fait la force et que l’heure est venue de fusionner les moyens des grands centres culturels européens Alliance française, Goethe Institut, British Council, Instituto Cervantes, Institut Camoens (locaux, communication, intendance, services...), tout en garantissant à chacun le maintien d’ une expression culturelle et linguistique propre.

Pas plus que la villa Medicis ne représente aujourd’hui le centre de gravité optimal pour témoigner de la culture française et soutenir l’expression artistique des meilleurs, ces enclaves nationales dispersées à l’étranger ne peuvent constituer un point de focalisation, qui seul peut faire briller les cultures européennes de tout leur éclat.
Vues de satellite, à l’heure de la mondialisation du tableau de bord, Paris, Rome, Berlin, Londres, Madrid, Lisbonne... sont des villes s ?urs et voisines.

L’Europe existera lorsque les Centres culturels, Ambassades, consulats nationaux deviendront européens. L’Europe économique existe, mais l’Europe politique et culturelle n’existent pas encore. On le dit souvent de l’Europe politique, beaucoup moins de l’Europe culturelle. Pourtant notre richesse devient de moins en moins économique alors que les gisements culturels de la vieille Europe sont là, à profusion. Sous nos yeux, sous nos pieds. C’est le fonds qui manque le moins. La Fontaine, au secours ! dans la fable du Laboureur et ses enfants :

"Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont laissé nos parents :
Un trésor est caché dedans. »

...Gardez-vous leur dit-il de vendre l’héritage
Du Louvre aux Emirats ou autre Raminagrobis.
Pour un éphémère avantage,
Juste un coup de patte et il vous croquera
Et votre âme avec !

Raminagrobis s’en lécha les babines Tandis que le Conservateur en Chef du Louvre Pleurant sur la tombe de Vivant Denon Jura mais un peu tard Que l’on ne l’y reprendrait plus.

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L’album photos

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Commentaires

  • > Villa Medicis : Ciao Bella - Mitterrand, Sollers
    27 juin 2009, par A.G.

    Puisqu’il est question dans cet article de Frédéric Mitterrand, je pense qu’il peut être judicieux de montrer comment il répondait aux propos d’Éric Zemmour et d’Éric Naulleaux, le 9 juin 2007, lors de l’émission " On n’est pas couché " citée en exergue (l’émission faisait suite à la publication de son livre sur " Le festival de Cannes ") :

    Mitterrand "réactionnaire" ?

    et au très posé Jean-Jacques Beinex, le 21 juin 2007 lors de l’émission " Ce soir ou jamais " :

    Mitterrand "gauche caviar" ?

    Que désormais des leaders socialistes à bout de souffle — et pas médiatiques ? — en aient rajouté ces derniers temps en s’en prenant au " présentateur de télévision ", oubliant que Frédéric Mitterrand avait aussi écrit des livres, réalisé un très beau film (Lettre d’amour en Somalie, 1981) et une émission sur le cinéma fauchée et pourtant passionnante — Étoiles et toiles (de 1981 à 1986) —, ne les grandira pas.

    Société du spectacle ou pas, que Mitterrand suscite autant de critiques et, on l’a vu avec Beinex, autant de haine, me le rend, tous comptes faits, plutôt sympathique...