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De Kooning, vite

Une toile à 300 millions $ (la plus chère du monde)

D 27 février 2016     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Article initialement publié le 14 août 2007.
Dans cette édition du 27 février 2016, ajout de la section : "Une toile de De Kooning devient l’oeuvre la plus chère de l’Histoire.


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De Kooning, vite
Philippe Sollers


Paru le : 18/10/2007 (ré-édition)
Editeur : La Différence
Collection : Matière d’images
Nb. de pages : 205 pages
Dimensions : 15cm x 21cm x 1,5cm

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Mot de l’éditeur

Épuisé depuis dix ans, reparaît enfin l’essai de Philippe Sollers sur le maître américain de l’abstraction lyrique : Willem De Kooning. Comme l’écrivait Michel Nuridsany dans Le Figaro lors de la première édition du livre, en 1988 : « Sollers, bon connaisseur de l’art contemporain, ne pose pas ici au spécialiste et c’est tant mieux. C’est à un double dialogue que nous assistons. Dialogue avec l’oeuvre, d’abord, bien sûr, mais aussi dialogue avec le lecteur qui se trouve apostrophé, convié à entendre la confidence parfois, bousculé un peu, entraîné toujours dans le flot verbal d’une pensée rapide qui, dirait-on, suit le mouvement de la promenade.
Magnifique livre, moins “érudit”, moins “savant” que partisan, subjectif à la manière dont Baudelaire disait que doivent être les critiques. Livre d’écrivain qui parle en artiste de l’art. Ainsi qu’il conviendrait peut-être plus souvent - si ce n’est toujours - d’en parler . »


Elaine et Willem de Kooning


Formé à l’Académie des beaux-arts de Rotterdam, Willem De Kooning rejoint les États-Unis en 1926. Dans les rues de New York, il mène une vie de bohème avec Arshile Gorky. Inspirés par Miró et Picasso, les deux artistes développent leur propre style, empreint de surréalisme. Willem De Kooning crée sa technique et devient, avec Jackson Pollock, le représentant de l’action painting, style qui consiste à donner de violents coups de brosse ou de couteaux pour modeler la peinture. À partir des années 50, il explore le nu féminin dans la série Women, représentant notamment Marilyn Monroe. La seconde génération d’expressionnistes abstraits s’inspire en grande partie de ses travaux. À partir de 1969, le peintre délaisse peu à peu l’art pictural pour la sculpture en bronze. Restant l’une des figures majeures de l’expressionnisme abstrait, il s’éteint en 1997.


Nous sommes le 8/8/88
Le 7/7/77, j’étais à New York pour voir De Kooning.
Le 6/6/66, j’écrivais sur Lautréamont.
Le 5/5/55, aucun souvenir.
Le 4/4/44, aucun souvenir.
Le 3/3/33 : pas né.
Le 9/9/99 m’intéresse.

Ph. Sollers
Carnet de nuit, Plon, 1989, Gallimard, Folio, 2006, Folio p. 40

*

On peut aussi se reporter à « De Kooning, vite », in La Guerre du Goût, Gallimard/Folio, 1996,
p. 123-161.


WILLEM DE KOONING

Il semble que beaucoup d’artistes
Deviennent plus simples quand ils vieillissent
Ils ressentent leur propre miracle dans le nature
Le sentiment d’être de l’autre côté de la nature.
[...]
Je me réjouis de voir simplement
Que le ciel est bleu, que la terre est terre
C’est cela le plus difficile : voir un rocher quelque part
Et puis faire qu’il soit là, rocher, couleur de la terre
J’y arrive progressivement.
[...]
Il arrive un moment dans la vie
Où vous décidez de faire une promenade
Et vous vous promenez dans votre Paysage.
[...]


De Kooning, Untitled V (1977)
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Les paysages de De Kooning ? Untitled XIV (1975), Untitled I (1976), Untitled X (1976), Untitled V (1977) - pour le dernier, je suis dans la région. Faîtes attention à ce sans-titre constamment décliné. L’intitré ? Relâchement de l’observation, c’est fatal.

Philippe Sollers
Guerre du Goût / De Kooning, vite, Folio, p. 157.

Voir aussi :
« De Kooning : Women »
« De Kooning : Women (2) »
« Decouninge, cycle Nabe-Sollers » ou De Kooning par Bernard Pivot à la télé dans l’émission Apostrophes ! A repasser en boucle !

Dans le domaine de la peinture, Sollers a aussi publié :

Rodin, dessins érotiques
Rodin, le culte du nu par Alain kirili
Les surprises de Fragonard
Le Paradis de Cézanne
Les Passions de Francis Bacon
Picasso, le héros
L’OEil de Proust essai de Ph. Sollers illustré des propres dessins de Proust


Une toile de De Kooning devient l’oeuvre la plus chère de l’Histoire

Agathe Lautréamont
Exponaute Magazine, 22 février 2016

C’est l’histoire d’une vente privée de tous les records. Celle d’un accord passé entre deux grandes fortunes mondiales, le producteur de cinéma David Geffen (70e fortune mondiale en 2015 et créateur, entre autres, des studios Dreamworks) et le financier Kenneth Griffin (un des plus jeunes milliardaires du monde, créateur du fonds d’investissement Citadel LLC). Le premier a ainsi vendu au second, pour la coquette somme de 500 millions de dollars, deux œuvres de maîtres abstraits : un Willem de Kooning et un Jackson Pollock.


Willem de Kooning, Interchanged, 1955, © Art Institute of Chicago
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Un record qui va rentrer dans les annales !

Les objets de la transaction sont les œuvres Interchanged de De Kooning réalisée en 1955 et Number 17A de Pollock exécutée en 1948. Les deux toiles ont été respectivement vendues pour 300 et 200 millions de dollars. Un nouveau record donc, pour le monde de l’art, Interchanged de De Kooning talonne ainsi l’achat d’un Paul Gauguin (Nafea faa ipoipo ou Quand te maries-tu ? peinte en 1892) par le Musée du Qatar. On constate donc à quel point les prix que l’on rencontre dans les ventes privées peuvent dépasser de très loin ceux de ventes publiques.

Ainsi, le dernier record notable pour une enchère est la vente de l’œuvre de Picasso, Les Femmes d’Alger qui avait atteint les 179 millions de dollars chez Christie’s. Quelques temps plus tard, c’était au tour d’un Modigliani de défrayer la chronique avec ses 170 millions de dollars en novembre 2015 (une fois encore chez Christie’s).

Coup d’oeil sur Interchanged
Réalisé en 1955, le tableau (200, 7 x 175, 3 cm) est considéré comme une des pièces les plus importantes du corpus de De Kooning.

L’œuvre avait été vendue une première fois du vivant de l’artiste, établissant un premier record : celui du tableau vendu le plus cher pour un artiste vivant (18 M d’euros). L’œuvre avait ensuite été cédée une seconde fois dans les années 1990 à David Greffen pour un coup moindre, le marché de l’art étant alors en récession. Il y a quelques mois celui-ci avait décidé de l’exposer à l’Art Institute de Chicago (faisant ainsi grimper la côte de l’œuvre) pour une durée « indéfinie ». Pour justifier le prix de l’œuvre en contradiction avec un marché qui, fin 2015, se trouvait en berne, Brett Gorvy, directeur des ventes chez Christie’s, explique que : « le ralentissement du marché de l’art, tel que rapporté par les media, est exagéré s’agissant des œuvres jugées les meilleures ».

Maximilien Renard
Connaissance des arts


Jackson Pollock, Number 17A, 1948, © Art Institute of Chicago
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Kenneth Griffin : amoureux d’Art et philantrope

Willem de Kooning
Peintre d’origine Néerlandaise, naturalisé américain, Willem de Kooning (1904-1997) est précurseur de l’expressionnisme abstrait. Il utilise gouache, aquarelle, pastel ainsi que des techniques mixtes pour ses oeuvres. Il excelle également dans la sculpture. Pour lui, il n’y a pas de style, il ne se sent pas attaché à un courant particulier, mais on le rattache au courant de l’expressionnisme abstrait et contemporain.

Amel Bouziani
Toute la culture

Comme tout milliardaire, il faut bien montrer son goût pour l’Art et exposer ses trophées dans son salon, mais Kenneth Griffin est connu par son caractère philanthropique et préfère les présenter au musée. Pour l’amour de l’Art et grâce à sa fortune, il a participé activement à la création de l’Art Institute of Chicago (devenu deuxième plus grand musée d’art des Etats-Unis après le Metropolitan Museum of Art de New York). Ses fonds représentent ainsi l’une des plus importantes collections d’art. De plus, Il fait don de 100 millions de dollars en 2015 au Lincoln Center de New York.

Il fait également parti des acheteurs d’art les plus actifs au monde et se constitue une grande collection en se présentant comme un mécène. Le milliardaire s’investit énormément dans la vie de son Musée à Chigaco et lui prête ses tableaux achetés.


Les deux œuvres exposées au Art Institute of Chicago © DR

Crédit : D’après exponaute magazine

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1 Messages

  • A.G. | 22 octobre 2007 - 12:06 1

    En marge de la réédition du livre on peut relire l’article que Sollers a écrit dans Le Monde du 21.03.97 juste après la mort de De Kooning :

    La sagesse électrique d’un très grand artiste

    Le texte a été republié dans Eloge de l’Infini (Gallimard, 2001, p.333) précédé de ces mots :

    " Il arrive un moment dans la vie
    Où vous décidez de faire une promenade
    Et vous vous promenez dans votre Paysage. "