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La Guerre des Fleurs
Le grand roman de l’érotisme floral
"Le grand roman de l’érotisme floral", c’est le sous titre de la 4e de couverture de Fleurs, le nouvel essai de Philippe Sollers - car il s’agit bien d’un essai, malgré l’accroche au dos - à paraître le 27 octobre aux Editions Hermann. Édition illustrée de 26 planches en couleurs par Gérard van Spaendonck. Avec Fleurs, Philippe Sollers poursuit sa Guerre du goût et son Eloge de l’Infini...sur un terrain où on ne l’attendait pas vraiment, celui de la botanique... Une nouvelle cueillette littéraire, symbolique, érotique, poétique, esthétique... à sauver dans l’arche de Noé sollersienne. Un bouquet pour ne pas perdre l’envie de maintenir en éveil nos cinq sens. « Plus à contre-courant, tu meurs » disait-il dans son Journal du mois ( juillet 2006 ). Et si, au contraire, c’était sa façon de plaider contre nos « violences » écologiques, nous les humains du début du XXIe siècle ?
Un essai en forme d’anthologie des grands textes où les fleurs-femmes sont les personnages principaux, Morceaux choisis mis en scène par Philippe Sollers ( Cantique des Cantiques, littérature française et universelle avec Joyce, Dante, Shakespeare... en passant par les mystiques Angelus Silesius, les penseurs persans Omar Khayan qui vivait au XI-XIIe siècle, chinois... Dialogues avec les textes de Philippe Sollers : de l’art de la plaidoirie et de la citation pour preuve. Il s’est déjà expliqué, à ce propos, dans l’Etoile des Amants :
Ce qu’en dit Philippe SollersDans son Journal du mois
[...]je continue à écrire un livre sur les fleurs, plus à contre-courant tu meurs. Cela me permet, en ce moment, de rendre visite au très grand poète persan Omar Khayyam (1040-1125), qui a été aussi un mathématicien et un astronome célèbre. Ses quatrains sont presque tous des célébrations du vin, de l’ivresse, mais aussi des « jolies », qui pour lui sont toutes des tulipes. Il est bon de l’écouter dire « Au loin islam, religion, péché ! », et « Assieds-toi au Paradis avec une jolie ».
Ce qu’il en dit dans Fleurs « ...Fleurs, publié en français au début du vingt et unième siècle), il restera à se demander qui aura été capable, à quel moment, et pourquoi, de composer un tel florilège » Ou encore : « « La rose est sans pourquoi » dit Angelus Silesius. Nous vivons désormais sous la dictature du pourquoi et de sa destruction quotidienne planétaire. Mais les fleurs, par-delà le Bien et le Mal, persistent malgré le bruit, l’oubli, la fureur, les cendres. Un bouquet, ici les rassemble : les fleurs sont des mots, les mots sont des fleurs. » ![]() Ce qu’en dit son éditeurL’ouvrage de Philippe Sollers est un parcours dans l’univers des fleurs. L’auteur y voyage, en relève les sons, les parfums, les saveurs, les visions et les caresses. [...] Philippe Sollers évoque la place de choix que les fleurs, ces muses muettes et enivrantes, occupent dans les écrits des plus grands auteurs de l’histoire. Du Cantique des cantiques à Premier amour de Samuel Beckett, en passant par le Roman de la Rose, Dante, Ronsard, Shakespeare, Rousseau, Baudelaire, Rimbaud, Proust, Colette, Ponge, Genet et bien d’autres, l’auteur révèle l’imaginaire botanique qui imprègne les plus grands ouvrages de l’histoire. ?uvre poétique, Fleurs emporte le lecteur au fil des pages par son style léger, alerte, enlevé, musical et sensuel. Plus qu’un roman ou qu’un essai littéraire, ce florilège est un long poème, au sens du moins où Philippe Sollers lui-même définit la poésie, c’est-à-dire comme « un appel à la coalescence des cinq sens ». Le poème devient de la sorte une métaphore absolue de l’acte érotique où le lecteur jouit de tous ses sens en même temps, [...] À travers la rêverie poétique, le lecteur aura la joie de retrouver un Sollers philosophe et pamphlétairequi fustige une fois de plus le douloureux nihilisme ambiant. [...] Autant de raisons pour lesquelles HERMANN s’enorgueillit d’inaugurer son département « Hermann - Littérature » avec ce magnifique livre. »
Extraits & CitationsExergue L’orage rajeunit les fleurs. Le début « On sait peu de choses de Gérard Spaendonck (1746- 1822), sauf sa réputation qui a été considérable dans le domaine de la botanique et de la représentation des fleurs. Cet anonymat très actif convient au sujet que j’aborde. Le continent, ou plutôt l’océan des fleurs est un monde tellement multiple et varié qu’il serait fou de croire l’embrasser et le surplomber. Voyons quand même l’étrange histoire de cet aventurier végétal et plastique. » Extrait 1 - Le sensualisme floral : Sollers en son jardin « J’essaie de voir, ou plutôt d’écouter et de respirer, le jardin où je suis. Après le printemps des pâquerettes, des giroflées, des roses, des mimosas et des lilas, c’est l’été des lavaters (explosifs), et puis de nouveau des roses, des canas, des géraniums, de la sauge (pointue et discrète), de la lavande (merveille des narines), des fleurs d’acacias blanches ou roses, [...] »
Extrait 2 - Sollers pamphlétaire et compilateur « La misère des temps est telle que la plupart des critiques croient qu’on peut se débarrasser d’un livre en disant qu’il comporte beaucoup de citations. Sur ce sujet, Debord, dans Panégyrique, dit ce qu’il faut :
« Les citations sont utiles dans les périodes d’ignorance ou de croyances obscurantistes ». »
Extrait 3 - Sollers lecteur et herméneute : réflexions proustiennes « Le narrateur de La Recherche du Temps perdu commence par nous entraîner dans son laboratoire tournant de sommeil et d’enfance, pour nous conduire assez vite dans « une petite pièce sentant l’iris » où il a pris très tôt l’habitude de s’enfermer. Ce sont, bien entendu, les toilettes, seul lieu de la maison qu’il peut fermer à clef. L’endroit ne sent pas que l’iris : il est aussi parfumé par un cassis sauvage « poussé au-dehors entre les pierres et la muraille et qui passait une branche de fleurs par la fenêtre entrouverte. »
La fin « Écoutons un romancier d’aujourd’hui (c’est un père incestueux qui parle à sa jeune fille). Elle le questionne :
Citations « L’angoisse ou l’attirance ravie des mammifères humains par rapport aux fleurs se comprend sans peine : naissance cachée, éclosion, flétrissure, disparition, mort, rééclosion préparée en retrait, tout un jaillissement spontané, orchestrable, toute cette passagèreté, ont un côté énigmatique et fascinant qu’on aimerait maîtriser. Cette beauté dit la vérité, mais laquelle ? Rilke :
Tous les chemins mènent Arôme. » Ce qu’en disent les critiques« Philippe Sollers arpente le continent des fleurs et analyse leur langue en compagnie d’un botaniste du dix-huitième siècle, Gérard Van Spaendonck. Dans son bouquet, il y a des lys, des roses, des tulipes, des lilas, mais aussi Dante, Ronsard, Rousseau, Baudelaire, Proust, Ponge ou Genet... » « J’aime ce florilège, au sens propre du terme. Ce bouquet, ou ce parterre de fleurs, composé par un immense lecteur, pertinent et sensible, de ce que des écrivains ont écrit sur les fleurs. (...) A cela s’ajoute son propre sens poétique, son style, son rythme, son travail sur la sensation. J’y ai vu à la fois un poème et un pamphlet contre l’époque, et il est difficile de mêler les deux. Il a réussi. Nota : L’intérêt de Sollers pour la botanique, en fait, n’a rien de nouveau. Je me souviens d’un passage où, sur une demi-page, il énumère les noms savants de toutes les plantes autour de lui. Malheureusement, ma mémoire me fait défaut pour retrouver la référence du livre concerné. Si un lecteur peut combler cette lacune, qu’il n’hésite pas à compléter cette note. VOIR AUSSI :
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