Point de Lendemain de Vivant Denon
Lecture par Philippe Sollers


Vivant Denon, compagnon de Bonaparte dans la campagne d’Egypte, qui en fit le premier Directeur du Louvre, graveur et libertin et auteur d’un petit livre érotique « Point de lendemain », publié en 1777, le XVIIIe siècle, cher à Sollers.

Sollers lui prête ici sa voix mais lui a aussi consacré une biographie : Le Cavalier du Louvre, Vivant Denon.

Extrait du rapport d’activité 2004 du Louvre

(JPEG) On peut y lire qu’avec 1250 exemplaires vendus du CD audio :
Point de lendemain de Vivant Denon, lu par Philippe Sollers,
ce CD vient en N° 2 des ventes de la collection « De Vive Voix », coproduite par le Louvre :
« Florilège d’enregistrements des meilleures lectures publiques de l’auditorium du Louvre ces textes
inspirés par des oeuvres ou ayant inspiré des oeuvres témoignent de la sensibilité des écrivains à l’art
de leur époque. Ces CD audio sont distribués en librairies et chez France Loisirs.

1 : Le Voyage en Égypte de Champollion, lu par, 74 min - Daniel Mesguich Ventes 2004 = 1 651 ex.
2 : Point de lendemain de Vivan Denon, lu par Philippe Sollers, 59 min Ventes 2004 = 1 250 ex.
3 : Le journal de Delacroix lu par Mathieu Marie, 60 min Ventes 2004 = 1 000 ex.
4 : Héloïse et Abélard lu par Daniel et Rebecca Mesguish, 60 min Ventes 2004 = 1 000 ex. »

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Point de lendemain

Le récit Point de lendemain de Vivant Denon est un petit chef-d’oeuvre de stratégies amoureuses et de pouvoir. Un récit non signé (seulement avec les initiales, M.D.G.O.D.R. pour Monsieur Denon, gentilhomme ordinaire du roi). Sans doute par pure discrétion d’un auteur qui n’a jamais caché que l’intrigue était authentique.
Dans cette nouvelle — l’un des plus beaux récits libertins de la littérature française —, et qui servit de trame, au film « les Amants » de Louis Malle, Denon, fait vivre et subir à son protagoniste les délices et les affres d’une brève relation amoureuse qui s’avérera n’être qu’une subtile manipulation. La lecture de ce texte par Philippe Sollers est parfaitement en phase avec le ton très libre du récit...
Cette lecture a été enregistrée en public à l’auditorium du Louvre le 6 décembre 1999. Écoutez.

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Point de lendemain

-  Dans le texte ici (PNG)

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Catherine Cusset

Catherine CUSSET [1] livre son analyse dans le texte ci-joint : Désirs du lieu, lieux du désir, dans Point de lendemain

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L’aile Denon au Louvre

Le Cavalier du Louvre, Vivant Denon

(JPEG) Une critique du livre :

« Dans « Le Cavalier du Louvre, Vivant Denon, (1747-1825) », il s’agit d’un portrait en mouvement de l’auteur de « Point de lendemain », [...] Ecrivain donc, graveur talentueux, fin diplomate et agent secret, grand amateur de femmes en toute discrétion assurée, longtemps vénitien d’adoption, compagnon de Bonaparte lors de l’expédition d’Egypte, inventeur de l’égyptologie, infatigable collecteur de chefs-d’oeuvre pour le compte de l’Empire, fondateur en somme du musée du Louvre, j’en passe, Vivant Denon, qui « aura vécu cinquante-trois ans au XVIIIe siècle et vingt-cinq ans au XIXe » prend sous la plume de Sollers toutes ses dimensions. L’alacrité de l’écriture provoque ici l’enchantement de la raison. Cet éloge de la lenteur perdue, d’une époque favorable à l’art de vivre, manifestement composé par un homme pressé (Sollers court à l’essentiel, à la Stendhal, fouette cocher !) se lit avec une jubilation rare.
On y retrouve ses thèmes favoris, sur lesquels il ne cesse d’inventer de nouvelles variations ; hédonisme de l’intelligence, absolue liberté toujours à conquérir d’un sujet pensant et vivant le monde, suprématie de l’art sur tout ce qui entend le brider (idées reçues, philosophies contraignantes, économisme planétaire, puritanismes de tout poil, sujétion idéaliste monogame...), bref un violent appel d’air frais à l’usage d’adultes dormant encore la fenêtre ouverte.
Phrases courtes, éloquentes digressions, anecdotes révélatrices, galop de synthèse, références transversales, louanges à la langue vive, humeur et primesaut, « le Cavalier du Louvre » est un souper fin pour l’esprit. Les rencontres Voltaire-Vivant Denon, vieux singe et jeune renard, cela frôle l’anthologie. Quant à l’évocation des rapports entre la tzarine Catherine II et Diderot, on songerait au « Diderot à Saint-Pétersbourg » de Sacher-Masoch, qui imagina notre philosophe cousu dans une peau de singe pour l’amusement de la despotesse éclairée...
Chaque livre de Sollers constitue une touche de plus à cet autoportrait du joueur qu’il peaufine sans trêve. Cela peut irriter, mais c’est la règle du jeu. Mieux vaut en prendre de la graine et goûter pleinement aux saveurs qu’il distille. Et n’est-il pas réjouissant, à la longue, face aux Cassandre de tous côtés versant leurs larmes de crocodile, d’écouter cet éternel jeune homme qui a fait le tour des choses nous répéter, loin de toute « Théorie d’ensemble » [2], que le plaisir est toujours une idée neuve en Europe, pourtant inventée il y a un peu plus de deux cents ans ? »

JEAN-PIERRE LEONARDINI.
Article paru dans l’Humanité du 20 octobre 1995 (extrait)

Vivant Denon et l’Egypte

« Bonaparte fait nommer Vivant Denon en 1798 parmi les artistes et savants de l’expédition d’Egypte. Agé de cinquante et un ans, Denon embarque pour l’Egypte à bord de la frégate La Junon. Il débarque à Alexandrie en juillet, assiste aux combats d’Aboukir et des Pyramides, visite les ruines et remonte le Nil jusqu’à Assouan et l’île de Philae. En homme des Lumières, il médite sur les Pyramides (« On ne sait ce qui doit le plus étonner, de la démence tyrannique qui a osé en commander l’exécution, ou de la stupide obéissance du peuple qui a bien voulu prêter ses bras à de pareilles constructions. »), dessine, note, enregistre tout ce qu’il voit.

Il rapporte d’Egypte quelques pièces pour sa collection personnelle ainsi qu’une importante série de dessins (Les colosses de Memnon aujourd’hui conservés au British Museum et pour la première fois exposés au Louvre. Gravés à son retour, ils illustrent son récit de l’expédition Voyage dans la Basse et la Haute Egypte, publié en 1802. Le livre, au succès immédiat, fera découvrir l’Egypte aux Français et sera traduit en plusieurs langues. »

Crédit : http://louvre-passion.over-blog.com

oOo

[1] Catherine Cusset a déjà publié dans la collection L’infini un roman, La blouse romaine.

[2] Ouvrage collectif du groupe Tel Quel, la période du Sollers « théoricien » et « expérimentateur » (" l’expérience des limites" dans l’écriture)

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Commentaires

  • > Point de Lendemain de Vivant Denon " mais, "pas sans lendemain’
    15 novembre 2011, par Valerie Bergmann
    Le voyage en Égypte, n’enlève rien au récit érotique que Vivant Denon écrivit. Sorte de "Casanova", dont Fragonard est le meilleur représentant de la symbolique du livre. Cet ?uvre est un pamphlet généreux de ce que furent les amours du XVIII ème siècle, avant que "Les liaisons dangereuses" le deviennent. A moins que ces deux livres furent écrit simultanément, ce dont je doute. De Laclos à peut-être donné forme à son livre, sous le nom de Dénon ? Plaisanterie ! C’est un ouvrage digne à encourager, chose rarissime, les écrivains en herbe, sauf si c’est de la mauvaise herbe... On en fera des infusions. Plus sérieusement, il n’est pas nécessaire de produire des livres à rallonge, surtout lorsque l’on débute. "Le cavalier du Louvre", est un livre explique Sollers, en forme de dédicace, il est doté d’un lyrisme intéressant. Les descriptions servent de leçon aux poètes cherchant toujours leurs mots. Les deux éditions se ressemblent, bien que celle de 1777 soit à mon sens plus spirituelle que celle de 1812, plus lucrative. Madame de T et le Baron sont deux petits délices qui se croquent, avant que ce ne craque..