American Vertigo
L’Amérique selon BHL et selon Sollers


2006 : Conquête de l’Amérique par BHL dans les bottes de Tocqueville avec son livre "American Vertigo". Conception, réalisation et promotion à l’américaine.

Sollers, quant a lui, sa Vision [1], s’était surtout cantonnée à New York. Sollers, déboulonné par son ami de vingt-cinq ans ? BHL qui réussit, là où la percée de Sollers fut somme toute modeste. J’attends avec impatience sa vision sur cette épopée. Prochain Journal du mois dans le JDD ? Dans son prochain roman ? En attendant, voici quelques pièces du puzzle.

(PNG) BHL. la conquête de l’Amérique par BHL, rien moins que dans la foulée de Tocqueville. Reportage de guerre, sur son assaut de l’Amérique. Un assaut préparé depuis deux, trois ans. De l’ambition, de la stratégie, de la persévérance, du souffle, de l’endurance et du panache.

(JPEG)

Publication en "primeur" aux Etats Unis. Tour promotionnel d’Est en Ouest, du Nord au Sud pendant un mois. Conférences, signatures. Et maintenant feux croisés des unes des magazines français pour saluer l’exploit du Frenchy.

Lire « Lire » de ce mois de mars : « BHL Comment le Frenchy a bluffé les Yankees ». Rien que ça ? Non ! Lisez les accroches :
« American Vertigo : 15e dans la liste des ventes du New York Times »,
« BHL apparaît comme exotique et dégage un puissant magnétisme »
Bluffant, non ? Ce n’est pas tout : « un journal de voyage entêtant et rythmé ». Des petites phrases qui font mouche dans son interview au Point (N° 1746, 2 mars 2006) :
Bush. « Il y a des hommes dont on a le sentiment qu’ils sont nés pour être présidents. Lui, c’est le contraire ».
Hillary. « Comment une femme bafouée pourrait-elle sans y penser revenir dans le lieu de son humiliation »,
ou encore :
« Ces mormons sont des malins au point d’avoir recensé et donc baptisé vingt mille victimes de la Shoah... ».
Et ceci :
Bush « se conduit comme un fossoyeur du rêve américain. Mais j’entends surtout en France une diabolisation systématique du pays. »,
ce que BHL se refuse de faire en s’interdisant de confondre Bush et le pays. « Je fais partie d’une génération de Français qui ont été constitués par la culture américaine » confie t-il mais aussi le jugement de l’homme d’aujourd’hui :
« L’Amérique ? Un jour on adore, le lendemain on déteste. »

BHL parle de son livre à la télé américaine (56’). Invité le sénateur Ron Wyden.

*



(PNG) SOLLERS. New-York fait partie du triangle d’or de Philippe Sollers avec Venise et Ré, son port d’attache, son ancrage d’enfance.

(JPEG)

En 1978, il est à New York et s’exprime dans un livre d’entretiens avec David Hayman, Vision à New York d’où est extraite la citation en légende de la photo ci-dessus. Quelques citations complémentaires de la fin du livre : passage consacré à William de Kooning, son peintre américain fétiche et au « spectre » du dollar..., . «  Ce vert... Ce vert de gris Ucello, ce vert noyé, vert cadavre... Ce vert de la moisissure et de la décomposition...[...] Tu sais, la littérature qui compte, c’est quand même celle et plus que jamais, qui traite cette histoire d’argent...[ ...] Et pardessus, j’ai envie de faire passer un vent de tempête, la musique de la tempête... Effondrement et résurrection, le souffle, le rythme, l’air, la baguette... »
New York, octobre 1978

Derniers mots de Vision à New-York, Grasset, 1981, p. 207-208.

En 1998, il y retourne pour le tournage de « Sollers l’isolé absolu », pour la série documentaire : Un siècle d’écrivains de France 3, un film d’André-S Labarthe de sa trilogie Bataille, Sollers, Artaud, trois écrivains avec lequel il est en connivence intellectuelle, de même que Bataille et Artaud sont abondamment cités dans les textes de Sollers. : «  Il y a une violence de la nature domestiquée. C’est ça aussi, New York » dit Ph. Sollers à A-S. Labarthe dans :
Bataille, Sollers, Artaud / Une trilogie d’André S. Labarthe Présentée par Valérie Cadet
Filigranes Editions, 2002
Extrait (PNG)

En 2003, Philippe Sollers et son ami l’architecte Christian de Portzamparc, une amitié ancienne née sous le signe de la musique co-signent un livre « Voir et écrire », croisant le point de vue de l’architecte et de l’écrivain sur l’architecture et la littérature. Le livre s’ouvre par un échange sur les Twin Towers et le site Ground Zero après l’attaque du 11 septembre 2000.

Ph. S. C’est peut-être un fantasme islamique de faire des mosquées qui soient plus hautes que les églises. Je me rappelle un texte de Michel Butor sur Mark Rothko qui s’appelait « Les mosquées de New York »... Sans parler du fait que le deuxième avion est entré à l’étage de la banque Morgan Stanley qui est la banque des Paradis fiscaux [...].

Ph. S. Money, mosquées, towers...cavernes[...]

Ph. S. Les Twin Towers étaient un point d’orgue.

C.d.P. Une fois ce symbole détruit, on réalise qu’il y avait en elles une dimension quasi spirituelle [...]


Suite de l’extrait (PNG)

Partie 2 - New York (suite) - Un amour américain

Partie 2 (PNG)

[1] Vision à New York, Grasset 1978, livre d’entretiens avec David Hayman

Réagir à cet article

Commentaires