![]() Philippe Sollers par lui-même
ou Lire c’est entendre
Un été avec... Philippe SollersUne série proposée par Dominique Rousset [1], réalisée par Isabelle Yhuel et diffusée du 31 juillet au 29 août 2010 sur France Culture.
Philippe Sollers raconte et se raconte, commente, ironise, s’agace, défend et s’enthousiasme. Une vie de rencontres, des noms et des lieux, le cher, l’indispensable 18ème siècle, les femmes, partout présentes, la jouissance de la découverte : un beau tableau, un poème, une cantatrice, un pianiste génial, Venise, la Chine, le spectacle du monde. Un été avec Philippe Sollers, ou Philippe Sollers par lui-même, un voyage immobile à partir de son minuscule bureau de la rue Sébastien-Bottin, chez Gallimard, où il se rend chaque jour, après avoir écrit. L’émission radiophonique la plus longue et la plus complète consacrée à Sollers depuis « Le Bon Plaisir de Philippe SOLLERS » par Jean Daive, toujours sur France Culture, le... 11 juillet 1987. Extraits musicaux : Mozart, Vivaldi, Bach, Bartoli, Argerich, Armstrong, flamenco, etc... Sollers écrit dans son introduction à Guerres secrètes (2007) : Personne ne lit plus aujourd’hui, ou plutôt personne n’entend plus ce qu’il lit, ce qui revient au même. Lisez l’un de vos propres textes à haute voix, et même ceux qui qui prétendent vous avoir lu vous diront qu’ils n’ont jamais entendu cela. Il faut donc se faire à l’idée que nous sommes entrés dans une ère de surdité et d’aveuglement simultanés. C’est au coeur de ce nihilisme que certains auteurs prennent une dimension qu’on ne leur imaginait pas. Il faut recourir à la voix qui parle là, mais qui peut aussi parler ailleurs [...] (folio, p. 14) CQFD. 1. Un roman familial, l’enfance bordelaise« Quelqu’un qui dira je plus tard est entré dans le monde humain le samedi 28 novembre 1936 à midi... »
La question du nom.
2. « Il ne trouve de goût qu’à ce qui lui fait du bien »Les voix : Mauriac, Aragon, Malraux, Céline, Artaud, Breton (« très important, Breton »), Bataille, Joyce, Sartre, Duras, Deleuze, Foucault, Derrida, Lacan, Paulhan, Genêt, Cocteau, Heidegger...
3. 68, une histoire d’amourOù étiez-vous en Mai 68 ? Avec qui ?
VOIR AUSSI« Jamais je n’ai marché dans une ville ouverte, suspendue, comme à Paris, en ce temps-là. »
4. De Tel Quel à L’Infini, la vie des revuesInterpeller ceux qui sont censés penser et leur demander s’ils perçoivent que la littérature ou la poésie pensent. L’attaque portait sur l’université. Barthes, un ami de la première heure (avec la voix de RB).
L’extrait sur Marcelin Pleynet (3’38)
5. Des femmes et des lieux« Né mâle et célibataire, dès son plus jeune âge
Femmes et le retour sur les années 60-70.
VOIR AUSSI« On ne fait jamais l’inventaire des personnages féminins. Why ? »
6. Des femmes et des lieux (suite)« Chambre vide, soleil, matin, n’importe où » VOIR AUSSINew York, Venise, Paris, Bordeaux, Hambourg, Rome...
![]() Bordeaux, place de la Bourse, 16 août 2010. 7. « La fine pointe du 18ème siècle »« Dix ans au XVIIIe et ses environs, dix ans peuplés d’ombres plus vivantes que les vivants, dix ans de bonheur et de connaissance, dix ans d’enfance surtout, retrouvée dans sa lumière et sa liberté... » Vivant Denon, Casanova, Mozart.
8. « La fine pointe du 18ème siècle » (suite)ET AUSSIVoltaire. Fragonard (Picasso). Le nu.
9. Philippe Sollers, voyageur de son temps EURO
« Vous êtes inquiets, et je vous comprends. Où va l’euro, qui contrôle l’euro, comment allez-vous rembourser 750 milliards de dettes ? Vous voyez arriver partout des plans de rigueur, en Grèce, au Portugal, en Allemagne, en Italie, en Espagne. Vous attendez un miracle, un homme providentiel, un sauveur, un messie de gauche, bien sûr. Eh bien, le voici : DSK lui-même, qui devrait bientôt être nommé gouverneur des finances mondiales. Assez de tergiversations, de conflits personnels, de plans sur la comète : le Gouverneur vous parle depuis Washington. Il est lumineux, prolixe, intarissable, il parle d’argent comme personne, on voit défiler sous ses yeux des millions de milliards virtuels qui s’évanouissent (mais pour votre bien) dans la nuit. Être un jour président de la République est une ambition bien trop locale et modeste pour un gouverneur-né. Une fois élu, le sauveur pourra regarder en face la Chine accélérée, le Brésil ascendant, l’Inde en hausse constante. DSK, c’est Obama sans les inconvénients de la marée noire en Louisiane, et Sarkozy sans les embarras des sondages. C’est un destin séducteur en marche, et les populations n’ont qu’à suivre comme elles peuvent en s’occupant de leurs retraites. La Bourse a voté. » Le Journal du dimanche, mai 2010.
Journal du mois de décembre 2009
10. « Lire, c’est entendre »Rimbaud, Nietzsche, Céline, Voltaire.
Isabelle Rimbaud (lecture d’une lettre d’Isabelle).
Remerciements à M., lectrice de la première heure, qui a tout collecté. Bordeaux la blondeVOIR AUSSILa Garonne
![]() [1] Collaboratrice des Enjeux Internationaux à ses débuts à France Culture et de nombreuses émissions comme, entre autres, Le bon plaisir ou Une vie, une oeuvre, Dominique Rousset a ensuite produit L’Economie en questions de 2000 à 2007 avant de prendre les commandes du Rendez-vous des politiques, à la rentrée dernière. Elle est l’auteure de Un goût de miel (Le Seuil, 2008). |
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