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Rimbaud, la photo retrouvée

Un coin de table à Aden par Jean-Jacques Lefrère et Jacques Desse

D 16 avril 2010     A par Albert Gauvin - C 8 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


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Rimbaud, hôtel de l’Univers d’Aden, entre 1880 et 1890
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S’agit-il de Rimbaud ?

La photographie est présentée au public pour la première fois au Salon International du Livre ancien, au Grand Palais, du 15 au 18 avril [1].

« [...] Les personnages de ce groupe à la composition triangulaire sont au nombre de sept. Deux sont debout, vêtus à la mode yéménite mais ne paraissant pas avoir des traits arabes. Cinq sont assis : parmi ces Européens — quatre hommes et une femme —, celui qui est assis sur la droite et qui semble le plus jeune, attire l’attention, tant par la singularité de son attitude que par l’intensité de son expression. Ce regard sans aménité nous rappelle quelqu’un. Si, en tenant compte de l’évolution de l’enfance et de l’adolescence à l’âge adulte, on compare le visage de ce personnage avec celui de Rimbaud sur la photographie que Georges Izambard, son professeur de rhétorique, trouvait la plus ressemblante — c’est-à-dire le moins connu des deux clichés portant la marque de Carjat —, l’identité des traits est troublante, pour ne pas dire flagrante. [...] »

Extrait de l’article de Jean-Jacques Lefrère et Jacques Desse, exceptionnellement en ligne dans son intégralité sur le site de la revue Histoires littéraires [2].

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Un coin de table à Aden
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Ajouts du 18 juin :

1. Rimbaud

C’est une photo extraordinaire. Nous sommes à Aden, vers 1886, sur le perron de l’hôtel de l’Univers. Sept personnages posent : six hommes et une jeune femme. Les hommes se présentent de façon avantageuse, coloniale, très XIXe siècle. La jeune femme, plutôt jolie, a l’air détendue. Assis et accoudé à sa droite,un homme plus jeune et très différent des autres, cheveux courts, vêtu très simplement, penché en avant et fixant l’objectif de façon à la fois concentrée et froide, très moderne. C’est Arthur Rimbaud à 32 ans. Il est là, oui, et il est ailleurs. L’univers est son hôtel.

On doit beaucoup à l’étrange Jean-Jacques Lefrère, qui publie cette photo, trouvée par des libraires au fond d’une caisse. Lefrère est un découvreur, le contraire d’un assis universitaire, un enquêteur précis et inspiré, notamment sur les existences fulgurantes et secrètes de Lautréamont et de Rimbaud. Avec lui, pas d’idéalisation romantique : les faits qui font vivre ces oeuvres dans un temps vivant. Vous regardez cette image inconnue de Rimbaud, devenu commerçant et trafiquant d’armes, loin de l’Europe, « continent où la folie rôde » (n’est-ce pas ?), et vous vous souvenez que c’est lui qui écrit, au commencement d’Une saison en enfer : « Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s’ouvraient tous les coeurs, où tous les vins coulaient. » Ou bien, dans Illuminations : « Je suis un inventeur bien autrement méritant que tous ceux qui m’ont précédé ; un musicien même, qui ai trouvé quelque chose comme la clef de l’amour. » Il ne pense plus à ces phrases. Les a-t-il oubliées ? Sûrement pas, mais il s’agit maintenant d’une tout autre et dure aventure. Tenez, le voici, ces jours-ci, poursuivant sa vie fantomatique, assis dans un coin du Café de Flore, à Paris. Il est en train de lire, avec un imperceptible sourire un peu égaré, le journal Le Monde. Il passe complètement inaperçu.

Ph. Sollers, Le Journal du Dimanche du 25 avril 2010.

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Précisions

2. Dans le Monde du 9 mai 2010 :

« L’annonce de la découverte d’une photographie où apparaissent les traits d’Arthur Rimbaud à l’âge
adulte a eu un impact d’une ampleur et d’une variété assez inattendues : de la « une » du Monde et du Figaro au magazine Gala, du Canard enchaîné à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, du Dallas News à La Voz del Sandinismo (Nicaragua), des magazines boursiers aux sites féminins, des blogs littéraires aux médias gays, en passant par le Wall Street Journal, India News, le site des fans des Beatles et celui des supporteurs du PSG... »
Voir document joint.

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Rimbaud, le mythe et le visage
par Jean-Jacques Lefrère, Jacques Desse et Alban Caussé

3. Dans le Nouvel Observateur du 5 juin 2010 :

« Deux mois après la découverte d’une photographie inconnue d’Arthur Rimbaud, les choses se précisent. Jean-Jacques Lefrère, biographe du poète, est parvenu à dater le cliché, à trouver le nom du photographe et à identifier la plupart des figurants qui s’y trouvent. Sur BibliObs.com, il donne le résultat de ses recherches... et répond au passage à quelques-uns de ses contradicteurs. »
Voir document joint

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Aden, août 1880 : Arthur Rimbaud et ses compagnons de « L’Univers »
par Jean-Jacques Lefrère

4. Un écrivain pas d’accord : Yann Moix, Cet homme n’est pas Rimbaud, 18 avril 2010.

5. Lire aussi : André Gunthert, Rimbaud, la photo infidèle à l’icône.

6. Et, par ordre chronologique, La plupart des réactions et contributions.

*

Si vous êtes convaincu, cependant, qu’« un écrivain, ce n’est pas sa photographie » [3], vous vous reporterez à :
Pourquoi lire Rimbaud aujourd’hui ?
Le Dit de la poésie d’Arthur Rimbaud
La clef de l’amour
La musique plus intense (bref extrait)
Isabelle Rimbaud, témoin capital, etc...

***

Voir en ligne : Blog consacré à la photographie d’Arthur Rimbaud


[2Mise en ligne suspendue.

[3Ph. Sollers, le 15 octobre 2009, à propos de Lautréamont. Voir notre article.

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